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 L'histoire de l'Europe
Histoire des îles Féroé

Les premières traces d'occupation humaine dans les îles Féroé remontent au VIe siècle, probablement des moines irlandais (ou celtes). Ces ermites cherchaient un refuge isolé pour pratiquer leur foi. Les moines auraient introduit des moutons et cultivé l'orge.  Ces habitants ont laissé peu de traces archéologiques et auraient disparu avant l'arrivée des colons vikings, principalement norvégien, vers la fin du VIIIe siècle. Les Vikings introduisent la langue nordique ancienne (ancêtre du féroïen) et une organisation sociale basée sur les assemblées locales (ting). Le Tinganes, le lieu de réunion du ting à Tórshavn, est l'une des institutions parlementaires les plus anciennes au monde. Autour de l'an 1000, les Féroé adoptent le christianisme, sous l'influence de missionnaires scandinaves. L'église de Kirkjubøur devient un centre religieux important.

Les Îles Féroé deviennent une partie intégrante du Royaume de Norvège en 1035. Ce lien est renforcé lorsque les rois norvégiens contrôlent directement le commerce et la politique de l'archipel. L'économie locale repose sur la pêche et l'agriculture (notamment l'élevage de moutons). Le commerce est limité en raison de l'isolement géographique.

A la suite du traité de Kalmar (1397), la Norvège s'unit au Danemark et à la Suède sous la couronne danoise, plaçant les Féroé sous administration danoise. Pendant cette période, les Danois instaurent des monopoles commerciaux stricts, obligeant les Féroé à commercer exclusivement avec le Danemark. Ces restrictions freinent le développement économique et renforcent la dépendance des habitants envers la Couronne danoise. A partir de 1536, la Réforme protestante s'étend aux Féroé sous l'influence danoise, et le luthéranisme devient la religion officielle.

Après la défaite de Napoléon, le Danemark cède la Norvège à la Suède (traité de Kiel, 1814), mais conserve les Îles Féroé, l'Islande et le Groenland. Les Îles Féroé restent économiquement sous-développées en raison du monopole danois, qui ne prend fin qu'en 1856. Après cette date, les Féroé entament une période de modernisation économique, en particulier dans la pêche. Parallèlement, un mouvement nationaliste féroïen se développe pour promouvoir la langue et la culture locales face à l'influence danoise. En 1890, le féroïen, une langue dérivée du vieux norrois, est redécouvert comme un symbole culturel et est progressivement réintroduit.

La Première Guerre mondiale perturbe les routes commerciales, isolant les Féroé. Cela conduit les habitants à chercher davantage d'autonomie économique. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, les Îles Féroé sont occupées par les forces britanniques après l'invasion du Danemark par l'Allemagne. Cette occupation est pacifique et permet aux Féroé de fonctionner avec une relative autonomie, tout en soutenant l'effort de guerre allié grâce à leur flotte de pêche. Après la guerre, les Îles Féroé connaissent une période de réflexion politique. En 1946, un référendum est organisé pour décider de l'indépendance. Une légère majorité vote pour la séparation du Danemark, mais le résultat est contesté. Finalement, un compromis est trouvé, et les Îles Féroé obtiennent une large autonomie interne avec l'Acte d'autonomie (Løgtingslógin) de 1948. Elles conservent cependant des liens avec le Danemark en matière de politique étrangère, de justice, et de défense. Le féroïen devient une langue officielle aux côtés du danois.

 L'après-guerre voit une modernisation rapide de l'économie, notamment grâce à l'industrie de la pêche, principal moteur économique de l'archipel. Le développement des infrastructures, notamment des ports et des routes, transforme les îles. Dans les années 1970, des tensions apparaissent en raison de la surpêche et de la concurrence internationale. Les stocks de poissons commencent à diminuer, mettant en danger l'économie féroïenne. Bien que les Féroé jouissent d'une autonomie interne, elles restent économiquement dépendantes des subventions danoises, un sujet de débat récurrent. À la fin des années 1980, une grave crise économique frappe les ÃŽles Féroé, en grande partie due à l'effondrement des stocks de poissons et à une mauvaise gestion des prêts internationaux. Le chômage atteint des niveaux records (jusqu'à 20 %), et de nombreux habitants émigrent vers le Danemark pour chercher du travail. Cette crise conduit à une restructuration de l'économie. Les Féroé diversifient leurs activités économiques, en investissant notamment dans l'aquaculture et le tourisme.

Dans les années 1990, les mouvements nationalistes gagnent du terrain, plaidant pour une indépendance totale vis-à-vis du Danemark. La langue féroïenne devient encore plus centrale dans l'éducation et la culture. En 2000, un projet de référendum sur l'indépendance est discuté, mais il est finalement abandonné en raison des tensions économiques et politiques. Les discussions sur l'indépendance restent vives. En 2017, les dirigeants féroïens envisagent une nouvelle constitution locale, mais les démarches vers l'indépendance totale avancent lentement.Cela n'empêche pas les Îles Féroé agissent de plus en plus comme une entité indépendante dans des domaines tels que le sport (équipe de football nationale) et la culture. Les pratiques de chasse traditionnelle des Féroé, comme le grindadráp (chasse aux cétacés), suscitent des controverses internationales. Les Féroïens défendent ces traditions comme partie intégrante de leur culture. L'archipel a bien géré la pandémie grâce à des mesures strictes et une capacité locale de dépistage, renforçant son image sur la scène mondiale.

Les Îles Féroé sont aujourd'hui un acteur mondial majeur dans la production de saumon d'élevage, ce qui stabilise leur économie. La pêche et l'aquaculture représentent encore plus de 90 % des exportations. L'archipel mise sur son environnement spectaculaire pour attirer des visiteurs. Le tourisme durable devient un pilier économique croissant. Les Îles Féroé investissent par ailleurs massivement dans les énergies renouvelables, avec l'objectif de devenir autosuffisantes en énergie verte d'ici 2030. Le petit territoire développe des initiatives dans les technologies maritimes et numériques pour rester compétitif. Bien que les Féroé appartiennent toujours au Danemark, ils ne sont pas membres de l'Union européenne (contrairement au Danemark). Cela leur permet de contrôler leurs politiques de pêche. Cependant, les Îles Féroé sont confrontées aux impacts du changement climatique, notamment sur les écosystèmes marins, et l'économie, fortement dépendante de la mer, doit s'adapter à ces défis.

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