.
-

William Lassell

William Lassell,  est un astronome amateur nĂ© Ă  Bolton , dans le Lancashire, le 18 juin 1799. Fils d'un marchand de bois, William, il achève tĂ´t son Ă©ducation formelle, et il est placĂ© en apprentissage chez un commerçant de Liverpool Ă  l'âge de quinze ans. Il y apprend le mĂ©tier, mais sa fortune ne vient pas de lĂ . Lassell fait preuve d'un esprit ingĂ©nieux et pratique qui le pousse Ă  se lancer dans le brassage de la bière. Il fonde une brasserie qui rencontre un succès considĂ©rable et lui assure une aisance financière telle qu'il peut dĂ©sormais consacrer l'essentiel de son temps et de ses ressources Ă  la passion qui le dĂ©vore depuis son enfance : l'astronomie.

Il ne se contente pas d'observer le ciel; il veut le voir mieux que quiconque. Lassell comprend très vite que l'avenir de l'observation des objets célestes aux contours diffus, ces nébuleuses qu'il traque, réside dans la puissance de collecte de lumière. Or, les télescopes réfracteurs de l'époque souffrent d'aberrations chromatiques sévères et sont limités en diamètre. Il se tourne alors vers le télescope réflecteur, dont le miroir est en métal spéculum, un alliage cassant et ternissant que l'on doit périodiquement repolir. Lassell s'attaque au problème avec la méthode d'un ingénieur. Il installe dans son jardin de Starfield, près de Liverpool, un atelier complet où il construit lui-même ses instruments. Il conçoit une machine à polir les miroirs mue par la vapeur, d'une régularité inégalée, qui lui permet de façonner des surfaces paraboliques d'une perfection et d'une taille jusqu'alors inédites.

Son premier chef-d'oeuvre mécanique est un télescope de 24 pouces de diamètre, qu'il inaugure au milieu des années 1840. Lassell innove dans sa conception même. Pour gagner en stabilité et éviter les vibrations, il a l'idée géniale de monter le télescope sur un support équatorial, non pas en bois ou en métal plein, mais en utilisant une fourche et des tubes creux en fonte. Cette monture, simple et robuste, se manoeuvre avec une fluidité remarquable pour l'époque et devient une référence, connue sous le nom de monture de Lassell.

C'est armé de ce télescope de 24 pouces que, le 10 octobre 1846, il vit un moment intense. La planète Neptune vient tout juste d'être découverte par Johann Galle à Berlin grâce aux calculs d'Urbain Le Verrier. Le monde scientifique est en émoi. Lassell, dans la nuit du 10, pointe son puissant réflecteur vers la nouvelle planète et discerne immédiatement un petit point lumineux à ses côtés. Il soupçonne un satellite, mais le mauvais temps interrompt ses observations. Il le retrouve l'année suivante et confirme sa découverte : il s'agit de Triton, le plus gros satellite de Neptune, un objet qu'il nomme lui-même. Cette découverte lui vaut une renommée internationale et la Médaille d'or de la Royal Astronomical Society en 1849.

Insatiable, Lassell voit déjà plus grand. Il entreprend la fabrication d'un télescope de 48 pouces, ce qui en fait, pour un temps, le plus grand du monde. Mais le ciel de l'Angleterre industrielle, souvent chargé de brumes et de fumées, limite les capacités d'un tel instrument. Il prend alors une décision audacieuse : en 1852, il démonte entièrement son gigantesque télescope et l'embarque sur un navire pour l'île de Malte. Là, sous un ciel méditerranéen bien plus pur et stable, il construit un observatoire temporaire. Cette expédition astronomique privée est un succès. Pendant son séjour maltais, il découvre plus de 600 nouvelles nébuleuses et scrute avec une attention particulière les satellites des planètes géantes. En 1851, de retour en Angleterre pour un temps, il avait déjà découvert Ariel et Umbriel, deux nouvelles lunes de la planète Uranus (24 octobre 1851), portant à quatre le nombre de ses satellites connus.

Sa quête de ciels toujours plus transparents le conduit plus tard à établir un autre observatoire temporaire, cette fois en Afrique du Sud, dans la région du Cap. Lassell fait ainsi figure de pionnier de l'astronomie d'altitude et de site, comprenant avant la plupart de ses contemporains que l'instrument le plus parfait est inutile si l'atmosphère n'est pas à la hauteur.

La fin de sa vie est celle d'un patriarche respecté de la science victorienne. Il est élu membre de la Royal Society en 1849, reçoit la Royal Medal en 1858 et préside la Royal Astronomical Society. Sa santé déclinant, il revient s'installer définitivement en Angleterre et termine ses jours à Maidenhead, dans le Berkshire, où il s'éteint le 5 octobre 1880.

.


Dictionnaire biographique
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2004 - 2026. - Reproduction interdite.