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L'État
de Guerrero est situé au sud-ouest du Mexique .
Il s'étend sur une superficie d'environ 63 600 km² et est bordé au
nord par les États de México, Morelos
et Puebla, à l'est par l'Oaxaca,
à l'ouest par le Michoacán, et au sud
par l'océan Pacifique.
Le relief est dominé
par la Sierra Madre del Sur, une chaîne de montagnes qui traverse l'État
du nord-ouest au sud-est. Ces montagnes représentent
environ 80 % de la superficie de Guerrero, avec des altitudes variables
allant de 500 à plus de 3000 mètres. Les régions montagneuses sont généralement
escarpées et peu accessibles, ce qui a influencé l'isolement de nombreuses
populations rurales, notamment autochtones. Le point culminant de l'État
est le Cerro Teotepec, qui atteigeint environ 3540 mètres d'altitude dans
la Sierra de Atoyac.
Le climat
de Guerrero varie en fonction de l'altitude. Le long de la côte pacifique
et dans les basses terres, le climat est typiquement tropical, chaud et
humide, avec une température moyenne annuelle oscillant entre 25 et 30
°C. Les pluies sont concentrées entre juin et octobre. Dans les zones
montagneuses, le climat est plus tempéré ou même frais en altitude,
avec des précipitations plus abondantes dans certains versants orientés
vers les vents humides du Pacifique.
La côte pacifique
de Guerrero s'étend sur près de 500 kilomètres, et abrite plusieurs
baies et lagunes importantes, notamment la baie d'Acapulco, qui est l'un
des ports naturels les plus spectaculaires du monde. Acapulco est également
la principale ville touristique de l'État et a longtemps été un centre
international de villégiature, bien que la violence et l'insécurité
aient entamé cette réputation. D'autres villes côtières significatives
sont Zihuatanejo, Ixtapa et Tecpan de Galeana. Les plages de la côte sont
souvent bordées de végétation tropicale et de mangroves,
et certaines zones présentent un fort potentiel pour la pêche et l'aquaculture.
Les rivières
de Guerrero descendent des montagnes vers la mer et sont généralement
courtes, torrentielles et peu navigables. Parmi les cours d'eau principaux
figurent le Río Balsas, qui longe une partie du nord de l'État, le Río
Papagayo, le Río Omitlán, et le Río Atoyac. Ces rivières jouent un
rôle essentiel dans l'irrigation des vallées agricoles et pour l'approvisionnement
en eau des populations locales, bien qu'elles soient soumises à de fortes
variations saisonnières.
Sur le plan écologique,
Guerrero abrite plusieurs types de biomes.
Les forêts tropicales sèches sont dominantes
dans les basses terres, particulièrement sur la côte et dans les vallées
intérieures. Les zones plus humides des montagnes supportent des forêts
de pins et de chênes. Ces écosystèmes sont
riches en biodiversité, mais fortement
menacés par la déforestation, l'exploitation minière et la monoculture.
Les parcs naturels et réserves écologiques comme la réserve de la biosphère
de Sierra de Huautla ou le parc national El Veladero visent à protéger
une partie de ce patrimoine naturel, bien que leur gestion soit souvent
précaire.
La répartition de
la population est fortement influencée par le relief : les grandes agglomérations
se concentrent sur la côte et dans certaines vallées intérieures. Chilpancingo,
la capitale de l'État, est située dans une vallée centrale, tandis qu'Acapulco
concentre la majeure partie de l'activité économique et démographique
côtière. En revanche, les zones montagneuses, notamment celles peuplées
par des communautés nahuas, tlapanèques, mixtèques et amuzgos, sont
caractérisées par un isolement géographique important, des infrastructures
limitées et une pauvreté marquée.
Les contraintes géographiques
ont contribué à une faible intégration territoriale et à l'émergence
de foyers de marginalisation. Les routes principales suivent en général
les vallées ou longent la côte, tandis que les routes secondaires en
montagne sont généralement en mauvais état ou inexistantes. Cela affecte
non seulement le développement économique, mais aussi l'accès aux services
de santé, d'éducation et de sécurité.
Enfin, la géographie
de Guerrero a joué un rôle déterminant dans les dynamiques historiques
et politiques. Elle a offert un refuge pour les mouvements de guérilla
dans les années 1960 et 1970, notamment dans les montagnes de la région
d'Atoyac, et elle contribue aujourd'hui à la complexité du contrôle
territorial face à la criminalité organisée. L'isolement de certaines
zones rurales facilite les cultures illicites, notamment de pavot à opium,
dans les hautes terres, ce qui renforce la violence et l'instabilité dans
certaines régions.
