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La Palestine

La Palestine (de l'hébreu Pelischtim = les Philistins), région située en Asie de l'Ouest, au coeur du Proche-Orient, est un territoire aux dimensions à la fois géographiques, historiques et symboliques profondes. Sur le plan physique, elle s'étend sur environ 27.000 km², bordée à l'ouest par la mer Méditerranée, au nord par le Liban, à l'est par la Syrie et la Jordanie, et au sud par l'Égypte et le golfe d'Aqaba. Le relief est marqué par quatre zones principales : la plaine côtière méditerranéenne, fertile et densément peuplée, qui s'étire de Gaza à Haïfa; les collines de Judée et de Samarie (Cisjordanie), région montagneuse et calcaires, culminant à plus de 1000 mètres; la vallée du Jourdain, une dépression tectonique où coule le fleuve Jourdain, qui se jette dans la mer Morte, point le plus bas de la surface terrestre à -430 mètres; et enfin le désert du Néguev, au sud, aride et peu peuplé, représentant près de la moitié du territoire. Le climat est méditerranéen sur la côte, avec des étés chauds et secs et des hivers doux et pluvieux, tandis que l'intérieur des terres connaît des contrastes plus marqués, avec des hivers froids et des étés très chauds, surtout dans le Néguev.

La Palestine est habitée depuis la Préhistoire et a vu se succéder de nombreuses civilisations et dominations : Cananéens, Hébreux, Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains, Arabes et Ottomans. Terre sainte pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, elle connaît une coexistence de plusieurs communautés pendant des siècles. À la fin du XIXe siècle, le sionisme favorise l'immigration juive en Palestine, alors sous domination ottomane puis sous mandat britannique après la Première Guerre mondiale. Les tensions entre populations juive et arabe s'intensifient. En 1947, l'ONU propose un partage de la Palestine en deux États; le projet est accepté par les dirigeants juifs mais rejeté par les Arabes. La création d'Israël en 1948 entraîne la première guerre israélo-arabe et l'exode de plus de 700 000 Palestiniens, appelé la Nakba. Après la guerre des Six Jours de 1967, Israël occupe la Cisjordanie et Gaza. L'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par Yasser Arafat, devient le principal représentant des Palestiniens. Malgré les accords d'Oslo de 1993 et la création de l'Autorité palestinienne, le processus de paix échoue à résoudre le conflit. Depuis les années 2000, la poursuite de la colonisation israélienne, le blocus de Gaza et les affrontements répétés entre Israël et le Hamas, organisation islamiste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza, ont aggravé la situation. Bien que la reconnaissance internationale de l'État palestinien progresse, le conflit demeure l'un des plus complexes et durables du monde contemporain.

Géographie de la Palestine.
Les limites de la Palestine ne peuvent être indiquées avec la précision qu'on apporte dans la description des pays européens; elles restent vagues et indécises à l'Est. Cette contrée est comprise entre 31° et le 33° degrés de latitude Nord (soit entre l'embouchure et  l'ouadi el-Arich, au Sud, et celle du Nahr-el-Leïtani (Litani), au Nord), et entre 34° et le 36° degrés de longitude Est environ. Elle commence au Nord-Est à l'extrémité méridionale des chaînes du Liban et de l'Anti-Liban, c'est-à-dire au Sud de la Phénicie, sur laquelle elle empiète même à partir du Moyen âge (auparavant  la bande côtière au Sud du Litani et jusqu'au Sud du mont Carmel (ou seulement jusqu'à Akko, selon les époques) était considérée comme appartenant à la Phénicie; on y trouvait Tyr, la grande cité phénicienne)

Palestine cisjordane et Palestine transjordane.
La partie la plus importante du pays constitue une zone étroite entre la Méditerranée et le Jourdain, qui traverse toute la région du Nord au Sud dans une gorge étroite et profonde, le Ghôr, dont le niveau du sol est par places à plusieurs centaines de mètres au-dessous du niveau de la mer. Cette zone étroite située sur la rive droite du Jourdain est la Palestine cisjordane. Cela correspond à peu près aux actuels Israël (Néguev excepté), Territoires Palestiniens et Sud-Liban. La Palestine cisjordane se partage en trois régions principales que les Européens désignent encore habituellement par les noms qu'elles portaient vers le commencement de notre ère. Ces régions sont du Nord au Sud, la Galilée, la Samarie et la Judée. 

Sur la rive gauche du Jourdain s'étend la Palestine transjordarne (Sud-Ouest de la Syrie et Nord-Ouest de Jordanie actuelles), relativement large au Sud de Damas, où elle comprend tout le bassin du Yarmouk, mais allant ensuite sans cesse en se rétrécissant jusqu'aux rives de l'Arnon, torrent qui est un affluent de la rive orientale de la mer Morte. Cette seconde région de la Palestine est un vaste plateau dénudé d'une altitude moyenne de 700 à 800 mètres et confinant aux sables du désert arabique. 

La Palestine transjordane est à un niveau notablement supérieur à celui du reste de la contrée, et elle se termine à l'Ouest par une chaîne de montagnes dont les flancs abrupts encaissent la vallée du Jourdain. L'autre partie du pays, la Palestine cisjordane, est une région montueuse que la ligne de faite, dirigée du Sud au Nord partage en deux versants dissemblables, l'un qui s'incline par une pente modérée vers la mer Méditerranée ou Intérieure, l'autre qui présente une succession de terrasses étagées le long de la rive droite du Jourdain. 

A l'Est la Palestine s'étend d'abord jusqu'à, la plaine de Damas et au massif de l'Hauran. Puis sa limite se dirige du Nord-Est au Sud-Ouest en se rapprochant sans cesse de la vallée du Jourdain jusqu'à ce qu'elle atteigne le cours de l'Arnon et l'ancien pays des Moabites. Au Sud elle finit à l'extrémité de la mer Morte et aux montagnes de l'antique Idumée et du pays des Amalécites.

La côte de la mer Méditerranée.
La Méditerranée baigne la Palestine depuis les environs de Tyr, aujourd'hui Sour, jusqu'à la frontière égyptienne, et dans toute cette étendue le littoral incline continuellement vers le Sud-Ouest. La région littorale, qui borde une côte  longue de 260 kilomètres, comprend la plaine de Sour (Tyr), le Raz en-Nakoura, le port d'Akko (Acre), qui est l'ancienne Ptolémais, avec sa large plaine qu'arrose le Nahr-el-Moukatta (Kison) et sa baie largement ouverte, sur laquelle se trouve le port de Haïfa (Caïfa), au pied du Carmel, et que termine, au Sud, le Raz el-Keroun (550 m, formé par le djebel Mar-Elias ou mont Carmel); viennent ensuite la longue et large plaine de Saron : port de Kaisarèh (Césarée), les embouchures du Nahr-Abou-Zaboura, Nahr-Falaik, Nahr-el-Aoudjé, le port de Jaffa, désignée dans la Bible sous le nom de Joppé, aujourd'hui dans l'agglomération de Tel-Aviv, et qui peut être considérée comme le port de Jérusalem; et, enfin, la vaste plaine de Séphéla, avec l'embouchure du Nahr-Roubine et Ashkelon ou Aslcalân (I'Ascalon des Philistins), Ghazzêh (Gaza), derrière la dune côtière, qui borde depuis Kaisarièh le littoral rectiligne, et que les vents d'Ouest et de Sud-Ouest poussent toujours plus avant dans les terres, et El-Arich, au confluent de l'oued du même nom.

