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| Les mégalithes
sont de grands monuments en pierre construits sur tous les continents,
principalement durant le Néolithique (environ 5000 à 2000 av. JC, selon
les régions) en Europe, mais parfois jusqu'à une époque beaucoup récente
dans certaines parties du monde, de l'Afrique ancienne au Pacifique lointain.
Le terme vient du grec megas ( = grand) et lithos (=
pierre). Ces monuments étaient réalisés à partir de blocs de
pierre parfois très volumineux, transportés et dressés sans les moyens
techniques modernes.
Il existe plusieurs types de mégalithes. En Europe, le menhir est une pierre unique plantée verticalement dans le sol; ertains sont isolés, tandis que d'autres forment des alignements ou des cercles; le dolmen est constitué de plusieurs pierres verticales supportant une dalle horizontale, etservait généralement de tombe collective et était souvent recouvert à l'origine d'un tumulus de terre ou de pierres; les cromlechs sont des ensembles de pierres disposées en cercle ou en ellipse, probablement destinés à des rassemblements ou à des cérémonies. On trouve aussi des cercles de pierre en Afrique ou en Corée; en Inde, on rencontre des dolmens et parfois des alignement de menhirs; en Indonésie, au Mexique ou à l'île de Pâques, ce sont des statues mégalithiques qui attirent l'attention. D'autres formes encore existent. Les fonctions des mégalithes variaient selon les lieux et les époques. Beaucoup avaient un rôle funéraire, notamment les dolmens qui accueillaient les dépouilles de plusieurs individus. D'autres semblent avoir eu une fonction religieuse, cérémonielle ou symbolique, liée aux croyances des communautés qui les ont érigés. Certains monuments présentent également des alignements avec le Soleil ou la Lune lors des solstices et des équinoxes, ce qui suggère qu'ils pouvaient servir à exprimer un lien symbolique entre le monde humain et le cosmos, en même temps qu'ils pouvaient servier de repères calendaires. Partout, l'érection de la pierre massive a répondu à un impératif fondamental : défier le temps, inscrire dans le paysage la trace indélébile des ancêtres, et affirmer, par une oeuvre collective souvent démesurée, l'identité profonde d'une communauté. La culture des Mégalithes en EuropeOn trouve des mégalithes dans de nombreuses régions du monde, mais ils sont particulièrement nombreux en Europe occidentale. La culture des Mégalithes, caractérisée par l'érection de grandes pierres taillées ou brutes (mégalithes), s'étend sur une période allant du Néolithique (environ 5000 av. JC) à l'Âge du bronze (environ 1200 av. JC).Cette culture a laissé des traces remarquables à travers tout le continent européen. Dolmens et menhirs abondent dans la Péninsule ibérique, surtout dans les régions du Portugal et de l'Andalousie. En France, on observe une concentration de mégalithes en Bretagne, notamment les alignements de Carnac, mais on en trouve aussi dans d'autres régions comme la Dordogne et le Languedoc. Dans les îles Britanniques, on peut mentionner, Stonehenge et Avebury en Angleterre, ainsi que de nombreux dolmens et menhirs en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande. En Scandinavie, il y a moins de mégalithes comparés à d'autres régions, mais on trouve des pierres dressées et des tombes à couloir en Suède et au Danemark. La construction de mégalithes impliquait des compétences techniques avancées. Les pierres étaient souvent extraites de carrières éloignées et transportées sur des distances considérables, nécessitant des connaissances en levage et en déplacement de charges lourdes. La mise en place des pierres nécessitait des techniques de levage sophistiquées (utilisation de leviers, de rampes et de contrepoids). Les types de mégalithes.
Menhirs.
Exemples : Le Grand Menhir Brisé de Locmariaquer en France, qui mesurait initialement environ 20 mètres de haut avant de se briser; le Menhir de Kerloas, également en Bretagne, qui est le plus grand menhir debout de France, avec une hauteur de près de 10 mètres.. Alignements
de menhirs.