Quelques-unes
des principales villes de l'Etat de Guerrero
| •
Acapulco
(Acapulco de Juárez) est la plus grande et la plus connue des villes de
Guerrero. Située sur la côte sud de l'État, au bord d'une baie naturelle
spectaculaire, Acapulco a longtemps été l'un des plus importants ports
du Mexique. À l'époque coloniale, il constituait le point d'arrivée
du galion de Manille, faisant le lien entre l'Asie et la Nouvelle-Espagne.
À partir des années 1950, Acapulco devient une destination touristique
internationale, prisée par les élites mexicaines et hollywoodiennes.
Le développement hôtelier et les infrastructures balnéaires ont transformé
la ville en un symbole du tourisme de luxe mexicain. Cependant, depuis
les années 2000, Acapulco est également devenu l'un des épicentres de
la violence liée au narcotrafic, ce qui a gravement affecté sa réputation
et son attractivité. Malgré cela, la ville conserve une activité touristique
nationale importante, notamment pendant les vacances scolaires et les week-ends.
• Chilpancingo
de los Bravo (Ciudad Bravo) est la capitale politique de l'État et
le siège du gouvernement. Située dans une vallée centrale, elle est
géographiquement mieux connectée aux régions montagneuses et aux corridors
routiers reliant la ville de Mexico à Acapulco.
Chilpancingo abrite les principales institutions de l'État, l'université
autonome de Guerrero (UAGro), ainsi que plusieurs centres de recherche
et d'administration publique. Moins développée économiquement qu'Acapulco,
Chilpancingo joue néanmoins un rôle important dans la vie politique et
éducative de la région. Elle est également marquée par des mouvements
sociaux et étudiants très actifs, liés à la tradition historique de
résistance dans la région.
• Iguala de
la Independencia est une ville du nord de Guerrero, connue historiquement
pour avoir été le lieu de la proclamation du Plan d'Iguala en
1821, acte fondateur de l'indépendance du Mexique. Aujourd'hui, Iguala
est un centre commercial et agricole, spécialisée notamment dans la production
de fleurs, de fruits et d'artisanat en or, pour lequel elle est célèbre.
La ville est stratégiquement située sur la route qui relie Mexico à
Acapulco, ce qui lui donne un rôle logistique important. Cependant, Iguala
est aussi tristement célèbre pour la disparition en 2014 de 43 étudiants
de l'École normale rurale d'Ayotzinapa, un événement qui a révélé
les profondes connexions entre les autorités locales, la police municipale
et le crime organisé.
• Zihuatanejo
de Azueta est une ville côtière située dans la partie nord-ouest
de Guerrero. Historiquement un village de pêcheurs, elle s'est développée
dans |
la seconde
moitié du XXe siècle grâce au tourisme,
surtout après la création de la station balnéaire voisine d'Ixtapa dans
les années 1970, un projet soutenu par le gouvernement fédéral dans
le cadre du Fonds national pour le développement touristique (FONATUR).
Zihuatanejo conserve une atmosphère plus authentique et tranquille qu'Acapulco,
et attire une clientèle touristique familiale et étrangère, notamment
nord-américaine. La ville est également connue pour son artisanat, sa
gastronomie marine et ses plages pittoresques comme Playa La Ropa.
• Taxco de Alarcón
est une ville coloniale située au nord de l'État, en région montagneuse,
célèbre pour son architecture baroque et son industrie de l'argent. Dès
la période coloniale, Taxco est devenu un centre minier majeur grâce
à ses riches gisements d'argent, et cette tradition se perpétue aujourd'hui
à travers un artisanat de joaillerie de grande qualité. Taxco est également
un centre culturel vivant, avec des festivités religieuses marquantes,
notamment la Semaine sainte, connue dans tout le pays pour ses processions
et ses rituels. La ville attire un tourisme culturel et religieux, combinant
patrimoine historique, art sacré et artisanat.
• Tixtla de
Guerrero, bien que de taille plus modeste, revêt une importance symbolique
en tant que ville natale de Vicente Guerrero, héros de l'indépendance
nationale. Elle abrite l'École normale rurale d'Ayotzinapa, foyer de formation
politique et sociale des enseignants ruraux et de mouvements de contestation.
Située à quelques kilomètres de Chilpancingo, Tixtla est ancrée dans
une dynamique régionale de militantisme social et d'identité historique.
• Ometepec,
située dans la région de la Costa Chica, est un centre urbain à majorité
afro-mexicaine et amuzga. La ville joue un rôle économique régional
dans l'agriculture, l'élevage et le commerce de produits tropicaux. C'est
aussi un lieu important pour l'identité afrodescendante du Mexique, avec
des traditions culturelles comme les danses de moros y cristianos, les
tamboradas, et une cuisine locale distinctive. Ometepec illustre la diversité
ethnique et culturelle de Guerrero.
