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Phillis Wheatley

Phillis Wheatley est une poétesse américaine née vers 1753 en Afrique de l'Ouest, probablement dans la région de l'actuel Sénégal ou Gambie. Elle est reconnue comme une figure pionnière de la littérature afro-américaine et américaine.

À l'âge d'environ sept ou huit ans, elle fut enlevée de sa maison, transportée à travers l'océan Atlantique lors du terrible voyage du milieu et vendue comme esclave à Boston, au Massachusetts, le 11 juillet 1761. Elle fut achetée par John Wheatley, un riche marchand et tailleur, et son épouse Susanna. La famille Wheatley, qui comprenait également leurs enfants, Nathaniel et Mary, était connue pour être relativement éclairée pour l'époque et le lieu.

Contrairement à la plupart des esclaves, Phillis ne fut pas assignée à des travaux manuels lourds. Susanna Wheatley, impressionnée par l'intelligence précoce de la jeune fille, entreprit de l'éduquer. En l'espace de seize mois seulement après son arrivée, Phillis avait maîtrisé l'anglais et se plongea dans la lecture et l'écriture. Elle étudia la Bible, la théologie, les classiques grecs et latins, l'histoire ancienne et la littérature, notamment les œuvres de poètes comme Alexander Pope et John Milton. Sa maîtrise rapide des lettres était extraordinaire et démontrait un talent exceptionnel.

Elle commença à écrire de la poésie dès son adolescence. Ses premiers poèmes étaient souvent d'inspiration religieuse et abordaient des thèmes comme la mort, la moralité et la rédemption. Son talent attira rapidement l'attention à Boston, mais aussi un certain scepticisme. Beaucoup de personnes avaient du mal à croire qu'une jeune femme noire, esclave de surcroît, puisse produire une oeuvre d'une telle qualité. Afin d'attester de son authenticité, elle fut appelée à comparaître devant un panel de dix-sept hommes notables de Boston en 1772. Ce groupe comprenait des personnalités éminentes comme le gouverneur Thomas Hutchinson, le lieutenant-gouverneur Andrew Oliver, et le pasteur et érudit Samuel Mather. Après l'avoir interrogée et examiné ses écrits, ils conclurent qu'elle était bien l'auteure des poèmes, signant une Attestation qui serait incluse dans son premier livre.

Malgré cette validation, Phillis et les Wheatley rencontrèrent des difficultés à trouver un éditeur en Amérique pour publier son recueil. C'est finalement grâce à l'aide de Susanna Wheatley et d'amis en Angleterre que la publication fut organisée. Phillis, accompagnée du fils des Wheatley, Nathaniel, et peut-être d'autres membres de la famille ou des contacts, entreprit un voyage en Angleterre en 1773. Là, elle fut accueillie et présentée dans les cercles sociaux et littéraires. Elle rencontra des personnalités influentes, dont Benjamin Franklin et la comtesse de Huntingdon, Selina Hastings, qui devint une de ses mécènes. Son séjour fut écourté en raison de la santé déclinante de Susanna Wheatley.

Son recueil, Poems on Various Subjects, Religious and Moral, fut publié à Londres en septembre 1773. C'était le premier livre de poésie publié par une personne d'origine africaine en Amérique, et l'un des premiers par une femme américaine. Le succès du livre en Angleterre lui apporta une certaine renommée des deux côtés de l'Atlantique. Peu après son retour à Boston, les Wheatley l'émancipèrent, lui accordant sa liberté, probablement à la fin de 1773 ou au début de 1774.

Après l'émancipation et le décès de Susanna Wheatley en 1774, suivi de celui de John Wheatley en 1778, la vie de Phillis devint plus précaire. La Révolution américaine rendit les temps économiques difficiles. En 1778, elle épousa John Peters, un épicier noir libre qui connaissait des difficultés financières. Leur mariage fut marqué par la pauvreté et la perte. Ils eurent trois enfants, qui moururent tous en bas âge. Les entreprises de John Peters échouèrent, et il fut parfois emprisonné pour dettes, laissant Phillis souvent seule et dans le besoin.

Malgré ces épreuves, elle continua à écrire. Elle tenta de publier un second volume de poésie et de lettres en 1784, contenant 33 nouveaux poèmes et 13 lettres, mais ne trouva pas de suffisamment de mécènes ou d'éditeur dans le contexte économique difficile de l'après-guerre et en raison de sa situation personnelle. Peu avant sa mort, contrainte par la misère, elle travailla comme femme de chambre dans une pension.

Phillis Wheatley Peters décéda le 5 décembre 1784, à l'âge d'environ 31 ans, dans la pauvreté à Boston. Son mari, John Peters, survécut, mais leur dernier enfant mourut peu après elle. Son deuxième manuscrit ne fut jamais publié de son vivant.

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