Les montagnes. 
Sur la rive occidentale, le cours du Jourdain est longé par deux chaînes de montagnes sensiblement parallèles, l'une dans l'intérieur des terres, un peu plus loin de la Méditerranée que du Jourdain et formée par les cimes culminantes de la Palestine; l'autre, moins élevée, limitant l'étroite vallée du fleuve, et constituant un rebord dont les terrasses successives descendent en pentes assez douces jusqu'au Ghôr. Ces montagnes sont formées de calcaires crétacés, et présentent çà et là des massifs de laves et d'autres produits volcaniques, témoins des éruptions qui ont ébranlé le sol un lointain passé., 

Des deux grandes arêtes qui du Nord au Sud sillonnent la Palestine en deçà du Jourdain, se détachent un grand nombre de contreforts transversaux qui vont expirer à la plaine du littoral; d'autres chaînons, dirigé, obliquement ou perpendiculairement, les relient les uns aux autres.

Au Nord de la Galilée, des hauteurs confuses (djebel Djermak, 1220 m; djebel Zeboud, 1114 m; mont Thabor, 580 m) couvrent l'Ouest et le Centre; à l'Est, la chaîne du djebel Safed domine le cours supérieur du Jourdain; dans le Sud, la fertile plaine d'Esdrelon occupe la vallée du Nahr-el-Mouatta.  En Samarie et en Judée, tandis que dans l'Est un escarpement continu domine la dépression médiane, c'est, dans le Centre et l'Est, un plateau qui s'incline vers la mer; le dominent la chaîne du djebel Mar -Elias, le Merdj el-Garak, le Nebi Bayazid, le Nebi Samyil, le mont des Oliviers, le Dhor-ès-Salah.

Les montagnes aux flancs escarpés qui bordent à l'Est la vallée du Jourdain et supportent les hautes steppes qui la séparent du désert de Syrie sont, en allant du Nord au Sud, l'extrémité méridionale de l'Anti-Liban, le Grand Hermon, les monts de Galaad et les monts Abarim. Les plateaux qui couronnent cette chaîne et dont l'altitude croît progressivement du Nord au Sud sont : le Djaoulan, entre la rivière de Damas et le Yarmouk; le Djebel Adjloun, entre le Yarmouk et l'Arnon, le Belka, au Sud de l'Arnon et dans le pays de Moab.

Le Ghôr ou vallée profonde du Jourdain et de la mer Morte.
Le seul cours d'eau de la Palestine qui mérite le nom de fleuve, non pas tant par le volume de ses eaux que par sa longueur de 200 kilomètres, est le Jourdain.  Il naît dans la Coelé-Syrie  ou Syrie Creuse (vallée de la Bekaa), plaine qui s'étend entre le Liban et l'Anti-Liban, par la réunion de trois ruisseaux principaux. Ceux-ci s'échappent en belles sources de grottes situées au pied occidental de l'Hermon. La plus septentrionale de ces sources est celle de Hasheïa, qui alimente le Nahrel-Hasbani; les deux autres, plus considérables, sont les sources de Banias et de Tellel-Kali, appelées par les Anciens sources de Paneas et de Dan. Le Jourdain a une marche rectiligne du Nord au Sud; il coule dans le thalweg d'une profonde crevasse, qui représente l'extrémité septentrionale, de la grande faille tectonique qui s'étend en Afrique sous le nom de Grand Rift.

Cette sorte de fossé abrupt prend le nom de Ghôr, c'est-à-dire la vallée. Au-dessous de Banian, autrefois Césarée de Philippe, au-dessous de l'emplacement où se trouvait la ville de Dan, si souvent nommée dans la Bible; le Jourdain prend sa source dans le massif neigeux nommé aujourd'hui Djebel-el-Cheikh (le mont Hermon des Hébreux), coule du Nord au Sud, traverse le petit lac de Houleh (anciennement les eaux de Mérom), puis le lac de Tabarieh ou de Tibériade, et se jette dans la mer Morte. 

Tout le bassin est environné de montagnes très escarpées sur la rive orientale, et étagées en terrasses sur la rive occidentale. Au Sud-Est, une presqu'île de la côte, que les Arabes appellent et-Litan (la langue) pénètre en forme de coin dans la masse des eaux. Celles-ci, beaucoup plus pesantes que l'eau de mer, dont la densité moyenne, par rapport à celle de l'eau douce, est de 1,27, atteignent le chiffre de 1,225. Ces eaux sont d'un beau bleu ou d'un bleu verdâtre limpide, mais extrêmement salées, très riches surtout en chlorure de magnésium, d'une odeur forte. Elles sont si lourdes, que les personnes qui s'y baigneant ne peuvent y enfoncer; mais lorsqu'on sort de ces flots, on a le corps couvert d'efflorescences salines, et la peau reste gluante tant qui on ne s'est pas lavé dans l'eau douce. A une seule exception près, ni poissons, ni mollusques, ni crustacés ne peuvent vivre dans ce lac; mais, contrairement à une opinion qui été très répandue, les oiseaux peuvent, bien sûr, voler au-dessus de ses ondes sans tomber asphyxiés. De temps en temps on voit nager à la surface de la mer Morte des plaques de bitume qui remontent des profondeurs. 

C'est dans le voisinage de la Mer Morte, que la Genèse place une terre appelée la vallée de Siddim ou la Pentapole, et que sur son sol s'élevaient les villes légendaires de Sodome, Gomorrhe, Adama, Séboïm et Ségor, détruites, dit le mythe biblique, par le feu du ciel en punition de leurs iniquités. On ne connaît pas l'emplacement de ces cités, à supposer qu'elles aient existé.

Les petits cours d'eau.
De nombreux ouâdis ou torrents temporaires apportent leurs eaux à la mer Morte par la rive occidentale et par la rive orientale de ce lac salé; mais ils ne peuvent suffire à l'évaporation abondante dont il est le siège, et son niveau baisse continuellement. Les principaux de ces torrents qui se jettent dans le lac en traversant les gorges dont est coupée la ceinture de montagnes sont :  1° sur la rive orientale, le Zurka-Main, l'Anion, l'Ouadi-Kerah; 2° au Sud, le Djeïb et le Fikreh; 3° sur la côte Ouest, l'Ouâdi-Seyal, l'Os-el-Arais, le Cédron, etc. Sur le littoral Nord-Ouest, à droite de l'embouchure du Jourdain, le sol est parsemé de dunes et recouvert de dépôts de sel et de soufre; des sources d'eau thermale, jaillissent en différents points du rivage. On y voit aussi des fontaines d'eau douce qu'entourent des bosquets de saules, de tamaris, d'acacias, de palmiers. De l'une on l'autre rive, la vue du paysage est véritablement grandiose et n'a pas l'empreinte de tristesse et de désolation qu'on lui attribue généralement.

Tous les monts de la Palestine sont séparés les uns des autres par du profondes gorges, où coulent des torrents pérennes ou temporaires, qui se rendent à la Méditerranée, Parmi ceux de ces cours d'eau qui méritent le nom de fleuves côtiers, nous nous bornerons à citer, du Nord au Sud : 

1° Le Léontes ou Nahr-el-Litani, désigné dans la partie inférieure de son cours sous le nom de Nahr-el-Kasimiyeh. Venu du mont Liban, il sépare la Phénicie de la Galilée; sa direction générale est du Nord-Est au Sud-Ouest; mais il remonte ensuite vers le Nord pour atteindre à la Méditerranée, entre Saïda (Sidon) et Tyr. 

2° Le Nahr-Naaman, l'antique Bélus, qui parcourt la plaine d'Acre. 

