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Chili
Republica de Chile

30 00 S, 71 00 W
Le Chili est un État de l'Amérique méridionale, situé entre 66° 59'-75° 39' longitude Ouest et 17° 36' - 56° 59° de latitude Sud s'étend le long des côtes de l'Océan Pacifique sur une longueur de 4300 kilomètres environ avec une largeur de 220, et a pour bornes au Nord le Pérou, au Nord-Est la Bolivie, à l'Est l'Argentine; Capitale, Santiago. Cette morphologie étirée sur une vaste gamme de latitudes lui confère une incroyable diversité de paysages et de climats. Le pays est délimité à l'est par l'imposante Cordillère des Andes, qui forme une barrière naturelle et abrite certains des plus hauts sommets du continent, dont de nombreux volcans actifs, et à l'ouest par l'océan Pacifique, dont l'influence est majeure sur le climat et la géomorphologie côtière.
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Carte du Chili.
Carte du Chili. Source : The World Factbook
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Géographie physique du Chili

Les grandes régions géographiques.
Le Chili peut ĂŞtre grossièrement divisĂ© en plusieurs zones climatiques et gĂ©ologiques, allant du nord au sud. 

Norte grande.
L'extrême nord, connu sous le nom de Norte grande, est dominé par le désert d'Atacama, l'un des endroits les plus arides du monde en dehors des pôles. Cette région est caractérisée par des plaines côtières très étroites ou inexistantes, une cordillère de la côte abrupte qui descend directement dans l'océan, une vaste dépression intermédiaire désertique et aride, et la haute Cordillère des Andes à l'est, qui culmine à de très hautes altitudes et abrite l'Altiplano chilien avec ses hauts plateaux, ses volcans majestueux (comme le Nevado Ojos del Salado) et ses vastes salares (déserts de sel). Le climat y est hyperaride, avec des températures extrêmes et une faune et une flore très spécialisées.

Norte chico.
Plus au sud se trouve le Norte chico, une zone semi-aride de transition. L'arité y est moins extrême, et la région est caractérisée par des vallées transversales fertiles (vallées de Elqui, Limarí, Choapa) qui s'étendent de l'est à l'ouest, et permettent une agriculture irriguée, notamment la culture de la vigne et des fruits. La Cordillère de la Côte y est encore présente, et l'influence de la brume côtière (camanchaca) apporte une humidité essentielle à la végétation le long du littoral. La Cordillère des Andes est moins élevée mais reste une chaîne montagneuse importante.

Zona central.
La Zona central est le coeur du pays, à la fois démographique et agricole. Elle bénéficiant d'un climat méditerranéen, et est caractérisée par la Vallée Centrale (Depresión intermedia), une plaine fertile située entre la Cordillère de la Côte à l'ouest et la Cordillère des Andes à l'est. C'est la région la plus peuplée. Elle abrite la capitale Santiago. La Cordillère des Andes y atteint toujours des altitudes élevées mais est plus accessible, tandis que la Cordillère de la Côte est moins marquée et plus basse. Les fleuves issus des Andes alimentent la riche agriculture de la vallée.

Zona sur.
En descendant vers le sud, on entre dans la Zona sur, qui bénéficie d'un climat océanique tempéré et humide, caractérisé par d'abondantes précipitations. Le paysage change radicalement : des forêts tempérées humides (comme la forêt valdivienne) couvrent les pentes des montagnes et les plaines. La Cordillère des Andes abrite ici de nombreux lacs d'origine glaciaire et des volcans actifs emblématiques (comme le Villarrica et l'Osorno). La Cordillère de la Côte est fragmentée et plus basse. Les rivières sont plus nombreuses et puissantes.

Zona austral.
L'extrême sud, la Zona austral, comprend la Patagonie chilienne et la Terre de Feu. Le climat y est froid, venteux et les précipitations restent importantes. Cette région est un monde de fjords, de canaux, d'îles éparses, de glaciers massifs (dont le Champ de glace Sud de Patagonie, la troisième plus grande masse de glace continentale au monde) et de montagnes déchiquetées. Le littoral est extrêmement découpé, créant un labyrinthe de voies navigables. La Cordillère des Andes, bien que moins haute qu'au nord, est très escarpée et souvent recouverte de glace. La Terre de Feu est une grande île partagée avec l'Argentine, marquée par des montagnes, des tourbières et un climat subpolaire.

