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L'histoire de la République
démocratique du Congo (RDC)
(ex-Congo-Kinshasa, ex-Zaïre)
L'ancien Congo.
Avant la colonisation européenne, la région  du Congo abritait plusieurs royaumes et sociétés bien organisés :
• Le Royaume du  Kongo. - Ce puissant royaume fondé vers le XIVe sièclecontrôlait une grande partie du sud-ouest de l'actuelle RDC ainsi que des territoires en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon. Le Royaume du Kongo était une société centralisée avec une structure hiérarchique et des relations diplomatiques avec les Portugais dès le XVe siècle.

• Les royaumes Luba et Lunda. - Situés dans le sud-est de la RDC, ces royaumes émergent aux XVIe et XVIIe siècles. Le Royaume Luba, dans la région du Katanga, et le Royaume Lunda étaient des centres politiques et culturels importants, basés sur des systèmes politiques décentralisés et des échanges commerciaux importants.

De nombreuses sociétés, notamment les Mongo, les Tetela et les Lega, vivaient dans les régions forestières de l'actuel centre et nord de la RDC. Elles pratiquaient une agriculture itinérante, la pêche et le commerce local.

La période coloniale.
En 1885, lors de la Conférence de Berlin, le roi des Belges Léopold II obtient la reconnaissance internationale de ses prétentions sur le territoire qui devient l'État indépendant du Congo. Cet immense territoire est administré comme une propriété personnelle de Léopold II. Celui-ci impose un régime d'exploitation brutale basé sur la récolte du caoutchouc et l'ivoire. La population locale est soumise à des conditions de travail inhumaines, marquées par des amputations, des exécutions sommaires et des violences systématiques. Cette période est l'une des plus sombres de l'histoire de la RDC, causant des millions de morts (entre 5 et 10 millions selon certaines estimations). Les atrocités du régime de Léopold II suscitent une indignation internationale. 

En 1909, à la mort de Léopold II, l'État indépendant du Congo est cédé à la Belgique par testament (il avait déjà été annexé de fait l'année précédente en réaction aux protestations de la communauté internationale contre les meurtres et les atrocités commis par les agents du roi). Le Congo acquiert alors le statut de colonie, avec pour capitale Léopoldville (rebaptisée Kinshasa en 1961). La situation des populations, qui sous la domination du roi des Belges n'avait été qu'une exploitation brutale, commence à connaître une amélioration toute relative (l'usage du coup de fouet ne sera, par exemple, interdit qu'en 1958). Le système colonial belge est caractérisé par une ségrégation stricte entre Européens et Africains, ainsi qu'une exploitation économique intense. Les Belges développent l'exploitation minière, surtout dans la région du Katanga (cuivre, cobalt), ainsi que l'agriculture (plantations de caoutchouc, coton, café). Le Congo devient une des colonies les plus rentables pour l'Europe grâce aux ressources naturelles abondantes. Les Congolais sont soumis à un système de travail forcé et à une éducation très limitée. Les élites congolaises, appelées évolués, sont formées pour occuper des postes subalternes dans l'administration. La ségrégation raciale est omniprésente, et les Africains n'ont aucun droit politique. 

À la fin des années 1950, des mouvements nationalistes commencent à émerger, inspirés par les luttes pour l'indépendance en Afrique et la décolonisation mondiale. Des partis comme le Mouvement National Congolais (MNC) dirigé par Patrice Lumumba jouent un rôle important dans les revendications pour l'indépendance.

Le Congo-Kinshasa indépendant.
Le Congo obtient son indépendance le 30 juin 1960, avec Joseph Kasa-Vubu (Kasavubu) comme président et Patrice Lumumba comme Premier ministre. Cependant, l'indépendance est suivie dès le mois suivant par une grave crise politique. Le Katanga, où se situent d'importantes mines, se proclame indépendant à son tour, sous la conduite de Moïse Tshombé, lui-même piloté par les sociétés européennes qui gardent en sous-main le contrôle de l'exploitation des mines. La Belgique envoie des troupes sur place, vite suivies d'un contingent international placé sous la bannière des Nations Unies.  Patrice Lumumba, devenu un symbole du panafricanisme et de la lutte anti-impérialiste, est renversé en septembre 1960 après un coup d'État orchestré par le chef de l'armée, Joseph Mobutu, avec l'appui des États-Unis et de la Belgique. Lumumba est arrêté, transféré au Katanga, et exécuté en janvier 1961. Son assassinat provoque une indignation mondiale. Tshombé renonce finalement à la sécession en 1963 et devient premier ministre de Kasavubu en 1964. 

