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Arnauld

L'histoire de la famille des Arnauld est tellement liée à l'histoire du Jansénisme et de Port-Royal, ou plutôt elle s'y mêle et s'y confond de telle sorte, qu'à moins de vouloir mettre ici, sous le nom d'Arnauld, la substance même des articles Port-Royal et Jansénisme, il nous faut contenter de quelques détails uniquement généalogiques, biographiques, et chronologiques sur ceux de ses membres dont le renom a franchi les murs du cloître, pour entrer dans l'histoire générale. 

Originaire de Provence, mais fixée en Auvergne, et assez ancienne, les Arnauld dataient l'illustration de leur famille du temps de son établissement à Paris, et de la personne d'Antoine Arnauld, seigneur de la Mothe et de Villeneuve, auditeur des comptes, procureur général de Catherine de Médicis, anobli en 1577, et mort à Paris, en 1591, à l'âge de cent et un ans. Il n'est pas inutile d'observer ici, pour n'y plus revenir, que cet Antoine Arnauld, converti au calvinisme, fit souche de calvinistes avant que ses enfants là fissent de jansénistes, et qu'après qu'il eut lui-même abjuré, l'un au moins de ses fils, Isaac Arnauld, demeura fidèle aux premiers principes qu'il en avait reçus. Nous avons d'Isaac Arnauld un traité sur le Mespris du Monde. L'un de ses fils, qui s'appelait Isaac, comme son père, est plus connu dans l'histoire du XVIIe siècle sous le nom d'Arnauld de Corbeville; l'une de ses filles, Anne Arnauld, devint marquise de Feuquières, et en dépit de son mari, comme du reste de sa famille, réussit à maintenir ses filles dans le protestantisme. C'était le temps où son neveu, un autre Antoine Arnauld, le grand Arnauld, comme on l'appelait, - et pour la seule fois peut-être qu'on le trouve du côté du pouvoir, - applaudissait précisément à la révocation de l'Edit de Nantes.

Antoine Arnauld, avocat au parlement de Paris, né en 1560, mort en 1619, est le plus connu des neuf ou treize enfants mâles que les biographes donnent au premier des Antoine. Sa réputation d'orateur fut considérable en son temps, et à ce propos l'on raconte qu'Henri IV, voulant donner au duc de Savoie une idée de l'éloquence française, choisit un jour qu'Antoine Arnauld devait plaider. Le conseiller Matthieu, dans son Histoire d'Henri IV, nous a conservé le plaidoyer du célèbre avocat, et Sainte-Beuve, dans son Port-Royal, en a donné quelques extraits. Mais ce qui rendit Antoine Arnauld tout à fait populaire, ce fut son plaidoyer pour l'Université contre les jésuites (imprimé à Paris et à Lyon, 1594-1495); et un petit livre qu'il fit paraître huit ans plus tard, en 1602 : le Franc et véritable discours au roi, sur le rétablissement qui lui est demandé des jésuites.  Il a composé aussi un assez grand nombre de pamphlets politiques. 

Quand il mourut, dit Charles Perrault dans ses Hommes illustres, fallut-il exposer le corps sur son lit pendant quelques jours, " pour satisfaire au public qui l'avait demandé avec instance ". 

Arnauld laissait, de son mariage avec Catherine Marion, fille de M. Marion, avocat général, vingt ou vingt-deux enfants, dont il ne parvint qu'une dizaine à l'âge adulte : 

1° Robert Arnauld, dit Arnauld d'Andilly; 

2° Henri Arnauld, qui fut évêque d'Angers; 

3° Simon Arnauld, mort au feu en 1639; 

4° Catherine Arnauld, mariée à Isaac Le Maistre, et mère de plusieurs fils, dont Isaac, dit Lemaistre de Sacy, est le plus connu; 

5° Jacqueline Arnauld, plus souvent désignée sous le nom de la Mère Angélique; 

6° Jeanne Arnauld, que l'on appelle plus communément la Mère Agnès; 

7°, 8°, 9° trois autres soeurs, qui n'ont guère laissé de traces que dans le Nécrologe de Port-Royal; 

10° Antoine Arnauld, le docteur, dont la réputation de controversiste et de théologien non seulement égala, de son vivant, mais dépassa celle même de Bossuet.

