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Si nous faisons
abstraction de la précession solaire,
qui est la principale cause de la précession
des équinoxes proprement dite, l'on trouve que l'axe polaire se meut
autour d'une position moyenne en décrivant sensiblement une petite ellipse
dans un intervalle de 18 ans 1/2. Cette période concorde avec celle du
mouvement moyen des noeuds de l'orbite
de la Lune sur l'écliptique, et la théorie montre
qu'il faut reporter principalement à cette cause l'oscillation dont nous
venons de parler. Elle porte aussi le nom de nutation luni-solaire, car
l'on y fait rentrer aussi l'action du Soleil.
Pour en percevoir la cause, quelques explications
sont nécessaires; si l'on adopte un point de vue géocentrique, qui peut
très bien faire l'affaire ici, la Lune et le Soleil se meuvent sur des
orbites passant par le centre de la Terre, mais
ne concordant pas avec son équateur. Si notre planète était rigoureusement
sphérique et formée de couches concentriques homogènes, l'attraction
de ces astres ne pourrait avoir aucune action sur la direction de son axe
de rotation. En réalité, sa forme est celle d'un ellipsoïde de révolution;
la portion équatoriale offre un renflement, une sorte d'anneau pesant,
et, l'attraction de la Lune ou du Soleil étant légèrement plus forte
sur la partie la plus voisine que sur l'autre, il en résulte une série
de faibles déplacements. Abstraction faite de la précession, l'on trouve
que l'on a pour période le mois lunaire, l'autre l'année solaire, et
enfin le plus important est lié à la position du plan de l'orbite de
la Lune. Ce dernier tourne et reprend la même position au bout de 18 ans
222 jours environ; après ce laps de temps, tout se retrouve dans la position
primitive.
La nutation
au point de vue théorique avait été prévue par d'Alembert ,
mais, ne considérant que l'action du Soleil, il trouvait que son effet
était négligeable. Bradley
en 1748, après la remarquable série d'observations stellaires qui lui
permit de découvrir l'aberration, fit voir qu'elle était en réalité
sensible et trouva sa relation avec le mouvement de l'orbite de la Lune.
Euler ,
Laplace ,
Poisson
reprirent la question au point de vue théorique et établirent les formules
qui donnent la solution du problème; Peters ,
à Dorpat ,
Stone
à Greenwich, Nyren à Poulkowa, pour ne citer que les principaux, firent
des observations pour contrôler la théorie. La synthèse en sera ensuite
publiée par Tisserand ,
dans sa Mécanique céleste (Paris, 1895-96). Ce dernier astronome
considère, comme ses devanciers, un ellipsoïde de révolution en rotation
uniforme autour de son petit axe, et développe les équations de son mouvement
en tenant compte des attractions lunisolaires sur ses différents points.
La précession s'en déduit et, en réduisant les mouvements restants Ã
leurs termes principaux, il retrouve l'ellipse de nutation. Ses éléments
sont, pour le grand axe : 18, 446"; et pour le petit axe : 13,735" - quantités
petites, mais non négligeables.
Par suite de la nutation et abstraction faite
de l'action des planètes, l'obliquité de l'équateur
sur l'écliptique moyen varie continuellement;
de même l'intersection des deux plans a lieu tantôt en avant, tantôt
en arrière de la position moyenne. Des formules de transformations de
coordonnées, fort simplifiées vu la petitesse des oscillations, permettent
de rechercher les variations qui en résultent pour les coordonnées
apparentes des étoiles. (Oltramare). |
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