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Géographie physique de l'Asie
L'hydrographie de l'Asie
Cours d'eau, lacs
Le système hydrographique de l'Asie est la conséquence du relief du sol; au centre le massif central avec ses quatre versants : septentrional, oriental, méridional et occidental; dans l'Asie intérieure, le plateau de l'Iran, la région arménienne, la région méditerranéenne, forment les huit divisions entre lesquelles nous répartirons les cours d'eau et les lacs de l'Asie. Ils se classent tout d'abord en deux groupes : les bassins fermés dont les eaux n'arrivent pas jusqu'à la mer, et les bassins maritimes; ces derniers sont de beaucoup les plus étendus et les plus importants. Les bassins intérieurs sont : le bassin du massif central; le versant occidental du massif central (Turan); l'Iran, auquel il faut ajouter les déserts sans eau de l'Arabie et quelques petits bassins lacustres isolés au milieu des monts d'Arménie, du plateau de l'Asnatolie et du Levant. Les bassins maritimes sont ceux de l'océan Arctique, de l'océan Pacifique, - du groupe des fleuves de l'Indochine et de l'Inde tributaires de l'océan Indien, - du groupe des fleuves du massif arménien du bassin de la Méditerranée.
 
Yangzi (Yang-tsé-Kiang)
Huanghe (Houang-Ho)
Ob
Amour
Léna
Mékong
Iénisseï
Indus
Irtych
Brahmapoutre
Syr-Daria
Euphrate
Gange
Amou-Daria
Kolyma
Salouen
Irraouaddi
Xijiang (Sikiang)
Tarim
Tigre
Sungari
5500
5200
5150
4350
4270
4180
3800
3040
2970
2900
2860
2780
2700
2620
2600
2500
2250
2100
2000
1950
1819

Bassins intérieurs

Bassins intérieurs des hautes terres d'Asie centrale. 
Sauf au Sud, dans le fossé du Tibet méridional (Indus et Tsang-po), et à l'Est (bassins supérieurs de la Salouen, du Mékong, du Yangzi Jiang (Yang-tsé-kiang), du Huanghé (Houang-ho) et de l'Amour), les eaux tombées sur le plateau central ne s'écoulent pas vers l'Océan, les fleuves qui les recueillent aboutissent aux lacs du plateau. Le caractère de ces cours d'eau et de ces lacs varie avec les régions. Nous énumérerons successivement ceux du Tibet, de la dépression centrale et des montagnes du Nord-Ouest. 

Tibet.
Le Tibet oriental est occupé par les vallées supérieures des grands fleuves de l'Asie sud-orientale; ces vallées parallèles, à de très courtes distances offrent un phénomène hydrographique unique, pour des fleuves de cette importance. Le reste du Tibet appartient au bassin intérieur. 

A l'altitude de 4500 à 4800 m les lacs sans écoulement sont très nombreux : le principal est le Namtso (1920 km²); citons encore le lac Siling (1865 km²); au Sud du Tsang-Po le Yamdrok Tso ou lac Palti (630 km²), de forme complexe, enveloppant une grande presqu'île centrale; au Nord-Est le Tsin Hai ou Qinghai (Koukou-nor, près de 4500 km²) dans les montagnes du même nom; sur le plateau de Pamir, l'Issyk-Koul (6230 km²).
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Lac Kara-Kul.
Le lac Kara-Kul, à l'Est du Tadjikistan. - Ce lac de montagne est situé dans le massif du Pamir. Il a 25 km  de diamètre se trouve à une altitude d'environ 4000 m au-dessus du niveau de la mer. Le Kara-Kul a été formé par un impact de météorite il y a environ 25 millions d'années, laissant un cratère d'un diamètre de 45 km. Des îles formées par le soulèvement central sont visibles dans les parties nord et sud du lac. Photo : NASA.

