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Meung-sur-Loire

Meung-sur-Loire (Magdunum)  est une commune département du Loiret,  entre Petite Beauce et Sologne, sur la rive droite de la Loire; 6239 habitants (2010). 

Cet ancien marché fortifié de l'époque gauloise devient, dès le IVe siècle, une forteresse, rasée par les Vandales en 406. Saint-Liphard et ses disciples l'occupent au VIe siècle y fondent une abbaye depuis longtemps détruite et assainissent les marécages pour faire les Mauves, modeste affluent de la Loire qui autrefois ont connu une activité importante avec pas moins de 39 moulins. Meung-sur-Loire n'échappe pas aux invasions des Vikings dont la Loire est le théâtre. En 869, le roi Eudes s'oppose au pillage de la chapelle, mais son armée est battue. Les Vikings saccagent et brûlent le château.

Les  évêques d'Orléans, à la fin du XIe siècle, en font leur résidence épiscopale. Jusqu'à la Révolution, pas moins de 53 évêques et 6 cardinaux occupent le château et sont responsables de la justice de la région. Ils font aussi de cet édifice une prison bien particulière puisque les condamnés à mort voient leur peine commuée en prison à vie, l'Eglise interdisant l'effusion de sang et n'autorisant que la pratique de la "question par l'eau" comme torture.
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Eglise de Meung-sur-Loire.
L'église Saint-Liphard de Meung-sur-Loire. Le château, à l'arrière-plan.

Pendant la guerre de Cent Ans, et plus particulièrement à l'époque de Jeanne d'Arc, le château connaît des heures riches en évènements, de part sa position stratégique. En 1428, le chef anglais Lord Salisbury, qui avait investi la place, fut blessé à la tête lors de la bataille d'Orléans et meurt au château. En avril 1429, le général Talbot, nouveau chef anglais, est chassé d'Orléans avec ses 4000 hommes par Jeanne d'Arc et Gilles de Rais et délogé du château trois semaines plus tard.

En mai 1461, le poète François Villon y est interné à la suite d'un vol. Cinq mois plus tard, libéré par le roi Louis XI de passage à Meung-sur-Loire, il rédige Le Grand Testament.

Saisi à la Révolution comme bien du clergé, le château est vendu aux enchères en 1791. Il est alors acheté par le Baron Lecoulteux, Premier Trésorier de la nouvelle République et fondateur de la Banque de France, qui devient maire de Meung-sur-Loire. Actuellement, le château est une propriété privée dont le mobillier retrace ce passé historique.
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Château des évêques, à Meung-sur-Loire.
Le château des évêques, à Meung-sur-Loire.
Château des évêques, à Meung-sur-Loire.

L'édifice présente une solide courtine à quatre angles, renforcée de sept tours rondes qui dominent les douves et défendent le corps du logis. L'aspect actuel de la façade ouest présente les aménagements réalisés au VIIe et au XVIIIe siècle. Au XVIIIe, l'évêque d'Orléans, exilé au château, fait tracer les jardins et construire, dans le parc, le pavillon de musique (réplique du Trianon de Versailles). Les façades Nord et Est, la salle des gardes et quelques tours voûtées, les souterrains, le cul de basse fosse conservent leur caractère d'origine.

Meung-sur-Loire garde aussi le souvenir Balderic, Simon de Phares et de Jean Clopinel (12401305), plus connu sous le nom de Jean de Meung, auteur de quelques derniers 18000 vers du Roman de la Rose. Plus près de nous, au XVIIIe siècle, le peintre Ingres, séjourne dans cette cité. (Infos : ville de Meung-sur-Loire).
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Canal, à Meung-sur-Loire.
Meung-sur-Loire, une "petite Venise"?
Photos : © Serge Jodra, 2010.
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Dictionnaire Villes et monuments
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