|
|
| . |
|
||||||
|
Dakota du Sud |
| Le Dakota du
Sud (South Dakota) -
Deadwood, dans le Dakota du Sud. Photo prise vers 1900. Le Dakota du Sud est limité au Nord par le Dakota du Nord, à l'Est par le Minnesota, au Sud-Est par l'Iowa dont le sépare la rivière Big Sioux, au Sud par le Nebraska dont il est séparé par le Missouri et par son affluent le Niobrara, à l'Ouest par le Montana et au Sud-ouest par le Wyoming. Cette vaste région dont les frontières artificiellement tracées forment un rectangle assez régulier, a une superficie de plus de 360,000 km². Elle est arrosée, par le Missouri et ses affluents (la James, la White, Grand et Big Cheyenne). Le sol est fertile dans la partie
orientale. A l'angle Sud-Ouest se trouve le massif montagneux des Black
Hills dont les richesses minières n'ont été mises au jour que depuis
le dernier tiers du XIXe siècle.
Le parc national des Badlands, dans le Dakota du Sud. L'histoire
du Dakota du Sud.
L'expédition de Lewis et Clark, qui traversa la région en 1804, fournit les premiers récits détaillés du territoire, et le comptoir de traite de Fort Pierre, établi en 1817, devint la plus ancienne colonie blanche permanente. Pendant des décennies, la colonisation blanche resta limitée, mais la situation changea radicalement avec la création du Territoire du Dakota en 1861, une vaste étendue englobant les deux Dakota actuels ainsi que des portions du Montana et du Wyoming. Les traités inéquitables de 1851, par lesquels les Sioux cédèrent des millions d'hectares en échange de promesses non tenues, et la ruée vers l'or dans les Black Hills à partir de 1874, menée par George Custer, déclenchèrent une série de conflits sanglants. L'arrivée massive de prospecteurs violant le traité de Fort Laramie de 1868, qui garantissait pourtant aux Sioux la possession exclusive de ces terres sacrées, conduisit à la Grande Guerre Sioux de 1876, marquée par la célèbre victoire de Crazy Horse et Sitting Bull à Little Bighorn. Le point culminant tragique de ces guerres indiennes survint le 29 décembre 1890 à Wounded Knee. Alors que les Lakotas pratiquaient la Danse des Esprits, un rituel religieux porteur d'espoir de renouveau, la cavalerie américaine ouvrit le feu sur un campement, massacrant plus de 250 hommes, femmes et enfants Lakotas, scellant ainsi la fin de la résistance armée des peuples autochtones. • Le massacre de Wounded Knee se déroule le 29 décembre 1890 dans le Dakota du Sud, aux États-Unis. Il constitue l'un des épisodes les plus tragiques des guerres indiennes et marque symboliquement la fin de la résistance armée des peuples des Grandes Plaines. À la fin du XIXᵉ siècle, la disparition des troupeaux de bisons, la pauvreté et les promesses non tenues du gouvernement américain provoquent un profond mécontentement de Lakotas. Dans ce contexte se répand le mouvement religieux de la Ghost Dance, ou danse des Esprits, qui annonce le retour des ancêtres, la renaissance du monde traditionnel et la disparition des souffrances subies par les peuples autochtones. Les autorités américaines interprètent ce mouvement comme une menace et craignent un soulèvement. En décembre 1890, le chef Sitting Bull est tué lors d'une tentative d'arrestation. Après sa mort, de nombreux Lakotas cherchent refuge auprès du chef Big Foot. Celui-ci décide de conduire son peuple vers la réserve de Pine Ridge afin d'obtenir la protection du chef Red Cloud. En chemin, son groupe est intercepté par des soldats du 7e régiment de cavalerie, le même régiment qui a été anéanti à Little Bighorn quatorze ans plus tôt. Les militaires escortent les Lakotas jusqu'à un camp installé près du ruisseau Wounded Knee. Le lendemain matin, les soldats tentent de désarmer les hommes du camp. L'opération se déroule dans une atmosphère tendue. Au cours de la fouille, un coup de feu éclate, sans que l'on sache avec certitude qui en est à l'origine. Immédiatement, les soldats ouvrent