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Végétaux > Cormobiontes > Ptéridophytes
Les Prêles
Arthrophytes ou Sphénophytes
Les Prêles ou Presles (presle étant l'abrégé d'asprelle (asperello = rude, en italien), nom donné autrefois à l'une des espèces (equisetum hiemale)) constituent la classe  de Arthrophytes, Articulées (Articulatae) ou encore Sphénophytes, et sont une subdivision des Ptéridophytes. Elles ne sont représentées aujourd'hui que par un seul genre, Equisetum (du latin equus = cheval, et seta = poil, crin de cheval, parce que l'on a comparé les tiges à des queues de cheval). Les espèces assez nombreuses de ce genre sont des herbes qui croissent souvent dans les lieux humides, ou dans les terrains froids et profonds. On connaît en outre plusieurs ordres fossiles :-
Ordre actuel
Equisétales (depuis le Paléozoïque) : equicétacées (1 genre vivant : Equisetum; genres disparus : Equisetites, Phyllotheca).
Ordres fossiles
Hyénales (Dévonien supérieur : Hyenia), Sphénophyllales (du Dévonien au Permier tardif : Sphenophyllum, Bowmanites), Calamitales (du Dévonien au Permien : Annularia, Asterophyllites, Calamites, Calamocarpon, Calamostachys), Pseudoborniales (à partir du Dévonien supérieur : Pseudobornia), Cheirostrobales (Carbonifère), Tristachyales (Carbonifère).
Les prêles actuelles

Le genre Equisetum est répandu dans le monde entier, sauf en Australie. Les espèces les plus connues d'Equisetum sont :

L'Equisetum des champs ou arvense, à gaines à 6 à 12 dents lancéolées; elle a toutes les tiges fertiles. On l'appelle vulgairement queue de cheval.
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Prêle des champs.

L'Equisetum fluviatile ou Prêle d'ivoire, se distingue de la précédente par ses tiges dont les unes sont fertiles, les autres stériles, blanches, et ses gaines à 20-30 dents.

Les autres espèces ont les tiges toutes fertiles et de la même sorte; telles, sont  :
L'Equisetum d'hiver (Prêle des tourneurs) à tiges très rudes, cannelées; la partie supérieure des dents des gaines est blanche, caduque; les branches demeurent vertes pendant l'hiver.Jadis utilisée pour polir les bois et les métaux. Pour cela, on la faisait sécher, et l'on passait dans la longueur de la tige creuse un fil de fer qui la soutenait pendant l'opération du polissage. Dans certains endroits où cette plante était abondante, on l'employait pour écurer dans les cuisines les vases de cuivre. C'est au bord du Lot qu'on récolte la plus belle prêle d'hiver.

L'Equisetum limosum ou Prêle des bourbiers, à dents peu ou pas membraneuses, à tiges à côtes lisses, à épis arrondis au sommet. Elle est commune, et se distingue par des tiges lisses ou à pennes rudes, toutes fertiles, à gaines étroitement appliquées et présentant 15-20 dents souvent noirâtres. Elle se mangeait autrefois à Rome en guise d'asperges. Jusqu'à une époque récente, dans quelques localités de la Toscane, ses jeunes pousses servaient d'aliment. 

L'Equisetum maximum à grandes gaines, à vingt eu trente dents aiguës, à tiges fertiles d'un blanc rougeâtre, croissant dans les bois, les ruisseaux, les fossés;

L'Equisetum sylvaticum (Prêle des bois), à gaines moins grandes, à trois ou quatre dents, à tiges stériles recourbées vers le bas; 

L'Equisetum palustre (Prêle des marais), à dents blanches et membraneuses aux bords, tiges profondément creusées de sillons peu nombreux. 
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Prêle des marais.
En général ces plantes donnent, par l'incinération, une assez grande quantité de silice; cette substance est même apparente sous forme de points cristallisés aux articulations des plantes à l'état frais. Souvent la grande abondance des prêles, la prêle des champs surtout, nuit à l'agriculture; elle est très difficile à extirper.

