| Li |
Le
lithium
(symbole : Li) est un élément chimique de la famille des métaux
alcalins, situé dans la première colonne du tableau
périodique, avec le le numéro atomique 3. Il est le plus léger des
métaux solides et est hautement réactif.
Le lithium est un métal mou, argenté
et très réactif. Il est le moins dense de tous les métaux solides et
a le plus faible point de fusion parmi les métaux alcalins. Le lithium
réagit rapidement avec l'eau pour former de l'hydroxyde de lithium et
de l'hydrogène gazeux. Utilisations :
• Batteries.
- Le lithium est largement utilisé dans la fabrication de batteries rechargeables
au lithium-ion (V. plus bas), qui alimentent une variété d'appareils
électroniques tels que les téléphones portables, les ordinateurs portables,
les appareils photo numériques et les véhicules électriques.
• Médecine.
- Le carbonate de lithium est utilisé dans le traitement des troubles
bipolaires pour stabiliser l'humeur des patients.
• Lubrifiants.
- Certains composés de lithium sont utilisés comme lubrifiants dans les
graisses et les huiles, en raison de leur capacité à former des films
protecteurs sur les surfaces métalliques.
• Industrie
nucléaire. - Le lithium est utilisé dans certaines applications de
fusion nucléaire et dans la production de tritium,
un isotope radioactif de l'hydrogène.
Le lithium est généralement considéré
comme sûr lorsqu'il est utilisé conformément aux directives médicales.
Cependant, l'extraction minière et le traitement du lithium peuvent avoir
un impact sur l'environnement, en particulier dans les régions où le
lithium est exploité en grande quantité.
Numéro
atomique
Masse
atomique
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)*
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
3
6,939
1330*
108,5
0,53
1s22s1
1 |
|
-
Les
minerais de lithium.
Le lithium est principalement extrait
à partir de gisements de minéraux riches en cet élément, tels que la
spodumène, le feldspath et le pétalite. Il peut également être extrait
de l'eau de mer, bien que cela soit moins courant en raison des coûts
de production plus élevés :
• La
spodumène. - La spodumène est le minerai de lithium le plus courant
et le plus important sur le plan commercial. Il s'agit d'un minéral de
silicate de lithium et d'aluminium, peut être
dans des gisements de pegmatite. La spodumène
est généralement exploitée à ciel ouvert, puis broyée et traitée
pour extraire le lithium.
• Le pétalite.
- La pétalite est un autre minéral de silicate de lithium, qui est parfois
exploité pour obtenir du lithium. Bien que moins courant que la spodumène,
la pétalite est une source importante de lithium dans certains gisements.
• Le spodumène.
- Le spodumène est un minéral de phosphate de lithium et de fer, qui
peut également être exploité pour obtenir du lithium. Il est souvent
trouvé dans des gisements associés à des minéraux de phosphate, tels
que la phosphalite et l'amblygonite.
Ces minerais de lithium sont extraits dans
des mines à travers le monde, avec des gisements significatifs présents
dans des pays comme l'Australie, le Chili,
l'Argentine, la Chine,
le Zimbabwe et le Canada.
Après l'extraction, le minerai est généralement transformé en concentré
de lithium, qui est ensuite traité chimiquement pour produire du carbonate
de lithium ou d'autres composés utilisés dans la fabrication de batteries
lithium-ion, de verre et de produits chimiques.
Les
principaux composés du lithium.
Les principaux composés
du lithium sont largement utilisés dans diverses applications industrielles,
médicales et chimiques. Voici quelques-uns des composés les plus courants
du lithium :
• Carbonate
de lithium (Li2CO3). - Le carbonate
de lithium est l'un des composés les plus importants du lithium. Il est
largement utilisé dans l'industrie des batteries, en particulier dans
la fabrication de batteries lithium-ion. Il est également utilisé dans
la production de verre et de céramique, ainsi que dans certains médicaments
psychiatriques pour traiter les troubles bipolaires.