Bassin du Tarim.
Dans la dépression centrale du grand plateau coule de l'Ouest à l'Est un fleuve important, le Tarim (2000 km, bassin de 560,000 km²); formé par la réunion des rivières Hotan (Kara-Kach), venue du Karakoram; Yarkand, venue de Pamir, de Kachgar, venue du Trans-Alaï; et Ak-sou, venue de l'Alatau et qui fournit les trois-quarts de l'eau. Le Tarim réunit les eaux du demi-cercle intérieur qui va du pays de Cachemire aux monts Tian-Chan; épuisé par la sécheresse du climat et du sol, il aboutissait autrefois au Lob-nor, vaste marécage dont la profondeur ne dépassait pas quatre mètres; il y rejoingnait le Qarqan venu de l'Altun Shan Les eaux du Tarim, retenues dans plusieurs réservoirs (Ka'er Quga, Kala, Daxi Haizi)  sont entièrement utilisées pour l'irrigation et le Lob Nor est aujourd'hui à sec.

Au Nord du Tarim, au pied du Tian-Chan est le lac Bosten (1000 km²), alimenté par le Khaïdu. Un peu au Sud, la rivière T'a-li-mu Ho  alimente plusieurs petits lacs qui sont les restes d'un lac bien plus grand, compris jadis dans la mer intérieure de l'Asie centrale. Le Lob-nor en occupait le fond; vers cette cavité centrale confluent : le Tchaïdam ou Chouga (4 à 500 km), descendu des monts Bourkhan-bouddha, qui s'évapore en s'avançant dans le désert, et ne dépasse pas les marécages de Dabsoun; la rivière de Ngansi, qui s'arrête au Karanor. 

Le Gobi.
Le désert de Gobi boit un grand nombre de rivières descendues du plateau mongol, et l'Edsin-Golind venu du Sud qui se perd dans le Gachioun Nor. Sur le plateau mongol occidental (les eaux de la Mongolie orientale s'écoulent par l'Amour et le léniséi), nous trouvons au centre du quadrilatère de l'Altaï, le lac Oubsa (3000 km²), plus au Sud. le Kirghiz Nor où aboutissent les eaux du Zabchan, de la rivière et du lac de Kara-Oussou. 

Dans le Tian-Chan méridional sont d'autres lacs de montagnes, le Saïram, le Tchatir-koul dont l'eau est tout à fait douce, le profond Issyk koul (5800 km²), auquel le fleuve Tchou envoie un peu d'eau par un canal de communication. Dans la plaine qui sépare le Tian Chan de l'Altaï et relie la, plaine turanienne au désert de Gobi, on peut signaler, de l'Est à l'Ouest, les lacs Barkol (Barskul), Ayar et Aibi (qui reçoit la Borotala ou Bortala He).

Bassins intérieurs de la plaine turanienne. 
Bien que peu arrosée, la plaine turanienne reçoit plus d'eau que les hautes terres d'Asie centrale; aussi les mers intérieures y sont-elles plus vastes et les fleuves plus considérables. Le premier bassin, celui du Balkach, est à demi desséché; le lac Balkhach (22,000 km²) a beaucoup diminué, il est maintenant séparé des lacs Sassik-koul (Sasykkol), Ala-koul (Alakol), Djalanach-koul qui le prolongent à l'Est. Tous ces lacs sont peu salés et peu profonds, entourés d'immenses massifs de roseaux. Le Balkhach reçoit l'Ili (1500 km), sur lequel un barrage forme depuis le début des années 1970 le grand lac Kapchagaï (1847 km²), et qui parcourt la plaine de Kouldjà encadrée dans les monts Tian Chan, les « Sept fleuves » de la Sémiretchie originaire de l'Alatau dzoungare (Karatal, Ak-sou, Lepsa, etc.), l'Ayagouz qui descend du Tarbagatai, le Takraou formé dans les steppes du Nord; l'Alakul reçoit le Tchourtou qui prend sa source dans le Tarbagataï. Au Sud de ce bassin, un autre est presque entièrement desséché, celui du Tchou qui vient de l'Alatau et finit dans le Saoumal-koul (Saumalkol), lac saumâtre au milieu d'un steppe sablonneux, non loin du point où se termine le  Saryssou (800 km) venu du Nord et bu jusqu'à la dernière goutte par la steppe; un peu au Sud coule le Talas, parallèle au Tchou. La steppe des Kirghizes est parcourue par plusieurs rivières : les principales, l'Irgiz et la Tourgal, s'unissent avec quelques autres en des marécages dont le principal s'appelle lac de Tckalkar. Au Nord du Saryssou s'étend le lac Denghiz (c.-à-d. mer, nom donné fréquemment aux lacs de ces contrées); il reçoit la Noura au Nord, en pleine Sibérie; dans la steppe de Baraba entre l'Ob et le léniséi, il faut citer le lac Tchani (3000 km²), alimenté par les rivières Kargat et Tchoulim.