Robert Arnauld dit Arnauld d'Andilly, né à Paris en 1588, mort en 1674. Mis de bonne heure dans le monde et dans les grandes affaires, courtisan empressé, tour à tour, et de Luynes,et de Gaston d'Orléans, et de Richelieu, et enfin d'Anne d'Autriche, Robert Arnauld, dans le cours d'une vie publique assez longue, ne vit pourtant pas se réaliser pour lui les espérances qu'il avait formées. Tout le crédit de sa famille ne put seulement réussir à lui assurer la charge d'intendant des finances qu'avait occupée son oncle Isaac Arnauld; faute de savoir en temps opportun débourser cent mille livres, il laissa passer l'occasion d'acquérir une charge de secrétaire d'Etat; et les plus hautes fonctions enfin qu'il parvint à remplir furent, en 1634, celles d'intendant des armées d'Allemagne. On veut aussi qu'en 1643 il ait failli être choisi par la régente comme précepteur du jeune Louis XIV. Cependant, étroitement lié, depuis 1620, avec le célèbre abbé de Saint-Cyran; déçu, sinon frustré dans ses ambitions; ayant perdu sa femme en 1637, et préparé pour son fils préféré la fortune qu'il n'avait pas pu faire lui-même, il résolut de se retirer du monde, vers 1644, et naturellement fit choix, pour s'y enfermer, du monastère de Port-Royal.
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Arnauld d'Andilly.
Arnauld d'Andilly, par Philippe de Champaigne (1650).

On a fait remarquer avec raison que, tout en quittant le monde, les aristocratiques et nombreuses liaisons qu'il y conserva ne contribuèrent pas médiocrement à mettre le jansénisme en faveur; - on pourrait presque dire à la mode. Il employa d'ailleurs pieusement les loisirs de sa longue solitude, tant à des traductions de Josèphe, de Saint Augustin, des vies des Pères du désert, de saint Jean Climaque, de sainte Thérèse et de Jean d'Avila qu'aux plaisirs innocents de l'horticulture. Quelques biographes, à ce propos, ont même cru devoir disputer s'il ne cultivait que les fruits, ou s'il ignait aussi la culture des fleurs. Nous avons enfin de lui de très intéressants Mémoires de sa vie, rédigés à la prière des siens, vers 1666.

Des quinze enfants qu'il eut de son mariage avec Catherine Le Fèvre de la Boderie, dame de Pomponne, et dont cinq moururent en bas âge, un seul nous intéresse, pour avoir occupé une place assez considérable dans l'histoire de son temps; c'est Simon Arnauld de Pomponne.

Simon Arnauld de Pomponne, plus connu sous le nom de Marquis de Pomponne, né en 1618, mort à Fontainebleau en septembre 1699, ambassadeur, conseiller d'Etat et ministre des affaires étrangères. Lui aussi, comme son père, et par son père, fut mis de bonne heure dans le monde et dans les affaires. L'un des habitués de l'hôtel de Rambouillet, il a signé trois madrigaux dans la fameuse Guirlande de Julie « le Muguet; la Fleur de Grenade; le Perce-Neige »; et dès l'âge de vingt-six ans, débutant par les plus hautes fonctions que son père eut remplies, en 1644, après avoir été intendant d'armée, il était fait conseiller d'Etat. II avait passé déjà plus de dix ans dans les intendances d'armées, en Savoie, à Naples, en Catalogne, et s'y était trouvé mêlé a des négociations diplomatiques, quand la disgrâce de Fouquet, auquel il s'était attaché, vint interrompre un moment sa fortune. Une lettre de cachet l'exila à Verdun en 1662, et son exil ne prit fin qu'au commencement de l'année 1665. La même année, Lionne, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, le proposait au roi comme ambassadeur extraordinaire en Suède : il y devait représenter Louis XIV, du mois de février 1666 au mois de juin 1668. Rappelé sur sa demande, et de retour à Paris en septembre 1668, avant la fin du même mois, il était désigné pour remplacer, auprès des Etats Généraux de Hollande, le comte d'Estrade, en la même qualité d'ambassadeur extraordinaire. Il y restait jusqu'au mois de juin 1671, ne faisait que toucher à Paris, et de nouveau repartait, dès le mois de juillet, pour la Suède. C'est là, trois mois après son arrivée, qu'il recevait de Louis XIV la lettre souvent citée qui commence par ces mots : 
« En recevant cette lettre, vous aurez des sentiments bien différents. La surprise, la joie et l'embarras vous frapperont tout ensemble, car vous ne vous attendez pas que je vous fasse secrétaire d'Etat, étant dans le fond du Nord. »
La fortune du fils avait dépassé les ambitions du père. Secrétaire d'Etat au moment le plus brillant du règne, Pomponne allait en effet diriger, de 1671 à 1679, la partie diplomatique de la guerre de Hollande et les négociations du traité de Nimègue.

