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Sacha Guitry

Alexandre ("Sacha") Georges Pierre Guitry est un écrivain, comédien et cinéaste né le 21 février 1885 au 12 de la perspective Nevski, à Saint-Pétersbourg, en Russie. Il est le fils de Lucien Guitry, l'un des comédiens français les plus illustres de son époque, alors en contrat au théâtre Michel, et de Renée Delmas de Pont-Jest, une actrice moins renommée. Son parrain n'est autre que le tsar Alexandre III, admirateur du talent de son père. Ses parents se séparent alors qu'il n'a que trois ans, et après un enlèvement rocambolesque par son père qui le ramène un temps en Russie, Sacha grandit finalement à Paris à partir de 1891, baignant dans l'univers artistique des amis de son père : Anatole France, Claude Monet, Auguste Renoir ou encore Sarah Bernhardt .

Sa scolarité est un désastre absolu. Élève indiscipliné et médiocre, il se fait expulser de pas moins de onze ou douze établissements différents, redoublant sa sixième à dix reprises, ce qui était alors la conséquence de ses changements d'école constants. Il abandonne toute scolarité à seize ans, au début de l'année 1902, peu avant la mort de sa mère en juillet. Poussé par l'écrivain Francis de Croisset, il soumet sa première pièce, Le Page, qui devient une opérette et est créée avec un succès honorable en avril 1902, alors qu'il a tout juste dix-sept ans.

En 1904, il fait ses débuts de comédien au théâtre de la Renaissance, dirigé par son père, sous le pseudonyme de Jacques Lorcey. C'est là qu'il rencontre Charlotte Lysès, une actrice de huit ans son aînée, qui est aussi la maîtresse de son père. Cette rivalité amoureuse provoque une brouille durable entre le père et le fils. Sacha s'installe avec Charlotte, qui devient sa muse et sa confidente, et c'est pour elle qu'il écrit. Le triomphe arrive en décembre 1905 avec Nono, une pièce qui révèle un auteur plein d'esprit et de jeunesse, acclamé par la critique et les pairs de son père, comme Jules Renard ou Octave Mirbeau. Il épouse Charlotte Lysès le 14 août 1907 à Honfleur.

Les années suivantes sont celles d'une production dramatique prolifique. Il enchaîne les pièces à succès, comme La Prise de Berg-Op-Zoom ou La Pèlerine écossaise, et s'affirme comme une figure majeure du théâtre de boulevard. Pendant la Première Guerre mondiale, non mobilisé pour cause de rhumatismes, il réalise en 1915 un documentaire, Ceux de chez nous, pour célébrer les artistes français face à la propagande allemande. En 1917, il rencontre et engage la jeune actrice Yvonne Printemps, dont il tombe amoureux. Après son divorce d'avec Charlotte en 1918 et la réconciliation avec son père, il épouse Yvonne le 10 avril 1919. Le couple forme un duo mythique et triomphe dans des pièces comme Mon père avait raison en 1919, où Lucien Guitry joue enfin aux côtés de son fils et de sa belle-fille. Lucien mourra en  1925.

Bien qu'il ait longtemps méprisé le cinéma, le jugeant inférieur au théâtre, il s'y intéresse vraiment au milieu des années 1930, peut-être sous l'influence de sa troisième épouse, Jacqueline Delubac, qu'il épouse en 1935. Il réalise alors une série de films qui révolutionnent le langage cinématographique, utilisant la voix-off avec une maestria inouïe dans Le Roman d'un tricheur (1936), ou mêlant fiction et Histoire dans des fresques comme Les Perles de la couronne (1937) avec une pléiade de stars. Après son divorce d'avec Jacqueline en 1939, il épouse la même année Geneviève de Séréville .

La Seconde Guerre mondiale est une période trouble. Il continue à travailler et à faire jouer ses pièces sous l'Occupation, participant à quelques galas de bienfaisance, ce qui lui vaut d'être arrêté et emprisonné pendant deux mois à la Libération, en août 1944, sous l'accusation d'avoir eu une attitude collaborationniste. Il est finalement relâché en 1945 sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui. 

En 1949, il épouse sa cinquième et dernière femme, la comédienne roumaine Lana Marconi, qui restera à ses côtés jusqu'à la fin. Malgré la maladie et un coeur de plus en plus fragile, il ne cesse de travailler, enchaînant les films, les pièces et les émissions de radio et de télévision. Il réalise encore des fresques historiques populaires comme Si Versailles m'était conté... (1954) et Napoléon (1955). Il joue son dernier rôle sur scène à Bruxelles en 1953 avant de faire un malaise. Il s'éteint le 24 juillet 1957 à son domicile parisien, à l'âge de 72 ans, des suites d'une hémorragie, entouré de Lana. Auteur de 124 pièces de théâtre et de 36 films, il laisse derrière lui une oeuvre inclassable, marquée par un esprit, une élégance et une modernité qui influenceront des générations d'artistes.


 
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Dictionnaire biographique
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