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Celse ou
Celsus (Aulus Cornelius). - Célèbre écrivain
romain, dont on ne connaît exactement ni le nom, ni le lieu de naissance,
ni l'époque où il a vécu, La plupart des éditions portent Aurelius
Cornelius Celsus, mais d'après un ancien manuscrit du Vatican,
c'est Aulus; son nom de Cornelius indique, en outre, qu'il était membre
de l'illustre maison Cornelia, ou du
moins d'une naissance relevée. Celsus était un surnom, assez répandu
du reste, Caelius Rhodiginus a fait naître Celse à Vérone,
d'autres lui assignent Rome pour lieu de résidence; une seule chose paraît
très probable, c'est qu'il résida bien à Rome.
Celse était-il médecin? c'est très peu
probable; son fameux traité De re medica faisait partie d'une encyclopédie,
où il était traité de l'agriculture, de la rhétorique, de l'art militaire,
etc.; il était donc un vulgarisateur. On admire la sagacité déployée
par cet auteur dans la discussion des doctrines médicales, l'appréciation
des indications thérapeutiques et celle des méthodes et des procédés
chirurgicaux; c'est que probablement Celse possédait une vraie pratique,
traitant ses parents, ses amis, ses esclaves et les esclaves de ses amis,
sans exercer la profession pour vivre. Quintilien,
Columelle, Pline citent
Celse avec éloge; les Grecs ne le citent pas, probablement, dit Daremberg,
parce qu'ils n'ont jamais pris l'encyclopédiste romain pour un médecin
et que, d'ailleurs, ils possédaient les originaux où lui-même avait
puisé.
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Celse.
A quelle époque Celse a-t-il vécu? Il
parle de Thémison comme d'un auteur récent, il ne prononce pas le nom
de Musa, médecin d'Auguste;
Columelle, qui florissait quarante ans ap.
J.-C., fait de lui des citations; enfin son style, de la meilleure latinité,
est celui du grand siècle; il est donc très probable qu'il écrivait
dans la première moitié du règne d'Auguste.
L'ouvrage de Celse est un admirable résumé
de ce qui avait été fait en médecine et en chirurgie depuis Hippocrate
jusqu'à l'an 30 ou 40 avant notre ère. Quoique partisan, jusqu'à un
certain point, du méthodisme d'Asclépiade,
il avait adopté un véritable éclectisme,
prenant la vérité partout où il croyait la rencontrer. Malgré ses mérites,
le livre de Celse fut à peu près éclipsé pendant le Moyen Âge ;
il est seulement cité par quatre auteurs : Isidore
de Séville, Gerbert, Jean
de Salisbury
et Simon Januensis; c'est, paraît-il, Thomas Perentoncelli de Sarzana,
pape sous le nom de Nicolas V (1447-1455), qui retrouva un manuscrit de
Celse, celui duquel tous les autres ont été copiés. (Dr
L. Hn).
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En
bibliothèque. - La plus ancienne
édition de ses oeuvres est celle de Florence (1478, pet. in-fol.), presque
introuvable; l'édition de Milan (1481, in-fol.), est également très
rare; ces éditions furent suivies d'une foule d'autres; celles de Targa
(Padoue, 1769, in-4; 1815) sont parmi les meilleures; les éditions de
Ritter et Albers (Cologne, 1830, in. 8) et Daremberg
(Paris, 1859, in-8), sont d'un format très commode. Les traductions françaises
sont assez nombreuses; les meilleures sont celle de Ninnin (Paris, 1754,
2 vol. in-42); réimp. en 1821, puis réédité sans modifications sérieuses
par Ratier et Fouquier (Paris, 1828, in-18); celle de Des Étangs (Paris,
1846, in-8), qui fait partie de la collection des classiques de Nisard;
enfin celle de Védrènes, avec le texte en regard (Paris, 1876, gr. in-8). |
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