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Aubigné
(Théodore Agrippa d'), écrivain né à
St-Maury, près de Pons en Saintonge ,
le 8 février 1552, mort le 29 avril 1630 à Genève.
Sa mère mourut en lui donnant le jour, et c'est la raison qui le
lit nommer Agrippa (quasi œgrè partus). A l'âge de
6 ans, il savait le grec, le latin et l'hébreu; à 8 il traduisait
Platon
en français. Il perdit son père à l'âge de 15
ans, et sa succession ne lui laissa qu'un nom illustre et des dettes; il
s'enrôla dans les troupes du prince de Condé qui faisait la
guerre dans le midi de la France, et bientôt après entra au
service du roi de Navarre, qui le fit gentilhomme de sa chambre, maréchal-de-camp,
vice-amiral de Guienne
et de Bretagne .
L'inflexibilité de son caractère n'était pas propre
à lui concilier la faveur du prince; il quitta la coter. Le bruit
se répandit qu'il avait été fait prisonnier au siège
de Limoges ;
le roi prit des bijoux à la reine pour payer sa rançon.
Sensible à cette preuve de bonté,
d'Aubigné revint à la cour, et y conserva le droit de dire
la vérité. Henri IV ne paraissait
point offensé de ses plaintes; mais à la fin , sa vanité,
sa franchise et surtout son refus d'aider le monarque dans ses amours,
le choquèrent. D'Aubigné fut obligé de s'éloigner.
Il revint encore; mais, sur la demande formelle de la reine-mère,
qu'il ne ménageait pas dans ses sarcasmes, il fut exilé pour
la deuxième fois. Après la mort de Henri IV, il vécut
dans la retraite et composa l'Histoire de son temps, ouvrage que
l'on a dit digne de Tacite, du moins sous le rapport
de la grandeur des idées et de la noblesse des sentiments
Le parlement de Paris ordonna que cette
histoire serait brûlée comme une satire où les princes
et les rois étaient outragés. D'Aubigné s'enfuit à
Genève. Malgré son éloignem. et la perte de ses biens,
ses ennemis, toujours acharnés à le poursuivre, l'accusèrent
d'avoir employé les matériaux d'une église démolie
à la réparation des murs de Genève; il fut condamné
à la peine de mort :
"
C'est le quatrième arrêt de ce genre, disaitil, rendu contre
moi, pour des crimes dont je me fais honneur, et qui m'ont fait plaisir."
Quand il mourut, il laissait plusieurs enfants,
entre autres Constant d'Aubigné, père de Mme
de Maintenon. Outre son Histoire universelle, on doit citer
les Aventures du baron de Foeneste, 1617, in-8, et la Confession
de Sancy. (A19).
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En
librairie - Ouvrages d'Agrippa d'Aubigné
: Les tragiques (prés. Frank Lestringant), Gallimard Poésie,
1995; Oeuvres, Gallimard, coll. La Pléiade, 1969.
Gilbert
Schrenck, Agrippa d'Aubigné, Memini (Bibliographie des écrivains
français), 2001.
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