Les vrais fleuves du Turan sont les tributaires de la mer d'Aral : le Syr-daria et l'Amou-daria. 

La mer d'Aral est de formation récente : les Grecs ne la connaissent pas. De leur temps, l'Amou-daria, grossi du Syr-Daria, se déversait dans la Caspienne; au temps des Arabes, l'Aral apparaît; mais du XIVe au XVIe siècle, les fleuves jumeaux retournèrent encore à la Caspienne. Malgré ses 68 000 km² à son maximum (elle en a aujourd'hui autour de 8000), la mer d'Aral n'a jamais eu beaucoup d'eau (neuf fois moins que le Baïkal avec ses 35,000 km²). 

Le Syr-Daria.
Le Syr-Daria, l'ancien Yaxartes (2860 km), naît sous le nom de Narîn dans le Tian Chan, traverse la plaine fertile du Ferghana et s'appauvrit graduellement en traversant la plaine; il roule 2500 m³/s à son entrée en plaine, très peu atteint la mer d'Aral; autrefois il se déversait par l'Yani-daria (bras desséché maintenant), dans l'Amou-daria. 

L'Amou-Daria.
L'ancien Oxus, l'Amou-Daria actuel, long de 2620 km, recueille les eaux du Pamir et de l'AIaï; il emporte une moyenne de 3600 m³ par seconde, mais est réduit à 1600 au voisinage de la mer d'Aral; jadis par l'Ouzboï il rejoignait la Caspienne; ce lit fluvial de 800 km n'a plus d'eau que jusqu'aux marécages de Sari-Kamîch. De même au Nord la Zeravchan (880 km), la rivière de Boukharie, au Sud la Murghab (850 km), rivière de Merv, et la Hari, rivière de Hérat (1100 km), se perdent avant d'atteindre l'Amou-daria. La Hari ne remplit plus le lac où il s'arrête et dont le fond desséché est à un niveau plus bas que celui de la mer Caspienne. Le fleuve turanien, des sources du Syr-daria à l'embouchure de l'Ouzboï, grossi de tous les affluents qui n'ont plus la force de l'atteindre, aurait plus de 3200 km de long et drainerait un bassin de près de 2 millions de km². 

Les autres cours d'eau.
Pour compléter la nomenclature des cours d'eau de la steppe turanienne, il suffit de nommer les tributaires de la mer Caspienne : l'Emba au Nord, l'Atrek (500 km), et le Gourgen au Sud, qui s'allongent au pied du plateau iranien.

Le bassin intérieur de l'Iran.
Le bassin intérieur de l'Iran embrasse environ un million de kilomètres carrés, les rivières viennent des bords du plateau et coulent vers le centre : au Nord-Ouest I'Abhar et le Qarasu (80 km) tributaire de lac Namak, qui se jette dans la Caspienne, au Sud-Ouest le Zeindeh ou Zâyandé-Rûd, rivière d'Ispahan (400 km) qui se jette dans le lac Gavkhouni (470 km²), et, dans les monts du Fars, la Kor (280km) qui débouche dans le lac Bakhtegan (3500 km²).

Un lit de rivière traverse le désert de Lut, mais il n'a  jamais d'eau.

Dans la partie orientale, les eaux descendues de l'Hindou-Kouch et des monts Souleïman forment des rivières plus abondantes qui aboutissent aux divers hamoun de l'Afghanistan et du Pakistan : Hamoun-i-Lora où finit le Lora, Hamun-i-Mashkel, dans le désert de Kharan, où finit le Mashkel.

Le vaste Hamoun du Séistan, presque entièrement desséché, aboutissant du Hilmend ou Helmand, fleuve de 1100 km, avec un bassin de 500,000 km², grand comme la France; les deux lacs qui se sont conservés à la partie septentrionale du Hamoun du Séistan reçoivent, outre le Hilmend, le Kach, le Harout et le Farah. 

Au Nord-Est du bassin du Hilmend est celui de la Ghazni qui se jette dans l'Ab-e Istâdeh-ye Mokor, lac salé et amer. 