L'année suivante, Joseph Mobutu prend le pouvoir par un coup d'État. Il installe une dictature qui durera plus de trois décennies. En 1971, Mobutu renomme le pays République du Zaïre et lance une politique de zaïrianisation, prônant l'authenticité africaine. Les noms à consonance européenne sont interdits (Joseph-Désiré Mobutu devient ainsi Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, ou, simplement, Mobutu Sese Seko), et les entreprises étrangères sont nationalisées, généralement au profit des proches du régime. Mobutu établit un régime autoritaire basé sur le parti unique (le Mouvement Populaire de la Révolution, MPR), la répression de l'opposition et un culte de la personnalité exacerbé. Bien que soutenu par les puissances occidentales en raison de son anticommunisme, son régime est marqué par une corruption endémique et une gestion économique désastreuse. En1973, il chasse les compagnes étrangères, puis tente de les rappeler en 1977, en même temps que des troubles éclatent dans la province du Katanga (rebaptisé Shaba), où ont pris position des rebelles angolais. 

À partir de 1980, la situation économique du Zaïre se dégrade fortement, en partie à cause de la mauvaise gestion et de la corruption. Le pays accumule des dettes énormes et dépend de l'aide internationale. Le pouvoir de Mobutu repose de plus en plus sur la répression et le clientélisme. Face à l'effondrement économique et aux pressions internes et externes, Mobutu est contraint de concéder une ouverture politique en 1990. Il annonce la fin du parti unique et autorise le multipartisme, mais manipule le processus pour rester au pouvoir. En 1991, des émeutes provoquées par des militaires restés depuis longtemps sans solde éclatent à Kinshasa. À la fin des années 1990, Mobutu est affaibli et fait face à une rébellion soutenue par plusieurs pays voisins, notamment le Rwanda et l'Ouganda

En 1996, l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), dirigée par Laurent-Désiré Kabila, qui contrôle déjà l'Est du pays, lance une offensive contre le régime de Mobutu. Ce mouvement est appuyé par le Rwanda, qui souhaite éliminer les milices hutu réfugiées au Zaïre après le génocide de 1994. Après une avancée rapide, les forces de Kabila entrent à Kinshasa en mai 1997, forçant Mobutu à fuir le pays. Laurent-Désiré Kabila se proclame président et rebaptise le pays République Démocratique du Congo. Kabila arrive au pouvoir avec l'espoir de redresser le pays, mais son régime devient rapidement autoritaire et impopulaire.

Il coupe ses liens avec ses anciens alliés rwandais et ougandais, ce qui provoque une nouvelle guerre. En 1998, une rébellion éclate dans l'est du pays, soutenue par le Rwanda et l'Ouganda. Cette guerre, parfois qualifiée de Première guerre mondiale africaine, implique neuf pays africains et plusieurs groupes armés. Elle provoque la mort de plus de 5 millions de personnes, principalement à cause des maladies et de la famine. Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila est assassiné par un de ses gardes du corps. Son fils, Joseph Kabila lui succède comme président et chef du gouvernement. 

Joseph Kabila hérite d'un pays en guerre et tente de négocier la paix tout en consolidant son pouvoir. En 2002-2003, des accords de paix sont signés, mettant fin officiellement à la guerre. Un gouvernement de transition est mis en place en 2003, composé de représentants des différentes factions belligérantes. Le pays reste cependant instable, avec des conflits persistants dans l'est (notamment au Kivu). En 2006, des élections démocratiques sont organisées pour la première fois depuis l'indépendance. 

