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La Politique, d'Aristote

La Politique est un  traité d'Aristote. Il nous est parvenu dans un état indicible de désordre. Cet ouvrage n'en demeure pas moins un des plus précieux que l'Antiquité nous ait légués et l'un des plus profonde du philosophe de Stagire. Estimant que le bonheur se trouve éminemment dans la société par excellence, qui est la cité, il commence par étudier successivement tous les groupements humains, en partant de la famille. Il examine ensuite les constitutions les plus célèbres de son temps, dont il avait pris la peine d'examiner un à un tous les rouages : celles d'Athènes, de Thèbes, de Sparte, de Carthage, des républiques grecques comme des monarchies orientales; il en pèse la valeur, en dénonce clairement le fort et le faible. Il peut distinguuer alors trois formes de gouvernement, également fondées en raison : royauté, aristocratie, démocratie. Mais ces formes légitimes donnent lieu à des altérations qui sont la tyrannie, l'oligarchie et la démagogie. Pour que chacune d'elles soit bonne, il faut qu'elle ne soit pas exclusive. Aristote termine son traité en insistant sur la nécessité de l'éducation.

Analyse de la Politique d'Aristote

Livre I.
Aristote (livre I) part de ce principe, que la bonheur se trouve éminemment dans la société par excellence, qui est la cité. Il cherche dans la nature l'origine des sociétés. La nature veut que l'homme et la femme se réunissent pour avoir des enfants. Elle veut encore que des êtres faibles de raison et d'intelligence se rapprochent de ceux qui ont la prudence nécessaire pour leur commander. Le père, mari et maître, la femme, les enfants et les esclaves formant la première société organisée, qui est la famille. Les enfants de le première famille, tous égaux et indépendants, en forment bientôt de nouvelles, qui se réunissent en hameaux, dont l'agrégation constitue la cité. Le maître, par droit de nature, ordonne à l'esclave; voilà le despotisme. Le père et mari, par le même droit, est obéi par sa femme et ses enfants, à titre d'attachement et de reconnaissance; voilà la monarchie. Les chefs des familles indépendants et égaux se réunissent pour les intérêts et la défense commune. Ils obéissant sous la condition de pouvoir commander à leur tour; voilà la république.
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De l'État

« Tout État est évidemment une association; et toute association ne se forme qu'en vue de quelque bien, puisque les hommes, quels qu'ils soient, ne font jamais rien qu'en vue de ce qui leur paraît être bon. Il est donc clair que toutes les associations visent à un bien d'une certaine espèce, et que le plus important de tous les biens doit être l'objet de la plus importante des associations, de celle qui renferme toutes les autres; et celle-là on la nomme pré cisément État et association politique. [...].

L'État est un fait de nature, car naturellement l'homme est un être sociable, et celui qui reste sauvage par organisation, non par l'effet du hasard, est certainement ou un être dégradé ou un êre supérieur à l'espèce humaine. C'est bien à lui qu'on pourrait adresser ces paroles d'Homère :

Sans famille, sans loi, sans foyer...
L'homme qui serait par nature tel que celui du poète ne respirerait alors que la guerre; car il serait incapable de toute union, comme les oiseaux de proie.

Si l'homme est infiniment plus sociable que les abeilles et tous les autres animaux qui vivent en troupes, c'est évidemment, comme je l'ai dit souvent, que la nature ne fait rien en vain. Or elle accorde la parole à l'homme exclusivement.

Ce qui prouve bien la nécessité naturelle de l'État et sa supériorité sur l'individu, c'est que, si ou ne l'admet pas, l'individu peut alors se suffire à lui-même dans l'isolement de tout, ainsi que du reste des parties; or celui qui ne peut vivre en société, et dont l'indépendance n'a pas de besoins, celui-là ne saurait jamais être membre de l'État. C'est une brute ou un dieu.