Exemples : Les alignements de Carnac en Bretagne, le plus grand site mégalithique du monde, comprenant plus de 3 000 menhirs disposés en lignes sur plusieurs kilomètres; les alignements de Menec, une partie des Alignements de Carnac. Cercles
de pierres.
Exemples : Stonehenge (Angleterre), le plus célèbre des cercles de pierres, avec une structure complexe; cercle de Brodgar (Écosse), un grand cercle de pierres dans les Orcades, associé à des activités rituelles; Avebury (Angleterre), un des plus grands henges en Europe, avec un vaste fossé et levée de terre entourant plusieurs cercles de pierres; henge de Durrington Walls (Angleterre), le plus grand henge connu en Grande-Bretagne, situé près de Stonehenge. Dolmens.
Exemples : le dolmen de Menga (Espagne), un des plus grands dolmens d'Europe, utilisé comme sépulture collective; les dolmens de Wéris (Belgique), un ensemble de dolmens bien préservés en Wallonie. Allées
couvertes.
Exemples : allée Couverte de La Roche-aux-Fées (France), une des plus grandes et des mieux préservées, avec des pierres massives formant un long couloir; allée Couverte de Kermorvan (France), caractéristique des structures funéraires de la Bretagne; la Tombe de Maeshowe (Écosse). Cairns.
Exemples : le cairn de Barnenez (France), un des plus anciens et des plus grands cairns d'Europe, avec plusieurs chambres funéraires; le cairn de Gavrinis (France), connu pour ses gravures internes complexes, couvrant une chambre funéraire. Tumulus.
Exemples : Newgrange (Irlande), un grand tumulus de l'âge du bronze avec une tombe à couloir, célèbre pour son alignement avec le solstice d'hiver; Silbury Hill (Angleterre), le plus grand tumulus artificiel en Europe, dont la fonction précise reste inconnue. Enclos
et structures mégalithiques complexes.
Exemples : le site de Callanish (Écosse), un complexe de cercles de pierres et de menhirs alignés avec des phénomènes astronomiques; le complexe de Hagar Qim (Malte), un site préhistorique avec plusieurs temples mégalithiques, incluant des chambres, des autels et des statues. Aspects de la
culture matérielle des bâtisseurs de mégalithes.
Outils
en pierre.
Structures
domestiques.
Céramiques.
Objets
funéraires.
Gravures
et symboles.
Artefacts
rituels et cérémoniels.
Objets
en métal.
Quelque sites mégalithiques en Europe
L'architecture mégalithique hors d'EuropeL'architecture mégalithique est un phénomène mondial qui a émergé de manière indépendante sur presque tous les continents, portée par des motivations religieuses, funéraires et sociales diverses. En parcourant ces réalisations hors d'Europe, on découvre des expressions d'une ingéniosité et d'une monumentalité saisissantes, qui vont bien au-delà des images classiques de Carnac ou de Stonehenge.Afrique.
Plus à l'ouest, au Sénégal et en Gambie, s'étendent les fascinants cercles de pierres de Sénégambie, érigés entre le IIIe siècle avant JC et le XVIe siècle. Répartis sur une zone de 30 000 kilomètres carrés, ce ne sont pas de simples cercles isolés mais plus d'un millier de complexes, comprenant des milliers de pierres latéritiques taillées avec soin. Chaque cercle, souvent associé à des sépultures, présente une géométrie précise, les pierres étant disposées de manière à créer un espace sacré distinct. L'échelle de cet ensemble, l'uniformité des monuments et la standardisation des techniques de taille sur une si longue période suggèrent une tradition culturelle stable, une organisation sociale complexe et un réseau d'échanges étendu. Asie.
