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État des États-Unis
Dakota du Sud
Le Dakota du Sud (South Dakota) est un Etat des Etats-Unis depuis février 1889. Le Dakota Sud comprend la partie méridionale de l'ancien Territoire et représente une superficie de 199,905 km² pour une population d'environ 814.200 habitants (2011) qui lui donne droit d'envoyer deux délégués à la Chambre des représentants de Washington. Le pays est divisé en quarante-quatre comtés; les villes principales sont : Pierre (13 700 habitants), la capitale, Sioux Falls (160,000 habitants), Bonhomme, Yankton, Deadwood. (A. M.).
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Dakota du Sud : Deadwood.
Deadwood, dans le Dakota du Sud. Photo prise vers 1900.

Le Dakota du Sud est limitĂ© au Nord par le Dakota du Nord, Ă  l'Est par le Minnesota, au Sud-Est par l'Iowa dont le sĂ©pare la rivière Big Sioux, au Sud par le Nebraska dont il est sĂ©parĂ© par le Missouri et par son affluent le Niobrara, Ă  l'Ouest par le Montana et au Sud-ouest par le Wyoming. 

Cette vaste rĂ©gion dont les frontières artificiellement tracĂ©es forment un rectangle assez rĂ©gulier, a une superficie de plus de 360,000 km². Elle est arrosĂ©e, par le Missouri et ses affluents (la James, la  White, Grand et Big Cheyenne). 

Le sol est  fertile dans la partie orientale. A l'angle Sud-Ouest se trouve le massif montagneux des Black Hills dont les richesses minières n'ont Ă©tĂ© mises au jour que depuis le dernier tiers du XIXe siècle. 
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Dakota du Sud : Badlands.
Le parc national des Badlands, dans le Dakota du Sud.

L'histoire du Dakota du Sud.
Les premières traces humaines dans ce qui allait devenir le Dakota du Sud remontent Ă  plus de 11 000 ans, avec des groupes comme les Arikara (Sahnish) qui s'Ă©tablirent le long du Missouri, dĂ©veloppant un vaste rĂ©seau commercial Ă  travers la rĂ©gion. Ă€ l'aube du XVIIIe siècle, les Sioux, une confĂ©dĂ©ration de bandes connue sous le nom d'Oceti Sakowin  ( = Sept feux du conseil), Ă©taient devenus la force dominante. Ce peuple, qui se divisait en trois nations aux dialectes distincts (les Dakota (Santee), les Nakota (Yankton) et les Lakota (Teton)) rĂ©gnait alors sur les plaines du nord, considĂ©rant les Black Hills (Paha Sapa) comme leur lieu de crĂ©ation sacrĂ©. L'arrivĂ©e des premiers explorateurs europĂ©ens, les frères français Louis-Joseph et François de La VĂ©rendrye, eut lieu en 1742, marquant le dĂ©but d'une prĂ©sence coloniale qui vit le territoire passer sous contrĂ´le espagnol puis de nouveau français avant d'ĂŞtre cĂ©dĂ© aux États-Unis en 1803 dans le cadre de l'achat de la Louisiane.

L'expédition de Lewis et Clark, qui traversa la région en 1804, fournit les premiers récits détaillés du territoire, et le comptoir de traite de Fort Pierre, établi en 1817, devint la plus ancienne colonie blanche permanente. Pendant des décennies, la colonisation blanche resta limitée, mais la situation changea radicalement avec la création du Territoire du Dakota en 1861, une vaste étendue englobant les deux Dakota actuels ainsi que des portions du Montana et du Wyoming. Les traités inéquitables de 1851, par lesquels les Sioux cédèrent des millions d'hectares en échange de promesses non tenues, et la ruée vers l'or dans les Black Hills à partir de 1874, menée par George Custer, déclenchèrent une série de conflits sanglants. L'arrivée massive de prospecteurs violant le traité de Fort Laramie de 1868, qui garantissait pourtant aux Sioux la possession exclusive de ces terres sacrées, conduisit à la Grande Guerre Sioux de 1876, marquée par la célèbre victoire de Crazy Horse et Sitting Bull à Little Bighorn.

Le point culminant tragique de ces guerres indiennes survint le 29 dĂ©cembre 1890 Ă  Wounded Knee. Alors que les Lakotas pratiquaient la Danse des Esprits, un rituel religieux porteur d'espoir de renouveau, la cavalerie amĂ©ricaine ouvrit le feu sur un campement, massacrant plus de 250 hommes, femmes et enfants Lakotas, scellant ainsi la fin de la rĂ©sistance armĂ©e des peuples autochtones. 