Géologie.
Le Chili est l'une des régions géologiquement les plus actives au monde. Sa position le long de la ceinture de feu du Pacifique, où la plaque de Nazca subduit sous la plaque sud-américaine, explique la fréquence et la puissance des tremblements de terre (le Chili a connu le plus grand séisme jamais enregistré) et l'intense activité volcanique le long de la Cordillère des Andes. Le pays est parsemé de centaines de volcans, dont un bon nombre sont potentiellement actifs.

ĂŽles.
Le Chili possède Ă©galement des territoires insulaires dans le Pacifique, dont les plus notables sont l'ĂŽle de Pâques (Rapa Nui), une Ă®le volcanique isolĂ©e cĂ©lèbre pour ses moaĂŻ, et l'archipel Juan Fernández, Ă©galement d'origine volcanique. Ces Ă®les lointaines ajoutent une autre dimension Ă  la diversitĂ© physique du pays, bien que très diffĂ©rentes du Chili continental. 

Ecosystèmes.
La géographie extrême du Chili, qui couvre une vaste gamme de latitudes allant du désert hyperaride du nord aux régions subpolaires et glaciaires du sud, en passant par les zones méditerranéennes, alpines et tempérées humides, engendre une mosaïque complexe d'habitats interconnectés.

En partant du nord, on trouve le désert d'Atacama, où les précipitations sont quasi nulles par endroits pendant des décennies. Cet environnement extrême abrite une vie rare mais hautement spécialisée, adaptée à la sécheresse et aux fortes variations de température. Certaines plantes, comme les Tillandsias, survivent en captant l'humidité des rares brouillards côtiers (camanchaca). Malgré son aridité, le désert n'est pas uniforme; il inclut des zones côtières influencées par le brouillard, des plaines intérieures extrêmement sèches, et des vallées fluviales (quebradas) ou des oasis qui permettent une concentration de vie. Plus en altitude, la Cordillère des Andes du nord abrite l'Altiplano chilien, un haut plateau froid et sec caractérisé par des lagunes salées (salares) aux couleurs vives qui attirent des populations de flamants roses. La végétation y est une steppe de haute altitude (la Puna) et la faune comprend des camélidés sud-américains comme la vigogne et le guanaco.

En descendant vers le centre-nord, le climat devient semi-aride. C'est une zone de transition où la végétation se fait plus dense que dans le désert, avec des cactus, des arbustes épineux et des espèces adaptées à une saison sèche prolongée et des précipitations concentrées en hiver. Les fleuves, souvent temporaires, jouent un rôle essentiel en créant des corridors de vie dans ces vallées transversales qui descendent des Andes vers l'océan.

La zone centrale du Chili, avec son climat méditerranéen'est une région à forte densité de population et d'activités humaines. Les écosystèmes typiques y sont les forêts sclérophylles et le matorral, des formations végétales dominées par des arbres et arbustes aux feuilles dures et persistantes, résistantes à la sécheresse estivale (comme le boldo, le quillay). Cette zone abrite une biodiversité importante avec un taux d'endémisme élevé, mais elle est aussi la plus fragmentée et altérée par l'agriculture, l'urbanisation et les incendies.

Plus au sud encore, l'augmentation des précipitations et le refroidissement progressif du climat donnent naissance aux écosystèmes de forêts tempérées. La Forêt Valdivienne, l'une des rares forêts tempérées humides au monde, est particulièrement renommée. Elle se caractérise par des pluies abondantes réparties sur toute l'année, une humidité élevée et une grande diversité d'espèces d'arbres (notamment le Nothofagus, l'alerce, le coigüe) qui forment une canopée dense, avec un sous-bois luxuriant de fougères, de mousses et d'épiphytes. Cette forêt abrite une faune avec un taux d'endémisme exceptionnel. Plus au sud, les forêts deviennent magellaniques, adaptées aux vents violents et au froid, dominées par des espèces de Nothofagus plus résistantes comme la lenga ou le ñirre. La région des Lacs, avec ses vastes étendues d'eau douce et ses volcans majestueux, est également un écosystème marquant de cette zone.