• Hydroxyde
de lithium (LiOH). - L'hydroxyde
de lithium est un composé chimique utilisé dans la production de batteries
lithium-ion, de graisses et de lubrifiants, ainsi que dans la synthèse
de certains produits chimiques organiques. Il est également utilisé dans
l'industrie nucléaire pour la production de tritium.
• Chlorure de
lithium (LiCl). - Le chlorure de lithium
est utilisé comme dessiccant dans certaines applications de séchage,
dans la production de batteries et dans la synthèse de certains composés
organiques. Il est également utilisé dans les systèmes de climatisation
pour contrôler l'humidité de l'air.
• Fluorure de
lithium (LiF). - Le fluorure
de lithium est souvent utilisé comme additif dans les verres et les céramiques
pour améliorer leurs propriétés optiques et mécaniques. Il est également
utilisé dans la production de batteries et dans certains processus de
fabrication de métaux.
• Bromure de
lithium (LiBr). - Le bromure
de lithium est largement utilisé comme agent de réfrigération dans les
systèmes de climatisation et de refroidissement. Il est également utilisé
comme dessiccant et dans certains procédés chimiques.
• Iodure de
lithium (LiI) : L'iodure de lithium
est utilisé dans les réactions de synthèse organique et comme matériau
de transfert de chaleur dans certains systèmes de refroidissement.
Les
batteries lithium-ion.
Une batterie lithium-ion
repose sur un principe simple : le déplacement d'ions lithium entre deux
électrodes à travers un électrolyte, ce mouvement étant accompagné
d'un flux d'électrons dans le circuit externe qui produit le courant électrique
utilisable.
La cellule est composée
de quatre éléments principaux : une électrode positive (cathode), une
électrode négative (anode), un électrolyte liquide ou gélifié, et
un séparateur poreux qui isole électriquement les deux électrodes tout
en laissant passer les ions. La cathode est généralement constituée
d'un oxyde métallique lithié, comme l'oxyde de cobalt lithié (LiCoO2),
le phosphate de fer lithié (LiFePO4), ou des combinaisons
comme le NMC (nickel-manganèse-cobalt). L'anode, elle, est le plus souvent
en graphite, un matériau carboné capable d'intercaler des ions lithium
entre ses couches atomiques.
Lors de la charge,
un courant électrique externe force les ions lithium à quitter la structure
cristalline de la cathode. Ces ions traversent l'électrolyte et le séparateur
pour venir s'insérer, ou s'intercaler, entre les feuillets de graphite
de l'anode. Simultanément, les électrons correspondants sont poussés
par le chargeur à travers le circuit externe, puisqu'ils ne peuvent pas
traverser l'électrolyte qui est un isolant électronique. Cette double
migration, ions d'un côté par l'intérieur de la cellule, électrons
de l'autre par le circuit extérieur, doit rester équilibrée pour préserver
la neutralité électrique des deux électrodes.
Lors de la décharge,
c'est-à -dire lorsque la batterie alimente un appareil, le phénomène
s'inverse spontanément. Les ions lithium quittent l'anode de graphite
et migrent à travers l'électrolyte vers la cathode, où ils se réinsèrent
dans la structure de l'oxyde métallique. Ce mouvement est thermodynamiquement
favorable, ce qui signifie qu'il libère de l'énergie. Les électrons,
contraints de suivre le circuit externe pour rejoindre la cathode, traversent
alors l'appareil électrique et lui fournissent l'énergie nécessaire
à son fonctionnement.
La tension délivrée
par la cellule dépend de la différence de potentiel chimique entre les
deux matériaux d'électrode : plus cette différence est grande, plus
la tension nominale est élevée. Une cellule lithium-ion classique délivre
une tension nominale d'environ 3,6 à 3,7 volts, ce qui est nettement supérieur
aux batteries nickel-cadmium ou nickel-métal hydrure.
