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Trinidad et Tobago
Republic of Trinidad and Tobago

11 00 N, 61 00 W
Les îles de Trinidad et Tobago (Trinité et Tobago) sont situées entre la mer des Caraïbes et l'océan Atlantique, au large des côtes du Venezuela, à l'embouchure de l'Orénoque.  Trinidad (l'île de la Trinité est de loin la plus importante, avec 4751 km² ; Tobago a une superficie de seulement 317 km².  Ces deux îles relevaient de la couronne britannique jusqu'à leur indépendance en 1962. L'État qu'elles forment depuis est une démocratie parlementaire.
D'abord peuplée par des Indiens caraïbes et arawak, dont on a découvert des sites archéologiques remontant à 7000 ans, Trinidad a été découverte par Colomb le 31 juillet 1498. Elle a été ensuite rattachée administrativement à Porto Rico par l'Espagne, mais est restée quasiment délaissée jusqu'en 1595, servant seulement de réservoir  d'esclaves pour les autres îles. A partir de cette époque, les mythes à propos de l'Eldorado, que l'on croyait pouvoir découvrir dans les Guyanes, ont incité les Espagnols à s'installer sur l'île pour en faire la base arrière de leur pénétration sur le continent. 

Terre d'aventures et d'aventuriers de tout acabit, repaire flibustiers, Trinidad a pourtant commencé au XVIIe siècle a développer une agriculture (tabac, au début), pour laquelle allaient être requis des esclaves noirs (les Indiens n'étaient pas encore complètement exterminés, mais se montraient très indociles), ainsi que des colons français, apportant quelques capitaux. Ces planteurs, réfugiés de Saint-Domingue (Haïti) et des autres îles allaient faire plus tard la fortune de Trinidad. En attendant, en 1637, les Hollandais attaquent l'île. Mais elle ne semble pas très attractive et l'Espagne la conserve jusqu'à ce que les Anglais s'en emparent, le 18 février 1797. Il font d'un petit village de pêcheurs, Port of Spain, la capitale et y installent la troupe jusqu'à l'annexion officialisée en 1802.

Cinq ans plus tard la traite esclavagiste fut abolie en principe, et Trinidad dut transformer progressivement son économie, tout en maintenant l'esclavage jusqu'en 1833, et aussi quelque temps le trafic. Les plantations, ruinées par l'abolition de l'esclavage, se sont relevées ensuite, grâce à l'importation de main d'oeuvre,  qui restait peu coûteuse, en provenance de Chine et  d'Inde. Une première vague en provenance de Chine avait eu lieu entre 1806 et 1814, mais le développement de l'industrie sucrière et de la culture de cacao  en nécessitèrent une seconde entre 1853 et 1866; les Indiens ont commencé à arriver à partir des années 1870. 

Quant à Tobago, dont la richesse principale était le sucre, elle fut d'abord disputée entre la Hollande, la France et l'Angleterre, à laquelle elle revint en 1767, et fut secouée pendant les années qui suivirent par plusieurs révoltes d'esclaves. En 1781, la France la reconquit, mais l'Angleterre la reprit en 1793. De nouveau française entre 1802 et 1814, elle fut finalement cédée à l'Angleterre qui en fit une colonie de la couronne réunie administrativement avec celles de la Grenade et de Saint-Vincent, puis (1833) la plaça  sous tutelle de la Barbade. Trinidad et Tobago ne furent enfin liées au sein d'une même administration qu'en 1899. 

Dans les années 1930, l'économie s'est réorientée vers la production et l'exportation de pétrole, tandis que des grèves et une agitation sociale parfois violente commençaient à agiter les îles. En 1956, le Mouvement national du peuple, animé par Eric Williams a commencé à les conduire vers l'indépendance, accordée en 1962. D'abord membre du Commonwealth, le nouvel État s'érige en république en 1976. Entre-temps, le premier choc pétrolier (et la montée des cours du pétrole qu'il signifie) a inauguré une ère de prospérité, qui dure toujours, amis reste troublée en arrière-plan par les tensions entres les communautés d'origine asiatique (Indiens principalement) et et d'origine africaine. 

Trinidad, la plus grandes des Antilles du Sud, est un prolongement insulaire de la chaîne côtière du Venezuela, rompue par les eaux qui y ont creusé le détroit de la Bocca  de Dragos, semés de hauts flots; elle est formée d'une arête de schistes cristallins (point culminant : Mont Maracas ou Cerro del Aripo 945 m), flanqués de collines, et de plaines crétacées et tertiaires; il y jaillit des sources de bitume, de pétrole et d'eau thermale; l'asphalte est de longue date exporté par le port de San Fernando sur le golfe de Paria. L'intérieur est bas et boisé; on y exploite le cèdre rouge; sol très fertile, moins d'un tiers est cultivé en canne à sucre, cacao, café, coton, cocotier, citronnier, riz, etc.
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Carte de Trinidad et Tobago.
Carte de Trinidad et Tobago. Source : The World Factbook.
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La population de Trinidad et Tobago comprend :

1° des Blancs descendants des anciens planteurs espagnols et français, auxquels sont venus s'adjoindre quelques anglais et écossais; 

2° des Noirs, descendants des anciens esclaves, qui parlent un créole français et cultivent en majorité leurs petites propriétés; 

3° une population d'origine chinoise, sont les ancêtres sont venus à partir de 1806; 

4° des descendants de coolies hindous ou musulmans, très divisés entre eux, dont beaucoup se sont fixés dans l'île à la fin du XIXe siècle.

La population a plus que doublé de 1871 à 1895, date à laquelle elle atteignait les 240.000 habitants. Bien qu'à un rythme plus modéré, cette population n'a cessé de s'accroître depuis et dépasse aujourd'hui le million d'habitants. La langue officielle est l'anglais. La côte Ouest tournée vers le Venezuela est la région riche où se trouvent les villes. 

La capitale de Trinidad et Tobago est Port of Spain (aussi connue, dans le passé, sous les noms de Puerto de España  et de Spanishtown); c'est une ville de 50 500 habitants, située au Nord-Ouest de l'île de la Trinité. Scarborough, la ville la plus peuplée de Tobago, ne compte que 16 000 habitants.

Trinidad et Tobago  est un des pays les plus prospères de la région grâce, notamment, au pétrole et à la production et au traitement de gaz naturel. C'est aussi un pays attractif pour les investissements des entreprises étrangères. La politique actuelle du pays est au développement du tourisme, pour l'instant proportionnellement moins important que dans les autres îles des Caraïbes. Le haut degré de criminalité représente cependant un problème sérieux.

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