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Saragosse
Saragosse (Zaragoza) est une ville d'Espagne, 620 000 habitants, capitale de l'Aragon et chef-lieu de la province de Saragosse, à 275 kilomètres au Nord-Est de Madrid, sur la rive droite de l'Ebre, qui la sépare de son faubourg d'Altabas, près du confluent du Huerva à droite, du Gallego à gauche, à une altitude de 184 m. Saragosse est dans une position naturelle des plus heureuses, au milieu de la plaine d'Aragon (et non sur une montagne que voudrait le faire croire l'auteur de la Chanson de Roland!), à un croisement de routes naturelles, vers le plateau de Castille par la vallée du Jalon, les Pyrénées par le Gallego, les provinces basques et la mer Méditerranée par l'Èbre. Ce fut une place forte de la plus grande importance. La vieille ville est tout entière construite en briques et a gardé un caractère ancien avec ses rues irrégulières et tortueuses. Cependant le boulevard de ceinture a de belles allées ombreuses, et quelques rues droites, comme le Paseo de Santa-Engracia et la Calle del Coso, ont été percées. 
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Saragosse
Saragosse : la basilique du Pilar, sur les bords de l'Ebre.
Au fond : la tour de la Seo.

Des Arabes, Saragosse a gardé l'Aljaferia, ancien alcazar, devenu couvent de l'Inquisition, puis caserne et même prison sous le franquisme, avant d'être restauré, de nos jours, en vue d'accueillir le parlement autonome régional (les Cortès d'Aragon), un peu en dehors de la ville, et la Torre del Azeu (Torre de la Seo), que l'on croit être un minaret de mosquée et surmonte aujourd'hui la cathédrale. Tout près se trouve la basilique Nuestra Señora del Pilar (Notre Dame du Pilier, en référence au pilier sur lequel serait apparue la Vierge, et que l'on célèbre tous les ans, le 12 octobre), renferme la célèbre statue miraculeuse, but de pèlerinage très fréquenté; la vieille église Saint-Michel, les ruines du monastère gothique de Santa-Engracia, transformé en caserne, et sous lequel est l'église souterraine des Martyrs de Saragosse, sont intéressants. On remarque encore la Torre Nueva ou de l'Horloge, du XVIe siècle, haute de 84 m, et qui, comme celle de Pise, a une inclinaison accentuée (3 m), c'est le plus bel édifice de ce genre, l'archevêché, l'arco del Dean, etc. Un pont de sept arches, long de 250 m, traverse I'Ebre. 
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Saragosse
Saragosse : les ruines du couvent
de la Engracia.

Saragosse doit à sa situation privilégiée d'avoir joué un rôle de premier ordre dans l'histoire. Appelée par les Cantabres Salduba elle fut probablement fondée par les Phéniciens. Elle fut détruite en 45 av. J.-C., restaurée comme colonie par Auguste sous le nom de Colonia Caesar Augusta; en 27 av. J.-C., elle devint une des villes principales de la Tarraconaise. Prise en 409 par les Vandales, en 452 par les Suèves, eu 475 par les Wisigoths, elle tomba aux mains des Arabes en 712 et fut, à partir de 1017, la capitale du royaume de Saragustha (Saracosta). Les chrétiens, conduits par Alphonse Ier d'Aragon, la reprirent en 1118, et elle remplaça Huesca comme capitale de l'Aragon. En 1317, un archevêché y fut institué. Saragosse déclina naturellement au profit de Madrid depuis la réunion des deux couronnes d'Aragon et de Castille. Elle garda cependant ses fueros jusqu'en 1715, date à laquelle Philippe V les lui supprima pour la punir d'avoir pris parti pour l'archiduc Charles qui y avait remporté une victoire en 1710. 

Pendant la guerre de l'Indépendance, lors de l'occupation par les troupes de Napoléon, Saragosse subit un siège mémorable sa population de 100 000 habitants venus de tous les côtés aida la garnison de 40 000 hommes conduite par José de Palafox, et résista héroïquement à l'armée française.  La ville n'était pas fortifiée et n'était entourée que d'un mur haut de 3 mètres et épais de 1 m. Un premier siège, conduit par Lefebvre-Desnouettes et Verdier dura du 28 juin au 14 août 1808. Un bombardement rigoureux ne parvint pas à émouvoir la population; les femmes, et les enfants allèrent aux remparts, dont une partie cependant fut enlevée d'assaut le 4 août. Plusieurs de ces femmes, Agustina de Aragon, la comtesse de Bureta, Casta Alvarez, etc., viendront ainsi nourrir la geste héroïque de la ville. Byron a célébré leur courage dans Childe-Harold. Palafox refusa la capitulation que Verdier lui proposait et offrit la «-guerre au couteau ». On se battit encore dix  jours, mais le 14, l'armée française s'éloignait de la ville à moitié brûlée. Elle revint le 19 décembre, commandée par Moncey, puis par Junot, et enfin par Lannes. 
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Agustina de Aragon.
Une des nombreuses peintures représentant Agustina Zaragoza
(dite Agustina de Aragon) défendant Saragosse.

Le 26 janvier 1809, les Français furent maîtres des défenses extérieures, mais il leur fallut encore un mois de combats pour s'emparer de la ville; les maisons furent prises les unes après les autres. Les rues étaient barricadées, les maisons crénelées et mises en communication les unes avec les autres; toute la population se battait, les moines, très nombreux, faisaient le coup de feu. Une épidémie épouvantable fit périr 54 000 habitants sur 100 000. « Cette guerre fait horreur », écrivait Lannes à l'empereur. Enfin, le 21 février 1809, Palafox capitulait : il fut envoyé prisonnier à Vincennes et y resta jusqu'en 1814. Le tiers de la ville était détruit, le reste criblé. Les Français avaient perdu 3 000 hommes sur 18 000, la garnison, de 40 000, était réduite à 12 000 hommes. (A19).

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Dictionnaire Villes et monuments
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