L'électrolyte joue
un rôle essentiel puisqu'il doit permettre une conduction ionique efficace
tout en étant un isolant pour les électrons. Il s'agit généralement
d'un sel de lithium, comme l'hexafluorophosphate de lithium (LiPF6),
dissous dans un mélange de solvants organiques carbonatés. Au contact
des électrodes, une fine couche de passivation se forme spontanément
dès les premiers cycles, appelée SEI (solid electrolyte interphase).
Cette couche est cruciale : elle protège l'électrolyte d'une décomposition
continue tout en restant perméable aux ions lithium.
L'électrochimie
d'une batterie lithium-ion repose sur deux réactions d'oxydoréduction
couplées, chacune se déroulant à une électrode, et reliées par le
transfert d'ions lithium à travers l'électrolyte ainsi que par le transfert
d'électrons à travers le circuit externe. Ces deux réactions ne peuvent
se produire l'une sans l'autre : c'est ce couplage obligatoire qui définit
une pile électrochimique.
Prenons l'exemple
classique d'une cathode en oxyde de cobalt lithié et d'une anode en graphite.
À la cathode, la réaction s'écrit globalement :
LiCoO2
Li(1-x)CoO2 + xLi+
+ xe-.
À l'anode, la réaction
s'écrit :
C6
+ xLi+
+ xe- LixC6.
Lors de la décharge,
l'oxydation a lieu à l'anode : le lithium intercalé dans le graphite
s'ionise, libérant un électron et un cation Li+. Lors de la charge, c'est
l'inverse qui se produit à cette même électrode, qui devient alors le
siège d'une réduction. Il faut noter que la terminologie anode/cathode
en usage courant pour les batteries suit la convention de la décharge,
ce qui explique pourquoi l'électrode de graphite est appelée anode même
si elle joue le rôle de cathode pendant la charge.
Le potentiel de chaque
électrode est déterminé par le potentiel chimique du lithium dans le
matériau d'insertion considéré, c'est-à -dire par l'énergie libre associée
à l'intercalation d'un ion lithium supplémentaire dans la structure cristalline.
Ce potentiel dépend du taux d'occupation des sites d'insertion, ce qui
explique pourquoi la tension d'une cellule varie en fonction de l'état
de charge plutôt que de rester constante. Dans les matériaux comme le
LiFePO4, une transition de phase biphasique entre
une phase riche en lithium et une phase pauvre en lithium se traduit par
un plateau de tension quasiment plat, alors que des matériaux à solution
solide comme le NMC présentent une variation plus continue de la tension
avec l'état de charge.
La force motrice
thermodynamique globale de la réaction est donnée par la variation d'enthalpie
libre de Gibbs, ΔG = -nFE, où n est le nombre de moles d'électrons échangés,
F la constante de Faraday, et E la différence de potentiel entre les deux
électrodes. Cette relation montre que la tension de la cellule est directement
l'expression électrochimique de la différence de potentiel chimique du
lithium entre la cathode et l'anode, une différence qui reflète elle-même
la différence d'affinité structurale des deux matériaux pour l'insertion
du lithium.
Au-delà de la thermodynamique,
la cinétique électrochimique conditionne les performances réelles de
la batterie. Trois phénomènes limitent la vitesse à laquelle la réaction
peut se dérouler sans perte excessive d'énergie sous forme de chaleur.
Le premier est le transfert de charge à l'interface électrode-électrolyte,
décrit par l'équation de Butler-Volmer, qui relie le courant net à la
surtension appliquée par rapport au potentiel d'équilibre; plus la surtension
nécessaire pour maintenir un courant donné est faible, plus la cinétique
de l'électrode est favorable. Le deuxième est la diffusion du lithium
à l'état solide à l'intérieur des particules d'électrode, un processus
souvent limitant puisque le coefficient de diffusion du lithium dans le
graphite ou dans les oxydes lithiés reste relativement faible, ce qui
explique pourquoi les électrodes sont fabriquées sous forme de particules
de petite taille pour raccourcir les distances de diffusion. Le troisième
est le transport ionique dans la phase liquide de l'électrolyte, gouverné
par la conductivité ionique du sel dissous et par le nombre de transport
du lithium, c'est-Ã -dire la fraction du courant ionique effectivement
portée par les cations Li+ plutôt que par les anions du sel.
