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L'alphabet grec
L'alphabet grec est d'origine phénicienne; les noms des lettres sont les mêmes en grec et en hébreu. La première dérivation de l'alphabet phénicien est l'alphabet cadméen, que l'on connaît par les inscriptions de l'île de Théra (Santorin). Sur 22 lettres qu'il comprend, 14 sont presque identiques pour la forme aux lettres correspondantes de l'alphabet phénicien; les différences des autres s'expliquent par des procédés d'abréviation, d'interversion, etc, Quant à la valeur de ces signes, la grande difficulté fut pour les Grecs la représentation des voyelles, destituées de signes chez les Sémites. Ce sont les gutturales douces et les demi-voyelles qui répondirent à ce besoin. De plus les lettres qui se succédaient primitivement de droite à gauche finirent par récrire de gauche à droite. 

Les caractères eux mêmes sont encore presque phéniciens. Le , correspondant au chet sert desprit rude et s'emploie aussi pour l'epsilon long, là au les Ioniens et les Attiques mettront plus tard H. L'oméga s'écrit O, les lettres doubles sont figurées par deux lettres simples  par KM (=K),  par  (=) et X par K (= Kh). Le coppa phénicien (Q romain) est représenté par . Les historiens classent diversement les alphabets dérivés de l'ancien grec ou cadméen, Lenormant a distingué  : 

1° l'éolo-dorien; 

2° l'attique; 

3° l'alphabet des îles; 

4° l'ionien.

Le premier a 28 lettres; l'ionien en a 24 ; celui des îles 27; l'attique 21.

On explique généralement la formation des signes additionnels Y, , X, , manquant à l'alphabet cadméen en disant qu'ils ont été tirés des signes de l'alphabet cadméen plus voisins comme son, au moyen de la suppression ou de l'addition de quelques traits. Ainsi le digamma F serait réellement un double vaf (f ou v). Nous 
devons cependant signaler une autre hypothèse, très vraisemblable, qui explique autrement l'origine des lettres complémentaires. Suivant Clermont-Ganneau, les Grecs auraient reproduit des signes anciens, sans préoccupation de la valeur, en y attachant une signification nouvelle, et en tirant les signes complémentaires des lettres les plus voisines dans la série alphabétique. Par une coincidence remarquable, deux autres auteurs, Is. Taylor et Wilamowitz-Mölendorf, sont arrivés en même temps à des conclusions analogues. Leurs hypothèses ont été d'ailleurs fortement contestées. Parmi ces lettres complémentaires, quelques-unes sont particulières aux différentes branches, les autres communes à toutes. 
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Stèle de Sigéion.
Stèle de Sigéion (VIe s. av. J.-C).
En haut, texte ionien; en bas, texte attique.

L'alphabet ionien, adopté officiellement à Athènes sous l'archontat d'Euclide (403 av. J.-C.), ne tarda pas à être seul en usage. 

Telle est, dans ses traits essentiels, l'histoire établie par les études faites sur les documents épigraphiques. Elle est d'accord avec les traditions plus ou moins légendaires que nous a conservées la littérature. C'est en général à Cadmus ou à Palamède qu'on attribue l'introduction en Grèce de l'alphabet phénicien; suivant un grand nombre de grammairiens anciens, le héros du siège de Troie aurait complété l'alphabet introduit par le fondateur de Thèbes; c'est particulièrement le  et le ,
que Palamède aurait inventés.

L'alphabet grec
Alphabet grec.

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