3° Le Nahr-el-Mukutta ou Kison, qui parcourt la plaine d'Esdrelon, entre les monts de Gelboé et de Nazareth à l'Est et la châine du mont Carmel à l'Ouest. Ce cours d'eau, après s'être grossi du Mélik et de quelques autres torrents, tombe dans la Méditerranée au Sud de la baie d'Acre, et à l'Est du port de Haïfa. 

4° Le Nahr-el-Falek, qui draine les montagnes de Samarie et forme un petit lac marécageux avant de tomber dans la mer.

5° Le Nahr-el-Aoudje. qui tombe dans la mer au Nord de Jaffa.

6° Le Nahr-Roubin, le torrent des Philistins. 

7° Le Sni, qui reçoit de nombreux torrents du pays d'Hébron. Le versant oriental des monts de la Palestine envoie au Jourdain ou au lac de Tibériade quantité de torrents parmi lesquels nous citerons le Méir, tributaire du lac, et le Fara, affluent direct du Jourdain, qui a sa source au Nord du mont Ebal.
Sur la rive gauche, au nombre des multiples torrents qui versent leurs eaux dans la Mer Morte, on remarque l'Arnon, qui formait la limite entre les Ammonites et les Moabites. Toute cette zone orientale de la Palestine est un plateau élevé et couvert de steppes, qui sépare le Jourdain du désert de Syrie. Dans les vallées, au fond des ravins et sur les flancs des montagnes, la végétation s'y développe mieux que dans la partie de la Palestine qui est à l'Ouest du Jourdain et de la mer Morte. 

Le climat.
Le climat de la Palestine se rattache à celui de la zone subtropicale; mais il offre de grandes inégalités qu'explique la nature montueuse de la contrée. Sur la côte méditerranéenne, la température moyenne annuelle est de 22°C; c'est là que sont les jardins d'orangers, de citroniers, de grenadiers. Les dattiers y végètent bien, mais n'y donnent plus de fruits. La vallée du Jourdain est, en été, une véritable fournaise, et la chaleur y monte parfois à plus de 50°. La région montagneuse de la Judée, de la Samarie et de la Galilée jouit d'une température plus modérée, et elle est éminemment propre à la culture de la vigne et de l'olivier; mais ici certaines localités connaissent, en hiver, des froids assez vifs, et quelquefois les cimes des plus hauts monts se couvrent de neige pendant quelques jours. La contrée n'a que deux saisons : l'été, caractérisé par la sérénité continuelle de l'air, et l'hiver, qui est l'époque des pluies. Celles-ci tombent d'abord vers la fin d'octobre, puis viennent les froid; et un temps sec. Vers le mois de février, la pluie se précipite de nouveau, et la terre se revêt d'un tapis de verdure que dessécheront bientôt les ardeurs du Soleil. 

La flore.
Le froment et l'orge se sèment en Palestine après les pluies d'octobre pour être récoltés en avril et en mai. Au contraire, c'est vers le mois de mars que l'on confie à la terre les graines du sésame, du dourra, du tabace, du coton, des fèves, des lentilles, dont la récolte s'effectue en septembre et en octobre. Le riz se cultive dans quelques parties marécageuses de la côte. La végétation forestière se compose surtout de chênes sur les montagnes, de platanes et de sycomores dans les oasis de la plaine. La Palestine produit des fruits de la zone tropicale; mais son climat est merveilleusement propice a ceux qui sont propres à la partie la plus chaude de la zone tempérée. Le bananier a disparu des bords du lac de Tibériade; mais il mûrit encore ses fruits à Jaffa. Il n'existe presque plus de dattiers à Jéricho; mais on en voit encore des bouquets à Jaffa, où ces arbres ne fructifient plus. Le baumier de Judée, autrefois très commun, est devenu une rareté. Comme dans l'Antiquité, la vigne et l'olivier restent des productions végétales assez répandues. Viennent ensuite les grenadiers, les orangers, les citronniers, les cédratiers, les pistachiers, qui remplissent de beaux jardins autour des villes du littoral et particulièrement à Jaffa. Sur la côte méditerranéenne, et même dans l'intérieur de la Palestine, croissent l'amandier, le pécher, l'abricotier, le cerisier, le noyer, le poirier, le pommier, etc. On trouve l'indigo à l'état spontané sur les rives du Jourdain. La flore naturelle ou introduite de la Palestine montre que le climat et la température de cette région sont demeurés à peu près ce qu'ils étaient dans l'Antiquité.

La faune.
La dépopulation relative du pays, à l'époque de la domination turque, a été favorable au maintien de la faune indigène primitive. A la vérité, les lions ont disparu complètement depuis très longtemps, mais les onces se trouveraient encore dans les parages les plus déserts des montagnes. Le cerf commun, le chamois, la gazelle, l'antilope animent les steppes solitaires, et le lièvre est très commun partout. La Palestine a un certain nombre de genres d'oiseaux en commun avec le Nord-Est de l'Afrique. Les tourterelles à collier, par exemple, vivent dans la vallée du Jourdain comme dans celle du Nil; le crocodile existait encore il y a un siècle dans deux ou trois des fleuves côtiers de la Méditerranée; il n'atteignait guère en Palestine que 1 mètre à 1,50 m de longueur. Les poissons qui peuplent les eaux douces de la contrée ont une grande analogie avec ceux du Nil. 

Economie.
Sur le plan économique, la Palestine, avant 1948, était principalement agricole, avec des cultures comme l'olivier, la vigne, les céréales et les agrumes. Les villes comme Jérusalem, Hébron ou Gaza étaient des centres commerciaux et artisanaux importants. Après 1948, l'économie palestinienne est profondément affectée par la Nakba, la perte de terres et le contrôle israélien. Aujourd'hui, l'économie des territoires palestiniens est fortement dépendante de l'aide internationale et des relations avec Israël. La Cisjordanie, où se trouvent les principales villes palestiniennes comme Ramallah (siège de l'Autorité palestinienne), Naplouse ou Jénine, a une économie plus diversifiée, avec des secteurs comme les services, le commerce et une industrie légère. La bande de Gaza, sous blocus israélien et égyptien depuis 2007, souffre d'un isolement économique sévère, avec un taux de chômage dépassant 50 % et une dépendance accrue à l'aide humanitaire. Les ressources naturelles sont limitées, mais la Palestine possède des réserves de gaz naturel au large de Gaza, dont l'exploitation est un sujet de tension avec Israël.

Population.
La géographie humaine de la Palestine est complexe. La population palestinienne est estimée à environ 5,4 millions de personnes, dont 2,2 millions à Gaza et 3,2 millions en Cisjordanie (chiffres de 2023). Près de 40 % de la population vit dans des camps de réfugiés, créés après 1948 et 1967. Les Palestiniens sont majoritairement arabes, musulmans sunnites, avec une minorité chrétienne (environ 1 à 2 %) et de petites communautés samaritaines ou druzes. La diaspora palestinienne, issue de l'exode de 1948 et des conflits ultérieurs, compte entre 6 et 7 millions de personnes, principalement au Liban, en Jordanie, en Syrie, au Chili et aux États-Unis. La société palestinienne est jeune, avec un âge médian d'environ 18 ans, et connaît un taux de fécondité élevé. L'éducation et la santé sont des secteurs relativement développés, avec un taux d'alphabétisation supérieur à 95 %, mais les infrastructures sont souvent précaires, notamment à Gaza, en raison des conflits et du blocus.