• Tlapa de Comonfort
est une autre ville majeure, cette fois dans la région de La Montaña,
l'une des plus pauvres et isolées du Mexique. Tlapa agit comme pôle commercial
et logistique pour les dizaines de communautés autochtones environnantes,
principalement mixtèques, tlapanèques et nahuas. La ville est un carrefour
pour les mobilisations sociales, les coopératives indigènes, les radios
communautaires et les ONG défendant les droits des peuples autochtones.
Elle est aussi un point d'accès vers des zones rurales très enclavées
où l'État est faiblement présent. |
Histoire.
Bien avant l'arrivée
des Espagnols, la région actuelle de Guerrero était habitée par divers
peuples autochtones, dont les Mixtèques,
les Tlapanèques, les Nahuas et les amuzgos. Ces groupes occupaient les
montagnes, les vallées et la côte, et développaientt des structures
politiques autonomes, des systèmes agricoles en terrasses, des marchés
régionaux et des traditions culturelles riches. Le site archéologique
de Tehuacalco, dans la région de la Costa Grande, témoigne de cette organisation
ancienne, avec des centres cérémoniels et une architecture complexe liée
à l'observation astronomique.
Au début du XVIe
siècle,
les conquistadors espagnols, menés par Hernán Cortés,
entreprennent la conquête du sud-ouest du Mexique. En 1521, ils soumettent
la région à la couronne espagnole, et le territoire est intégré à
la Audiencia de México sous la forme de plusieurs encomiendas. Le port
naturel d'Acapulco devient rapidement un point stratégique pour la navigation
transpacifique. À partir de 1565, Acapulco est choisi comme port principal
pour la route maritime du galion de Manille,
qui reliait les Philippines à la Nouvelle-Espagne.
Cette route permit à Acapulco de devenir un carrefour commercial majeur
pour les soieries, les porcelaines et les épices asiatiques, contribuant
à l'intégration du Mexique dans un commerce global dès l'époque coloniale.
Cependant, cette
prospérité côtière contrastait fortement avec la pauvreté et l'exploitation
des populations indigènes de l'intérieur. Les communautés de montagne
furent contraintes à l'isolement ou à la servitude, et leur marginalisation
persistante trouve ses racines dans cette période coloniale. La résistance
indigène, bien qu'épisodique, ne disparut jamais complètement, notamment
dans la région de la Montaña, où les Espagnols ne parvinrent jamais
à exercer un contrôle total.
Au début du XIXe
siècle, Guerrero devient un foyer central de l'insurrection contre la
domination espagnole. C'est dans cette région que naît Vicente Guerrero,
figure emblématique de l'indépendance mexicaine, originaire de Tixtla,
aujourd'hui un bastion historique. Il fut un général clé de l'armée
insurgée de José María Morelos, et après la mort de ce dernier, il
continua la lutte dans les montagnes du sud. Sa connaissance du terrain
montagneux lui permit de résister efficacement aux forces royalistes jusqu'à
l'aboutissement du mouvement indépendantiste en 1821. Il deviendra plus
tard président du Mexique en 1829, et sera renversé puis exécuté en
1831, ce qui renforcera son statut de héros national.
L'État de Guerrero
est officiellement créé en 1849, sous la présidence de José Joaquín
de Herrera, en regroupant des territoires issus des États de Puebla, Mexico
et Michoacán. Le choix du nom de l'État en hommage à Vicente Guerrero
reflète son rôle central dans l'histoire nationale. Au cours du XIXe
siècle, Guerrero reste une région périphérique, marquée par l'instabilité
politique, des conflits armés, des soulèvements paysans et une faible
intégration économique.
Pendant la Révolution
mexicaine (1910-1920), Guerrero est le théâtre de combats entre zapatistes,
maderistes et constitutionnalistes. Le mécontentement des populations
rurales face à la concentration des terres, à l'injustice sociale et
à l'absence d'État favorise l'émergence de leaders locaux et de mouvements
armés. Après la Révolution, les grandes réformes agraires peinent à
s'imposer dans les zones montagneuses où les conflits fonciers persistent
jusque dans la seconde moitié du XXe siècle.
