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Bogota

Bogotá (anc. Santa-Fé de Bogota) est la capitale de la Colombie, sur le Bogotá, à 2700 m au-dessus de la mer. Elle est située au centre du pays, au sein de la région andine, et s'étend sur la Sabana de Bogotá, un vaste plateau d'altitude ou savane, qui fait partie de l'Altiplano Cundinamarqués, niché au coeur de la Cordillère Orientale (Cordillera Oriental) des Andes colombiennes. La ville est bâtie à une altitude moyenne d'environ 2640 mètres au-dessus du niveau de la mer. Bogotá constitue formellement le Distrito Capital (District Capital), une entité administrative distincte du département environnant de Cundinamarca, bien qu'elle soit géographiquement et fonctionnellement le coeur d'une vaste région métropolitaine intégrée. Bogotá est une métropole dynamique et tentaculaire, une ville de contrastes où l'histoire coloniale côtoie des gratte-ciel modernes, où l'art de rue couvre les murs du centre historique restauré, et où d'immenses défis subsistent en matière d'équité, de mobilité et d'environnement. Elle demeure le coeur battant de la Colombie, un centre politique, économique, culturel et universitaire majeur.

Le relief de la zone est caractérisé par la planéité relative de la sabana elle-même, contrastant fortement avec les Cerros Orientales, les montagnes escarpées qui bordent la ville à l'est. Ces montagnes s'élèvent abruptement, et dépassent couramment les 3000 mètres d'altitude, avec des sommets emblématiques comme Monserrate et Guadalupe qui dominent l'horizon oriental. Ces collines forment une barrière naturelle significative qui a historiquement limité l'expansion urbaine vers l'est, et orienté le développement de la ville principalement du nord au sud le long de la base des montagnes et vers l'ouest sur le plateau. Vers l'ouest, le terrain est plus plat avant de descendre progressivement vers la vallée du fleuve Magdalena.

L'hydrographie de Bogotá est dominée par le Río Bogotá, qui traverse la partie occidentale de la sabana. Ce fleuve, bien que vital, souffre d'une pollution considérable. Le plateau est également parsemé de nombreux cours d'eau plus petits et d'anciens ou actuels zones humides (humedales), dont beaucoup ont été intégrés ou transformés par l'urbanisation, mais certains importants subsistent et jouent un rôle essentiel pour la biodiversité et la gestion de l'eau. Le système hydrologique de la sabana agit comme une grande éponge naturelle.

Le climat de Bogotá est un climat tropical de haute altitude, souvent décrit comme un éternel printemps ou même automne frais, en raison de sa localisation équatoriale combinée à son altitude élevée. Les températures sont relativement constantes tout au long de l'année, avec une moyenne autour de 14°C, mais connaissent des variations diurnes notables (matins/soirées frais, après-midis doux). La ville connaît deux saisons des pluies principales, généralement de mars à mai et de septembre à novembre, séparées par des périodes plus sèches. Le brouillard et la nébulosité sont fréquents, en particulier le matin.

Géologiquement, la région est située dans une zone sismique,. De légers tremblements de terre sont relativement courants. Les sols de la sabana sont généralement fertiles, issus de sédiments lacustres et volcaniques anciens.

Histoire de Bogota.
Avant l'arrivée des Espagnols, la vaste savane où se dresse aujourd'hui la ville était habitée par les Muisca, une civilisation avancée de culture Chibcha. Ils avaient développé une organisation sociale centrée autour de chefferies et d'une économie basée sur l'agriculture (maïs, pommes de terre) et l'exploitation de richesses naturelles comme le sel et l'émeraude, qui servaient aussi de monnaie d'échange. Le nom originel de la région, Bacatá, désignait la résidence du Zipa, l'un des chefs Muiscas les plus importants, située près de l'actuelle Funza. La savane était parsemée de lagunes sacrées et de sites cérémoniels.

L'arrivée des conquistadors espagnols au début du XVIe siècle marqua un tournant brutal. Gonzalo Jiménez de Quesada, parti de Santa Marta en 1536 à la recherche du mythique El Dorado, atteignit le territoire Muisca en 1537. Après des mois d'exploration et de confrontations, il fonda officiellement Santa Fe de Bogotá le 6 août 1538, un acte symbolique qui a marqué le début de la domination espagnole. Le site fut choisi pour son climat tempéré, l'abondance d'eau et sa position stratégique sur un plateau fertile. Initialement, une chapelle rudimentaire fut construite, suivie par la délimitation de la Plaza Mayor et la répartition des lots pour les futurs bâtiments et églises. Les structures Muiscas furent démantelées ou réutilisées, et la population indigène, décimée par les maladies et les mauvais traitements, fut soumise au système de l'encomienda.