Autres bassins intérieurs
On trouve dans les diverses régions de l'Asie antérieure d'autres petits bassins lacustres sans communication avec la mer. Dans le massif arménien, à l'Ouest de l'Iran, le lac d'Ourmiah (4660 km² à une altitude de 1300 m, bassin de 55,000 km²), peu profond, avec des eaux salées, où tombe le Djaghatou. A l'Est de la Turquie, le lac de Van (3690 km² à une altitude de 1600 m) dont les eaux, chargées de sulfate de soude, ne sont pas plus potables que celles du lac d'Ourmiah. Un peu plus haut (1932 m) le lac Sevan (1300 km²). 

Sur le plateau de l'Anatolie, le lac Tuz (Tuz-gölü) ou Lac Salé, le plus vaste des étangs saumâtres de la Cappadoce (1500 km²), a des eaux plus lourdes que celles de la mer Morte; au Sud-Ouest dans l'ancienne Pisidie, les lacs d'Egridir (480 km²), de Beysehir (650 km²), de Burdur (250 km²), etc.

Au Levant, la mer Morte (600 km²) célèbre par ses rives stériles, ses eaux chargées de sel, de brome, de chlorure, de magnésium, de bitume, plus lourdes d'un cinquième que celles de l'Océan; elle reçoit le Jourdain (250 km). 

En Arabie, s'étendent de vastes solitudes sans cours d'eau; aucun de ceux qui naissent dans les plateaux de l'intérieur n'atteint la mer.

Bassin de l'océan Glacial Arctique 

Le versant de l'océan Arctique, c-à-d. la plaine sibérienne, est parcouru du Sud au Nord par de très grands fleuves qui comptent parmi les plus majestueux de la Terre. Il tombe peu d'eau en Sibérie, mais, le sol étant gelé, toute l'eau va aux fleuves qui atteignent un débit moyen de 40,000 m³/s; ils sont gelés eux-mêmes une grande partie de l'année et leurs affluents sont alors presque arrêtés, bien que beaucoup de grandes rivières poursuivent leur cours sous une couche de glace de 1 m à 2,5 m. Aussi lorsqu'ils sont libres (la Léna pendant deux mois, de juin à août; le Iéniséi pendant une centaine de jours), ils roulent beaucoup d'eau; ajoutons que la pente étant très faible (le léniséi descend 70 m en 2000 km, l'Ob descend 119 m en 3000 km, 19 seulement pendant les 1400 derniers km, de son cours), la courant est très lent et le lit bien plus large que pour d'autres fleuves pourtant plus abondants. Sur nombre de points, il se forme même des étangs et des nappes d'eau stagnante, qui ne vont pas jusqu'aux fleuves; les bassins de eaux-ci n'étant séparés par aucune hauteur, les affluents se touchent presque et de l'Oural à Yakoutsk on peut faire 10,000 km par une route fluviale presque continue (sauf deux courts portages). Enfin, dans cette plaine la moins accidentée du monde, la rotation de la Terre a produit, plus que partout ailleurs, un contraste entre la rive droite rongée par le courant, donc escarpée, et la rive gauche à pente douce et uniforme. 

L'Ob.
L'Ob réunit les eaux d'un bassin de 3 millions et demi de km² qui va jusqu'au Sud de l'Altaï, mais la rivière maîtresse est l'lrtych, prolongeant l'Ouloungour au Sud de l'Altaï, de la source de l'Ouloungour à l'embouchure de l'Ob ; le cours d'eau central du bassin a 5150 km de long (Ouloungour et lac Ouloungour, Irtych Noir, lac Zaïsan, lrtych, Ob inférieur). L'Ichim apporte les eaux des steppes kirghizes, le Tobol celles de l'Oural. L'Ob, dont la masse est divisée en une foule de bras encombrés de végétation, a 45 km de large au moment de la crue du printemps. Entre l'Ob et l'léniséi on trouve de petits cours d'eau, Nadim, Pour, Taz. 

L'lénissei.
L'Iénisseï, long de 3800 km, draine les eaux de 3 millions de km², répartis entre trois bassins bien distincts, celui du Iénissei supérieur, celui du Baïkal, et celui du léniséi inférieur et des trois Toungouska. Le bassin du léniséi supérieur est entouré d'un cirque de montagnes dont le fleuve s'échappe par un étroit défilé. 