Dans les années
1960 et 1970, Guerrero entre dans une période sombre marquée par l'apparition
de guérillas rurales, notamment celles dirigées par Lucio Cabañas et
Genaro Vázquez. Ces mouvements prônent une révolution socialiste contre
l'État mexicain perçu comme oppresseur et corrompu. Le gouvernement lance
alors une violente répression, connue sous le nom de "guerre sale", qui
donne lieu à des disparitions forcées, des arrestations arbitraires et
des exécutions extrajudiciaires dans les zones rurales du centre et de
la montagne. Cette période laisse une trace durable dans la mémoire collective
des communautés, qui réclament toujours vérité et justice.
Au tournant du XXIe
siècle, Guerrero reste l'un des États les plus pauvres du Mexique, avec
une forte population autochtone marginalisée et des taux élevés de migration
interne. Si la côte connaît un développement touristique important autour
d'Acapulco, de Zihuatanejo et d'Ixtapa, le reste du territoire souffre
de sous-développement structurel. L'abandon étatique, l'absence de services
publics, l'analphabétisme et le chômage touchent particulièrement les
régions montagneuses.
À partir des années
2000, Guerrero est de plus en plus affecté par la violence liée au narcotrafic.
Plusieurs cartels, profitant du relief accidenté et du vide sécuritaire,
transforment l'État en zone de culture de pavot, de transit de drogues
et d'extorsion. L'implication des forces de sécurité dans des affaires
de corruption, de collusion avec le crime organisé ou de violations des
droits
humains aggrave la situation. L'enlèvement et la disparition des 43
étudiants d'Ayotzinapa en 2014, près d'Iguala, déclenchent une indignation
nationale et internationale, révélant l'ampleur de l'impunité et du
chaos institutionnel dans l'État.
Le
26 septembre 2014, une trentaine d'étudiants de l'École normale rurale
de Ayotzinapa, située dans l'État de Guerrero, ont organisé un voyage
vers Mexico pour participer à une manifestation commémorant la disparition
de 450 étudiants à Tlatelolco en 1968. Pour se déplacer, ils ont intercepté
des autobus en circulation sur une route secondaire, une pratique traditionnelle
pour financer leurs déplacements. Cependant, ces actions ont conduit à
une confrontation avec les autorités locales de la ville d'Iguala, dirigée
par le maire José Luis Abarca et sa femme, María de los Ángeles Pineda,
accusés de liens avec des groupes criminels. Lors d'une intervention policière,
des heurts ont éclaté, entraînant la mort de six personnes, dont quatre
étudiants et deux civils, ainsi qu'une centaine de blessés. Quatorze
étudiants ont été arrêtés par la police municipale d'Iguala, mais
43 autres ont disparu sans laisser de traces. Les autorités ont initialement
nié toute implication, avant d'affirmer que les étudiants avaient été
remis à un groupe criminel local, le Guerreros Unidos, qui les aurait
assassinés et brûlés dans une décharge publique. Cette version, basée
sur des preuves insuffisantes et des témoignages contradictoires, a été
rejetée par les familles des victimes, des organisations de défense des
droits humains et une large partie de l'opinion publique mexicaine et internationale.
Des investigations ultérieures, menées par un Groupe interdisciplinaire
d'experts indépendants (GIEI) sous l'égide de la Commission interaméricaine
des droits de l'homme (CIDH), ont révélé des lacunes majeures dans les
conclusions officielles. L'enquête a montré que les autorités avaient
détruit des preuves, minimisé les violations et caché des informations
cruciales. Elle a également confirmé que les forces de l'ordre avaient
activement participé à la disparition des étudiants, en coordination
avec les gangs locaux. Plusieurs fonctionnaires, dont le maire d'Iguala,
ont été arrêtés, mais le sort des 43 disparus reste inconnu. Le cas
d'Ayotzinapa a révélé les liens profonds entre la corruption, l'impunité
et la violence institutionnelle au Mexique, exacerbant les critiques contre
le gouvernement. Il a également suscité un mouvement social massif exigeant
vérité, justice et changement structurel. Les familles des disparus,
accompagnées par des activistes, poursuivent leurs recherches et leurs
plaidoyers, soulignant que ce drame est un symbole des violences systémiques
infligées aux populations marginalisées. Le dossier reste ouvert. Il
symbolise la crise de confiance dans les institutions mexicaines et la
persistance des défis face à l'impunité.
Malgré les difficultés,
Guerrero reste une terre de luttes sociales, de résistance communautaire
et de défense des droits indigènes. Des polices communautaires, des radios
libres, des coopératives agricoles et des mouvements d'éducation alternative
sont apparus, notamment dans les régions de la Costa Chica et de la Montaña.
L'histoire de Guerrero est donc celle d'un territoire périphérique, mais
central dans les luttes identitaires, sociales et politiques du Mexique.
