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Mythologie et histoire des constellations
La constellation du Capricorne
Le Capricorne (Capricornus) est un une constellation, que l'on figure sur les sphères par un bouc ou un monstre à cornes de bouc. Les deux plus belles étoiles de cette constellation, Alpha (Giédi) et Xi (Dabih), sont des systèmes composés.

Le Capricorne est aussi le dixième signe du zodiaque (le Bélier étant le premier). Le Soleil  y entre le 21 décembre (solstice d'hiver) et l'abandonne le 19 janvier. Il  coïncidait avec la constellation du du même nom, avant que la précession des équinoxes l'en eût fait sortir. Ce signe est le domicile de Saturne, le lieu de l'exaltation de Mars, le siège de Hestia / Vesta dans la série des douze, grands dieux. Il est affecté à l'élément de la terre. On le représente par . C'est la vingt-deuxième station de la Lune.

Le tropique du Capricorne est le petit cercle de la sphère céleste, situé dans l'hémisphère austral, à 23°27'30" de l'équateur, que le soleil semble parcourir le jour du solstice d'hiver, jour où il entre dans le signe du Capricorne.

La constellation du capricorne dans la mythologie

Le Capricorne ressemble à Egypan (Germanicus). Sa partie inférieure est un poisson, et la partie antérieure est le corps du Bouc ou du Caper. Il mérita d'être mis aux cieux, parce qu'il avait été nourri avec Zeus par la Chèvre, sa mère, qui y est également placée. Sa tête est armée de cornes (Eratosthène).

Epiménide dit que Zeus et ce bouc furent nourris sur l'Ida. On se rappellera que la naissance du dieu de  la lumière, Zeus, comme celle de Dionysos et de Jésus, était placée au solstice d'hiver (Macrobe), lieu que le Capricorne a longtemps occupé.

Le bouc partit avec Zeus pour combattre les Titans, et leur inspira cette terreur qu'on nomme panique, embouchant la conque marine dont il avait fait la découverte (Eratosthène). Zeus en reconnaissance le plaça aux cieux. C'est cette découverte de la conque, dit-on, qui lui fit donner une queue de poisson; quelques-uns disent que c'est parce qu'il avait lancé contre les ennemis des dieux des coquilles au lieu de pierres (Hyginus, Théon). D'autres cherchent l'origine de cette forme empruntée au poisson dans les pluie de cette saison; symbole répété dans le Verseau et les Poissons, signes humides (Isidore de Séville, Les Origines).

Il y a une autre tradition religieuse sur ce signe. Les prêtres égyptiens et des poètes après eux racontent que plusieurs dieux s'étant réunis en Egypte, Typhon leur ennemi cruel survint tout à coup, et que saisis d'effroi les dieux cherchèrent leur salut dans la fuite., et dans un changement subit de forme. Hermès (ou plutôt Thot) se métamorphosa en ibis, Apollon en grue, Artémis en chat. Ils ajoutent , que c'est même là l'origine du culte que les Egyptiens rendent aux animaux , qu'ils regardent comme des images des dieux. Dans le même temps, Pan se précipita dans le fleuve. La partie postérieur de son corps se changea en poisson , et la partie supérieure en Bouc. Sous cette forme monstrueuse, il échappa à Typhon. Zeus / Jupiter, charmé de sa ruse plaça aux cieux sa forme nouvelle (Hyginus).

Germanicus raconte ce mythe avec, plus de détails , et il nous dit, d'après Nigidius, que dans le temps que Python ou Typhon habitait une caverne du Taurus, Zeus assembla les dieux, pour aviser des moyens de résister à leur ennemi commun, que ceux-ci ne voulurent pas quitter la terre, et d'un autre côté, ne se sentant pas en état de résister à Typhon, ils prirent le parti de se métamorphoser en divers animaux, oiseaux, poissons ou bestiaux. Les dieux, sous cette forme, furent absolument méconnus de leur ennemi. C'est là, dit-on, l'origine du respect, qu'ont encore aujourd'hui les Egyptiens pour ces animaux. Python, trouvant le champ libre, régna tyranniquement, fier de la frayeur qu'il a voit inspirée aux dieux. Mais ceux ci, au bout de dix-huit jours, délibérèrent sur les moyens de le détruire. Ces dix-huit jours sont devenus tous les ans des jours de fêtes, dont on a perpétué le souvenir en Egypte. ApolIon, armé de la foudre, tua le monstre dans le temple d'Apis, à Memphis, où se faisait l'inauguration des rois d'Egypte.

Après que les dieux eurent puni Typhon, ils placèrent aux cieux l'image de Pan, ou d'Egypan, qui avait pris la forme de la Chèvre (Théon), et ils lui élevèrent un superbe Temple à Panople.

Selon d'autres auteurs anciens, le Capricorne pourrait aussi être Aegéon. Ce nom est celui d'un dieu marin (Quintus de Smyrne), de Briarée et de Poséidon / Neptune (Hésychius).

Les autres noms du Capricorne

On donne à cette constellation différents noms. Les Arabes la nomment Gjedi, les Hébreux, Gedi, Gadi, Algedi. Alcantarus, Asasel, Atcantarus, Algedi, Algedio. Les Syriens et Chaldéns, Gadio. Les Perses, Buzghâle. Les Turcs, Ughlak. Les Indiens, Nahj  et Marcaran. Les Grecs, Aigoceros, Athalpes, Icthyoeis, Cyaneus. Les Romains , Caper, Hircus, Capricornus, Hesperiae, Tyrannus undae, Neptunia proles, Pelagi Pro ella (?), Imbrifer, Gelidus, Aequoris Hircus, Pan, Aegypan; signum hyemale, Januale, Altera Solis porta, Vestae sydus.

Les étoiles du Capricorne

UIugh-Beg appelle la plus boréale des étoiles de la corne suivante Min Sad al Dâbih; la plus australe est appelée de même, ou simplement Dâbih, Mactansou Fortunaa Mactantis. 

La précédente des deux voisines de la queue se nomme Sad Nâshira, fortuna averruncantis; la suivante, Danab al Gjedi, Queue du Capricorne. 

On compte encore dix étoiles, appelées les Fortunes, comme le Gad de Lia. On les nomme Siiûd al Nugjiûm, les astres heureux. Quatre appartiennent à une station de la Lune.

L'année du Capricorne et ses présages

Columelle fixe au  huit des ides de juillet, le coucher du Capricorne; au seizième des calendes de janvier, l'entrée du Soleil au Capricorne. C'est le solstice d'hiver, suivant Hipparque. Il y a ce jour la annonce de tempête; et le quinze, du vent.  (Ch. Dupuis).
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