Les villes et les anciennes cités de Palestine.
En dehors des deux ports d'Akko (Acre) et de Haïfa, les localités les plus remarquables de la Galilée inférieure sont : Tabaryeh, l'ancienne Tibériade, Cana, Nazareth, Zerin, l'antique Jezraël, Madadrillony qui fut Maggeddo, Jenine. Quand on a franchi vers le Sud la plaine d'Esdrelon, on pénètre dans la montueuse Samarie, suite de plateaux, dédale de vallées qui vont en s'abaissant vers la Méditerranée, sur la plaine sableuse de Saron, parsemée de quelques oasis. La ligne de faite de la Samarie en est sensiblement l'axe central. C'est sur cette ligne que se trouvent les hauts sommets, le mont Ebal, le mont Garizim, où les Samaritains adoraient; et une suite d'autres hauteurs qui s'alignent jusqu'aux environs de Jérusalem. Vers le Nord'Ouest, la Samarie est couverte par le massif du mont Carmel, qui se termine sur la mer par le cap Carmel, où il existe un couvent de religieux. Les principales villes de la Samarie sont aujourd'hui Naplouse, l'ancienne Sichem, entre le mont Ebal au Nord et le mont Garizim au Sud; Sébastieh, qui fut Samarie, et, sur la côte, la ville presque ruinée de Césarée. La Samarie est actuellement la contrée la plus fertile de la Palestine. La Judée, qui en est voisine au Sud, contraste avec elle par son aridité et sa nudité. C'est une région pierreuse où la végétation ne peut se développer que dans les vallées. Les montagnes y sont beaucoup plus hautes qu'en Samarie, et elles augmentent assez régulièrement d'altitude du Nord au Sud. Jérusalem, construite sur une de ces hauteurs, est déjà à 753 mètres au-dessus du niveau de la mer, et le massif d'Hébron, au Sud, est encore beaucoup plus élevé.

La Judée renferme une foule de localités dont les noms antiques ont été rendus familiers aux Chrétiens par les Evangiles. C'est d'abord Jérusalem, la ville sainte des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans; Jéricho, dans la vallée du Jourdain; Bethléem, où naquit Jésus, si l'on en croit la Bible; Hébron, au Sud de la vallée de Mambré, dans laquelle la Genèse fait camper Abraham. A l'Est de la route de Jérusalem à Hébron, s'étend, le long du rivage de la mer Morte, le désert de Judée, qui occupe l'une des terrasses disposées sur la pente des hauteurs qui bordent de ce côté la mer Morte. A l'Ouest des derniers mamelons de la Judée, la Méditerranée est longée par la plaine de Séphala et le pays des anciens Philistins. C'est une terre fertile. Le littoral possède les ports de Jaffa, d'Ashkelon et de Gaza. Sur toute cette côte, on voit encore un grand nombre de monuments chrétiens presque entiers, élevés par les Croisés.
 

Histoire de la Palestine.
Préhistoire (avant 3000 av. JC).
Les premiers habitants étaient des chasseurs-cueilleurs nomades qui auraient probablement immigré depuis la Mésopotamie. Entre environ 12 500 et 9 500 av. JC, la Palestine était habitée par les populations de la culture natoufienne, des chasseurs-cueilleurs vivant dans des villages, récoltant et transformant des céréales sauvages, et construisant des maisons ainsi que des greniers en pierre. Le passage du mode de vie de chasseur-cueilleur à celui d'agriculteur s'est effectué progressivement.

Jéricho est plus ancienne que l'agriculture elle-même et est considérée comme le plus ancien site d'occupation humaine continue au monde. Vers 6000 av. JC, Jéricho était devenue une ville agricole fortifiée d'environ 3 000 habitants, répartis sur une superficie de 3 à 4 hectares.

L'âge du bronze et les Cananéens (env. 3000-1200 av. JC).
Au troisième millénaire avant notre ère, le Levant méridional était constitué de petites villes fortifiées et de villages gouvernés par des rois locaux et des chefs tribaux. Une importante route commerciale reliant la Mésopotamie à l'Égypte (connue plus tard sous le nom de Route du Roi) descendait de Damas à travers la vallée du Jourdain.

Durant l'âge du bronze (3000-1250 av. JC), des cités-États cananéennes apparurent sous l'influence de l'ancien Empire égyptien. La vie urbaine se développa, les premières villes fortifiées furent construites et les Cananéens (un peuple sémitique) s'établirent dans toute la Palestine ainsi que le long de la côte syro-palestinienne. Les Cananéens fondèrent des cités-États semi-indépendantes dont la correspondance diplomatique est attestée par les lettres de Tell el-Amarna. Ils entretenaient des échanges maritimes et terrestres avec la Méditerranée orientale, l'Égypte et la Mésopotamie, inventèrent l'écriture alphabétique et développèrent une religion polythéiste commune aux peuples sémitiques du Proche-Orient ancien.

Entre environ 2000 et 1550 av. JC, la région développa son commerce avec les peuples voisins et connut une période de prospérité. Celle-ci se poursuivit jusqu'à l'intégration de Canaan dans l'Empire égyptien entre 1570 et 1069 av. JC. Grâce à une administration directe et à un système d'États vassaux, des cités cananéennes importantes comme Gaza, Jaffa et Beth-Shéan passèrent sous la supervision égyptienne.

Dans les textes mésopotamiens et les archives commerciales découvertes à Ebla et Mari, toute la région était désignée sous le nom de Canaan dès le XVIIIe siècle av. JC (le terme Palestine n'apparaîtra dans les sources écrites qu'au Ve siècle av. JC, dans les Histoires d'Hérodote).

L'âge du fer : Philistins, Israélites et nouveaux royaumes (env. 1200-721 av. JC).
D'importants mouvements de population entraînèrent l'apparition de nouveaux royaumes régionaux : 

Les Phéniciens, descendants des Cananéens, devinrent des navigateurs et fondèrent des colonies maritimes dans l'ensemble du bassin méditerranéen; 

Les Philistins, venus du monde méditerranéen, établirent une confédération de cités-États sur la côte méridionale et fabriquaient des armes et des outils en fer;

Les Hébreux ou Israélites, peuple sémitique semi-nomade s'installèrent dans les montagnes centrales et furent fortement influencés par la culture cananéenne.

Selon la Bible hébraïque, le Royaume uni d'Israël aurait été fondé vers 1020 av. JC. 

Vers 930 av. JC, après la mort du roi Salomon, il se divisa en deux États : le royaume méridional de Juda et le royaume septentrional d'Israël. Après une période de conflits intermittents entre Juda et Israël, le roi Asa de Juda conclut une alliance avec le royaume grandissant de Damas. Celui-ci attaqua Israël au nord, soulageant ainsi la pression exercée sur Juda. Cette alliance inaugura une longue série de guerres entre Israël et Damas, qui ne prit fin qu'avec la conquête assyrienne de Damas.

En 721 av. JC, l'Empire assyrien conquit le royaume d'Israël. Les inscriptions cunéiformes assyriennes indiquent que 27 290 captifs furent déportés sous le règne de Sargon II, bien que les chiffres exacts fassent encore l'objet de débats historiques.

Dominations babylonienne et perse (721–333 av. JC).
Les Assyriens conservèrent leur domination sur la région jusqu'à la chute de leur empire en 612 av. JC. Nabopolassar de Babylone et Cyaxare de Médie se partagèrent l'ancien Empire assyrien, tandis que Nabuchodonosor II prit rapidement le contrôle de la Syrie et de la Palestine. Jérusalem fut assiégée à deux reprises, en 597 puis après 589 av. JC, avant d'être finalement prise et détruite vers 587/586 av. JC. 

Les Babyloniens détruisirent le Temple de Salomon et emmenèrent les principales élites à Babylone, lors d'un épisode connu dans l'histoire juive sous le nom de Captivité babylonienne. Entre 589 et 582 av. JC, ils achevèrent la destruction du reste du royaume de Juda et dispersèrent également les Philistins.