La nature pousse donc instinctivement tous les hommes à l'association politique. Le premier qui l'institua rendit un immense service; car, si l'homme, parvenu à toute sa perfection, est le premier des animaux, il en est bien aussi le dernier quand il vit sans lois et sans justice. Il n'est rien de plus monstrueux, en effet, que l'injustice armée. Mais l'homme a reçu de la nature les armes de la sagesse et de la vertu, qu'il doit surtout employer contre ses passions mauvaises. Sans la vertu, c'est l'être le plus pervers et le lus féroce; il n'a que les emportements brutaux de l'amour et de la faire. La justice est une nécessité sociale; car le droit est la règle de l'association politique, et la décision du juste est ce qui constitue le droit. »
 

(Aristote, extrait de La Politique, I. I, c. I trad. B. Saint-Hilaire).

Ces trois pouvoirs établis par la nature sont la base de l'organisation des cités. D'un autre côté, la nature a pourvu à la subsistance de l'homme en lui gardant son indépendance. L'agriculture, la chasse, la pêche, la guerre, voilà les moyens naturels de l'homme pour exister en demeurant libre et sans se dégrader. D'autres hommes s'écartent de la nature pour pourvoir à la subsistance. Ce sont les mercenaires et les gens de main-d'oeuvre, qui sont, entachés d'esclavage pour avoir aliéné leur liberté. Les premiers, conservant l'indépendance naturelle, doivent seuls être membres du corps social. Les seconds, dépendants par habitude, ne sont pas faits pour commander et doivent être exclus de l'exercice des droits politiques. Ainsi, l'esclavage fait partie intégrante de ce système. Toutefois, sur cette légitimité de l'esclavage, sur cette incapacité de certains hommes à la condition libre, Aristote se pose à lui-même un dilemme insoluble : 

" peut-on attendre de l'esclave, au delà de sa vertu d'instrument et de serviteur, quelque vertu comme le courage, la sagesse, l'équité; ou bien ne peut-il avoir d'autres mérites que ses services corporels? Des deux côtés il y a sujet de doute. Si l'on suppose ces vertus aux esclaves, où sera leur différence avec les hommes libres? Si on les leur refuse, la chose n'est pas moins absurde; car ils sont hommes et ont leur part de raison." (Politique, I, v).
Ces paroles d'Aristote condamnent l'effort qu'il a tenté d'asseoir l'esclavage, non plus seulement sur le droit du plus fort, mais sur un fondement philosophique.

Livre II.
Après avoir trouvé dans les bases de la famille celles de la société et de l'Etat, Aristote examine (livre II) les constitutions les plus célèbres de son temps, qu'il divise au deux classes : celles qui n'étaient que des projets de gouvernement et celles qui out été réellement mises à exécution. Il commence par les projets de constitution les plus vantés. Ce sont : les deux républiques de Platon, décrites, la première dans son traité De la Justice, et la seconde dans son traité Des lois. Il les censure et combat vivement les principes sur l'unité absolue, que Platon regarde comme le caractère essentiel d'une république parfaite, ainsi que ses opinions sur la communauté universelle des biens, des enfants et des femmes. Passant ensuite à l'examen des constitutions en vigueur, qu'il ne considère qu'au point de vue de l'espèce du gouvernement et de l'organisation politique des différents pouvoirs, il divise en deux parties la constitution d'un peuple : d'une part, l'organisation des pouvoirs publics, de l'autre l'ensemble des moyens propres à faire fonctionner et à conserver cette organisation. Toute organisation peut avoir son bon côté; si elle manque des moyens de conservation, elle périclitera. C'est par cette raison que étudiant la constitution de Carthage, Aristote prédisait cent dix ans à l'avance la chute de la puissante république-:

" Si les Carthaginois éprouvent quelques grands revers, dit-il ; si leurs sujets se refusent à I'obéissance, ils ne trouveront aucune ressource dans leur constitution pour ramener la tranquillité."
Il ne trouvait, en effet, dans cette constitution aucun des moyens qui doivent être employés par le législateur pour former les moeurs et les habitudes, pour inspirer aux citoyens l'amour de la patrie, pour donner à tous l'esprit national.
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L'égalité politique

« Toutes les sciences, tous les arts, ont un bien pour but; et le premier des biens doit être l'objet suprême de la plus haute de toutes les sciences; or cette science, c'est la politique. Le bien en politique, c'est la justice; en d'autres termes, l'utilité générale. On pense communément que la justice est une sorte d'égalité [...] reste à fixer à quoi s'applique l'égalité et à quoi s'applique l'inégalité, questions difficiles qui constituent la philosophie politique.