Une lettre de Mme de Sévigné, datée du 22 novembre 1679, tout émue, tout apitoyée, a rendu pour ainsi dire classique l'histoire de la disgrâce de Pomponne. Sans en rechercher ici les véritables causes, il suffira de dire que Louvois y fut certainement pour une grande part, puisque, dès que Louvois fut mort, en 1691, le roi s'empressa de rappeler Pomponne dans le conseil, et, sans lui rendre, il est vrai, les affaires étrangères, qui étaient aux mains de Colbert de Croissy, de lui restituer ses fonctions de ministre d'Etat. Sur ces entrefaites, Colbert de Croissy étant mort à son tour, en 1696, et Torcy, son fils, qui avait sa survivance, ayant épousé cette année-là même la fille de Pomponne, celui-ci reprit, pour la conserver jusqu'à sa mort, la direction effective des affaires étrangères, recevant les ambassadeurs et chargé du rapport en conseil. L'une des dernières faveurs qu'il reçut du roi, en 1697, fut la commission de la « Surintendance des relais et des postes » qui pouvait bien valoir une trentaine de mille livres de rente. Il mourut à Fontainebleau, d'une indigestion, « pour avoir mangé du veau froid et force pêches », à ce que nous apprend Saint-Simon, qui d'ailleurs en fait un très sincère et très juste éloge (Mémoires).

Nous avons de Pomponne lui-même le récit de ses Négociations, publié pour la première fois, en 1860-1861, par Mavidal (Paris, 2 volumes). En 1885, Gefroy, dans le second volume paru du Recueil des Instructions données aux ambassadeurs et ministres de France (Suède), a publié les Instructions relatives aux deux importantes missions de Pomponne en Suède. Enfin, et indépendamment de ce que l'on peut trouver de renseignements sur lui un peu partout dans les Mémoires et Correspondances du temps, il faut encore lire les Mémoires de l'abbé Arnauld, son frère aîné, un autre Antoine encore, à la vérité le moins fameux de tous, et qui ne paraît pas, dit un historien de Port-Royal, « avoir imité la piété de sa famille ».

Henri Arnauld, né en 1597, mort le 8 juin 1692, frère puîné d'Arnaud d'Andilly, mérite aussi qu'on en dise quelques mots. Destiné au barreau, la mort de son père lui permit de se détourner d'une carrière pour laquelle il se sentait peu fait, et de prendre les ordres. Son frère d'Andilly réussit à le faire entrer dans la maison du nonce Bentivoglio, qui s'en retournait à Rome en ce temps-là, et, au cours même d'une absence qui ne dura pas moins de cinq ans, à lui faire conférer l'abbaye de Saint-Nicolas d'Angers. De retour en France, Henri Arnauld fut successivement chanoine, archidiacre, doyen et même évêque de Toul, -  évêque in partibus, il est vrai, dont le roi d'abord, et, après le roi, la cour de Rome refusèrent de reconnaître les droits.

Aussi se retira-t-il, et, simple abbé de Saint Nicolas, retourna-t-il en Italie, chargé d'ailleurs de missions diplomatiques importantes dont il a lui-même consigné le récit dans un recueil de Négociations, publié par un de ses neveux, l'abbé de Pomponne, en 1748. C'est à la suite de ces missions qu'au mois de janvier 1649, il fut désigné par la reine régente, pour le siège épiscopal d'Angers. Il s'y montra tout janséniste, par esprit de famille peut-être, autant que par conviction ou par choix, ayant vécu jusqu'alors plutôt en homme de cour qu'en ecclésiastique. On doit lui rendre d'ailleurs cette justice que quarante ans durant, ou même un peu davantage, il s'astreignit étroitement à ses devoirs, à commencer par celui de la résidence, qui paraissait le plus difficile aux évêques du XVIIe siècle; et l'on ne vante pas moins sa charité que sa sévérité. La tradition janséniste ajoute qu'il serait mort en « odeur de sainteté ».

Antoine Arnauld, « le plus célèbre des vingt enfants d'Antoine Arnauld, la gloire de cette famille et de son siècle», né à Paris le 6 février 1612, mort en exil, à Bruxelles, le 8 août 1694. C'est de lui surtout qu'il faut dire qu'on ne saurait aisément séparer son histoire de celle de Port-Royal et du jansénisme, dont il fut en France et en Europe, un demi-siècle durant, et jusqu'à son dernier jour, non seulement le soutien, mais l'apôtre, le théologien et l'infatigable, ardent et violent polémiste. Si cependant il ne combattit pas les protestants avec moins d'acharnement que les jésuites eux-mêmes; et, malgré la propagation du jansénisme parmi les prêtres de l'Oratoire, s'il n'attaqua pas moins vivement Malebranche ou Richard Simon, nous pouvons insister ici plus particulièrement sur cette part de son oeuvre et de sa vie, Par là, en effet, comme par plusieurs autres encore de ses écrits, par la Grammaire générale, par la Logique de Port-Royal, par ses curieuses Réflexions sur l'éloquence des Prédicateurs, par sa «-consultation » sur le Phèdre de Racine, le grand Arnauld, quoique bien oublié de nos jours, ne laisse pas d'appartenir à l'histoire générale de la littérature française.