L'extrémité sud du continent chilien, la Patagonie et la Terre de Feu, présente des paysages spectaculaires et des écosystèmes façonnés par le vent, le froid et la glace. À l'est de la cordillère, le climat est plus sec et venteux, donnant lieu à de vastes steppes patagoniennes, des prairies où se rencontrent le guanaco et le nandou. À l'ouest, la côte est déchiquetée en un labyrinthe de fjords et d'îles, bordée par des forêts humides naines ou des landes battues par les tempêtes, et dominée par la présence de glaciers descendant des champs de glace. Les tourbières sont également très répandues dans ces zones froides et humides au drainage lent.

Parallèlement à cette variation latitudinale, la Cordillère des Andes crée des écosystèmes d'altitude distincts à chaque latitude, avec une zonation verticale marquée. On y trouve des prairies alpines, des zones de végétation naine adaptées au froid intense, au vent et aux fortes radiations UV, jusqu'aux sommets couverts de neige éternelle.

Enfin, le long de sa vaste façade maritime, le Chili est bordé par l'océan Pacifique et influencé par le courant froid de Humboldt, qui remonte du sud. Cet écosystème marin est extraordinairement productif. On y rencontre une vie foisonnante de poissons, d'oiseaux marins, de mammifères marins (phoques, otaries, baleines) et d'invertébrés, qui interagissent étroitement avec les écosystèmes côtiers terrestres (littoraux rocheux, plages, estuaires). La richesse de la vie marine contraste souvent avec l'aridité des terres adjacentes dans le nord.

Géographie humaine du Chili

Population.
Le pays abrite une population d'environ 19 Ă  20 millions d'habitants, avec une croissance dĂ©mographique qui a ralenti significativement au cours des dernières dĂ©cennies. Cette dĂ©cĂ©lĂ©ration est principalement due Ă  une chute spectaculaire du taux de fĂ©conditĂ©, qui est dĂ©sormais bien en deçà du seuil de remplacement.  L'espĂ©rance de vie y est Ă©levĂ©e, comparable Ă  celle de nombreux pays dĂ©veloppĂ©s, tĂ©moignant des progrès en matière de santĂ© publique et de conditions de vie gĂ©nĂ©rales, bien que ces progrès ne bĂ©nĂ©ficient pas uniformĂ©ment Ă  toutes les strates de la sociĂ©tĂ©. 

Reflet d'une urbanisation rapide et soutenue au XXe siècle, la répartition de la population est fortement inégale, avec une concentration massive dans le centre du pays, particulièrement dans la région métropolitaine de Santiago, qui polarise une part considérable de l'activité économique. Les régions extrêmes, nord désertique et sud froid et montagneux, sont beaucoup moins densément peuplées. Historiquement, les mouvements migratoires internes ont privilégié le déplacement des campagnes vers les villes, et des provinces vers la capitale. Plus récemment, le Chili est devenu une destination attractive pour l'immigration internationale, et accueille des populations significatives venant de pays voisins comme le Pérou, la Bolivie, la Colombie, ainsi que du Venezuela et d'Haïti. Cette immigration récente apporte de nouvelles dynamiques culturelles mais pose aussi des défis en termes d'intégration sociale, d'accès aux services et de lutte contre la discrimination.

Le Chili est une société caractérisée par une forte stratification sociale et des niveaux d'inégalité économique et sociale persistants, malgré son statut relatif de pays prospère en Amérique latine selon certains indicateurs économiques. Le modèle économique néolibéral, profondément ancré depuis les années 1970, a certes généré de la croissance, mais a également creusé les écarts entre une élite économiquement très puissante et le reste de la population. La classe moyenne, bien que numériquement importante, est vulnérable et soumise à une forte pression économique liée au coût élevé de la vie et à l'endettement. L'accès à des services publics de qualité, notamment l'éducation et la santé, est fortement différencié selon le statut socio-économique. Le système éducatif, largement privatisé à plusieurs niveaux, et le système de santé, combinant un secteur public sous-financé et un secteur privé coûteux, reproduisent et renforcent les inégalités d'accès aux opportunités et au bien-être, perpétuant ainsi la stratification sociale à travers les générations.

La composition ethnique, bien que perçue par certains comme relativement homogène avec une prédominance de l'héritage espagnol et européen, est en réalité plus diverse. La population mestiza (métisse) constitue la majorité, aux côtés de descendants d'immigrés européens plus récents et, surtout, des peuples autochtones. Parmi ces derniers, la population Mapuche, concentré principalement dans le sud, représente la communauté la plus nombreuse et la plus visible, confrontée à des revendications historiques liées à la terre, à l'autonomie et à la reconnaissance culturelle, qui donnent lieu à des tensions sociales et politiques continues. D'autres groupes autochtones comme les Aymaras dans le nord ou les Diaguitas participent également à cette mosaïque culturelle.