Quelques-uns des
principaux sites archéologiques du Guerrero
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Teopantecuanitlan
est sans doute le site le plus ancien et l'un des plus importants de Guerrero.
Situé dans la vallée de la rivière Mezcala, dans la municipalité de
Copalillo, ce site remonte à environ 1400 av. JC, soit l'époque préclassique
moyen. Il est associé à une culture qui présente des influences olmèques,
bien qu'elle soit distincte. Le site est remarquable pour son architecture
monumentale précoce, en particulier une structure connue sous le nom de
Templo de los mascarones, ornée de grandes têtes en bas-relief, et pour
un système hydraulique complexe comprenant un canal et un barrage, l'un
des plus anciens du continent. Teopantecuanitlan montre l'existence d'une
société hiérarchisée, avec un pouvoir politique centralisé et une
maîtrise de l'ingénierie hydraulique.
• Tehuacalco,
situé à quelques kilomètres de Chilpancingo, est un site cérémoniel
de la période classique à postclassique (environ 600 à 1000 apr. JC),
construit par le peuple yope, un groupe peu connu mais culturellement distinct
des tlapanèques et nahuas. Le site est situé sur une colline stratégique
entourée de montagnes, et son architecture met en évidence l'usage rituel
du paysage. Les bâtiments principaux sont orientés selon des repères
astronomiques naturels, notamment le Cerro del Capulín, qui servait de
marqueur solaire. Tehuacalco comprend une pyramide, une place principale,
des stèles et des jeux de balle. C'est un exemple exceptionnel d'un urbanisme
sacré mésoaméricain en lien direct avec les phénomènes naturels.
• Soledad de
Maciel, également connue sous le nom de La Chole, est un site côtier
situé près de Petatlán, sur la Costa Grande. Il a été redécouvert
et ouvert au public au début des années 2000. Il présente une occupation
humaine continue depuis plus de 2500 ans, avec des phases de développement
architectural majeures à partir de 300 ap. JC. jusqu'à 1100. Le site
comprend des pyramides, un terrain de jeu de balle, des tombes à chambre
et un réseau hydraulique. Des objets en obsidienne, en céramique et en
métal précieux y ont été découverts, suggérant une élite locale
riche et un commerce étendu. C'est l'un des rares sites du littoral pacifique
à montrer un urbanisme développé et une stratification sociale nette. |
•
Ixcateopan
de Cuauhtémoc, situé dans la région montagneuse au nord de Guerrero,
est à la fois un site archéologique et un lieu de mémoire historique.
Il est associé à la légende selon laquelle l'empereur aztèque Cuauhtémoc
y aurait été enterré. Des vestiges préhispaniques ont été mis au
jour dans cette zone, dont des structures cérémonielles et des ossuaires.
Bien que la véracité de la tombe de Cuauhtémoc reste controversée,
Ixcateopan a acquis une dimension symbolique dans la mémoire nationale
et autochtone mexicaine, avec des rituels et des commémorations chaque
année en son honneur.
• Huamuxtitlán,
dans la région de la Montaña, est un site qui révèle l'influence des
cultures mixtèques dans l'est de Guerrero. On y trouve des tertres, des
plateformes, des tombes et de la céramique fine polychrome. Cette zone
était un point de passage entre les hauts plateaux du centre et l'isthme
de Tehuantepec, et servait donc de carrefour pour les échanges commerciaux
et culturels. Les objets découverts montrent une interaction intense avec
Oaxaca et le sud de Puebla.
• Cuetlajuchitlán,
situé dans la municipalité de Huitzuco, au nord de Chilpancingo, est
un autre site remarquable. Il fut occupé principalement entre 800 et 1200
a. JC. On y trouve des vestiges architecturaux en pierre taillée, des
patios, des habitations et des bains de vapeur (temazcales). C'est
l'un des rares sites de Guerrero à avoir conservé des vestiges architecturaux
de type résidentiel aussi bien conservés, ce qui permet une reconstitution
assez précise de l'organisation domestique d'une élite régionale. L'art
de la pierre y atteint un degré de sophistication remarquable.
• La Organera-Xochipala,
dans la municipalité de Eduardo Neri, qui représente une expression plus
directe de l'art et de la culture régionale. Ce site est connu pour avoir
donné son nom à l'art "Xochipala", un style artistique caractérisé
par des figurines finement sculptées en pierre, aux formes naturalistes
et expressives. Ces pièces, souvent considérées comme parmi les plus
raffinées de la période préclassique, indiquent un haut niveau d'habileté
artisanale.
A proximité
Ajoutons que la zone
archéologique de Xochicalco, bien que située dans l'État de Morelos,
a influencé culturellement certaines zones du nord de Guerrero. |
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