Babylone tomba ensuite aux mains de Cyrus le Grand, qui intégra la région à l'Empire achéménide et autorisa les Juifs exilés à revenir dans leur patrie. Certains revinrent effectivement, et la construction d'un nouveau Temple fut entreprise.
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La Palestine au temps des Rois. Cliquez sur l'image pour afficher une carte grand format.

La période hellénistique : Alexandre, les Ptolémées et les Séleucides (333–63 av. J.-C.)
Vers 330 av. JC, Alexandre le Grand conquit l'Empire perse. La Palestine changea ensuite plusieurs fois de mains au cours des guerres des Diadoques. Entre 219 et 200 av. JC, elle fut finalement intégrée à l'Empire séleucide, un État hellénistique qui maintenait la culture et les coutumes grecques. 

La mort d'Alexandre en 323 av. J.-C. entraîna une alternance de domination entre les Ptolémées d'Égypte et les Séleucides de Syrie. Les Séleucides contrôlèrent finalement la région jusqu'à environ 168 av. JC, date du début de la révolte des Maccabées. 

En 116 av. JC, une guerre civile éclata au sein de l'Empire séleucide, favorisant l'indépendance de plusieurs territoires, dont la principauté hasmonéenne des montagnes de Judée. La dynastie hasmonéenne étendit progressivement son autorité sur une grande partie de la région palestinienne, qui prit alors le nom de Judée jusqu'à l'invasion romaine de 63 av. JC.

La domination romaine (63 av. JC - 324 ap. JC) et byzantine (324-636 ap. JC).
Après la conquête romaine de la Palestine en 63 av. JC., un processus de romanisation s'engagea. Des villes de type romain furent développées ou fondées, notamment Jérusalem, Césarée, Sebastiya et Beisan. L'Empire romain créa la province de Judée en l'an 6 ap. JC.

Hérode le Grand, souverain vassal d'origine iduméenne arabe, fut nommé roi de Judée en 37 av. JC. La composition ethnique du pays comprenait alors des Juifs, des Samaritains, des Iduméens, des Arabes nabatéens, des Grecs et des Phéniciens. Cette période vit également la naissance de Jésus et la diffusion progressive du christianisme.

Deux grandes révoltes juives contre Rome furent réprimées : la première, en 70 ap. JC, aboutit à la destruction du Temple de Jérusalem; la seconde, la révolte de Bar Kokhba (132-135 ap. JC), entraîna la destruction de Jérusalem et son remplacement par une colonie romaine appelée Aelia Capitolina. L'empereur Hadrien rebaptisa toute la région située entre la Syrie et l'Arabie (moins la Phénicie) Syria Palaestina afin de punir les Juifs insurgés, en faisant référence aux anciens Philistins et aux Syriens. Cette Palestine fut divisée en 4 parties : Galilée, Samarie Judée, Pérée. Accrue de plusieurs districts voisins, elle fut divisée au IVe s. en provinces : 

La Palestina Prima,  la plus septentrionale le long de la Méditerranée, dont la capitale était Césarée;
La Palestina Secunda, sur les deux rives du Jourdain, avec Scythopolis (Beït-Shéan) pour capitale;

La Palestina Salutaris (plus tard appelée Palaestina Tertia) , formée de pays arabes au Sud de la véritable Palestine et au Nord de l'Arabie Pétrée, dont la capitale était Pétra.

Lors de la partition de l'Empire romain au IVe siècle, la Palestine passa sous l'autorité de l'Empire byzantin, où le christianisme était religion d'Etat. En 614, les troupes perses sassanides s'emparèrent de Jérusalem et détruisirent plusieurs églises. En 628, l'empereur byzantin Héraclius reconquit la Palestine. Dix ans plus tard seulement, les armées arabes envahirent à la fois les empires perse et byzantin.

La conquête arabe et islamique (636-1071).
L'unification de la péninsule Arabique sous l'islam, réalisée par le premier calife, Abou Bakr (632-634), permit d'orienter l'expansion des Arabes musulmans vers de nouveaux territoires. Il envoya des détachements militaires vers le sud et le sud-est de la Syrie. Les conquêtes furent poursuivies par son successeur, le calife Omar Ier (634-644).

En 638, les armées arabes du calife Omar prirent la Palestine aux Byzantins. Les califes omeyyades gouvernèrent ensuite la région depuis Damas entre 661 et 750. Sous le règne du calife Abd al-Malik (685-705), le Dôme du Rocher fut construit à Jérusalem. Son successeur, le calife al-Walid Ier (705-715), fit édifier la mosquée Al-Aqsa.

Les Omeyyades transformèrent Jérusalem, qui devint la troisième ville sainte de l'islam, et fondèrent Ramla (Ramallah) comme capitale administrative de la Palestine.

Sous les Abbassides de Bagdad (750-969), puis sous les Fatimides du Caire (969-1073) et enfin sous les Turks seldjoukides de Damas (1073-1098), la Palestine continua de prospérer. Jérusalem demeura un important centre de pèlerinage et de savoir dans le monde musulman.

Les Croisades et le royaume latin (1099–1187).
Les Croisés, principalement francs, conquirent la Palestine en 1099. Jérusalem fut prise d'assaut et une grande partie de sa population fut massacrée.

Le royaume latin de Jérusalem fut alors établi, accompagné de la création d'ordres militaires destinés à assurer sa défense. Les Francs fondèrent de nombreuses villes, des établissements ruraux, des châteaux, des églises, des monastères et diverses infrastructures économiques.

De 1099 à 1187, les Croisés maintinrent le royaume latin de Jérusalem. Il s'agissait d'un État féodal dans lequel les terres étaient réparties entre les seigneurs croisés, tandis que Jérusalem constituait le centre religieux et politique du royaume.

La domination ayyoubide et mamelouke (1187-1516).
En 1187, Salah ad-Din (Saladin), fils d'Ayyoub et sultan de Mossoul, vainquit les Croisés à la bataille de Hattin, dans le nord de la Palestine, puis reprit Jérusalem. La dynastie ayyoubide gouverna ensuite la Palestine depuis Le Caire.

En 1260, les Mamelouks succédèrent aux Ayyoubides. Gouvernant également depuis Le Caire, ils infligèrent une défaite décisive aux Mongols lors de la bataille d'Aïn Djalout, près de Nazareth. En 1291, ils s'emparèrent des derniers bastions croisés, notamment Acre et Césarée.

La région fut durement touchée par plusieurs épidémies, dont la grande peste (la même peste noire qui ravagea l'Europe entre 1347 et 1351). La chute des Mamelouks bahrites et l'avènement des Mamelouks bourjites (1382-1517) contribuèrent à une détérioration économique progressive et à une diminution de la sécurité.

Sous le règne du sultan bourjite Faraj, la dernière grande invasion de Tamerlan eut lieu, associant durablement son nom aux destructions et aux pillages.

Sous la domination mamelouke, la Palestine demeura intégrée au monde arambo-musulman, et des villes comme Naplouse et Gaza jouèrent un rôle important dans le commerce régional et l'enseignement religieux.

