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Republica Democratica de São Tomé e Principe |
1 00 N, 7 00 E ![]() |
SĂŁo
Tomé et Principe est une république située dans le golfe
de Guinée, presque sous l'équateur, à environ 250 km à l'ouest
du
Gabon, et dont le nom est celui de ses deux
îles principales. São Tomé (ou Saint-Thomas, 857 km²) est la plus grande,
Principe (l'ancienne île du Prince, 136 km²) est plus petite. S'ajoutent
à cela plusieurs petits îlots : Rôlas, Tinhosa Grande, Tinhosa Pequena,
Caroço, Bombom, soit au total un millier de kilomètres carrées, pour
une population de 230 000 habitants (2025). C'est le plus petit pays d'Afrique -
Carte de São Tomé et Principe. Source : The World Factbook. (Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée). Géographie physique.
Les deux îles sont ceinturées de plaines littorales étroites où se concentrent les principales activités humaines, mais leur centre est caractérisé par des massifs montagneux, de profondes vallées fluviales et des formations volcaniques spectaculaires. Ces montagnes sont fortement disséquées par l'érosion, favorisée par un régime de précipitations abondantes, qui dépasse localement 5000 mm/an dans les zones exposées au vent. Le climat est équatorial humide, dominé par l'influence du courant de Guinée et du relief montagneux, ce qui engendre des microclimats marqués entre les zones côtières (plus sèches) et les versants au vent (fortement arrosés). Il existe deux saisons principales : une saison des pluies de septembre à mai, et une saison sèche plus fraîche appelée gravana de juin à août. Les températures varient peu, autour de 25–27 °C, mais l'humidité relative est élevée toute l'année. Le réseau hydrographique est dense et radial. De nombreuses rivières — telles que le Rio Iô Grande ou le Rio Abade — prennent leur source dans les hauteurs, puis dévalent en cascades à travers les forêts denses avant de se jeter dans l'océan. Ces cours d'eau sont courts mais parfois torrentiels, et jouent un rôle majeur dans l'érosion et le modelé du paysage. Les sols sont majoritairement ferralitiques, profondément altérés, riches en fer et en aluminium, mais souvent pauvres en nutriments. Sur les versants, l'érosion est un risque important, accentué par les pratiques agricoles sur brûlis ou l'exploitation intensive. Dans les plaines littorales et les anciens plateaux volcaniques, les sols sont plus fertiles et favorables aux cultures tropicales. La couverture végétale originelle était constituée de forêts tropicales humides, riches en endémismes végétaux et animaux. Les altitudes supérieures abritent encore des forêts de montagne, avec une biodiversité unique, notamment dans le Parc naturel d'Ôbo, qui s'étend sur les deux îles et couvre environ 30 % du territoire. Cependant, les zones basses ont été largement déboisées pour l'agriculture, notamment les plantations de cacao, de café et d'huile de palme. Les côtes sont variées : plages de sable noir ou doré, falaises rocheuses, embouchures fluviales et lagunes. Les récifs coralliens y sont rares en raison de l'influence des eaux fluviales turbides et du substrat basaltique, mais on y trouve des écosystèmes marins riches en poissons, crustacés et tortues. Les baies protégées, comme celle d'Ana Chaves sur São Tomé, offrent des ancrages naturels favorables aux activités portuaires. Ajoutons que les
îles sont exposées à certains risques naturels : bien qu'il n'y ait
pas d'activité volcanique récente, des mouvements de terrain, des crues
soudaines et l'érosion côtière sont fréquents. La petite taille des
bassins versants rend les systèmes hydriques vulnérables à toute modification
environnementale, tandis que la montée du niveau de la mer constitue une
menace croissante pour les zones basses habitées.
Carte de São Tomé.
Carte de Principe. Géographie humaine.
L'urbanisation reste modĂ©rĂ©e, bien que la capitale connaisse un dĂ©veloppement croissant en tant que principal pĂ´le administratif, Ă©conomique et de services. Elle concentre l'essentiel des Ă©quipements de santĂ©, d'Ă©ducation et de transports. Toutefois, une grande partie de la population vit encore dans des zones rurales, dans des villages ou hameaux Ă©parpillĂ©s en bord de mer ou en altitude moyenne, souvent dans des anciennes plantations coloniales appelĂ©es roças. Ces roças, vestiges de l'Ă©conomie coloniale portugaise, structurent toujours l'espace rural et servent souvent de lieux d'habitation ou d'activitĂ© agricole. Le peuplement est multiethnique, issu de vagues de migrations forcĂ©es ou volontaires pendant la colonisation : descendants d'esclaves africains (forros), anciens travailleurs contractuels d'Angola, du Cap-Vert et du Mozambique, populations mĂ©tissĂ©es, et un petit groupe de descendants europĂ©ens. Le portugais est la langue officielle et vĂ©hiculaire, mais plusieurs crĂ©oles locaux sont couramment parlĂ©s, notamment le forro, le lunguyĂ© (Ă PrĂncipe) et l'angolar. L'Ă©conomie dispose
d'une base productive limitée et un fort taux de chômage et de sous-emploi.
L'agriculture constitue le principal secteur d'activité, employant une
majorité de la population active, mais essentiellement à un niveau de
subsistance. Les cultures les plus répandues sont le cacao, le café,
la banane, le manioc et les fruits tropicaux. Le cacao reste la principale
culture d'exportation malgré une chute de la production depuis les années
1990. La découverte récente de pétrole dans le Golfe de Guinée pourrait
également avoir un impact significatif sur l'économie du pays. Des accords
ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© signĂ©s avec le NigĂ©ria L'accès Ă la terre est un enjeu majeur : après l'indĂ©pendance (1975), les terres des anciennes plantations ont Ă©tĂ© nationalisĂ©es, mais la redistribution reste incomplète, entraĂ®nant des tensions entre exploitants familiaux, occupants informels et entreprises agro-exportatrices. Les terres fertiles sont limitĂ©es en superficie, et la pression dĂ©mographique croissante autour des zones agricoles crĂ©e des conflits d'usage. Les infrastructures sont inĂ©galement dĂ©veloppĂ©es. Le rĂ©seau routier est dense autour de la capitale, mais dĂ©gradĂ© ou inexistant Ă l'intĂ©rieur de l'Ă®le. L'approvisionnement en eau, en Ă©lectricitĂ© et en services de base reste prĂ©caire dans les zones rurales. La santĂ© publique et l'Ă©ducation sont gratuites mais manquent de ressources. Beaucoup de jeunes partent en Angola, au Portugal ou au BrĂ©sil pour les Ă©tudes ou le travail, formant une diaspora active et contributeur clĂ© via les transferts d'argent. La religion, principalement catholique (environ 70 % de la population), influence fortement la vie sociale, mais on observe aussi des pratiques syncrĂ©tiques qui mĂŞlent croyances africaines et chrĂ©tiennes, particulièrement dans les rituels traditionnels, les fĂŞtes et les rapports Ă la nature. Ces pratiques structurent la vie communautaire et renforcent la cohĂ©sion dans les espaces villageois. Le tourisme Ă©merge comme secteur Ă©conomique potentiel, centrĂ© sur l'Ă©cotourisme, le patrimoine colonial et les paysages naturels, notamment Ă PrĂncipe, qui est classĂ©e RĂ©serve de biosphère par l'Unesco. NĂ©anmoins, le dĂ©veloppement touristique reste contraint par l'enclavement gĂ©ographique, le manque d'infrastructures et la fragilitĂ© des Ă©cosystèmes. |
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