On soutiendra peut-être que le pouvoir politique doit se répartir inégalement et en raison de la prééminence en un mérite quelconque; tous les autres points restant d'ailleurs parfaitement pareils, et les citoyens étant d'ailleurs parfaitement semblables; et que les droits et la considération doivent être différents quand les individus diffèrent. Mais si ce principe est vrai, même la fraîcheur du teint, ou la grandeur de la taille, ou tel autre avantage, quel qu'il soit, pourra donc donner droit à une supériorité du pouvoir politique? L'erreur n'est-elle pas ici manifeste? [...]

Il n'y a de complète justice dans aucune des prérogatives au nom desquelles chacun réclame le pouvoir pour soi et l'asservissement pour les autres [...]. La justice ici, c'est l'égalité; et cette égalité de la justice se rapporte autant à l'intérêt général de l'État qu'à l'intérêt individuel des citoyens. Or le citoyen en général est l'individu qui a part à l'autorité et à l'obéissance publique, la condition du citoyen étant d'ailleurs variable suivant la constitution; et dans la république parfaite, c'est l'individu qui peut et qui veut librement obéir et gouverner tour à tour, suivant les préceptes de la vertu.  »
 

(Aristote, extrait de La Politique,  I. III, c. VIII.; trad. A. Fouillée).

Livre III.
De ces prolégomènes, Aristote se trouve conduit (livre Ill) à aborder le problème de la souveraineté.

Aristote, dit Paul Janet, a vu tous les aspects de ce problème; il en recueille, il en discute rapidement les principales solutions : la souveraineté d'un seul, la souveraineté des hommes distingués, la souveraineté des riches et même la souveraineté des pauvres. Quant à lui, il incline à la plus large des solutions, la souveraineté de tous. 
"La majorité, dit-il, dont chaque membre pris à part n'est pas un homme remarquable, est cepedant au-dessus des hommes supérieurs, sinon individuellement, du moins en masse, comme un repas à frais communs est plus splendide que celui dont un seul fait la dépense."
En effet, y a-t-il un riche qui paye à lui seul autant que le peuple tout entier? Si c'est à la richesse de commander, c'est donc au peuple tout entier. De même pour la capacité. On dit bien qu'en toutes choses c'est le savant qui juge, et non la multitude; mais qui donc fait la réputation de l'artiste, sinon la multitude? Qui décide plus vite et plus sûrement de ce qui est juste, bon, vrai? L'architecte jugera bien de la commodité d'une maison, d'accord; mais bien mieux encore celui qui l'habite. Ce n'est pas le cuisinier, c'est le convive qui juge du festin. Enfin, la multitude est toujours meilleure en général que ne sont les individus, semblable à l'eau, d'entant plus incorruptible qu'elle est en plus grande masse. 

Livre IV.
Il pose pourtant une restriction à la souveraineté de tous érigée ainsi en principe et de déductions en déductions, il arrive à dire qu'il entend par tous, non pas absolument tout le monde, mais le plus grand nombre. Examinant rapidement toutes les sortes de gouvernement, il réduit à trois ceux dont le pouvoir est légitime et durable : la forme monarchique, la forme aristocratique et la forme républicaine (livre IV), et il les définit ainsi : royauté, gouvernement déféré au plus digne; aristocratie, gouvernement déféré à une minorité par la prérogative de la vertu; république, gouvernement déféré à la classe moyenne, classe excellemment propre à exercer le pouvoir, parce que sa richesse est médiocre et qu'elle s'appuie également sur les deux classes extrêmes, qu'elle égale en nombre et qu'elle dépasse en instruction et en activité.