Le bassin du Baïkal.
Le bassin du Baïkal a tout à fait l'apparence d'un bassin fermé, entre ceux du Iénissei, de la Léna et de l'Amour. Le lac Baikal (35,000 km²) est le plus profond de la surface terrestre; dépassé en étendue par les grands lacs de l'Afrique et de l'Amérique du Nord, il ne l'est guère que par le lac Supérieur, pour le volume des eaux. Son bassin s'étend sur environ 320,000 km².

La principale rivière est la Sélenga (1100 km), venue du lac Kossogoul. 

L'Angara, appelée plus bas Toungouska supérieure, par un lit récemment creusé et encore semé de rapides, mène ses eaux au Iénissei. Dans son bassin inférieur, le Iéniséi n'a plus de pente et s'étale en un lit de 20 kilomètres de large. 
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Le lac de Bratsk.
Le lac de Bratsk, surnommé le lac du Dragon, une retenue d'eau sur l'Angara,
dans l'oblast d'Irkoutsk.  A son inauguration, en 1967, il s'agissait du lacc artificiel
le vaste au monde ( 5500 km²). Photo : Nasa.

La Léna.
puis la Léna avec un bassin de 2 millions et demi de km², et un cours de 4270 km (5460 à partir de la source du Vitim). Elle décrit une courbe autour du plateau paléozoïque de la Sibérie centrale, reçoit surtout par l'Aldan les eaux des monts Iablonovyï et Stanovoï, et finit par un vaste delta. La Iana (1063 km) a un delta de 150 km de long. 

Le Kolyma.
Le Kolyma, long de 2600 km, est le fleuve le plus poissonneux de l'Asie.  Il descend des monts Stavonoï. La grande et la petite Anou confondent leur delta avec celui du Kolyma.

Bassin de l'océan Pacifique 

On peut grouper les tributaires asiatiques de l'océan Pacifique en deux séries, les fleuves de la région sibérienne (au Nord du plateau central), et ceux de la région chinoise et indochinoise (à l'Est du plateau central). 

Fleuve du littoral sibérien.
L'Anadyr.
L'Anadyr (1150 km), au Nord-Est de la Sibérie, se jette dans la mer de Béring. Il a des eaux très poissonneuses comme toutes celles de la région. 

Le Kamtchatka.
Le fleuve Kamtchatka (760 km),issu de la chaîne centrale de la presqu'île à laquelle il a donné son nom, débouche à l'Est dans l'océan Pacifique. 

Rivières se jetant dans la mer d'Okhotsk.
Dans la mer d'Okhotsk ne se jettent que des rivières sans importance; les montagnes sont trop près du rivage; citons la Bolchaïa Réka dans le Kamtchatka et l'Oud à l'angle Sud-Ouest. 

L'Amour.
L'Amour (4350 km) draine les eaux de la Mongolie orientale, de la Daourie et de la Mandchourie. Son bassin (1,7 million de km²) comprend deux parties, bassin de l'Amour et bassin de la Sungari (1819) et de l'Oussouri, ses grands affluents de la rive droite (Mandchourie), l'Amour formé par la réunion de l'Argoun et de la Chilka. Il a environ 4000 km à partir de la Kéroulen (qui se jette dans le Dalaï non déversé par l'Argoun). Il est libre de glaces pendant six mois. Le contraste est grand entre sa vallée aux solitudes presque désertes et la vallée fertile et peuplée de la Sungari on celle de l'Oussouri (déversoir du lac Khanka), d'une grande importance stratégique et commerciale. 

Des monts Sikhote-alin descende Soui-foun qui débouche dans la baie de Pierre-le-Grand.

Fleuves des littoraux coréen, chinois et vietnamien.
Les trois premiers fleuves que nous trouvions en allant vers le Sud sont le Lia-ho, à l'embouchure obstruée par les glaces pendant un tiers de l'année; son cours supérieur s'appelle Charamouren et sa vallée continue celle de la Sungari; elle a joué un grand rôle dans l'histoire et le commerce de la Chine. Le Lao-mou-ho vient du plateau mongol. Le Péi-ho (bassin de 142,000 km²) est un des fleuves qui roulent le plus d'alluvions. Il contribue comme les deux précédents et le suivant à combler le golfe du Pétchili. 