• Le massacre de Wounded Knee se dĂ©roule le 29 dĂ©cembre 1890 dans le Dakota du Sud, aux États-Unis. Il constitue l'un des Ă©pisodes les plus tragiques des guerres indiennes et marque symboliquement la fin de la rĂ©sistance armĂ©e des peuples des Grandes Plaines. Ă€ la fin du XIXᵉ siècle, la disparition des troupeaux de bisons, la pauvretĂ© et les promesses non tenues du gouvernement amĂ©ricain provoquent un profond mĂ©contentement de Lakotas. Dans ce contexte se rĂ©pand le mouvement religieux de la Ghost Dance, ou danse des Esprits, qui annonce le retour des ancĂŞtres, la renaissance du monde traditionnel et la disparition des souffrances subies par les peuples autochtones. Les autoritĂ©s amĂ©ricaines interprètent ce mouvement comme une menace et craignent un soulèvement. En dĂ©cembre 1890, le chef Sitting Bull est tuĂ© lors d'une tentative d'arrestation. Après sa mort, de nombreux Lakotas cherchent refuge auprès du chef Big Foot. Celui-ci dĂ©cide de conduire son peuple vers la rĂ©serve de Pine Ridge afin d'obtenir la protection du chef Red Cloud. En chemin, son groupe est interceptĂ© par des soldats du 7e rĂ©giment de cavalerie, le mĂŞme rĂ©giment qui a Ă©tĂ© anĂ©anti Ă  Little Bighorn quatorze ans plus tĂ´t. Les militaires escortent les Lakotas jusqu'Ă  un camp installĂ© près du ruisseau Wounded Knee. Le lendemain matin, les soldats tentent de dĂ©sarmer les hommes du camp. L'opĂ©ration se dĂ©roule dans une atmosphère tendue. Au cours de la fouille, un coup de feu Ă©clate, sans que l'on sache avec certitude qui en est Ă  l'origine. ImmĂ©diatement, les soldats ouvrent le feu et utilisent Ă©galement leurs canons Hotchkiss contre le campement. La fusillade se transforme rapidement en massacre. Des hommes, des femmes et des enfants tentent de fuir Ă  travers la neige, mais beaucoup sont abattus. Le chef Big Foot figure parmi les victimes. En quelques heures, environ 250 Ă  300 Lakotas trouvent la mort, tandis que plusieurs dizaines de soldats amĂ©ricains sont Ă©galement tuĂ©s, souvent Ă  cause de tirs provenant de leurs propres rangs dans la confusion du combat. Après le massacre, les corps des victimes lakotas restent plusieurs jours dans la neige avant d'ĂŞtre enterrĂ©s dans une fosse commune. L'Ă©vĂ©nement provoque des rĂ©actions diverses aux États-Unis, mais il est longtemps prĂ©sentĂ© comme une bataille plutĂ´t que comme un massacre. Avec le temps, les historiens et les reprĂ©sentants des peuples autochtones dĂ©nonceront cette interprĂ©tation et souligneront le caractère disproportionnĂ© de la violence exercĂ©e contre une population largement dĂ©sarmĂ©e. Le massacre de Wounded Knee marque la fin des grandes guerres indiennes et symbolise l'Ă©chec des politiques menĂ©es envers les peuples autochtones. Aujourd'hui, il demeure un lieu de mĂ©moire essentiel pour les Lakotas et reprĂ©sente l'un des Ă©pisodes les plus douloureux de l'histoire des États-Unis.
Cette période de conflit, qui avait déjà vu la déportation forcée des Dakotas du Minnesota après la révolte de 1862, ne mit pas fin pour autant à la lutte des Sioux, qui intentèrent en 1887 un procès pour la restitution des Black Hills, aboutissant à une décision de la Cour suprême en 1980 reconnaissant l'illégalité de la saisie et ordonnant une indemnisation de plus de 100 millions de dollars, que les tribus refusèrent pour exiger la restitution du territoire lui-même.

Pendant ce temps, l'afflux de colons s'accélérait. Le Homestead Act de 1862, l'arrivée du chemin de fer et la ruée vers l'or provoquèrent un boom du Dakota entre 1870 et 1890, faisant passer la population de moins de 5000 à plus de 300 000 habitants. La création de villes comme Deadwood, célèbre pour son anarchie et ses figures légendaires comme Wild Bill Hickok (assassiné en 1876), incarne cette époque de conquête de l'Ouest. Le territoire, initialement uni, se divisa politiquement entre le Nord et le Sud, une tension exacerbée par le déplacement de la capitale territoriale de Yankton (dans le sud) à Bismarck (dans le nord) en 1883. Le 2 novembre 1889, le président Benjamin Harrison signa les proclamations d'admission dans l'Union, rendant le Nord et le Sud Dakota simultanément les 39e et 40e États. Pour qu'on ne sache jamais lequel fut admis en premier, il mélangea les documents avant de les signer, déclarant qu'ils étaient nés jumeaux. Ce résultat était largement motivé par des calculs politiques, le Parti républicain favorisant la création de deux États pour obtenir quatre sièges au Sénat plutôt que deux.

Le XXe siècle fut marquĂ© par des Ă©preuves et des transformations profondes. Les terres, promises aux colons par le Dawes Act de 1887, furent durement touchĂ©es par la sĂ©cheresse, les invasions de criquets et les faibles prix agricoles, culminant avec la Grande DĂ©pression et le Dust Bowl des annĂ©es 1930. Le New Deal du prĂ©sident Franklin D. Roosevelt joua un rĂ´le crucial dans la survie de l'État, avec des programmes comme le Civilian Conservation Corps (CCC) qui financèrent des infrastructures encore utilisĂ©es aujourd'hui et soutinrent près de la moitiĂ© de la population. L'industrialisation de l'agriculture après la Seconde Guerre mondiale transforma l'Ă©conomie, rĂ©duisant le nombre d'exploitations familiales tandis que le tourisme prenait son essor, notamment avec la construction du mĂ©morial du Mont Rushmore (achevĂ© en 1941) et le dĂ©but des travaux de la sculpture monumentale du chef Crazy Horse en 1948, en rĂ©ponse Ă  l'hommage rendu aux prĂ©sidents amĂ©ricains sur la montagne sacrĂ©e des Lakotas. 

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