La famille, structure sociale fondamentale, évolue sous l'influence de la modernisation et des changements culturels, avec une augmentation des foyers monoparentaux, des unions libres et une redéfinition des rôles de genre, même si les valeurs traditionnelles, largement imprégnées par l'influence historique du catholicisme, conservent une certaine importance. La religion, majoritairement catholique mais avec une présence croissante de cultes protestants et une sécularisation notable, en particulier parmi les jeunes, continue de jouer un rôle dans la sphère publique et les débats de société. La culture politique chilienne a été marquée par une histoire de forte polarisation, culminant avec la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990), dont l'héritage pèse encore lourdement sur la société, notamment en ce qui concerne les questions de droits humains, de mémoire collective et de l'organisation institutionnelle du pays.

Ces dynamiques socio-économiques et historiques ont alimenté des mouvements sociaux importants. L'Estallido Social (explosion sociale) de fin 2019 en est l'exemple le plus marquant. Cette vaste vague de manifestations a exprimé une profonde frustration face aux inégalités, au coût de la vie élevé, à la privatisation des services essentiels et à un sentiment d'injustice structurelle. Ce mouvement a déclenché un processus politique visant à réformer la constitution, symbole d'une quête plus large pour une société plus juste, équitable et solidaire. D'autres enjeux sociétaux majeurs comprennent la lutte pour les droits des femmes et l'égalité de genre, les droits des personnes LGBTQ+, et la question de la décentralisation et de l'aménagement du territoire pour réduire les disparités régionales.

Quelques-unes des principales villes du Chili

• Santiago est la capitale du Chili et le centre politique, Ă©conomique et culturel du pays. SituĂ©e dans une vallĂ©e entourĂ©e par la cordillère des Andes et la cordillère de la Costa, elle concentre plus d'un tiers de la population chilienne. Ville cosmopolite, Santiago mĂŞle modernitĂ© et tradition : gratte-ciels comme la Gran Torre Santiago, parcs urbains comme le Cerro San CristĂłbal, quartiers historiques comme Lastarria, musĂ©es nationaux, universitĂ©s de prestige et une vie nocturne animĂ©e. La ville est Ă©galement un important hub de transport et un point de dĂ©part  pour visiter les Andes, les vignobles de la vallĂ©e centrale ou la cĂ´te pacifique.

• Valparaíso, sur la côte, est l'un des ports les plus emblématiques du Chili, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. C'est une ville au charme bohème, connue pour ses collines colorées, ses funiculaires anciens, ses fresques murales spectaculaires et son architecture éclectique. Elle a inspiré de nombreux artistes et écrivains, notamment Pablo Neruda, dont l'une des maisons, La Sebastiana, domine la baie. Valparaíso est également un centre universitaire et culturel majeur, animé par des festivals de théâtre, de musique et d'art de rue.

• Viña del Mar, voisine de Valparaíso, est réputée pour son atmosphère balnéaire et ses plages. C'est une destination touristique prisée, surtout en été, grâce à ses hôtels, casinos, parcs soignés et festivals, comme le célèbre Festival international de la chanson de Viña del Mar. La ville contraste avec Valparaíso par son urbanisme plus ordonné, ses avenues larges et ses constructions modernes. Elle accueille aussi une population aisée et des infrastructures culturelles importantes, comme le Musée d'art contemporain Palacio Vergara.

• Concepción, la deuxième agglomération urbaine du pays, est située dans le centre-sud du Chili, près de la côte. Ville universitaire par excellence, elle abrite l'université de Concepción, l'une des plus prestigieuses du pays, avec un campus reconnu pour son art public et ses jardins. Concepción joue un rôle économique important, notamment dans les secteurs de l'industrie, de l'énergie et du commerce, grâce à son port voisin de Talcahuano. Elle a été plusieurs fois reconstruite après des tremblements de terre, ce qui a influencé son urbanisme moderne et fonctionnel.

• La Serena, au nord de Santiago, est l'une des plus anciennes villes du Chili, connue pour son architecture coloniale restaurée, ses églises en pierre, ses plages tranquilles et sa proximité avec la vallée de l'Elqui, réputée pour ses observatoires astronomiques et sa production de pisco. La Serena attire à la fois des touristes nationaux et étrangers en quête de calme, de nature

et de ciel clair pour l'observation des étoiles. La ville combine traditions, culture religieuse et tourisme balnéaire.

