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Espartero
(Baldomero), comte de Luchana, duc de la Victoire, général
et homme d'Etat espagnol ,
né à Granatula (Manche) le 27 février 1792, mort à
Logroño le 10 janvier 1879. Fils d'un charron chargé d'enfants,
il était destiné à l'état ecclésiastique.
Dès le début de l'invasion des armées de Napoléon,
il s'enrôla dans le «-bataillon
sacré-», formé principalement
de séminaristes comme lui. II entra ensuite dans une école
militaire et en sortit sous-lieutenant. En 1815, il demanda à faire
partie du corps expéditionnaire chargé de réprimer
les tentatives d'indépendance des colonies espagnoles de l'Amérique
du Sud .
Le commandant en chef, Pablo Morillo, le nomma capitaine et chef d'état-major,
puis major d'infanterie au Pérou. Des actions d'éclat et
de nombreuses blessures lui valurent un avancement rapide : il fut promu
lieutenant-colonel en 1817 et colonel en 1822.
Après la capitulation d'Ayacucho
(1824), il rentra en Espagne
et alla commander une brigade à Logroño, puis à Palma
(Majorque). Une grosse fortune, qu'il avait gagnée au jeu en Amérique ,
lui permit de vivre fastueusement et de se créer de hautes relations.
Après la mort de Ferdinand VII, il prit le parti de la reine Isabelle.
Envoyé contre les carlistes en qualité de commandant général
de Biscaye ,
il fut battu à plusieurs reprises par le célèbre Zumalacarreguy,
ce qui ne l'empêcha pas de gagner en peu de temps les grades de maréchal
de camp et de lieutenant général. En mai 1836, il exerça
par intérim le commandement en chef; en août suivant, il sauva
la capitale d'un hardi coup de main de l'ennemi, et, le 17 septembre, il
fut nommé vice-roi de Navarre, capitaine général des
provinces basques et généralissime de l'armée du Nord.
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Espartero.
Les événements militaires
prirent alors une autre tournure. Espartero rejeta derrière l'Ebre
l'armée de don Carlos qui menaçait
Madrid
(12 septembre 1837), puis s'empara des hauteurs de Luchana (décembre)
et débloqua Bilbao .
Ces succès furent récompensés par le titre de comte
de Luchana. II s'appliqua alors tout d'abord à rétablir dans
son armée la discipline fortement relâchée et ne reprit
l'offensive que le 27 avril 1838. II infligea une défaite complète
au général Negri, près de Burgos ,
battit Guergue près de Penacerrada, et, après une suite d'opérations
heureuses contre Maroto, il fut nommé grand d'Espagne
et duc de la Victoire (mai 1839). Malgré la convention de Bergara
(29 août 1839), qui terminait virtuellement la guerre carliste, Espartero
eut encore à réduire la résistance du général
Cabrera en Aragon
(1840).
Député aux Cortès
constituantes, en 1837, Espartero garda en politique une attitude expectative
: il refusa même la présidence du conseil et le portefeuille
de la guerre, mais il exerçait en sous main une influence prépondérante
sur l'action gouvernementale. II était le chef des « exaltados
». L'adoption d'un projet de loi restreignant les libertés
municipales ayant fait éclater plusieurs mouvements insurrectionnels
(juillet 1840), Espartero est chargé de former un cabinet. La reine
Christine se voit obligée d'abdiquer la régence (12 octobre)
et les deux Chambres confient à Espartero le pouvoir suprême
au nom de la jeune reine (8 mai 1841). L'ère des difficultés
commence alors pour lui. Il a à réprimer à Pampelune
l'insurrection du général O'Donnell
en faveur de la reine mère, et à Madrid
un mouvement semblable préparé par les généraux
Diego de Léon et Concha; il réduit à l'obéissance
les provinces basques par des mesures énergiques; il étouffe
une sédition républicaine à Barcelone
et revient triomphant à Madrid (30 novembre 1841).
L'année suivante, Espartero projette
avec l'Angleterre
une union commerciale contre le gré de la nation. Barcelone
se révolte de nouveau (13 novembre 1842). Le régent fait
bombarder la ville et prend contre elle des mesures barbares, Le despotisme
militaire arrive à son comble. Les progressistes (républicains)
et les modérés (christinos) se coalisent pour faire tomber
le régent. L'insurrection éclate sur nombre de points, et
Espartero est obligé de s'enfuir en Angleterre (30 juillet 1843),
d'où il ne revient qu'en 1848. Il se tient à l'écart
jusqu'à la révolution progressiste de 1854, qui amène
la reine Isabelle à lui confier la formation d'un cabinet. L'antagonisme
entre le président du conseil et O'Donnell,
ministre de la guerre provoque une scission. Le cabinet démissionne
(14 juillet 1856) et la guerre civile recommence aussitôt, au nom,
quoique sans aucune participation, d'Espartero. La défaite de son
parti consommée, l'ex-régent renonce définitivement
à la vie politique. Après la chute de la reine Isabelle (1868),
on se souvint du vieux guerrier, et les républicains fédéralistes
eurent l'idée de le mettre à la tête de l'Etat. Mais
Espartero déclina même le mandat de député dont
il fut investi par les électeurs de Saragosse .
(G.
Pawlowski). |
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