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Atlas. Crédit : JPL, NASA/ Mission Cassini. Atlas est
un petit satellite interne de Saturne Atlas gravite à environ 137 700 kilomètres du centre de Saturne, soit légèrement à l'extérieur du bord externe de l'anneau A. Son orbite est pratiquement circulaire, avec une excentricité extrêmement faible, de l'ordre de quelques dix-millièmes, et une inclinaison inférieure à un dixième de degré par rapport au plan équatorial de la planète. Il accomplit une révolution complète autour de Saturne en un peu plus de 14 heures, ce qui signifie qu'il se déplace à une vitesse orbitale de près de 17 kilomètres par seconde. Comme la plupart des satellites internes de Saturne, il est en rotation synchrone : la même face reste constamment tournée vers la planète. Cette synchronisation est le résultat des forces de marée qui ont progressivement ralenti sa rotation primitive jusqu'à atteindre un état d'équilibre gravitationnel. Atlas est un corps de très petites dimensions. Ses axes principaux mesurent approximativement 40 x 35 x 18 kilomètres. Son rayon moyen est voisin de 15 kilomètres. Les mesures gravitationnelles obtenues grâce à la mission Cassini permettent d'estimer sa masse à environ 6,6.1015 kilogrammes. Sa densité moyenne est faible, de l'ordre de 0,4 à 0,5 g/cm3, indiquant qu'il est constitué en grande partie de glace d'eau poreuse. Une telle densité implique une importante porosité interne, pouvant dépasser 40 % : Atlas n'est probablement pas un bloc monolithique mais un agrégat de matériaux faiblement consolidés. Cette structure interne est comparable à celle de plusieurs petits satellites saturniens et de certains noyaux cométaires. La caractéristique la plus spectaculaire d'Atlas réside dans sa morphologie. Les images détaillées acquises par la sonde Cassini entre 2005 et 2017 montrent un noyau rocheux ou glacé relativement irrégulier, entouré d'une épaisse enveloppe de matériaux accumulés autour de son équateur. Cette crête équatoriale atteint plusieurs kilomètres d'épaisseur et masque largement la forme primitive du satellite. Les régions polaires apparaissent beaucoup plus accidentées, présentant des reliefs irréguliers, tandis que la partie médiane est étonnamment lisse et bombée. Cette configuration évoque un objet dont le centre solide aurait progressivement capturé des particules provenant de son environnement orbital. Cette forme inhabituelle s'explique par la proximité immédiate d'Atlas avec les anneaux de Saturne. Le satellite évolue juste au-delà de l'anneau A, dans une région où circulent d'innombrables particules de glace allant du micromètre à plusieurs mètres de diamètre. La gravité d'Atlas, bien que très faible, suffit à attirer lentement une partie de ces particules lorsqu'elles possèdent une vitesse relative suffisamment faible. Cependant, la rotation synchrone et les forces de marée imposées par Saturne empêchent ces matériaux de s'accumuler uniformément. Les régions polaires, soumises à des pentes gravitationnelles importantes, retiennent difficilement les dépôts, tandis que l'équateur constitue une zone de stabilité dynamique où les particules peuvent progressivement s'accumuler. Sur des millions d'années, cette accumulation a formé une gigantesque ceinture de régolithe glacé qui donne aujourd'hui au satellite son aspect caractéristique. Les simulations numériques indiquent que le noyau central d'Atlas pourrait représenter seulement une fraction de son volume actuel. Une partie importante de son enveloppe serait constituée de matériaux meubles, continuellement remodelés par les impacts de micrométéorites et par les interactions gravitationnelles avec les particules des anneaux. La surface d'Atlas présente un albédo très élevé, supérieur à 0,6, caractéristique des glaces d'eau relativement propres qui dominent dans le système saturnien interne. Les observations spectrales réalisées par les instruments VIMS et ISS de la mission Cassini montrent que la glace d'eau cristalline constitue le principal constituant de sa surface. De faibles quantités de composés organiques sombres ou de silicates peuvent être présentes, mais elles restent largement masquées par les dépôts permanents de glace fraîche issus des anneaux. Cette jeunesse apparente de la surface résulte probablement d'un renouvellement continu provoqué par les particules qui bombardent ou recouvrent le satellite. La pesanteur de surface est extrêmement faible, de l'ordre de quelques millièmes de mètre par seconde carrée. Un objet lâché depuis une faible hauteur tomberait très lentement, et un être humain pourrait théoriquement atteindre la vitesse de libération (d'environ quelques mètres par seconde) par un simple saut, en l'absence de combinaison spatiale. Cette faible gravité favorise également la redistribution permanente des matériaux superficiels. Les impacts météoritiques, même de faible énergie, suffisent à projeter des particules qui peuvent parcourir plusieurs kilomètres avant de retomber ou même de s'échapper définitivement dans l'environnement saturnien. Atlas évolue dans un environnement dynamique dominé par les interactions gravitationnelles avec Saturne, les anneaux et plusieurs satellites voisins. Il est notamment influencé par Prométhée et Pandore, qui jouent un rôle majeur dans le confinement de l'anneau F plus à l'extérieur, ainsi que par les structures gravitationnelles présentes au bord externe de l'anneau A. Les perturbations orbitales demeurent faibles, mais elles participent au maintien de l'équilibre délicat entre les dépôts de matière et leur éventuelle érosion. Avant la mission Cassini, Atlas n'était connu que comme un minuscule point lumineux sur les images des sondes Voyager et des télescopes terrestres. Les survols rapprochés ont révélé une topographie complexe, des variations de réflectivité et une structure globale inattendue. Les modèles développés à partir de ces observations montrent qu'Atlas se situe probablement très près de la limite entre un corps capable de conserver une forme irrégulière et un objet dont la morphologie est dominée par les dépôts externes. Cette situation intermédiaire constitue un cas unique dans le Système solaire. L'existence d'Atlas apporte également des informations importantes sur l'évolution des anneaux de Saturne. Son enveloppe équatoriale démontre que les échanges de matière entre les satellites et les anneaux peuvent être continus sur des échelles de temps géologiques. Les particules arrachées aux anneaux peuvent être incorporées au satellite, tandis que des impacts suffisamment énergétiques peuvent renvoyer une partie de cette matière dans les anneaux eux-mêmes. Ce recyclage permanent contribue probablement au maintien de certaines structures fines observées dans les anneaux et illustre la nature profondément dynamique du système saturnien. |
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