Le Huanghe.
Le Huanghe (Hoang-ho) ou Fleuve Jaune a plus de 5200 km de long et arrose un bassin de 1,500,000 km²; il comprend plusieurs régions différentes : la haute vallée du fleuve dans le plateau central, le plateau sablonneux des Ordos, les terrasses et les plaines de la terre jaune rongée par les eaux, enfla la plaine d'alluvions formée par le Hueanghe, et où il vague sur une longueur de 900 km. du Nord au Sud, entre le Péï-ho et le Yangzi, avec lesquels il a successivement confondu son embouchure. Il entraîne une grande masse d'alluvions, d'où sa couleur et son nom de fleuve Jaune. En un an, ses alluvions couvrent d'une couche d'un mètre une surface de 500 km². Elles comblent lentement la mer Jaune. Au Sud le Hoaï emprunte en partie les anciens lits du Huanghe. 

Le Yangzi.
Le fleuve Bleu, ou Yangzi Jiang (Yang-tsé-kiang), contraste tout à fait avec le Huanghe. Son bassin est plus vaste (1,900,000 km²), son cours plus long (5500 km), son débit plus fort, mais il roule beaucoup moins d'alluvions. Sa portée moyenne de 21,000 m³/s. en fait le troisième fleuve de la Terre (après les Amazones et le Congo) ou le cinquième (si l'on réunit le Parana et l'Uruguay, le Gange et le Brahmapoutre). Son bassin supérieur est encadré entre de très hautes montagnes, son bassin inférieur est la plaine chinoise par excellence; il y développe un cours très régulier; de grands lacs lui servent de réservoirs : le Toung ting (5000 km²) et le Po-yang (4500 km²). C'est dans ce bassin inférieur du Yangzi que se fait la navigation fluviale la plus active du monde. Le Han, le principal affluent de gauche du fleuve Bleu, le relie au bassin du Huanghe; par la rive droite il reçoit les eaux de la région montagneuse du Sud de la Chine. 
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Le barrage des Trois Gorges sur le Yangzi Jiang.
Le barrage des Trois gorges sur le Yangzi Jiang. -  Les objectifs du barrage sont doubles : fournir de l'eau à la plus grande centrale hydroélectrique du monde et aider à contrôler les inondations dévastatrices qui affectent les plaines en aval du barrage. L'aménagement de la région en amont du barrage n'a cessé de soulever des controverses. Notamment à cause de la relocalisation de 1,3 million de personnes et la submersion de 13 villes, de plus de 1300 villages, de sites archéologiques et décharges de déchets dangereux. S'ajoutent à cela  des préoccupations liées à une sismicité accrue due au poids de l'eau, à de possibles glissements de terrain, à la modification des écosystèmes modifiés, à des risques accrus de maladies d'origine hydrique et à des changements de salinité dans l'estuaire du Yangzi.  Photo : NASA.

Fleuves se jetant dans la mer de Chine méridionale.
De petits fleuves côtiers viennent aussi des montagnes du Sud de la Chine : le Wen-tchéou, le Min, le Han-kiang, le Pé-kiang dont le delta joint celui du Si-kiang (1500 km), a un bassin long et étroit d'une grande importance commerciale. Le Song-koï ou fleuve Rouge arrose le Tonkin. 

L'Annam n'a pas de véritables rivières. Dans la péninsule indochinoise les fleuves s'allongent du Nord au Sud, leurs bassins sont parallèles, très longs mais peu larges.

Le Mékong (4180 km), dont on évalue le portée moyenne à 12,000 m³, la portée extrême à 70,000, n'a pas encore creusé régulièrement son lit; la partie moyenne n'est qu'une succession de rapides. 

A l'Ouest le Ménam arrose la plaine thaïlandaise. Dans la presqu'île de Malacca la rivière Pahang est le dernier tributaire du Pacifique qui vaille une mention.

Le groupe des fleuves de l'Indochine et de l'Inde

Le groupe des fleuves de l'Indochine et de l'Inde tributaire de l'océan Indien comprend les fleuves de l'Indochine, les fleuves de l'Himalaya et du Dekkan. Parmi les fleuves de l'Indochine nous trouvons dans la presqu'île de Malacca la rivière Pérak, le Tenasserim (500 km). La Salouen, qui sort du Tibet oriental, très longue (2500 km) mais peu abondante relativement. Le Xijiang (Sikiang) (2100 km) avec un mascaret redouté. L'Irraouaddi (2250 km), qui roule en eaux moyennes 43,600 m³/s, son delta n'a pas moins de 46,000 km².