Elevé ou nourri dans la discipline de Saint-Cyran, ordonné prêtre en 1641, admis en 1613, non sans quelque difficulté, dans la société de Sorbonne, il débuta dans la controverse par la publication, cette année-là même, du traité de la Fréquente communion. C'était une réponse à un écrit de trois pères jésuites, les PP. Sesmaisons, Bauny et Rabardeau, où l'on enseignait que plus un fidèle est « dénué de grâce », plus fréquemment il doit approcher des sacrements : Arnauld soutenait la thèse contraire; les jésuites répliquèrent, Arnauld revint à la charge, la querelle s'envenima; la Sorbonne en prit sa part, condamna deux propositions contenues dans un nouvel écrit du docteur de la grâce, l'exclut lui-même de la faculté; - et ce fut, comme l'on sait, la première origine des Lettres Provinciales. On sait moins qu'Arnauld paya pour Pascal, et que, dans l'impossibilité de découvrir avec certitude l'auteur des Petites Lettres, de même qu'il avait déjà dû se cacher de 1644 à 1648, ce fut Arnauld, cette fois encore, qui dut fuir et rentrer dans la retraite pour ne reparaître publiquement qu'à la paix de l'Eglise, en 1668. il publia, pendant cette retraite, en 1662, avec Nicole, la Logique de Port-Royal, et avec Lancelot, en 1664, la Grammaire générale et raisonnée. Mais sa grande affaire était naturellement la polémique, d'autant plus nécessaire que la persécution sévissait plus rigoureusement contre Port-Royal. De cette époque de sa vie datent donc un grand nombre d'écrits que nous énumérerions volontiers, si l'énumération ne risquait d'en être un peu longue, si nous n'y devions ultérieurement revenir, et enfin et surtout, si nous pouvions dire avec exactitude pour quelle part Arnauld y contribua. On ignore, en effet, - pour ne parler que des plus fameux de ces écrits, - dans quelle mesure précise les Lettres imaginaires et les Visionnaires sont d'Arnauld, sont de Nicole, comme aussi bien la part qu'ils prirent tous les deux, et plusieurs autres avec eux, à la compilation de la Morale pratique des jésuites. Et les historiens ne manquent pas de fort bonnes raisons pour les excuser de ce mystère, mais les bibliographes aimeraient qu'à toutes leurs vertus nos Messieurs de Port-Royal eussent cru pouvoir joindre celle de la franchise.

La paix de l'Eglise ne dura pas longtemps. Arnauld toutefois en profita, tout en s'occupant des petites écoles de Port-Royal et des intérêts généraux du jansénisme, pour attaquer les protestants. En 1664, Nicole ayant composé un opuscule intitulé : Traité contenant une manière facile de convaincre les hérétiques, en montrant qu'il ne s'est fait aucune innovation dans la créance de l'Eglise sur le sujet de l'Eucharistie, une copie en tomba dans les mains du ministre Claude, qui répondit par un écrit public. Nicole, à son tour, voulut répondre au ministre, et le fit dans un petit volume qu'il publia sous le titre de la Perpétuité de la foi touchant l'Eucharistie. Claude répliqua; sa réplique même parut assez forte pour que plusieurs évêques se plaignissent que l'on eut imprudemment donné lieu à son livre; et c'est alors que, pour les satisfaire, en même temps que sa propre conscience, Nicole, aidé d'Arnauld, se mit en devoir de composer le gros et savant livre de la Perpétuité de la foi, dont les trois gros volumes parurent en 1689, 1672 et 1676. On admet communément qu'ils sont presque en entier de la main de Nicole; mais ce qui est certain, c'est que la controverse qu'il soulevèrent se fit sous le nom d'Arnauld, et que c'est Arnauld que l'on en félicita, non seulement en France mais à Rome. Portant d'ailleurs en même temps le débat sur un autre terrain, il publiait, en 1672, un autre gros volume sur le Renversement de la morale par les calvinistes; en 1675 son Impiété de la morale des calvinistes; en 1681, son Apologie pour les catholiques; mais, à cette dernière date, il avait déjà dû disparaître depuis près de deux ans, et, quittant cette fois (1679) non seulement Paris, mais la France, chercher un refuge à l'étranger. Il avait soixante-huit ans, mais sa vigueur d'esprit était encore entière, et c'est peut-être dans ces années d'exil qu'il allait écrire ce qu'il nous a laissé de plus digne d'être encore lu.