• Antofagasta, au nord du pays, est un centre minier clé, particulièrement lié à l'extraction du cuivre. Elle se distingue par son rôle stratégique dans l'économie nationale, étant le point de transit des ressources minières du désert d'Atacama vers les marchés internationaux. C'est une ville moderne en développement constant, avec des infrastructures portuaires, des quartiers résidentiels récents et des universités techniques de haut niveau. Le climat désertique et le paysage aride sont compensés par une vue imprenable sur le Pacifique.

• Iquique, plus au nord encore, est une ville portuaire libre de taxes, ce qui en fait un centre de commerce dynamique. Elle est aussi connue pour ses longues plages propices au surf, son patrimoine architectural néoclassique hérité de l'époque du salpêtre, et ses zones franches commerciales. Iquique attire des investisseurs, des touristes et des amateurs de sports nautiques. Le site historique d'Humberstone, ancienne ville minière classée à l'UNESCO, se trouve non loin de là.

• Temuco, dans le sud du pays, est considérée comme la capitale de la région de l'Araucanie, cœur du territoire mapuche. C'est une ville en pleine croissance, ancrée dans une forte identité culturelle autochtone et un environnement naturel verdoyant. Elle joue un rôle important dans l'agriculture, la sylviculture et l'éducation. Temuco est un point d'accès aux parcs nationaux, aux volcans et aux lacs du sud du Chili, faisant d'elle une base prisée pour les amateurs d'écotourisme.

• Puerto Montt, située à l'entrée de la Patagonie chilienne, est un port clé pour le transport maritime, la pêche et l'aquaculture, notamment la salmoniculture. C'est une ville de transition entre la zone centrale du Chili et les fjords australs. Puerto Montt est également le point de départ vers les îles Chiloé, les croisières patagoniennes et la Carretera Austral. Le climat océanique humide, les maisons en bois et l'influence culturelle allemande marquent son identité.

• Punta Arenas, la ville la plus australe du Chili continental, est située sur le détroit de Magellan. Elle servait autrefois de halte stratégique pour les navires avant l'ouverture du canal de Panama. Aujourd'hui, elle est une porte d'entrée vers l'Antarctique et un centre important de la Patagonie chilienne. La ville conserve un riche patrimoine architectural issu de son âge d'or commercial et une population cosmopolite d'origines diverses. Elle attire aussi les visiteurs curieux de paysages subpolaires, de faune marine et d'expéditions australes.

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Culture.
L'histoire coloniale espagnole a laissé une empreinte profonde, notamment dans la langue, la religion majoritairement catholique et les structures sociales initiales. Cependant, la forte présence et la résistance de populations autochtones, en particulier les Mapuches dans le centre-sud, constituent une autre strate fondamentale qui continue d'influencer l'artisanat et les revendications sociales. La langue espagnole parlée au Chili possède ses propres particularités, marquée par un débit rapide, une prononciation spécifique (comme l'aspiration du 's') et un vocabulaire spécifique, avec ses chilenismos, qui la distingue nettement de l'espagnol d'autres pays d'Amérique latine.

Le pays a donnĂ© naissance Ă  deux prix Nobel de littĂ©rature, Gabriela Mistral et Pablo Neruda, figures colossales de la poĂ©sie mondiale, ce qui tĂ©moigne de l'importance accordĂ©e Ă  l'expression poĂ©tique. D'autres Ă©crivains de renom, comme Isabel Allende ou Roberto Bolaño, ont Ăaussi contribuĂ© Ă  la renommĂ©e littĂ©raire du Chili. La musique est Ă©galement très vivante, avec des racines dans le folklore andin et la musique populaire, mais aussi marquĂ©e par l'impact de la Nueva CanciĂłn Chilena des annĂ©es 1960 et 1970, avec des figures emblĂ©matiques comme Violeta Parra et VĂ­ctor Jara. Ce mouvement a Ă©tĂ© liĂ© Ă  l'engagement politique et social, un aspect qui a pris une dimension particulière sous la dictature militaire de Pinochet (1973-1990). Cette pĂ©riode sombre a profondĂ©ment marquĂ© la sociĂ©tĂ© chilienne, et influencĂ© l'art, le cinĂ©ma, le théâtre et la musique, volontiers comme formes de rĂ©sistance, de mĂ©moire ou de tĂ©moignage. Le cinĂ©ma chilien contemporain a acquis une reconnaissance internationale, en abordant frĂ©quemment des thèmes historiques, sociaux ou intimes avec une sensibilitĂ© particulière.