La Corée est le pays qui compte la plus grande densité de mégalithes au monde, avec plus de 30 000 dolmens répertoriés, principalement datés de l'Âge du Bronze, autour du premier millénaire avant notre ère. Ces structures se divisent en deux types principaux : le dolmen de type nordique, ou "table", où une dalle massive repose sur quatre pierres dressées formant une chambre funéraire, et le type méridional, souvent appelé "jeu de go" ou "en treillis", où une pierre de couverture monumentale est soutenue par de petites pierres verticales enterrées directement dans le sol. Ces dolmens ne sont pas de simples tombes; leur construction exigeait l'effort collectif de communautés entières pour transporter et hisser des blocs pesant plusieurs dizaines de tonnes, symbolisant la puissance et la cohésion du groupe, tout en servant de lieux de vénération des ancêtres fondateurs. En Inde, le phénomène mégalithique s'épanouit de la fin du IIe millénaire avant notre ère jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne, principalement dans le sud du Deccan et dans la péninsule. Il se caractérise par une extraordinaire variété typologique : dolmens à chambres circulaires ou rectangulaires souvent entourés d'un cercle de pierres, alignements de menhirs isolés pouvant atteindre plusieurs mètres de haut, et surtout des architectures funéraires complexes comme les sépultures à urnes ou les puits-citernes. Ces monuments sont les dépositaires de riches mobiliers funéraires incluant des outils en fer, des armes, des bijoux et de la céramique noire et rouge caractéristique, témoignant de l'émergence d'une société hiérarchisée et guerrière maîtrisant la métallurgie. En Indonésie, les traditions mégalithiques, bien que plus récentes pour certaines, sont restées vivaces jusqu'à l'époque contemporaine. Sur l'île de Sumba, on continue d'ériger d'imposantes tombes en dalles de pierre, tirées du village à la forêt par des centaines d'hommes lors de cérémonies rituelles impliquant des sacrifices animaux. Dans la vallée de Bada, sur l'île de Sulawesi, d'étranges et énigmatiques statues mégalithiques anthropomorphes, datant du XIIIe au XVIe siècle, jalonnent le paysage. Ces figures aux traits minimalistes, aux sexes clairement définis, ne sont pas des représentations d'ancêtres individuels mais plutôt des effigies servant de réceptacles aux esprits tutélaires, incarnant la continuité entre le monde des vivants et celui des morts. Au Proche-Orient, le Levant du IVe millénaire avant notre ère voit émerger les dolmens du Golan et de Jordanie, massifs et souvent réutilisés, et surtout le site de Rujm el-Hiri, un énigmatique observatoire ou centre rituel sur le plateau du Golan, composé de plus de 42 000 tonnes de roche basaltique disposées en cinq cercles concentriques de pierres autour d'un tumulus central. Amérique précolombienne.
La Colombie abrite l'un des sites les plus intrigants : le parc archĂ©ologique de San AgustĂn, un immense complexe funĂ©raire et cĂ©rĂ©moniel actif du Ier au VIIIe siècle. Dans un paysage de collines amĂ©nagĂ©es, on trouve des centaines de statues monolithiques, certaines dĂ©passant quatre mètres de haut, associĂ©es Ă des dolmens et des tumulus. Ces sculptures reprĂ©sentent un monde surnaturel foisonnant : des gardiens hiĂ©ratiques aux traits fĂ©lins, des figures anthropo-zoomorphes complexes mĂŞlant l'homme, le jaguar, l'aigle et le serpent, et des ĂŞtres bicĂ©phales. Ce programme iconographique cohĂ©rent suggère une religion chamanique puissante, oĂą la pierre Ă©tait le mĂ©dium pour rendre visible et permanent le voyage de l'âme du dĂ©funt et l'intervention des esprits auxiliaires dans le monde physique. Plus au sud, dans les Andes centrales, la maĂ®trise de la pierre atteint des sommets inĂ©galĂ©s avec la civilisation inca, bien que sa nature "mĂ©galithique" soit diffĂ©rente car il