Nous ne parlons ici ni de sa Lettre à un évêque (1680), ni de ses Considérations sur les affaires de l'Eglise (1681) écrites à l'occasion des querelles de la France et de Rome sur le fait de la régale, mais de son Traité des vraies et des fausses idées (1683); de son autre traité Réflexions philosophiques et théologiques sur la Nature, et la Grâce (1685-1686), l'un et l'autre dirigés contre la philosophie de Malebranche; de ses Difficultés à M.Steyaert, où Bayle estime qu'il « a bien étrillé M. Simon »; et de ses Réflexions sur l'éloquence des prédicateurs, ouvrage posthume, très court d'ailleurs (138 pages), où il n'a guère moins bien étrillé M. du Bois, « son ancien ami ».
Sainte-Beuve a joliment et précieusement parlé de la controverse d'Arnauld et de Malebranche : 

« C'est un singulier spectacle, dit-il, et bien digne d'intérêt, que cette lutte d'Arnauld contre Malebranche. Vieil Entelle aux bras noueux armé du ceste et de toutes ses lanières pesantes, il étreint, il ramasse, et déchire le nuage lumineux contre lequel il combat, et qui prétend se continuer avec le ciel. Il le pulvérise, autant qu'on peut pulvériser un nuage lumineux; celui-ci, dissipé et déchiré par places, se raccommode comme il peut, et, en vertu d'une certaine élasticité, se reforme à la faveur de quelque éclaircissement.-»
Le « vieil Entelle » touchait alors à sa quatre-vingtième année. Il mourut à Bruxelles, , dans les bras du P. Quesnel, dans la nuit du 8 au 9 août 1694, après une courte maladie. On connaî l'épitaphe que lui composa Boileau :
Au pied de cet autel, de structure grossière, 
Gît sans pompe, enfermé dans un vile bière,
Le plus savant mortel qui jamais ait écrit, 
Arnauld, qui... 
Quelques années après sa mort on publia de lui neuf volumes de Lettres (Nancy, 9 volumes, 1729); quant à ses oeuvres, qui ne furent réunies qu'en 1775, à Lausanne, elles ne forment pas moins de 45 volumes (1775 - 1783).
« S'il y a quelqu'un dans le monde qui n'ait pas ouï parler de ce docteur, a dit un des admirateurs d'Arnauld, il peut s'adresser au Public pour lui en demander des nouvelles, et attendre que la Postérité lui dise le reste. »
 C'est ainsi que de son vivant on parlait du grand Arnauld; et, si nous ne saurions en parler aujourd'hui du même ton, si même la Postérité n'a pas tenu ce que l'on promettait prématurément en son nom, cependant nous n'avons pas de peine à comprendre l'admiration des contemporains. Quand un homme a été, pendant un demi-siècle entier, la voix autorisée et quelquefois même éloquente de tout un grand parti, politique autant que religieux, et d'un parti d'opposition, il faudrait plaindre ce parti s'il ne poussait pas la reconnaissance un peu au delà des bornes de la justice et de la vérité.

Quand un homme sort d'une famille déjà célèbre à divers titres, et qu'il n'hérite pas seulement de cette illustration, mais qu'il y ajoute, ce serait bien peu connaître l'opinion que de ne pas savoir qu'elle-même additionnera, dans l'estime qu'elle en fait, à tout son mérite personnel tout l'éclat de sa famille. Et quand un homme enfin soutient l'estime et ranime incessamment l'opinion par des qualités qui procèdent bien plus encore de l'énergie du caractère que de la profondeur ou de l'étendue de l'esprit, les plus habiles s'y méprennent, parmi les contemporains; et l'étonnement ou l'admiration s'étendent jusqu'à ses adversaires. Tel fut le cas du grand Arnauld. Que si l'en pèse toutes ces raisons, mais surtout si l'on y joint ces deux autres encore : qu'il sut durer et cacher sa vie, on verra qu'il était naturel qu'Arnauld fût « la gloire de son siècle »; et non point Pascal, qui ne fit que passer, ou Bossuet, dont les neveux ne furent point ministres d'Etat. 

C'est d'ailleurs en tout temps la sort des hommes d'action, dont les écrits vieillissent, quand c'est par la plume qu'ils ont agi, précisément pour les mêmes qualités ou les mêmes défauts qui les faisaient agir sur leurs contemporains. Mais, pour être peu lus, comme Arnauld, ils n'en demeurent pas moins tout ce qu'ils ont été; si le siècle a changé depuis eux, leurs contemporains ne se sont pas mépris cependant sur leur compte; et c'est ainsi qu'il n'y a lieu ni d'être surpris de la façon dont le XVIIe siècle a parlé du grand Arnauld, ni non plus d'en appeler de la négligence et de l'oubli profond où ses Oeuvres sont aujourd'hui tombées. (F. Brunetière).
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Extraits de la Logique de Port-Royal

L'Exactitude dans le jugement

« C'est une opinion fausse et impie que la vérité soit tellement semblable au mensonge, et la vertu au vice, qu'il soit impossible de les discerner; mais il est vrai que, dans la plupart des choses, il y a un mélange d'erreur et de vérité, de vice et de vertu, de perfection et d'imperfection, et que ce mélange est une des plus ordinaires causes des faux jugements des hommes.

Car c'est par ce mélange trompeur que les bonnes qualités des personnes qu'on estime font approuver leurs défauts, et que les défauts de ceux qu'on n'estime pas font condamner ce qu'ils ont de bon, parce qu'on ne considère pas que les personnes les plus imparfaites ne le sont pas en tout, et que Dieu laisse aux plus vertueuses des imperfections, qui, étant des restes de l'infirmité humaine, ne doivent pas être l'objet de notre imitation ni de notre estime.