La formation de l'interphase
solide électrolyte, la SEI, constitue un phénomène électrochimique
à part entière. Elle résulte de la réduction irréversible des solvants
organiques de l'électrolyte au potentiel très négatif de l'anode de
graphite, potentiel situé en dehors de la fenêtre de stabilité électrochimique
de l'électrolyte. Cette réduction consomme des électrons et des ions
lithium pour former des produits de décomposition insolubles, principalement
des carbonates de lithium et des composés organiques, qui précipitent
à la surface du graphite. Une fois formée, cette couche présente une
conductivité ionique suffisante pour laisser passer le Li+
tout en étant électriquement isolante, ce qui bloque la réduction continue
du solvant et stabilise le système, moyennant une perte initiale et irréversible
de capacité correspondant au lithium consommé.
L'électrolyte lui-même
doit satisfaire une contrainte électrochimique stricte : sa fenêtre de
stabilité, c'est-à -dire l'intervalle de potentiel dans lequel il n'est
ni oxydé ni réduit, doit englober les potentiels de fonctionnement des
deux électrodes. Or le potentiel de l'anode de graphite lithiée est proche
de celui du lithium métallique, très en dehors de la fenêtre de stabilité
thermodynamique des solvants carbonatés utilisés. C'est précisément
la formation cinétiquement contrôlée de la SEI, agissant comme barrière
passivante, qui permet à l'électrolyte de fonctionner en pratique malgré
cette instabilité thermodynamique intrinsèque.
Enfin, la résistance
interne globale de la cellule, mesurable par spectroscopie d'impédance
électrochimique, se décompose en plusieurs contributions distinctes :
la résistance ohmique de l'électrolyte et des collecteurs de courant,
la résistance de transfert de charge aux deux interfaces électrode-électrolyte,
la résistance associée à la diffusion du lithium dans les particules
solides, représentée par une impédance de Warburg à basse fréquence,
et la résistance de la couche de SEI elle-même. L'évolution de ces différentes
contributions au cours du vieillissement de la batterie constitue l'un
des principaux outils de diagnostic utilisés pour comprendre les mécanismes
de dégradation électrochimique.
Le vieillissement de
la batterie provient de plusieurs mécanismes cumulés. La couche SEI continue
de croître très lentement au fil des cycles, consommant du lithium actif
et augmentant la résistance interne. Des fissures peuvent apparaître
dans les particules d'électrode sous l'effet des contraintes mécaniques
répétées liées à l'insertion et à l'extraction des ions. Dans certaines
conditions, notamment à basse température ou à charge rapide, du lithium
métallique peut se déposer à la surface de l'anode au lieu de s'intercaler
correctement, un phénomène appelé placage de lithium, qui réduit la
capacité et peut poser des risques de sécurité.
La sécurité constitue
un enjeu central du fonctionnement de ces batteries. Une surcharge, une
température excessive, ou un dommage physique du séparateur peuvent entraîner
un emballement thermique : une réaction exothermique auto-entretenue où
la chaleur générée accélère la décomposition chimique de l'électrolyte
et des électrodes, produisant encore plus de chaleur. C'est pourquoi chaque
batterie lithium-ion moderne est associée à un système de gestion électronique
(BMS, battery management system) qui surveille la tension, le courant et
la température de chaque cellule, coupant le circuit en cas de dépassement
des seuils de sécurité.
La capacité totale
de la batterie, exprimée en ampères-heures, dépend de la quantité de
matériau actif disponible dans les électrodes et de la quantité de lithium
qui peut effectivement migrer de manière réversible entre les deux structures
cristallines sans les endommager. |
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