le feu et utilisent également leurs canons Hotchkiss contre le campement. La fusillade se transforme rapidement en massacre. Des hommes, des femmes et des enfants tentent de fuir à travers la neige, mais beaucoup sont abattus. Le chef Big Foot figure parmi les victimes. En quelques heures, environ 250 à 300 Lakotas trouvent la mort, tandis que plusieurs dizaines de soldats américains sont également tués, souvent à cause de tirs provenant de leurs propres rangs dans la confusion du combat. Après le massacre, les corps des victimes lakotas restent plusieurs jours dans la neige avant d'être enterrés dans une fosse commune. L'événement provoque des réactions diverses aux États-Unis, mais il est longtemps présenté comme une bataille plutôt que comme un massacre. Avec le temps, les historiens et les représentants des peuples autochtones dénonceront cette interprétation et souligneront le caractère disproportionné de la violence exercée contre une population largement désarmée. Le massacre de Wounded Knee marque la fin des grandes guerres indiennes et symbolise l'échec des politiques menées envers les peuples autochtones. Aujourd'hui, il demeure un lieu de mémoire essentiel pour les Lakotas et représente l'un des épisodes les plus douloureux de l'histoire des États-Unis.Cette période de conflit, qui avait déjà vu la déportation forcée des Dakotas du Minnesota après la révolte de 1862, ne mit pas fin pour autant à la lutte des Sioux, qui intentèrent en 1887 un procès pour la restitution des Black Hills, aboutissant à une décision de la Cour suprême en 1980 reconnaissant l'illégalité de la saisie et ordonnant une indemnisation de plus de 100 millions de dollars, que les tribus refusèrent pour exiger la restitution du territoire lui-même. Pendant ce temps, l'afflux de colons s'accélérait. Le Homestead Act de 1862, l'arrivée du chemin de fer et la ruée vers l'or provoquèrent un boom du Dakota entre 1870 et 1890, faisant passer la population de moins de 5000 à plus de 300 000 habitants. La création de villes comme Deadwood, célèbre pour son anarchie et ses figures légendaires comme Wild Bill Hickok (assassiné en 1876), incarne cette époque de conquête de l'Ouest. Le territoire, initialement uni, se divisa politiquement entre le Nord et le Sud, une tension exacerbée par le déplacement de la capitale territoriale de Yankton (dans le sud) à Bismarck (dans le nord) en 1883. Le 2 novembre 1889, le président Benjamin Harrison signa les proclamations d'admission dans l'Union, rendant le Nord et le Sud Dakota simultanément les 39e et 40e États. Pour qu'on ne sache jamais lequel fut admis en premier, il mélangea les documents avant de les signer, déclarant qu'ils étaient nés jumeaux. Ce résultat était largement motivé par des calculs politiques, le Parti républicain favorisant la création de deux États pour obtenir quatre sièges au Sénat plutôt que deux. Le XXe siècle fut marqué par des épreuves et des transformations profondes. Les terres, promises aux colons par le Dawes Act de 1887, furent durement touchées par la sécheresse, les invasions de criquets et les faibles prix agricoles, culminant avec la Grande Dépression et le Dust Bowl des années 1930. Le New Deal du président Franklin D. Roosevelt joua un rôle crucial dans la survie de l'État, avec des programmes comme le Civilian Conservation Corps (CCC) qui financèrent des infrastructures encore utilisées aujourd'hui et soutinrent près de la moitié de la population. L'industrialisation de l'agriculture après la Seconde Guerre mondiale transforma l'économie, réduisant le nombre d'exploitations familiales tandis que le tourisme prenait son essor, notamment avec la construction du mémorial du Mont Rushmore (achevé en 1941) et le début des travaux de la sculpture monumentale du chef Crazy Horse en 1948, en réponse à l'hommage rendu aux présidents américains sur la montagne sacrée des Lakotas. |
| . |
|
|
|
||||||||
|