Santa Fe de Bogotá devint rapidement un centre administratif et religieux de premier plan pour la couronne espagnole dans le Nouveau Monde. En 1549, l'établissement de la Real Audiencia de Santa Fe consolida son rôle de capitale du Nuevo Reino de Granada. En 1717, elle fut élevée au rang de capitale de la Vice-royauté de Nouvelle-Grenade, un vaste territoire englobant l'actuelle Colombie, l'Équateur, le Venezuela et le Panama. Pendant la période coloniale, la ville se développa selon le modèle espagnol en damier autour de sa place principale, la Plaza Mayor (aujourd'hui Plaza de Bolívar). Des églises baroques magnifiques furent construites, ainsi que des couvents, des collèges et des institutions administratives. Bogotá devint un centre culturel et intellectuel, surnommé l'« Athènes de l'Amérique du Sud » pour ses universités, ses bibliothèques (comme la Bibliothèque Publique Arango y Molina, précurseur de la Bibliothèque Nationale) et l'effervescence de sa vie académique, notamment autour de la figure de José Celestino Mutis et de l'Expédition Botanique à la fin du XVIIIe siècle.

Le début du XIXe siècle fut marqué par les vents de l'indépendance. Le 20 juillet 1810, l'événement connu sous le nom de El Florero de Llorente (le vase de Llorente) déclencha une émeute populaire à Santa Fe, qui conduisit à la formation d'une junte autonome et marqua le début du processus d'indépendance de la Colombie. Après une période d'instabilité et de reconquête espagnole, Simón Bolívar, le Libérateur, mena ses troupes à la victoire décisive à la bataille de Boyacá le 7 août 1819, libérant définitivement la Nouvelle-Grenade. Santa Fe de Bogotá fut alors désignée capitale de la Grande Colombie. Après la dissolution de la Grande Colombie en 1830, la ville devint la capitale de la République de Nouvelle-Grenade, qui devint plus tard la Colombie. Le nom fut officiellement ramené à Bogotá à la fin du XIXe siècle.

Le XIXe siècle fut une période de croissance modérée et de bouleversements politiques constants pour Bogotá et la Colombie. La ville fut le théâtre de nombreuses guerres civiles et de coups d'État. Malgré cette instabilité, elle conserva son rôle de centre politique et intellectuel du pays. Des efforts de modernisation furent entrepris, comme l'introduction du chemin de fer et des premiers tramways à la fin du siècle.

Le XXe siècle apporta des changements plus radicaux. Bogotá connut une croissance démographique significative, attirant des migrants des régions rurales. L'infrastructure s'améliora lentement. Cependant, cette période fut également marquée par des événements tragiques. L'un des plus dévastateurs fut El Bogotazo le 9 avril 1948. L'assassinat du leader libéral populaire Jorge Eliécer Gaitán déclencha des émeutes massives, des incendies et des destructions dans toute la ville. Le centre historique fut gravement endommagé, et l'événement marqua le début d'une période de violence politique généralisée dans le pays, connue sous le nom de La Violencia. El Bogotazo eut un impact profond sur Bogotá, provoquant une vague de migration rurale vers la ville et accélérant sa croissance chaotique, avec le développement rapide de barrios (quartiers) informels et le creusement des inégalités sociales.

Les décennies suivantes virent Bogotá s'étendre à un rythme effréné. La migration interne, alimentée par la violence dans les campagnes et la recherche de meilleurs conditions de vie, fit exploser la population. La ville dut faire face à d'énormes défis en matière d'infrastructure, de logement, de services publics et de sécurité. Elle devint le centre névralgique du pouvoir politique et économique colombien, mais aussi un reflet des problèmes sociaux et du conflit armé qui déchiraient le pays, même si les affrontements directs étaient généralement plus fréquents dans les zones rurales.

À la fin du XXe et au début du XXIe siècle, Bogotá a entrepris des efforts importants pour se transformer. Des administrations municipales successives ont mis l'accent sur l'amélioration de la qualité de vie, la récupération de l'espace public, la promotion de la culture et la mise en place de systèmes de transport innovants comme le TransMilenio, un réseau de bus rapides sur voies dédiées qui a servi de modèle à d'autres villes. Des politiques visant à renforcer la sécurité et à améliorer la coexistence citoyenne ont également été mises en œuvre, avec des résultats mitigés mais notables.

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Dictionnaire Villes et monuments
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