Joseph Kabila est élu président, mais les résultats sont contestés par l'opposition, notamment par Jean-Pierre Bemba. Des violences post-électorales éclatent à Kinshasa. Kabila est réélu en 2011 lors d'un scrutin également contesté. Pendant cette période, les conflits armés continuent dans l'est du pays, avec la présence de groupes rebelles comme le M23. L'économie connaît une légère croissance, mais la corruption et la mauvaise gouvernance persistent. Alors que la constitution de la RDC interdisait au président Kabila de briguer un troisième mandat, le gouvernement de la RDC reporte les élections nationales initialement prévues pour novembre 2016 au 30 décembre 2018. Ce report alimente d'importants troubles civils et politiques, avec des manifestations de rue sporadiques par des opposants à Kabila et l'exacerbation des tensions dans les régions troublées de l'Est du pays. Joseph Kabila, sous pression nationale et internationale, accepte finalement de ne pas briguer un troisième mandat, mais tente de placer un successeur favorable à ses intérêts. 

Des élections présidentielles, législatives et provinciales se sont tenues fin décembre 2018 et début 2019 dans la majeure partie du pays. Le gouvernement a annulé les élections présidentielles dans les villes de Beni et Butembo (invoquant des inquiétudes concernant une épidémie d'Ebola en cours dans la région) ainsi qu'à Yumbi (qui avait récemment connu de fortes violences).  Le candidat de l'opposition Felix Tshisekedi , fils de l'opposant historique Étienne Tshisekedi, a été déclaré vainqueur des élections le 10 janvier 2019 et investi deux semaines plus tard. Il s'agissait du premier transfert de pouvoir à un candidat de l'opposition sans violence significative ni coup d'État depuis l'indépendance de la RDC. Félix Tshisekedi va cependant devoir composer  avec le contrôle de Joseph Kabila continue d'exercer sur le parlement et d'importantes institutions, ce qui limite sa marge de manoeuvre au début de son mandat.

Félix Tshisekedi forme une coalition gouvernementale, le Front commun pour le Congo (FCC) et l'Alliance pour la majorité présidentielle (CACH), avec le camp de son prédécesseur. Cette alliance de circonstance vise à assurer une stabilité institutionnelle minimale, mais elle entrave les réformes structurelles et maintient une forte influence des proches de l'ancien président sur les leviers régaliens, notamment l'armée et les services de renseignement. Parallèlement, la situation sécuritaire dans l'Est du pays, en particulier dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, reste critique, avec des attaques récurrentes des Forces démocratiques alliées (ADF) et d'autres groupes armés qui perpétuent un cycle de violences et de déplacements de populations.

En 2021, la dynamique politique bascule. Félix Tshisekedi parvient à faire défection un nombre suffisant de députés du FCC pour constituer une nouvelle majorité parlementaire, baptisée « Union sacrée de la nation ». Cette manœuvre politique brise l'alliance avec le camp Kabila et permet au président de la République de nommer un Premier ministre issu de son propre camp, Sama Lukonde, en avril 2021. Cette victoire politique s'accompagne d'une volonté affichée de reprendre le contrôle des institutions et de lutter contre la corruption, bien que les résultats concrets tardent à se matérialiser sur le terrain. Face à l'insécurité chronique dans l'Est, le gouvernement décide, à la fin de l'année 2021, d'instaurer l'état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, remplaçant l'administration civile par une autorité militaire dans ces provinces, une mesure qui suscite des débats sur son efficacité et son impact sur les droits humains.

L'année 2022 marque une détérioration spectaculaire de la situation sécuritaire avec la résurgence du mouvement rebelle du M23 dans le Nord-Kivu. Ce groupe, dont les activités sont documentées par des rapports des Nations unies comme étant soutenues par le Rwanda, progresse rapidement, capturant des positions stratégiques et provoquant le déplacement de plusieurs centaines de milliers de civils. Cette crise déclenche une forte tension diplomatique entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu'une mobilisation nationale et des manifestations anti-onusiennes, la population congolaise accusant la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) d'impuissance face aux agressions.

Le rendez-vous électoral de 2023 constitue une nouvelle étape cruciale. Le 20 décembre 2023, le pays organise des élections présidentielles, législatives et provinciales. Félix Tshisekedi se présente pour un second mandat, fort de son bilan et de sa coalition élargie. La Céni le déclare vainqueur avec une large majorité, avoisinant les 73 % des suffrages. Les principaux candidats de l'opposition, dont Moïse Katumbi, Martin Fayulu et le prix Nobel de la paix Denis Mukwege, rejettent ces résultats, dénonçant un manque de transparence et des anomalies logistiques, mais leurs recours juridiques n'aboutissent pas à une inversion du scrutin. Félix Tshisekedi prête serment pour un nouveau quinquennat en janvier 2024, promettant d'accélérer les réformes et de mettre fin à la guerre dans l'Est.