A ces trois bons gouvernements correspondent trois gouvernements dégénérés : la tyrannie, dégradation de la royauté, parce qu'elle est fondée sur l'usurpation et la violence; l'oligarchie, corruption de l'aristocratie, parce qu'elle est le gouvernement d'une minorité par la prérogative de la richesse, qui n'est pas une vertu; la démocratie ou souveraineté de la multitude, qui domine par le nombre, sans tenir compte de la vertu. Ces gouvernements sont dégénérés, parce qu'ils s'écartent de la justice, parce qu'ils n'ont pas la vertu pour base, parce qu'ils administrent pour l'avantage des gouvernants.
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Excellence politique de la classe moyenne

« Tout État renferme trois classes distinctes, les citoyens très riches, les citoyens très pauvres et les citoyens aisés, dont la position tient le milieu entre ces deux extrêmes. Puis donc que l'on convient que la modération et le milieu en toutes choses sont ce qu'il y a de mieux, il s'ensuit évidemment qu'en fait de fortune la moyenne propriété sera aussi la plus convenable de toutes. Elle sait, en elles, se plier plus aisément que toute autre aux ordres de la raison, qu'on écoute si difficilement quand on jouit de quelque avantage extraordinaire, en beauté, eu force, en naissance, en richesse; ou quand on souffre de quelque infériorité excessive de pauvreté, de faiblesse et d'obscurité. Dans la premier cas, l'orgueil que donne une position si brillante pousse les hommes aux grands attentats; dans le second, la perversité se tourne aux délits particuliers, et les crimes ne se commettent jamais que par orgueil ou par perversité. Négligentes de leurs devoirs politiques dans la ville ou au sénat, les deux classes extrêmes sont également dangereuses pour la cité.

Il faut dire encore qu'avec cette excessive supériorité que donnent l'influence de la richesse, un nombreux parti ou tel autre avantage, l'homme ne veut ni ne sait obéir. Dès l'enfance il contracte cette indiscipline dans la maison paternelle; et le luxe, dont on l'a constamment entouré, ne lui permet pas d'obéir même à l'école. D'autre part, une extrême indigence ne dégrade pas moins. Ainsi, la pauvreté empêche de savoir commander, et elle n'apprend à obéir qu'en esclave; l'extrême opulence empêche l'homme de se soumettre à une autorité quelconque, et ne lui enseigne qu'à commander avec tout le despotisme d'un maître. On ne voit plus alors dans l'État que maîtres et esclaves, et pas un seul homme libre. Ici, jalousie envieuse; là, vanité méprisante; si loin l'une et l'autre de cette bienveillance réciproque et de cette fraternité sociale qui est la suite de la bienveillance. Eh! qui voudrait d'un ennemi à ses côtés, même pour un instant de route! Ce qu'il faut surtout à la cité, ce sont des êtres égaux et semblables, qualités qui se trouvent avant tout dans les situations moyennes; et l'État est nécessairement mieux gouverné quand il se compose de ces éléments, qui en forment, selon nous, la base naturelle. »
 

(Aristote, extrait de La Politique, VI, IX; trad. A. Fouillée).

Livre V.
Dans le livre V, Aristote aborde un sujet intéressant, la cause des révolutions qui renversent les divers gouvernements. Cette cause, il la trouve dans la jalousie de la multitude, qui tend sans cesse à tout ramener au niveau de l'égalité absolue, et dans l'ambition de la classe aristocratique qui ne veut pas d'égalité. L'auteur expose avec autant de rapidité que de profondeur comment, dans toute espèce de gouvernement, d'un côté les outrages, l'avilissement et l'avidité des gouvernants entraînent la dissolution des Etats, de l'autre comment le ressentiment des injures, l'indignation contre l'oppression et la haine des gouvernés amènent le renversement de toute puissance qui est devenue despotique. Il enseigne aux gouvernants, quelle que soit l'espèce de l'organisation sociale, comment ils peuvent conserver longtemps l'autorité : c'est par l'exécution sévère des lois, par la sagesse de leur gouvernement, surtout par leur modération dans l'exercice des pouvoirs et leur habileté à en user.

Ce traité des révolutions est, par ses développements et la profondeur de la politique, le plus beau de l'ouvrage. C'est un tableau aussi vrai que rapide des révolutions d'une multitude de peuples, qu'Aristote peint d'un seul trait, ainsi que les tyrans et les ambitieux qu'il démasque.