La raison en est que les hommes ne considèrent guère les choses qu'en détail; ils ne jugent que selon leur plus forte impression et ne sentent que ce qui les frappe davantage; ainsi, lorsqu'ils aperçoivent dans un discours beaucoup de vérités, ils ne remarquent pas les erreurs qui y sont mêlées; et, au contraire, s'il y a des vérités mêlées parmi beaucoup d'erreurs, ils ne font attention qu'aux erreurs, le fort emportant le faible, et l'impression la plus vive étouffant celle qui est plus obscure.

Cependant il y a une injustice manifeste à juger de cette sorte; il ne peut y avoir de juste raison de rejeter la raison; et la vérité n'en est pas moins vérité, pour être mêlée avec le mensonge; elle n'appartient jamais aux hommes qui la proposent; ainsi, encore que les hommes par leurs mensonges méritent qu'on les condamne, les vérités qu'ils avancent ne méritent pas d'être condamnées.

C'est pourquoi la justice et la raison demandent que, dans toutes les choses qui sont ainsi mêlées de bien et de mal, on en fasse le discernement, et c'est particulièrement dans cette séparation judicieuse que paraît l'exactitude de l'esprit. »

L'Esprit de jalousie et de contradiction

« L'Esprit des hommes n'est pas seulement naturellement amoureux de lui-même; mais il est aussi naturellement jaloux, envieux, et malin à l'égard des autres; il ne souffre qu'avec peine qu'ils aient quelque avantage, parce qu'il les désire tous pour lui : et comme c'en est un que de connaître la vérité et d'apporter aux hommes quelque nouvelle lumière, on a une passion secrète de leur ravir cette gloire, ce qui engage souvent à combattre sans raison les raisons et les opinions des autres. Ainsi, comme l'amour-propre fait souvent faire ce raisonnement ridicule : C'est une opinion que j'ai inventée, c'est celle de mon ordre, c'est un sentiment qui m'est commode, il est donc véritable; la malignité naturelle fait souvent faire cet autre, qui n'est pas moins absurde : C'est un autre que moi qui l'a dit, cela est donc faux : ce n'est pas moi qui ai fait ce livre, il est donc mauvais.

C'est la source de l'esprit de contradiction si ordinaire parmi les hommes, et qui les porte, quand ils entendent ou lisent quelque chose d'autrui, à considérer peu les raisons qui pourront les persuader et à ne songer qu'à celles qu'ils croient pouvoir opposer. Ils sont toujours en garde contre la vérité, et ils ne pensent qu'aux moyens de la repousser et de l'obscurcir, en quoi ils réussissent presque toujours, la fertilité de l'esprit humain étant inépuisable en fausses raisons. Quand ce vice est dans l'excès, il fait un des principaux caractères de l'esprit de pédanterie, qui met son plus grand plaisir à chicaner les autres sur les plus petites choses, et à contredire tout avec une basse malignité; mais il est souvent plus imperceptible et plus caché; et l'on peut dire même que personne n'en est entièrement exempt, parce qu'il a sa racine dans l'amour-propre, qui vit toujours dans les hommes. »

L'Esprit de dispute

« On peut distinguer de la contradiction maligne et envieuse une autre sorte d'humeur moins mauvaise, mais qui engage dans les mêmes fautes de raisonnement; c'est l'esprit de dispute, qui est encore un défaut qui gâte beaucoup l'esprit. Ce n'est pas qu'on puisse blâmer généralement la dispute; on peut dire, au contraire, que, pourvu qu'on en use bien, il n'y a rien qui serve davantage à donner diverses ouvertures ou pour trouver la vérité ou pour la persuader aux autres. Le mouvement d'un esprit qui s'occupe seul à l'examen de quelque matière est d'ordinaire trop froid et trop languissant; il a besoin d'une certaine chaleur qui l'excite et qui réveille ses idées; et c'est d'ordinaire par les diverses oppositions qu'on nous fait que l'on découvre où consiste la difficulté de la persuasion et l'obscurité; ce qui nous donne lieu de faire effort pour la vaincre. Mais il est vrai qu'autant cet exercice est utile, lorsque l'on en use comme il faut et avec un entier dégagement de passion, autant est-il dangereux lorsqu'on en use mal et que l'on met sa gloire à soutenir son sentiment à quelque prix que ce soit et à contredire celui des autres. Rien n'est plus capable de nous éloigner de la vérité et de nous jeter dans l'égarement que cette sorte d'humeur. On s'accoutume, sans qu'on s'en aperçoive, à trouver raison partout, et à se mettre au-dessus des raisons, en ne s'y rendant jamais : ce qui conduit peu à peu à n'avoir rien de certain et à confondre la vérité avec l'erreur, en les regardant l'une et l'autre comme également probables. C'est ce qui fait qu'il est si rare que l'on termine quelque question par la dispute, et qu'il n'arrive presque jamais que deux philosophes tombent d'accord. On trouve toujours à repartir et à se défendre, parce qu'on a pour but d'éviter non l'erreur, mais le silence, et que l'on croit qu'il est moins honteux de se tromper toujours que d'avouer que l'on s'est trompé. »