La domination ottomane (1516-1831).
En 1516, les forces ottomanes du sultan Sélim Ier vainquirent les Mamelouks et intégrèrent la Palestine à l'Empire ottoman, auquel elle resta rattachée pendant les quatre siècles suivants. L'Empire  fit de la région un pachalik ressortissant de l'eyalet de Damas. Elle fut alors divisée en 9 sandjaks (districts) : 

1° El-Kods (Jérusalem et le Nord de la Judée);

2° El-Khalil (Hébron et le Sud de la Judée); 

3° Gaza ou le Falesrin (l'ancienne. Palestine propre); 

4° Loudd (la partie Ouest de la Judée); 

5° Naplouse; 

6° Areta (Samarie); 

7° Saphad (Galilée); 

8° Belad Schékyf et Betad-Hauran (Trachonitide et Auranitide); 

9° El-Gaur oriental (Pérée propre).

La société palestinienne sous les Ottomans se composait de communautés agricoles musulmanes; de marchands chrétiens; de centres religieux juifs; de tribus bédouines nomades. Les notables locaux, appelés aʿyan, servaient d'intermédiaires entre les autorités impériales et les populations rurales. Leur richesse reposait souvent sur la propriété foncière et la collecte des impôts.

La prospérité de la Palestine ottomane du XVIe siècle fut suivie d'un déclin économique et politique au XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, le contrôle exercé par Istanbul devint de plus en plus indirect.

Ẓāhir al-ʿUmar (vers 1737-1775) domina la vie politique du nord de la Palestine pendant près de quarante ans.

Aḥmad al-Jazzār, gouverneur ottoman d'Acre, contrôlait la majeure partie de la Palestine. En 1799, avec l'aide des Ottomans et des Britanniques, il réussit à défendre Acre contre Napoléon Bonaparte.

Ẓāhir al-ʿUmar et al-Jazzār administrèrent une Palestine fortement centralisée, dans laquelle le commerce avec l'Europe et les revenus fiscaux étaient en expansion. Ils utilisèrent leur richesse pour accroître leur influence à Istanbul, obtenant ainsi une large autonomie locale et un contrôle occasionnel sur des territoires situés au-delà de la Palestine.

En 1830, un consulat britannique fut ouvert à Jérusalem.

La conquête égyptienne et Ibrahim Pacha (1831–1833).
En 1831, le gouverneur d'Acre, Abdallah Pacha, fut accusé d'abriter des hommes fuyant la conscription égyptienne et de refuser de soutenir l'effort de guerre de Méhémet Ali. Sous ce prétexte, des forces terrestres et navales commandées par Ibrahim Pacha furent envoyées vers le nord pour assiéger Acre en octobre de la même année. Ibrahim Pacha occupa Haïfa en décembre 1831 et en fit sa principale base militaire. Gaza, Jaffa, Jérusalem et la région de Naplouse se soumirent à son autorité. Acre tomba en mai 1832 après un long siège, puis Alep, Homs, Beyrouth, Sidon, Tripoli et Damas furent également conquises. Il pénétra ensuite en Anatolie et infligea une sévère défaite à l'armée ottomane lors de la bataille de Konya du 21 décembre 1832.

Par la convention de Kütahya, signée le 4 mai 1833, la Syrie et Adana furent cédées à l'Égypte. Ibrahim Pacha devint gouverneur général de ces deux provinces. Son administration fut considérée comme relativement réformatrice. Dans chaque grande ville, il institua des conseils locaux. Il divisa la Palestine et la Syrie en districts administratifs, ouvrit des écoles et recruta une armée parmi la population locale. Il améliora également la situation des Juifs et des Chrétiens en supprimant certains péages routiers et en cherchant à harmoniser la fiscalité entre les différentes religions, tout en maintenant la jizya, l'impôt appliqué aux non-musulmans protégés.

Cependant, les politiques économiques et administratives égyptiennes provoquèrent le mécontentement de plusieurs groupes influents : les notables de Jérusalem; les grandes familles du Jabal Naplouse; les clans des campagnes entourant Jérusalem ;
les tribus bédouines des régions d'Hébron et de Bethléem. Ces tensions allaient déboucher, dès 1834, sur la révolte des paysans palestiniens, particulièrement dans les régions de Jérusalem, Naplouse et Hébron. Les insurgés sont finalement écrasés après plusieurs mois de combats. Cette répression renforce le contrôle égyptien mais laisse un profond ressentiment dans la population.

Retour à l'Empire Ottoman.
En 1840, sous la pression des puissances européennes et après une intervention militaire britannique et autrichienne, l'Empire ottoman reprend possession de la région. La Palestine retrouve alors son statut de province intégrée à l'ensemble syrien ottoman. Les autorités d'Istanbul poursuivent progressivement les réformes du Tanzimat, destinées à moderniser l'Empire. Les nouvelles lois favorisent une administration plus centralisée, modifient le régime foncier et accordent une égalité juridique théorique à tous les sujets, musulmans, chrétiens et juifs. Ces changements encouragent l'enregistrement des terres et favorisent parfois l'émergence de grands propriétaires fonciers au détriment des petits paysans.

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, la population de la Palestine augmente régulièrement. Les villes de Jérusalem, Jaffa, Acre, Gaza et Naplouse connaissent une expansion économique grâce au commerce régional et aux échanges avec l'Europe. Les produits agricoles, notamment les céréales, l'huile d'olive et les agrumes, trouvent de nouveaux débouchés. L'influence européenne se renforce par l'intermédiaire des consulats, des missionnaires et des établissements religieux. Des écoles chrétiennes et des institutions caritatives occidentales s'installent dans plusieurs villes.

Jérusalem acquiert une importance particulière en raison de sa valeur religieuse. Des quartiers nouveaux apparaissent hors des murailles traditionnelles. Les communautés juives, chrétiennes et musulmanes coexistent dans un environnement marqué par des identités multiples, locales, religieuses et familiales. À partir des années 1880, l'arrivée de migrants juifs venus principalement d'Europe orientale modifie progressivement la composition démographique de certaines régions.

Cette immigration s'inscrit dans le contexte de la naissance du mouvement sioniste moderne. Face aux persécutions et aux pogroms en Europe orientale, plusieurs groupes juifs défendent l'idée d'un retour en Palestine et de la création d'un foyer national juif. La première vague d'immigration, appelée première aliyah, commence en 1882. Des colonies agricoles sont fondées avec le soutien de philanthropes comme le baron Edmond de Rothschild. Les terres sont généralement achetées légalement auprès de propriétaires fonciers, souvent absents et installés dans d'autres villes de l'Empire. Cependant, ces transactions entraînent parfois l'expulsion de cultivateurs arabes qui travaillaient sur ces terres depuis des générations.

En 1897, le premier congrès sioniste réuni à Bâle sous l'impulsion de Theodor Herzl définit officiellement l'objectif d'établir un foyer national juif en Palestine. Bien que la majorité de la population de la région reste arabe et majoritairement musulmane, les habitants prennent progressivement conscience des transformations en cours. Les élites arabes locales commencent à exprimer leurs inquiétudes face à l'immigration croissante et à l'acquisition de terres par les organisations sionistes.

Au début du XXe siècle, l'Empire ottoman poursuit ses efforts de modernisation. En 1908, la révolution des Jeunes-Turcs rétablit la constitution et suscite d'abord des espoirs de réformes politiques. Toutefois, le mouvement de centralisation et de turquification provoque des tensions dans plusieurs provinces arabes. Les idées nationalistes arabes se développent parmi les intellectuels et certains notables de Palestine.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, l'Empire ottoman rejoint les puissances centrales. La Palestine devient une zone stratégique. Les autorités ottomanes imposent des réquisitions, des restrictions économiques et des mesures de sécurité sévères. Les difficultés alimentaires provoquent des souffrances importantes. Des épidémies et des invasions de criquets aggravent encore la situation. Les Britanniques, installés en Égypte, lancent plusieurs offensives vers le nord. Après des combats difficiles, ils prennent Jérusalem en décembre 1917 sous le commandement du général Allenby.