Caractères généraux.
Ce sont des  plantes à tige vivace, composées d'un rhizome rameux qui rampe très profondément et très loin dans le sol vaseux, et d'où s'élèvent chaque année des tiges verticales fertiles ou stériles. Ces dernières se montrent après les tiges fertiles; elles sont pourvues de noeuds au niveau desquels se trouve une collerette qu'on regarde comme formée de bractées unies entre elles à la base au nombre de vingt à trente. De la base de la collerette émergent des rameaux verticillés, grêles et allongés à angles rudes. Les branches fertiles, qui apparaissent les premières au début du printemps, parmi les débris des branches stériles de l'année précédente, sont hautes de 4 à 3 décimètres, d'un blanc rougeâtre et pourvues de chlorophylle, à gaines lâches et profondément divisées en dents brunes. Elles présentent des cotés et des sillons au fond desquels se trouvent des stomates. Au sommet des branches fertiles se trouve l'inflorescence en épi cylindrique, à la base duquel on trouve une collerette modifiée, l'anneau. L'inflorescence comporte un axe creux et autour de cet axe un grand nombre d'organes en forme de clous comprenant les sporanges. Ceux-ci à maturité s'ouvrent le long de leur bord interne, laissant échapper lés spores sous forme d'une abondante poussière verdâtre. Les spores se meuvent grâce à des appendices spéciaux nommés élatères au nombre de quatre et insérées en un même pôle de la spore. Primitivement enroulées autour d'elles, elles se déroulent sous l'influence de la dessiccation. Placées au contact de l'eau ou du sol humide, ces élatères meurent et la spore germe pour donner naissance à un prothalle unisexué qui se fixe au sol par des rhizomes. Le prothalle mâle est formé de lobes irréguliers à l'extrémité desquels se développent les anthéridies, dont les anthérozoïdes, les plus gros que l'on connaisse chez les cryptogames, ressemblent à un large ruban spiralé, concave-convexe dans sa portion dilatée, formant environ deux tours de spire dans sa partie retrécie munie, en outre, dé nombreux cils vibratiles. Le prothalle femelle plus petit porte, des oosporanges en forme de puits contenant au fond ne oosphère qui vient féconder directement l'anthérozoïde. Dès lors, cette oosphère devient une oospore qui en germant directement donnera une plante adulte à génération asexuée qui portera à son tour les épis à sporanges. 

Les ordres disparus

On rencontre des Prêles dès le Paléozoïque (ère primaire), avec principalement le groupe de Calamitales et celui des Equisetales. 

Les Calamitales.
On a d'abord désigné sous le nom de Calamites, certaines tiges fossiles cannelées sur leur longueur, et qui présentent de distance en distance des articulations plus ou moins marquées, d'où naissent quelquefois des rameaux. Il est apparu ensuite que l'on pouvait y distinguer plusieurs genres, qui, outre le genre Calamites proprement dit forment l'ordre des Calamitales (voir tableau en début de page). Ces tiges se trouvent souvent converties en matières argileuses qui ont pris de la solidité, ou en carbonate de fer, rarement en matière siliceuse. Le tissu végétal extérieur, qui a laissé son empreinte sur la masse minérale, est fréquemment passé à l'état de matière charbonneuse.

Les Equisetales fossiles.
Seules les Equisetales, avec les genres  Equisetum, Schizonema et Phyllotheca, on persisté au-delà du Trias (début du Mésozoïque). On trouve encore les genres Schizonema et Phyllotheca au Jurassique, puis seuls les Equisetum continuent leur évolution jusqu'aux temps actuels, mais considérablement réduits quant au nombre des espèces d'une part, à leur importance et à leur taille de l'autre. 

Les Schizonema se distinguaient des Equisetum par la présence d'une gaine très longue, d'abord entière, puis fendue en segments régulièrment disposés (espèce type : Shizonema Haerense du Lias inférieur (début du Jurassique).

Les Phyllotheca se distinguaient des Equisetum par les segments de la gaine soudés vers la base, libres, dans le reste de leur étendue (plusieurs espèces connues au jurassique : en Inde et en Australie, ainsi que dans Alpes vénitiennes.

Les Equisetum des âges anciens présentaient la même structure que les espèces actuelles, mais ils étaient de taille beaucoup plus élevée; ils offraient probablement au Mézozoïque (ère secondaire), comme aujourd'hui, des figes nues ou munies de rainures peu nombreuses; on a rencontré peu d'épis fructificateurs. Certains auteurs ont dit que si tous les organes étaient connus, les Equisetum fossiles viendraient se ranger probablement dans une section distincte, mais voisine des sections admises aujourd'hui, ou bien combleraient des lacunes entre elles; pour les caractères différentiels qui les séparent des Calamites. On a peine à se faire une idée de ce qu'étaient les Equisetum pendant le Keuper (Trias supérieur) et le Lias (Jurassique inférieur); les espèces principales, d'après Schimper,atteignaient une hauteur de 8 à 10 m ; elles venaient dans les parties basses, sablonneuses ou limoneuses, humides ou inondées, à l'exclusion des Fougères et des Cycadales

Les espèces avaient une aire très diffuse, mais étaient peu nombreuses. Les principales étaient Equisetum arenaceum (ou Equisetites arenaceus Schenk), la plus grande espèce du Keuper et peut-être de tout le genre, répandues dans les marnes irisées de Couches-les-Mines, près d'Autun; à Balbronn (Bas-Rhin), à Stuttgart, à Bâle; cette espèce est remplacée vers le début du rhétien par l'E. Münsteri Brgt (Equisetites Münsteri Sternb.), qui paraît spéciale à ce terrain; elle a été trouvée à Antulles et à La Malardières, près de Couches-les-Mines; en Franconie, en Bade (Allemagne), à Waidhofen (Autriche), dans le Hanovre; l'E. Pellati Sap. se trouve à la base de l'étage rhétien (Keuper final), à Antulles, en compagnie de l'espèce précédente; l'E. Duvalii se rencontre particulièrement dans les calcaires marneux jaunâtres qui supportent le groupe des lignites, sur le plateau de Larzac et dans le Gard; il se rapproche de diverses formes du Jurassique, surtout des E. columnare Brgt, de Brora (Ecosse), E. Veronense Zigno. ( H. F. / Dr L. Hn).

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