s'agit d'architecture et non de simples monuments isolĂ©s. Les Incas ont portĂ© l'art de l'ajustement parfait des blocs polyĂ©driques Ă un degrĂ© de perfection qui dĂ©fie encore l'entendement. Les murs cyclopĂ©ens de la forteresse de Sacsayhuamán, au-dessus de Cuzco, ou du temple du Coricancha, sont composĂ©s de blocs de calcaire pesant jusqu'Ă 120 tonnes, taillĂ©s avec une telle prĂ©cision que les joints sont parfois invisibles, sans aucun mortier. Cette technique, connue sous le nom d'"ashlar", n'Ă©tait pas qu'une prouesse esthĂ©tique; elle avait une fonction antisismique cruciale dans cette rĂ©gion de forte activitĂ© tectonique, les blocs pouvant bouger lĂ©gèrement lors des secousses avant de se remettre en place. Chaque pierre, avec ses faces parfaitement planes et ses angles rentrants et sortants complexes, Ă©tait une oeuvre d'art et d'ingĂ©nierie tĂ©moignant de la puissance impĂ©riale et du contrĂ´le absolu sur une main-d'Ĺ“uvre colossale et sur des savoir-faire de carriers et de tailleurs de pierre hautement spĂ©cialisĂ©s. En MĂ©soamĂ©rique, la culture olmèque, civilisation mère du Golfe du Mexique, se distingue par le transport et la sculpture de tĂŞtes colossales, vĂ©ritables portraits en pierre pesant jusqu'Ă 40 tonnes. Extraites de volcans lointains comme les monts Tuxtla, Ă plus de 60 kilomètres, ces boules de basalte Ă©taient dĂ©placĂ©es par voie fluviale et terrestre, puis sculptĂ©es pour reprĂ©senter des dirigeants portant des casques distinctifs, incarnation du pouvoir politique et peut-ĂŞtre de joueurs de balle sacrifiĂ©s. Chaque tĂŞte est unique, saisissant des traits individuels avec un naturalisme troublant, et leur crĂ©ation, leur transport pĂ©rilleux et leur enfouissement rituel ou leur destruction intentionnelle Ă©taient des actes hautement chargĂ©s de sens politique et religieux. OcĂ©anie.
L'exemple le plus universellement connu est l'île de Pâques, Rapa Nui, où le culte des ancêtres a donné naissance aux moaï, ces statues mégalithiques érigées entre le XIIIe et le XVIe siècle. Taillées dans le tuf volcanique de la carrière de Rano Raraku, ces gigantesques effigies au dos tourné vers la mer incarnaient la puissance spirituelle, le mana, des chefs déifiés. Leur transport, debout par un mouvement de balancier actionné par des cordes comme l'ont montré les expérimentations modernes, et leur érection sur des plateformes cérémonielles, les ahu, représentent une débauche d'énergie collective qui a marqué durablement la société et l'environnement de l'île. Moins spectaculaires mais tout aussi significatifs sont les mégalithes de Micronésie, comme la cité flottante de Nan Madol, sur l'île de Pohnpei. Ce complexe politique et rituel, siège de la dynastie Saudeleur du XIIIe au XVIe siècle, est constitué de plus de 90 îlots artificiels reliés par des canaux, entièrement construits sur un récif de corail avec d'immenses troncs de basalte prismatique empilés en murs de soutènement. La logistique nécessaire pour extraire ces "bûches de pierre" de plusieurs tonnes sur l'île principale, les transporter par radeau et les élever sur le récif témoigne d'une autorité centrale absolue capable de mobiliser une main-d'œuvre considérable pendant des siècles. En Mélanésie, au Vanuatu, la figure du chef de haut rang, le "grand homme", s'est matérialisée jusqu'à une époque récente par l'érection de monuments en l'honneur des ancêtres et des morts de marque, comme les tables de pierre, les allées dallées et les pierres dressées. Ces mégalithes, intégrés à des rites compétitifs de prise de grades, étaient le support physique de la mémoire généalogique et de la légitimation du pouvoir au sein de sociétés où la renommée se construisait par l'accumulation et la redistribution ostentatoire de richesses, transformées en pierre impérissable. |
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