La gastronomie chilienne tire parti de l'abondance des produits de la mer le long de sa côte immense, des fruits et légumes cultivés dans la vallée centrale et de la viande. Des plats emblématiques comprennent les empanadas, le pastel de choclo (une sorte de gratin de maïs), la cazuela (une soupe consistante) et une grande variété de fruits de mer et poissons frais. Le Chili est surtout mondialement reconnu pour son vin. La culture du vin est profondément enracinée dans la vie sociale et les repas, avec des vallées viticoles de renommée internationale qui produisent d'excellents cépages, notamment le Carmenère, considéré comme emblématique du pays. La coutume de la once, un goûter pris en fin d'après-midi, est un moment social important dans de nombreux foyers.

La célébration la plus importante est celle des Fiestas Patrias autour du 18 septembre, qui commémorent l'indépendance. C'est une période de réjouissances nationales marquée par les fondas (stands festifs), les asados (barbecues), la danse de la cueca (la danse nationale, bien que moins pratiquée au quotidien que dans les démonstrations) et diverses manifestations populaires comme les rodéos dans les zones rurales.

Economie.
L'économie du Chili est largement reconnue comme l'une des plus stables et prospères d'Amérique Latine. Elle se distinguant par son ouverture sur le monde et une gestion macroéconomique généralement prudente. Traditionnellement axée sur l'exportation de ressources naturelles, elle a su développer et diversifier ses secteurs au fil des décennies, bien que sa dépendance à certains produits reste une caractéristique majeure. Le Chili s'est longtemps distingué par sa discipline budgétaire. Historiquement, le pays a adopté des règles visant à générer des excédents structurels en période de prix élevés du cuivre et de croissance forte, afin de constituer des fonds de stabilisation permettant d'atténuer l'impact des chocs externes et de financer les dépenses publiques en période de ralentissement. Cette approche a contribué à la réputation de stabilité financière du pays et à sa notation de crédit souverain relativement élevée pour la région. La Banque Centrale du Chili est une institution indépendante dont la politique monétaire est axée sur la maîtrise de l'inflation.

Le moteur principal de l'économie chilienne est sans conteste le secteur minier, et plus particulièrement l'extraction de cuivre. Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre, et ce minerai représente une part considérable de ses exportations totales et des revenus fiscaux de l'État. L'exploitation minière, inclue également d'autres minéraux comme le lithium (dont le Chili possède d'importantes réserves) ou le molybdène, est une source majeure de devises étrangères, mais elle rend également l'économie vulnérable aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux. La volatilité des cours du cuivre a ainsi un impact direct sur la croissance, les recettes publiques et la balance commerciale du pays.

Au-delà des mines, l'économie chilienne s'appuie fortement sur l'agriculture, la foresterie et la pêche. Le Chili est un exportateur important de fruits (raisins, pommes, baies), de vin, de produits de la mer (saumon, truite) et de produits dérivés du bois (cellulose). Ces secteurs bénéficient d'une géographie variée et d'un climat favorable, ainsi que d'investissements dans les techniques de production et l'infrastructure logistique. L'aquaculture, en particulier la production de saumon, s'est développée de manière spectaculaire, et a positionné le Chili comme le deuxième producteur mondial.

Le secteur des services a pris une importance croissante au fil du temps, et représente aujourd'hui la majeure partie du PIB et de l'emploi. Il concerne les services financiers (Santiago est un centre financier régional), le commerce de détail, le tourisme, les télécommunications et les services professionnels. Le tourisme, en particulier, bénéficie de la diversité des paysages chiliens.

L'industrie manufacturière est moins dominante que les secteurs primaires ou les services, mais elle est présente, notamment dans la transformation des produits agricoles et de la pêche, la production de produits chimiques, la métallurgie et la fabrication de produits dérivés du bois.

L'ouverture commerciale est une pierre angulaire de la stratégie économique chilienne. Le pays a signé un vaste réseau d'accords de libre-échange avec de nombreuses économies majeures, notamment les États-Unis, l'Union Européenne, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, et d'autres pays d'Amérique Latine et d'Asie-Pacifique. Cette politique vise à faciliter l'accès de ses produits aux marchés étrangers et à attirer les investissements directs étrangers, qui jouent un rôle important dans le financement des grands projets, notamment miniers.