Les eaux tombées sur les deux versants de l'Himalaya s'écoulent par le le Brahmapoutre (dont le cours supérieur prend le nom de Tsangpo), par le Gange et par l'Indus. Le Tsangpo et l'Indus emportent à l'Est et à l'Ouest les eaux du versant Nord; le Brahmapoutre proprement dit et les rivières du Pendjab, celles de l'Himalaya oriental et occidental; le Gange, celles de l'Himalaya central, de la plaine indienne et du versant Nord des monts Vindhya. 

Le Brahmapoutre.
Le Brahmapoutre a 2900 km de long. Son bassin proprement dit est la contrée, du monde qui reçoit le plus de pluies et explique la masse énorme du fleuve, dont le débit moyen est de 16 à 18,000 m³/s; la Meghna, qui réunit ses eaux à celles du Gange, roulerait 30,000 m³/s et serait le premier fleuve de l'Asie si on la considérait comme un fleuve spécial.

Le Gange.
Le Gange (2700 km) parcourt la grande plaine de l'Hindoustan; son bassin est avec celui du Yangzi la plus peuplé du monde; il a beaucoup d'eau (il roule depuis 14;000 m³/s en moyenne jusqu'à 450,000 m³/s en temps de crue, il est descendu à 600 aux plus basses eaux qu'on ait vues).
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La Yamuna à Agra.
La Yamuna, un affluent du Gange, à Agra (Inde).

Le bassin de l'Indus.
Le bassin de l'Indus (3040 km) contraste absolument avec celui du Gange et du Brahmapoutre; il comprend la partie occidentale, desséchée et stérile, de la plaine de l'Hindoustan. Son bassin supérieur est au Nord de l'Himalaya où il naît à 6000 m d'altitude; son bassin moyen est le Pendjab dont la Pendjuad lui apporte les eaux; son cours inférieur est tracé à travers des déserts qui boivent les eaux que lui enverraient les monts septentrionaux du Dekkan et le Soulaiman-dagh. 

Les fleuves du Dekkan.
Les fleuves du Dekkan coulent vers l'Est, suivant la pente du plateau. Ils naissent près de la mer, d'Oman (la Kistna à 64 km) et traversent la péninsule dans toute sa largeur; ils descendent par des rapides les terrasses des Ghats orientales. Le régime des moussons explique les écarts énormes qu'ils présentent entre la saison sèche et la saison humide; quelques-uns sont entièrement desséchés en été, les irrigations achevant de les saigner; quelques mois plus tard il s'y abat des trombes d'eau qui ravagent les pays riverains. En revenant du Gange on rencontre successivement sur le versant oriental :

La Soubanarekha; le Baitaram et le Brahmani qui confondent leurs deltas avec celui de la Mahanaddi. Celle-ci est un fleuve de 836 km, avec un bassin de 100,000 km²; ses crues dépassent celles du Mississippi : elle roule alors 50,000 m³/s; dans la saison sèche on l'a vue réduite à 31 m³/s. 

Le Godavéry (1445 km), bassin de 300,000 km, varie de 40,000 m³/s. à 60 m³/s. 

La Kistna ou Krichna (1270 km) sépare l'Inde aryenne de l'Inde dravidienne. Au Sud de petits fleuves, mais d'innombrables étangs dans le Maïssour et le Coromandel : on en compte plus de 40,000. 

Les fleuves sont le Pennar du Nord (670 km), le Palar, le Pennar du Sud, le Vellar, le Cavéry (700 km). Sur le versant occidental, les Ghats sont trop près de la mer pour laisser place à des cours d'eau de quelque longueur : exceptons le Gangawali et le Kaoli qui traversons la chaîne. Les autres petits torrents ont toutefois beaucoup d'eau dans la saison des pluies. 

Au Nord du Dekkan proprement dit, mais au Sud des Vindhya, s'allongent les vallées parallèles du Tapti (700 km) et de Ia Narbada (1180 km), fleuves à estuaires (ceux du Dekkan oriental ont des deltas); enserrés entre les montagnes dans d'étroits défilés, ils ne sont pas navigables; leur régime est d'ailleurs très irrégulier : ils sont sans eau en hiver, mais parfois avec des crues redoutables. 