L'Esprit d'indifférence et de complaisance

« Il se trouve des personnes, principalement parmi ceux qui hantent la cour, qui, reconnaissant assez combien les humeurs contredisantes sont incommodes et désagréables, prennent une route toute contraire, qui est de ne rien contredire, mais de louer et d'approuver tout indifféremment; et c'est ce qu'on appelle complaisance, qui est une humeur plus commode pour la fortune, mais aussi désavantageuse pour le jugement; car, comme les contredisants prennent pour vrai le contraire de ce qu'on leur dit, les complaisants semblent prendre pour vrai tout ce qu'on leur dit; et cette accoutumance corrompt premièrement leur discours, et ensuite leur esprit. C'est par ce moyen qu'on a rendu les louanges si communes, et qu'on les donne si indifféremment à tout le monde qu'on ne sait plus qu'en conclure. Il n'y a point dans la gazette de prédicateur qui ne soit des plus éloquents et qui ne ravisse ses auditeurs par la profondeur de sa science; tous ceux qui meurent sont illustres en piété; les plus petits auteurs pourraient faire des livres des éloges qu'ils reçoivent de leurs amis; de sorte que, dans cette profusion de louanges, que l'on fait avec si peu de discernement, il y a sujet de s'étonner qu'il y ait des personnes qui en soient si avides et qui ramassent avec tant de soin celles qu'on leur donne.

Il est impossible que cette confusion dans la louange ne produise la même confusion dans l'esprit, et que ceux qui s'accoutument à louer tout ne s'accoutument aussi à approuver tout : mais, quand la fausseté ne serait que dans les paroles, et non dans l'esprit, cela suffit pour éloigner ceux qui aiment sincèrement la vérité. Il n'est pas nécessaire de reprendre tout ce qu'on voit de mal; mais il est nécessaire de ne louer que ce qui est véritablement louable; autrement l'on jette ceux que l'on loue de cette sorte dans l'illusion, l'on contribue à tromper ceux qui jugent de ces personnes par ces louanges, et l'on fait tort à ceux qui en méritent de véritables, en les rendant communes à ceux qui n'en méritent pas; enfin l'on détruit toute la foi du langage, et l'on brouille toutes les idées des mots en faisant qu'ils ne soient plus dignes de nos jugements et de nos pensées, mais seulement d'une civilité extérieure qu'on veut rendre à ceux que l'on loue, comme pourrait être une révérence : car c'est tout ce que l'on doit conclure des louanges et des compliments ordinaires. »
 

(A. Arnauld).
Jacqueline Marie Angélique Arnauld, plus connue sous le nom de la Mère Angélique, née en 1591, morte en 1661. C'est la réformatrice de l'abbaye de Port-Royal, et l'un des beaux caractères de l'histoire religieuse du XVIIe siècle. Elle n'avait pas huit ans quand on fit d'elle, en 1599, une coadjutrice de l'abbesse de Port-Royal, qui était alors une Mme de Boulehart, et que l'on sollicita en cour de Rome des bulles qui ne furent obtenues qu'au moyen d'une supercherie singulière (Cf. Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1). Mise d'abord à l'abbaye de Saint-Antoine, puis à Saint-Cyr, et enfin à Maubuisson, Angélique Arnauld y demeura jusqu'en 1602, que, Mme de Boulehart étant morte, elle vint prendre sans difficulté possession de Port-Royal. Elle y vécut cinq ans dans les occupations naturelles d'une enfant de son âge, entrecoupées à peine de la célébration des offices : elle jouait et elle se promenait. Même, il ne semblait pas qu'elle dût prendre jamais grand goût à la vie religieuse, et on raconte que ses tantes protestantes ne s'épargnaient pas à la persuader de quitter le voile et de rentrer dans le monde, quand, en 1608, elle se sentit touchée de la grâce. Détail curieux, et digne d'attention! l'instrument de sa conversion fut un certain père Basile, capucin, « qui avait déjà fait de grands écarts dans plusieurs monastères », dit l'historien de Port-Royal, et qui de plus, quelques années plus tard, devait quitter, lui, non seulement l'habit religieux, mais encore la foi catholique. Sous le coup de la grâce, la jeune abbesse forma la résolution, tout d'abord, de « se délivrer de sa dignité », en se rendant capucine ou feuillantine dans quelque couvent obscur; mais, sur le conseil d'un autre religieux, le père Bernard, elle conçut bientôt le projet d'étendre, pour ainsi dire, le bienfait de sa conversion à ses propres soeurs de Port-Royal, et de réformer son monastère. C'est ici que de nouvelles difficultés commencèrent pour elle. Les religieuses de Port-Royal, les premières, firent une vive opposition, soutenues par la prieure, aux desseins de leur abbesse; le père Bernard lui-même, qui n'avait voulu parler que d'une réforme presque mondaine, essaya de reprendre ses conseils; et il n'y eut pas enfin jusqu'au père de la réformatrice, Antoine Arnauld, l'avocat, qui ne crut devoir la contrecarrer, et jusqu'à la menacer « d'en mourir », si elle persistait dans ses projets de réforme. Elle y persista cependant, et, pour commencer, après avoir établi dans son monastère la communauté des biens, elle en décida la clôture. L'indignation de M. Arnauld quand il apprit cette nouvelle, de la main même de la mère Angélique, fut terrible; et il résolut de se rendre solennellement à Port-Royal, accompagné de sa femme, de deux de ses fils, et de sa fille, Mme Le Maître, pour voir si l'abbesse aurait l'audace de leur en refuser l'entrée. On trouvera dans les historiens de Port-Royal, et en particulier dans le livre de Sainte-Beuve, le récit très circonstancié de cette fameuse Journée du guichet (octobre 1609), d'où la mère Angélique, par un mélange habile, - et encore plus humain, - de fermeté de caractère et de tendresse filiale, sortit victorieuse. Et quoique le jansénisme lui-même n'y soit entré qu'un peu plus tard, lorsque la mère Angélique eut fait, en 1623, la connaissance de l'abbé de Saint-Cyran, c'est de cette Journée, et du coup d'Etat, si l'on peut ainsi dire, que la grâce y fit sur la nature, c'est de là que date le vrai Port-Royal dans l'histoire du siècle.