L'un des défis plus pressants de l'économie chilienne est la forte inégalité de revenus et de richesses, qui a été une source de tensions sociales importantes ces dernières années. La dépendance à l'égard des matières premières, en particulier le cuivre, reste un point faible qui expose l'économie aux cycles mondiaux. Le besoin de diversifier davantage l'économie et d'améliorer la productivité dans d'autres secteurs est une priorité. Des défis liés à l'éducation et à la formation de la main-d'oeuvre, ainsi qu'à la nécessité d'investir dans les infrastructures, sont également présents. Plus récemment, les impacts du changement climatique, notamment la sécheresse persistante affectant l'agriculture et la disponibilité de l'eau pour l'exploitation minière, constituent des préoccupations croissantes. La transition vers une économie plus verte et l'intégration de considérations environnementales dans le modèle de développement sont devenues des enjeux importants. La performance économique a également été affectée par des facteurs internes (agitation sociale) et externes (pandémie de covid-19, contexte géopolitique mondial), qui ont entraîné des périodes de ralentissement et de forte inflation.



Christian Du Brulle, Le dernier roi de l'Atacama, Mols, 2010. - Planté dans le désert le plus aride de la planète, aux portes de l'empire inca, collé à la frontière bolivienne dont il est séparé par une chaîne volcanique en activité et un passé historique tendu, le village chilien de Son Pedro n'a rien d'un paradis. Du moins jusqu'à l'arrivée du Belge Gustave le Paige. Le missionnaire jésuite pose ses malles dans la maison paroissiale de San Pedro le 26 mars 1955. Un mois plus tard, il " gratte " déjà le sol de la région. L'archéologie chilienne prenait son envol. Et avec elle, la découverte d'une civilisation oubliée : la culture atacamène. L'oeuvre du Père le Paige est assurément scientifique et culturelle. Les trésors archéologiques inlassablement exhumés tout au long des 27 années passées à Son Pedro - 360.000 pièces au bas mot - sont aujourd'hui conservés dans un musée qui porte son nom. Chaque année, il attire des milliers de curieux. L'empreinte laissée par le jésuite belge dans l'Atacama est aussi sociale. Ses découvertes ont systématiquement été l'occasion de réclamer aux autorités de nouveaux moyens pour améliorer la vie des populations locales, faciliter leur quotidien et leur rendre une identité, une Culture. Trente ans après son décès, le "Padre Gustavo" originaire de Liège, est devenu une figure emblématique du Chili. Entre vie pastorale et curiosité scientifique, entre intrigues socioanthropologiques et accointances politiques, sur fond d'ondinisme extrême, ce livre retrace l'itinéraire d'un homme qui en vouant sa vie à Dieu a surtout fait progresser la cause de l'Homme dans un des endroits les plus inhospitaliers de la planète. Au point de devenir, indiscutablement, "le dernier roi de l'Atacama". (couv.).

Francisco Coloane, Tierra del fuego; Cap Horn; Le golfe des peines, Ed. Phébus, 2009. - Voici pour la première fois réunis les trois recueils mythiques du Chilien Francisco Coloane : Tierra del Fuego (Phébus, 1994), Cap Horn (Phébus, 1994) et Le Golfe des peines (Phébus, 1997). Quarante et une nouvelles où l'extrême sud du Chili, si cher à l'écrivain, se déploie dans la rumeur glacée des vents et de la mer. Le monde austral est le théâtre grandiose où se croisent matelots, contrebandiers, chasseurs de phoques, chercheurs d'or et Indiens dépossédés. Des vies soulevées par la violence du Grand Sud où les songes, s'ils ne demeurent, se noient dans l'alcool et le sang. Ces âmes solitaires et démunies hantent les histoires de Coloane dans une quête insoluble qui n'a d'autre issue que la folie. Mais qu'on ne s'y trompe pas, le véritable héros de ces récits est le Grand Sud lui-même. Ce bout du bout du monde, paysage désolé où l'imaginaire sud-américain trouve son terreau fertile. Les nouvelles de Coloane, dans une langue dépouillée comme la terre qu'il décrit, et aussi sensuelle que les éléments qui se déchaînent, demeurent des classiques. (couv.).

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