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| Louis XVI |
| Aperçu | Le règne de Louis XVI | Le procès et l'exécution |
Louis XVI
(Louis-Auguste), roi de France, né
à Versailles« Je veux être appelé Louis le Sévère »Ce qu'il faut entendre par gravité des moeurs, dignité de la vie. Il signala les commencements de son règne par des actes qui obtinrent l'approbation universelle : il renonça au droit onéreux de joyeux avènement, rétablit les parlements, abolit la question, créa le Mont-de-Piété, la Caisse d'escompte. D'Aiguillon détesté du roi, Maupeou détesté de tous, furent renvoyés. Maurepas, disgracié naguère pour une épigramme à l'adresse de Mme de Pompadour, fut le conseiller, sinon le plus en vue (il tint à rester dans l'ombre), du moins le plus écouté; les autres ministres furent Vergennes, Sartine, Hue de Miromesnil, Saint-Germain, Malesherbes, Turgot. Turgot supprime les corvées, qui
ne pesaient que sur les paysans, et les remplace par un impôt proportionnel
aux vingtièmes que payaient les privilégiés eux-mêmes;
il supprime les jurandes et les corporations; il autorise la libre circulation
des grains, mais, mal soutenu par Louis XVI, il est obligé de donner
sa démission (1776). Necker, qui est appelé
après lui à la direction des finances, est obligé
de faire face aux besoins de la guerre d'Amérique En 1781, il publia son célèbre
compte rendu, qui, pour la première fois, plaçait sous les
yeux de la France
Louis XVI. Malgré la crise au milieu de laquelle
se débat le pouvoir depuis 1774, l'agriculture, l'industrie, le
commerce, font de réels progrès sous Louis XVI; il y a comme
un souffle nouveau qui anime toutes les branches de l'administration et
qui est la conséquence des idées que les philosophes et les
économistes n'ont cessé de prêcher pendant tout le
XVIIIe siècle. Louis XVI lui-même
favorise Ie mouvement, et il rend aux protestants
leur état civil (édit de 1787).
De plus l'heureuse guerre d'Amérique (1775-1783) donne un regain
de gloire à la vieille monarchie. Le traité de Versailles La réunion des états
généraux (5 mai 1759) inaugure la seconde phase du règne
de Louis XVI : c'est déjà la monarchie constitutionnelle.
Imbu des idées absolutistes, mal conseillé
par Necker, qu'il a rappelé aux affaires
(1788), Louis XVI va commettre une série de fautes, qui vont rendre
la catastrophe inévitable. Le tiers état, qui a obtenu une
représentation double, demande le vote par tête qui en est
la conséquence logique. Sur le refus du roi, il se proclame assemblée
nationale (17 juin 1789) et, il fait le serment
du jeu de Paume (20 juin). Le roi ordonne enfin la réunion des
trois ordres, mais déjà l'agitation est partout, à
Paris Dès ce moment Louis XVI cessa d'être
libre; il se vit contraint de sanctionner une foule de décrets de
l'Assemblée nationale qui froissaient ses sentiments les plus chers;
il doit désormais gouverner avec les représentants de la
nation, il n'est plus que le premier fonctionnaire de l'État.
Le 14 septembre 1791, Louis accepta la
Constitution que venait de rédiger l'Assemblée
nationale (ou assemblée constituante); cette constitution, qui
ne lui laissait guère d'autre droit que celui d'opposer son veto
aux décrets des corps législatifs, ne pouvait que le rendre
odieux. Les déclarations de guerre des puissances étrangères
qui, sollicitées par les princes émigrés,
venaient d'entrer en France Sous l'Assemblée
législative, qui avait remplacé, l'Assemblée nationale
(1er octobre 1791 - 21 septembre 1792),
la scission entre le roi et la nation ne fait que s'accentuer; Louis XVI
ne cesse de s'adresser aux souverains étrangers pour les prier d'intervenir
en sa faveur. La guerre éclate en avril 1792, mais les succès
des armées russo-autrichiennes et surtout le manifeste de Brunswick
Fac-simile d'un autographe de Louis XVI conservé au musée Carnavalet. La Convention, réunie le 21 septembre 1792, commence par décréter l'abolition de la royauté, et se donne mission de juger Louis XVI. Après un simulacre de procès où il est accusé de trahison et malgré les généreux efforts de ses défenseurs Malesherbes, Tronchet, De Sèze, il est déclaré coupable de conspiration et de haute trahison et condamné à la peine capitale. Tout sursis ayant été rejeté, la sentence reçut son exécution le 21 janvier 1793, sur la place de la Révolution; l'infortuné monarque, après avoir entendu la messe et reçu la communion, monta donc sur l'échafaud. Son testament, rédigé dans sa prison peu de jours auparavant est remarquable à la fois par une touchante simplicité et par la générosité de la victime envers ses bourreaux. Il y déclare qu'il n'a à se reprocher aucun des crimes qui lui étaient imputés. « Nul, en écoutant son arrêt de mort, a dit Garat, qui fut chargé de le lui lire, n'a élevé son âme plus haut vers le ciel; nul n'a plus eu le maintien, non seulement de l'innocence, mais de la plus auguste vertu.»Ce prince eut toutes les vertus de l'homme privé; mais il manqua de fermeté, de résolution, peut être même quelquefois de franchise. Il avait de l'instruction, surtout en histoire et en géographie |
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© Serge Jodra, 2005 - 2008. - Reproduction interdite.