Pour cette raison, nous bornerons ici la notice de la mère Angélique , sauf à la compléter, ainsi qu'il a été dit, sous les mots de Jansénisme et de Port-Royal. Ce ne sera pas du moins sans avoir ajouté que personne peut-être au XVIIe siècle, pas même Saint-Cyran, n'a fait plus qu'elle pour cette rénovation des coeurs et ce rétablissement de la morale dans sa primitive pureté chrétienne qui furent en réalité, par-dessous les discussions et les querelles théologiques, le ressort agissant, ou plutôt encore l'âme du jansénisme. Si ce ne sont pas tant les leçons qui persuadent que les exemples, nul ou nulle n'en ont donné de plus beaux que la mère Angélique, ni dont le pouvoir agisse plus efficacement sur les esprits des hommes, comme étant des signes à la fois de la hauteur de l'intelligence, de la fermeté du coeur, et de l'énergie de la volonté. On regrette seulement qu'après avoir pieusement rassemblé les témoignages que rendirent elle, à l'occasion de sa mort, « plusieurs personnes aussi respecttables par leur piété que célèbres par leurs lumières », les historiens de Port-Royal aient cru devoir y joindre le récit des miracles qui prétendument s'opérèrent par son intercession. Il y aura toujours quelque chose d'humiliant pour l'esprit humain à voir un morceau de la croix, que portait une sainte femme, s'employer à ôter de la gorge d'une dame de qualité « un os fourchu de bécassine » qui s'y était arrêté; mais qu'en doit-on penser, comme des miracles en général, si cette sainte femme, comme la mère Angélique, est peut-être morte hérétique? 

On a de la mère Angélique divers écrits, dans le recueil intitulé : Mémoires pour servir à l'histoire de Port-Royal et à la vie de la révérende Mère Marie-Angélique de Sainte-Madeleine Arnauld; et un recueil de Lettres (En tout 6 volumes, Utrecht, 1742-1744).

Jeanne catherine Agnès Arnauld, plus connue sous le nom de la Mère Agnès, née en 1593, morte en 1671. Abbesse de Saint-Cyr à l'âge de six ans (1599), religieuse à Port-Royal réformé par sa soour, coadjutrice en 1620, abbesse de Tard de 1630 à 1636, abbesse de Port-Royal de 1636 à 1642, et plus tard de 1658 à 1661, la mère Agnès ne fut guère en tout que la seconde de sa soeur Angélique. 
« C'était une personne d'infiniment d'esprit, a dit d'elle Sainte-Beuve, plutôt que de grand caractère, d'une piété tendre, affectueuse, attirante, d'une délicatesse extrême et des plus nuancées. Si elle avait vécu dans le monde, on aurait parlé d'elle comme d'une précieuse du bon temps et de la meilleure qualité. » 
Ni l'agréable uniformité du style et du ton de ses Lettres ne demande un autre jugement, ni l'uniformité de sa vie religieuse, tout entière passée dans le cloître, n'exige ici de plus longs détails. (F.B).
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