Au cours de l'année 2024, le nouveau mandat s'ouvre sur des changements gouvernementaux majeurs. Judith Suminwa est nommée Première ministre, devenant la première femme à occuper cette fonction dans l'histoire du pays, et forme un gouvernement axé sur les 150 chantiers prioritaires du président. Sur le plan sécuritaire et diplomatique, Kinshasa exige et obtient l'accélération du retrait de la MONUSCO, estimant que la présence onusienne n'a pas rempli son mandat de protection des civils. Le processus de désengagement des casques bleus s'amorce, transférant progressivement la responsabilité de la sécurité aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), parfois appuyées par des partenaires bilatéraux.

Entre 2025 et 2026, la République démocratique du Congo navigue entre des ambitions de transformation économique et des réalités sécuritaires tenaces. Le gouvernement tente de diversifier l'économie au-delà de l'extraction minière (cuivre, cobalt), en attirant des investissements dans les infrastructures et l'agriculture, tout en négociant une meilleure valeur ajoutée locale pour ses ressources stratégiques. Cependant, l'Est du pays demeure un théâtre de conflits localisés, où les opérations militaires se heurtent à la complexité du tissu armé et aux tensions régionales persistantes. La société civile et la jeunesse congolaise, de plus en plus connectées et exigeantes, maintiennent une pression constante sur le pouvoir pour une gouvernance plus transparente, une justice effective et une amélioration tangible des conditions de vie, faisant de cette période un moment charnière où se joue l'avenir à long terme de la nation.

L'épidémie d'Ebola de 2026. - En août 2026, l'épidémi de la maladie à virus Ebola à laquelle est confrontée la République démocratique du Congo a déjà fait 2500 et est présente sur une superficie d'environ un demi-million de kilomètres carrés. Il s'agit de la dix-septième flambée enregistrée dans le pays depuis la découverte du virus en 1976. Cette crise sanitaire se distingue par la circulation d'une souche moins courante, le variant Bundibugyo, ce qui complexifie les stratégies de riposte et la logistique vaccinale. L'épidémie frappe principalement les provinces de l'est du pays, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l'Ituri et le Haut-Uele, des régions déjà fortement déstabilisées par des conflits armés persistants et des déplacements massifs de populations. La situation sur le terrain est critique, avec un nombre croissant de cas confirmés et de décès, faisant de cette flambée l'une des plus rapides et meurtrières de l'histoire récente du pays. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires internationaux coordonnent une réponse d'urgence massive, axée sur l'identification et le suivi des contacts, l'isolement des patients et la mise en place de chaînes de transmission sécurisées. Des campagnes de vaccination ciblées sont déployées pour protéger en priorité les agents de santé, les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés et les travailleurs de première ligne dans les zones à haut risque. Cependant, la riposte se heurte à des obstacles majeurs sur le terrain. L'insécurité chronique dans l'est du pays limite considérablement l'accès des équipes médicales à certaines localités, retardant la prise en charge des malades et l'application des mesures de contrôle. De plus, la méfiance de certaines populations locales envers les autorités sanitaires et les intervenants extérieurs entrave les efforts de sensibilisation et favorise la dissimulation de cas ou l'organisation d'enterrements non sécurisés, qui restent des vecteurs de contamination importants. Face à ce défi, le gouvernement congolais, appuyé par des organisations comme l'UNICEF, la Croix-Rouge et Médecins Sans Frontières, renforce la surveillance épidémiologique aux points d'entrée et de sortie du territoire pour prévenir toute propagation transfrontalière. La communauté internationale est régulièrement alertée sur la nécessité de mobiliser des ressources financières et matérielles supplémentaires pour soutenir les structures de santé locales, fréquemment saturées. Alors que la course aux traitements et à l'adaptation des vaccins contre la souche Bundibugyo s'accélère, la priorité absolue demeure la protection des populations vulnérables et la restauration de la confiance communautaire, conditions indispensables pour espérer endiguer cette épidémie dévastatrice..
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