Livres VI et VII.
Les livres VI et VII traitent des lois organiques propres à chaque genre de gouvernement, qu'à cet égard Aristote réduit à deux gouvernement d'une minorité, gouvernement d'une majorité; en effet, les lois d'une monarchie bien réglée sont les mêmes que celles d'une aristocratie. Il ne traite donc que du principe des lois relatives à ces deux espèces d'organisation politique, attendu qu'il est aisé rien déduire des conséquences pour toutes les autres formes de gouvernement, qui ne sont que des nuances plus ou moins rapprochées de l'oligarchie et de la démocratie.

Mais l'organisation d'un gouvernement exige deux choses: établir et conserver. Aristote expose donc :

1° quelles doivent être les bases des lois organiques; 

2° quelles doivent être les bases des lois conservatrices, tant dans la démocratie que dans l'oligarchie. Enfin, il termine en posant des bases générales pour l'institution des magistratures dans les différentes espèces de républiques.

"La vraie république, dit-il, n'est pas une oligarchie dans laquelle une minorité tient les rênes de l'État par le privilège des richesses. Elle n'est pas une démocratie dans laquelle tous gouvernent par l'influence de leur multitude. Elle est la prépondérance politique de la classe moyenne, tenant à la patrie par le lien de la propriété; classe qui, dans toutes les nations, se distingue par son amour de l'ordre, sa haine pour les révolutions, ses talents et ses vertus. Voici les bases de la vraie république :
1° La vraie république, comme tous les bons gouvernements, est essentiellement fondée sur la vertu et sur la justice égale pour tous dans l'exercice de leurs droits. 

2° L'égalité doit être proportionnelle, c'est-à-dire en raison des talents, des vertus, des moyens que chacun apporte dans la mise commune de l'association.

3° Dans la vraie république, il y a un cens ou revenu nécessaire pour prendre part aux affaires. Ce cens sera calculé de telle sorte que la majorité du peuple seulement, et non tous, participe au gouvernement. Ceux qui ne tiennent par aucun lien à la patrie, et qui sont presque toujours livrés aux passions et à l'ignorance, ne doivent pas avoir d'influence sur la chose publique.

4° II y a un cens plus élevé pour être éligible aux magistratures; il faut que les magistrats soient à-l'abri des séductions et du besoin. 

5° Le droit des citoyens, dans les assemblées, doit se borner à élire les magistrats, à juger leur responsabilité. La multitude ne doit faire que ce qu'elle est en état de décider suffisamment. 

6° Les emplois seront temporaires; le droit d'obéir et de pouvoir commander à son tour tient à l'essence de l'homme libre.

7° La cité doit avoir un conseil suprême pour la direction générale des affaires et des magistrats chargés de veiller à l'exécution des lois. Les pouvoirs seront perpétuels, et les hommes qui en seront chargés alterneront.

8° Ces principes une fois adoptés, quels que soient le nom, l'organisation, les attributions des conseils ou des magistrats, vous aurez constitué une véritable république. "

Livre VIII.
Le livre VIII couronne dignement ce vaste édifice. Persuadé que les institutions politiques ne valent que par les hommes qui les exercent, qu'il serait parfaitement inutile d'avoir de bonnes lois si l'on ne s'appliquait d'abord à former de bons citoyens, il consacre la plus grande partie de ce chapitre a appeler l'attention des philosophes et des législateurs sur l'éducation du peuple, et il veut que cette éducation soit conforme à l'esprit du gouvernement.
" L'Etat n'a pas de caractère, dit- il, quand un seul de ses citoyens, pris au hasard, n'a pas la physionomie nationale. "
Le traité de la Politique, oeuvre d'un penseur profond, a excité, à son tour, les penseurs de tous les temps et de tous les pays. On y trouve en germe, et souvent plus qu en germe, les principaux travaux des théoriciens modernes. Une seule chose ternit le mérite de ce bel ouvrage, c'est qu'Aristote a fondé tout son édifice politique sur la plus inhumaine de toutes les institutions : l'esclavage. (PL).
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