Quelques semaines auparavant, le gouvernement britannique publie la déclaration Balfour, dans laquelle il se déclare favorable à l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif en Palestine, tout en affirmant que les droits des populations non juives existantes doivent être préservés. Cette déclaration introduit une ambiguïté durable, car les promesses britanniques faites aux dirigeants arabes pendant la guerre semblent parfois contradictoires avec cet engagement envers le mouvement sioniste.

L'administration militaire britannique.
À la fin de la guerre en 1918, l'Empire ottoman s'effondre. La Palestine passe sous administration militaire britannique. En 1920, les décisions prises par les puissances victorieuses confient officiellement à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine, confirmé en 1922 par la Société des Nations. Le texte du mandat intègre la déclaration Balfour et charge Londres de faciliter l'établissement du foyer national juif.

Durant les années 1920, l'immigration juive s'accélère. De nouveaux arrivants venus d'Europe centrale et orientale s'installent dans les villes et les colonies agricoles. Des institutions propres à la communauté juive se développent : syndicats, écoles, organisations de défense et structures politiques. Tel-Aviv, fondée peu avant la guerre, connaît une croissance rapide. L'économie se modernise grâce aux investissements, aux infrastructures et à l'essor du port de Jaffa.

La population arabe palestinienne, majoritaire, développe également ses propres formes d'organisation politique. Les grandes familles de Jérusalem, notamment les Husseini et les Nashashibi, rivalisent pour le leadership national. Les revendications principales portent sur l'indépendance, l'arrêt de l'immigration juive et la protection des terres arabes. Les autorités britanniques tentent de maintenir un équilibre entre les deux communautés mais peinent à concilier leurs aspirations contradictoires.

Les tensions débouchent sur plusieurs épisodes de violence. En 1920 et 1921, des affrontements éclatent à Jérusalem et à Jaffa. En 1929, une crise liée aux lieux saints de Jérusalem provoque des émeutes plus graves. Des dizaines de Juifs sont tués à Hébron, mettant fin à une présence juive ancienne dans la ville. Des Arabes palestiniens sont également tués lors de la répression britannique. Les enquêtes officielles concluent que les craintes liées à l'immigration et à la question foncière constituent des facteurs essentiels du conflit.

L'arrivée au pouvoir d'Hitler en Allemagne en 1933 entraîne une nouvelle vague d'immigration juive. Des dizaines de milliers de réfugiés cherchent à fuir les persécutions nazies. Cette immigration renforce considérablement la population juive de Palestine et stimule l'économie. Cependant, elle accentue également les inquiétudes de la population arabe, qui craint de devenir minoritaire.

En 1936 éclate une grande révolte arabe. Une grève générale est lancée et se transforme progressivement en insurrection contre l'autorité britannique et contre le projet sioniste. Les combattants palestiniens mènent des actions de guérilla dans plusieurs régions. La Grande-Bretagne répond par une répression massive avec l'aide de forces juives auxiliaires. Des milliers de Palestiniens sont arrêtés, tués ou contraints à l'exil. Une partie importante de l'élite politique arabe est démantelée.

La commission Peel, envoyée en 1937 pour étudier la crise, propose pour la première fois le partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe. Les dirigeants sionistes acceptent le principe du partage tout en discutant les modalités, tandis que les dirigeants arabes le rejettent catégoriquement, estimant qu'il porte atteinte aux droits de la majorité de la population.

Face à la poursuite des troubles, le gouvernement britannique publie en 1939 un Livre blanc qui limite l'immigration juive et envisage l'établissement d'un État indépendant partagé entre Arabes et Juifs dans un délai de dix ans. Les dirigeants arabes considèrent ces concessions insuffisantes, tandis que le mouvement sioniste s'oppose fermement aux restrictions imposées à l'immigration au moment où les Juifs d'Europe sont confrontés à une menace croissante.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la plupart des organisations juives de Palestine soutiennent l'effort de guerre britannique contre l'Allemagne nazie. Des milliers de volontaires juifs servent dans l'armée britannique. Les dirigeants palestiniens, affaiblis par la répression de la révolte précédente, jouent un rôle plus limité. Le grand mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini, choisit l'exil et se rapproche des puissances de l'Axe, ce qui compromet son image internationale.

La Shoah, qui entraîne l'extermination de millions de Juifs européens, renforce considérablement le soutien international aux revendications sionistes. Après 1945, les survivants cherchent à émigrer vers la Palestine, mais les quotas britanniques restent en vigueur. Des organisations clandestines juives intensifient alors leurs activités contre l'administration britannique, multipliant les sabotages et les attentats.

En 1946, la Palestine se trouve dans une situation de plus en plus explosive.  Les autorités britanniques se trouvent prises entre les revendications du mouvement national arabe palestinien et celles du mouvement sioniste, renforcées après la Seconde Guerre mondiale et la découverte de l'ampleur de la Shoah. Les organisations juives clandestines, notamment la Haganah, l'Irgoun et le Lehi, intensifient leurs actions contre la présence britannique. En juillet 1946, l'attentat contre l'hôtel King David à Jérusalem, siège de l'administration britannique, fait de nombreuses victimes et illustre l'aggravation de la situation.

Face à l'impasse, la Grande-Bretagne décide de transmettre la question palestinienne aux Nations unies en 1947. Une commission internationale étudie le problème et recommande le partage du territoire en deux États, l'un juif et l'autre arabe, tandis que Jérusalem doit bénéficier d'un statut international particulier. En novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies adopte le plan de partage. Les dirigeants sionistes acceptent la proposition malgré certaines réserves. Les dirigeants arabes palestiniens et les États arabes voisins la rejettent, considérant qu'elle accorde une part disproportionnée du territoire à la population juive, alors minoritaire.

Dès l'annonce du vote, des affrontements éclatent entre communautés juive et arabe. Une guerre civile se développe à l'intérieur du mandat britannique. Les combats opposent les organisations armées juives aux milices palestiniennes et aux volontaires venus de plusieurs pays arabes. Dans certaines régions, des villages sont évacués ou détruits. Des dizaines de milliers de Palestiniens quittent leurs foyers au cours de cette phase du conflit.

La Palestine de la création d'Israel à 2000.
Le 14 mai 1948, quelques heures avant le départ officiel des Britanniques, David Ben Gourion proclame la création de l'État d'Israël. Le lendemain, plusieurs armées arabes, notamment celles de l'Égypte, de la Jordanie, de la Syrie, du Liban et de l'Irak, interviennent. La première guerre israélo-arabe commence. Après plusieurs mois de combats, Israël consolide son existence et étend son contrôle sur un territoire plus vaste que celui prévu par le plan de partage de l'ONU. La Jordanie prend le contrôle de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, tandis que l'Égypte administre la bande de Gaza  (L'histoire des Territoires palestiniens).

La guerre provoque l'exode de plus de 700 000 Palestiniens. Cet événement, appelé la Nakba par les Palestiniens, entraîne la dispersion d'une grande partie de la population dans les territoires voisins, les camps de réfugiés de Jordanie, du Liban, de Syrie et de Gaza. Les biens abandonnés sont placés sous contrôle israélien. Les réfugiés revendiquent le droit au retour, tandis qu'Israël considère que ce retour compromettrait son équilibre démographique.

Durant les années 1950, la société palestinienne reste fragmentée. Les habitants de la Cisjordanie deviennent sujets du royaume jordanien, tandis que ceux de Gaza vivent sous administration égyptienne. Les réfugiés installés dans les camps dépendent largement de l'aide fournie par l'UNRWA, créée par les Nations unies en 1949. Malgré cette dispersion, une identité nationale palestinienne plus affirmée se développe progressivement.