Dans le golfe de Cambayo débouchent la Mahi et la Sabarmatti; dans le Rann de Catch, la Louni.

Fleuves des Philippines.
Les principaux fleuves sont le Cagayan (350 km), l'Agno et le Pampanga à Luzon, et les fleuves Agusan et Grande de Mindanao à Mindanao. La courte rivière Pasig (22 km), qui traverse Manille, est navigable pour les petits bateaux et revêt une grande importance commerciale.

Affluents de la mer d'Oman, du golfe Persique et de la mer Rouge.
Les affluents de la mer d'Oman, du golfe Persique et de la mer Rouge n'y versent qu'un volume d'eau insignifiant : dans le Béloutchistan, le Dacht; dans le golfe Persique le Sefid-rud, le Chems-i-Arab, le Zohreh ou Hindian; aucun n'est navigable. Nous exceptons le Chatt-el-Arab (réunion de l'Euphrate et du Tigre), qui appartient au groupe des fleuves du massif arménien. Les Ouadi d'Arabie n'ont d'eau qu'après les pluies : citons l'Oued-Hadjar, qui traverse le Yémen.

Fleuves issus du massif arménien

Le groupe du massif arménien porte ses eaux à trois mers : mer Noire, mer Caspienne et golfe Persique (océan Indien).. 

Mer Noire.
Dans la mer Noire se jettent le Tchorokhi,  l'Ingouri et le Rioni.

Mer Caspienne.
Dans la mer Caspienne, le Koura grossi de l'Aras (780 km) dont le bassin, en grande partie désert, est compris entre le massif arménien et le Caucase. Au Sud, le Sefid-roud sort des monts du Kurdistan et arrose l'Azerbaïdjan. Ajoutons les torrents issus des monts Elbourz, qui joignent la Caspienne : le Lankaran, le Shafa Rud, le Sefid-rud, etc.
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Confluent de la Koura et de l'Aragvi.
Confluent de la Koura et de l'Aragvi à Mtkvari, en Géorgie. Photos : World Factbook.

Golfe persique.
Vers le golfe Persique se dirigent l'Euphrate et le Tigre, deux fleuves jumeaux comme le Gange et le Brahmapoutre. Leur bassin couvre 675,000 km². 

L'Euphrate.
Le plus long est l'Euphrate (2780 km), mais il roule beaucoup moins d'eau que le Tigre (2050 m³/s contre 4650); son bassin supérieur est montagneux, mais dans son cours moyen il traverse des déserts, et, dans son cours intérieur, se ramifie dans les vastes marécages de la Babylonie. Il reçoit beaucoup de « fleuves sans eau », qui parcourent les déserts de Syrie ou d'Arabie: le principal est le Roumman (2000 km) dont le lit desséché traverse tout le Nord de l'Arabie. 

Le Tigre.
Le Tigre (1950 km) longe le pied des montagnes du Kurdistan et en recueille les eaux. Réuni à l'Euphrate, il prend le nom de Chatt-el-Arab (6700 m³/s).  Depuis trois mille. ans, il a reculé son embouchure de 150 km, conquis sur le golfe Persique.

Les fleuves tributaires de la Méditerranée

Les fleuves tributaires de la mer Méditerranée sont de peu d'importance, si ce n'est historique. 

Au Liban, on ne peut omettre le Léontès (aujourd'hui Nahr el-léïtani), long de 170 km, et l'Oronte (575 km), aujourd'hui Nahr-el-Asi, né au Liban et qui se jette dans la mer depuis la côte de Syrie

En Turquie, dans l'ancienne Cilicie, on peut citer la Ceyhan ou Pyrame, long de 510 km, le Seyhan ou Sarus, long de 560 km; en Tarse,  le Berdan ou Cydnus, et le Göksu (anc. Calcadnus), long de 260 km. 

Dans la mer Egée débouchent le Büyük Menderes (ancien Méandre), long de 550 km, et le Gediz (ancien Hermus), long de 400 km.

Dans la mer Noire, le Sakarya (820 km), le Kizilirmak, l'ancien Halys, long de 1350 km, et le Yesilirmak (418 km); tous trois décrivent des courbes parallèles, coulant d'abord vers l'Ouest, puis se repliant vers le Nord. (GE).

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