En 1956, la crise du canal de Suez entraîne une nouvelle guerre. Israël, la France et le Royaume-Uni interviennent contre l'Égypte de Gamal Abdel Nasser. Les forces israéliennes occupent temporairement la bande de Gaza et le Sinaï avant de se retirer sous pression internationale. Les mouvements nationalistes arabes gagnent alors en influence dans la région.

À la fin des années 1950, plusieurs militants palestiniens fondent le Fatah sous la direction de Yasser Arafat. Leur objectif consiste à mener une lutte indépendante des gouvernements arabes afin de libérer la Palestine. En 1964, la Ligue arabe favorise la création de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), destinée à représenter politiquement les Palestiniens.

En juin 1967, la guerre des Six Jours éclate entre Israël et plusieurs États arabes. Israël remporte une victoire rapide et occupe la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza, le Sinaï égyptien et le plateau du Golan syrien. L'ensemble des territoires palestiniens historiques passe alors sous contrôle israélien. Une nouvelle vague de réfugiés palestiniens se produit. L'occupation transforme profondément la situation politique et sociale.

Après 1967, les mouvements palestiniens gagnent en autonomie et en popularité. En 1969, Yasser Arafat prend la tête de l'OLP. Depuis la Jordanie, les groupes palestiniens mènent des opérations contre Israël. Les tensions avec le gouvernement jordanien aboutissent aux affrontements du Septembre noir en 1970. L'OLP est expulsée de Jordanie et transfère son quartier général au Liban.

Pendant les années 1970, la cause palestinienne acquiert une visibilité internationale croissante. En 1974, l'Assemblée générale des Nations unies reconnaît l'OLP comme représentante légitime du peuple palestinien. Yasser Arafat prononce un discours historique devant l'organisation. Plusieurs États reconnaissent progressivement l'OLP.

Au Liban, la présence des organisations palestiniennes contribue à la complexité de la guerre civile qui éclate en 1975. Les camps palestiniens deviennent des enjeux militaires majeurs. En 1982, Israël envahit le Liban afin de neutraliser l'OLP. Les dirigeants palestiniens quittent Beyrouth et s'installent en Tunisie. Peu après, les massacres de Sabra et Chatila, commis dans des camps palestiniens par des milices libanaises alliées d'Israël, provoquent une forte émotion internationale.

Dans les territoires occupés, l'implantation de colonies israéliennes se poursuit. Les tensions économiques et politiques augmentent. En décembre 1987 éclate la première Intifada, un soulèvement populaire caractérisé par des manifestations, des grèves et des affrontements avec l'armée israélienne. Cette mobilisation attire l'attention du monde entier sur les conditions de vie dans les territoires occupés.

En 1988, l'OLP proclame symboliquement l'État de Palestine et accepte le principe d'une solution fondée sur deux États. Les contacts diplomatiques avec les États-Unis deviennent possibles. Après la guerre du Golfe de 1991, une nouvelle dynamique de négociation s'ouvre.

En 1993, les accords d'Oslo sont signés entre Israël et l'OLP. Les deux parties se reconnaissent mutuellement. Une Autorité palestinienne est créée afin d'exercer des compétences limitées sur certaines zones de Cisjordanie et de Gaza. Yasser Arafat revient dans les territoires palestiniens après des décennies d'exil. Beaucoup espèrent alors une paix durable.

Cependant, plusieurs questions essentielles restent sans solution : le statut de Jérusalem, les réfugiés, les frontières définitives, les colonies israéliennes et la sécurité. Les années suivantes sont marquées par des attentats palestiniens, l'assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin en 1995 et un enlisement du processus de paix.

La Palestine dans le premier quart du XXIesiècle.
En 2000, l'échec du sommet de Camp David et la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées contribuent au déclenchement de la seconde Intifada. Le conflit devient beaucoup plus violent que le précédent soulèvement. Attentats-suicides palestiniens, opérations militaires israéliennes et destructions d'infrastructures se multiplient. Israël construit progressivement une barrière de séparation en Cisjordanie, présentée comme une mesure de sécurité mais contestée par les Palestiniens.

En 2004, Yasser Arafat meurt à Paris. Mahmoud Abbas lui succède à la présidence de l'Autorité palestinienne. En 2005, Israël retire ses colonies et ses troupes de la bande de Gaza, mais conserve le contrôle de ses frontières extérieures, de son espace aérien et de son accès maritime.

En 2006, le Hamas remporte les élections législatives palestiniennes. Les tensions entre le Hamas et le Fatah dégénèrent en affrontements armés. En 2007, le Hamas prend le contrôle de Gaza, tandis que l'Autorité palestinienne dominée par le Fatah conserve son pouvoir en Cisjordanie. Cette division politique perdure.

À partir de 2008, plusieurs guerres opposent Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Les opérations militaires de 2008-2009, 2012, 2014 et les affrontements périodiques suivants provoquent d'importantes destructions et de nombreuses victimes civiles. Israël justifie ses actions par la nécessité de faire cesser les tirs de roquettes, tandis que les Palestiniens dénoncent le blocus imposé à Gaza et les conséquences humanitaires qui en découlent.

En 2012, l'Assemblée générale des Nations unies accorde à la Palestine le statut d'État observateur non membre. Cette décision renforce la reconnaissance diplomatique internationale de la cause palestinienne. Plusieurs organisations internationales accueillent ensuite la Palestine comme membre ou partenaire.

Durant les années 2010, la colonisation israélienne en Cisjordanie continue de s'étendre, compliquant davantage les perspectives d'un État palestinien continu. Les négociations de paix restent bloquées. Les divisions internes palestiniennes persistent malgré plusieurs tentatives de réconciliation entre le Fatah et le Hamas.

En 2017, les États-Unis reconnaissent Jérusalem comme capitale d'Israël et y transfèrent leur ambassade. Les dirigeants palestiniens condamnent cette décision. Les années suivantes voient plusieurs États arabes normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham, ce qui modifie l'équilibre diplomatique régional.

En mai 2021, une nouvelle guerre éclate entre Israël et le Hamas après des tensions à Jérusalem. Les affrontements causent d'importantes pertes humaines et matérielles.

Le 7 octobre 2023, le Hamas lance une attaque de grande ampleur contre le sud d'Israël. Des centaines d'hommes franchissent la frontière, massacrent des civils (principalement) et des militaires et prennent des otages. Israël déclare l'état de guerre et lance une vaste campagne militaire contre Gaza. Les bombardements et les opérations terrestres provoquent des destructions massives et une crise humanitaire majeure. Les débats internationaux se multiplient autour des questions de sécurité, du droit international, des pertes civiles et de l'avenir politique du territoire.

En 2024 et 2025, les combats, les négociations sur les cessez-le-feu et les discussions concernant la libération des otages se poursuivent de manière intermittente. Plusieurs médiateurs régionaux et internationaux tentent de parvenir à un accord durable. Les conditions de vie dans la bande de Gaza se dégradent fortement, tandis que les tensions augmentent également en Cisjordanie.

En 2026, la question palestinienne demeure l'un des principaux conflits non résolus du monde contemporain. Les Palestiniens restent divisés entre la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et une vaste diaspora présente dans de nombreux pays. Les débats sur la création d'un État palestinien indépendant, la sécurité d'Israël, le statut de Jérusalem, le sort des réfugiés et les modalités d'une coexistence future continuent d'occuper une place centrale dans la diplomatie internationale.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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