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| Bogotá
(anc. Santa-FĂ© de Bogota) est la capitale de la Colombie Le relief de la zone est caractĂ©risĂ© par la planĂ©itĂ© relative de la sabana elle-mĂŞme, contrastant fortement avec les Cerros Orientales, les montagnes escarpĂ©es qui bordent la ville Ă l'est. Ces montagnes s'Ă©lèvent abruptement, et dĂ©passent couramment les 3000 mètres d'altitude, avec des sommets emblĂ©matiques comme Monserrate et Guadalupe qui dominent l'horizon oriental. Ces collines forment une barrière naturelle significative qui a historiquement limitĂ© l'expansion urbaine vers l'est, et orientĂ© le dĂ©veloppement de la ville principalement du nord au sud le long de la base des montagnes et vers l'ouest sur le plateau. Vers l'ouest, le terrain est plus plat avant de descendre progressivement vers la vallĂ©e du fleuve Magdalena. L'hydrographie de Bogotá est dominĂ©e par le RĂo Bogotá, qui traverse la partie occidentale de la sabana. Ce fleuve, bien que vital, souffre d'une pollution considĂ©rable. Le plateau est Ă©galement parsemĂ© de nombreux cours d'eau plus petits et d'anciens ou actuels zones humides (humedales), dont beaucoup ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s ou transformĂ©s par l'urbanisation, mais certains importants subsistent et jouent un rĂ´le essentiel pour la biodiversitĂ© et la gestion de l'eau. Le système hydrologique de la sabana agit comme une grande Ă©ponge naturelle. Le climat de Bogotá est un climat tropical de haute altitude, souvent dĂ©crit comme un Ă©ternel printemps ou mĂŞme automne frais, en raison de sa localisation Ă©quatoriale combinĂ©e Ă son altitude Ă©levĂ©e. Les tempĂ©ratures sont relativement constantes tout au long de l'annĂ©e, avec une moyenne autour de 14°C, mais connaissent des variations diurnes notables (matins/soirĂ©es frais, après-midis doux). La ville connaĂ®t deux saisons des pluies principales, gĂ©nĂ©ralement de mars Ă mai et de septembre Ă novembre, sĂ©parĂ©es par des pĂ©riodes plus sèches. Le brouillard et la nĂ©bulositĂ© sont frĂ©quents, en particulier le matin. GĂ©ologiquement, la rĂ©gion est situĂ©e dans une zone sismique,. De lĂ©gers tremblements de terre sont relativement courants. Les sols de la sabana sont gĂ©nĂ©ralement fertiles, issus de sĂ©diments lacustres et volcaniques anciens. Histoire
de Bogota.
L'arrivĂ©e des conquistadors espagnols au dĂ©but du XVIe siècle marqua un tournant brutal. Gonzalo JimĂ©nez de Quesada, parti de Santa Marta en 1536 Ă la recherche du mythique El Dorado, atteignit le territoire Muisca en 1537. Après des mois d'exploration et de confrontations, il fonda officiellement Santa Fe de Bogotá le 6 aoĂ»t 1538, un acte symbolique qui a marquĂ© le dĂ©but de la domination espagnole. Le site fut choisi pour son climat tempĂ©rĂ©, l'abondance d'eau et sa position stratĂ©gique sur un plateau fertile. Initialement, une chapelle rudimentaire fut construite, suivie par la dĂ©limitation de la Plaza Mayor et la rĂ©partition des lots pour les futurs bâtiments et Ă©glises. Les structures Muiscas furent dĂ©mantelĂ©es ou rĂ©utilisĂ©es, et la population indigène, dĂ©cimĂ©e par les maladies et les mauvais traitements, fut soumise au système de l'encomienda. Santa Fe de Bogotá devint rapidement un centre administratif et religieux de premier plan pour la couronne espagnole dans le Nouveau Monde. En 1549, l'Ă©tablissement de la Real Audiencia de Santa Fe consolida son rĂ´le de capitale du Nuevo Reino de Granada. En 1717, elle fut Ă©levĂ©e au rang de capitale de la Vice-royautĂ© de Nouvelle-Grenade, un vaste territoire englobant l'actuelle Colombie, l'Équateur, le Venezuela et le Panama. Pendant la pĂ©riode coloniale, la ville se dĂ©veloppa selon le modèle espagnol en damier autour de sa place principale, la Plaza Mayor (aujourd'hui Plaza de BolĂvar). Des Ă©glises baroques magnifiques furent construites, ainsi que des couvents, des collèges et des institutions administratives. Bogotá devint un centre culturel et intellectuel, surnommĂ© l'« Athènes de l'AmĂ©rique du Sud » pour ses universitĂ©s, ses bibliothèques (comme la Bibliothèque Publique Arango y Molina, prĂ©curseur de la Bibliothèque Nationale) et l'effervescence de sa vie acadĂ©mique, notamment autour de la figure de JosĂ© Celestino Mutis et de l'ExpĂ©dition Botanique Ă la fin du XVIIIe siècle. Le dĂ©but du XIXe siècle fut marquĂ© par les vents de l'indĂ©pendance. Le 20 juillet 1810, l'Ă©vĂ©nement connu sous le nom de El Florero de Llorente (le vase de Llorente) dĂ©clencha une Ă©meute populaire Ă Santa Fe, qui conduisit Ă la formation d'une junte autonome et marqua le dĂ©but du processus d'indĂ©pendance de la Colombie. Après une pĂ©riode d'instabilitĂ© et de reconquĂŞte espagnole, SimĂłn BolĂvar, le LibĂ©rateur, mena ses troupes Ă la victoire dĂ©cisive Ă la bataille de Boyacá le 7 aoĂ»t 1819, libĂ©rant dĂ©finitivement la Nouvelle-Grenade. Santa Fe de Bogotá fut alors dĂ©signĂ©e capitale de la Grande Colombie. Après la dissolution de la Grande Colombie en 1830, la ville devint la capitale de la RĂ©publique de Nouvelle-Grenade, qui devint plus tard la Colombie. Le nom fut officiellement ramenĂ© Ă Bogotá Ă la fin du XIXe siècle. Le XIXe siècle fut une pĂ©riode de croissance modĂ©rĂ©e et de bouleversements politiques constants pour Bogotá et la Colombie. La ville fut le théâtre de nombreuses guerres civiles et de coups d'État. MalgrĂ© cette instabilitĂ©, elle conserva son rĂ´le de centre politique et intellectuel du pays. Des efforts de modernisation furent entrepris, comme l'introduction du chemin de fer et des premiers tramways Ă la fin du siècle. Le XXe siècle apporta des changements plus radicaux. Bogotá connut une croissance dĂ©mographique significative, attirant des migrants des rĂ©gions rurales. L'infrastructure s'amĂ©liora lentement. Cependant, cette pĂ©riode fut Ă©galement marquĂ©e par des Ă©vĂ©nements tragiques. L'un des plus dĂ©vastateurs fut El Bogotazo le 9 avril 1948. L'assassinat du leader libĂ©ral populaire Jorge EliĂ©cer Gaitán dĂ©clencha des Ă©meutes massives, des incendies et des destructions dans toute la ville. Le centre historique fut gravement endommagĂ©, et l'Ă©vĂ©nement marqua le dĂ©but d'une pĂ©riode de violence politique gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans le pays, connue sous le nom de La Violencia. El Bogotazo eut un impact profond sur Bogotá, provoquant une vague de migration rurale vers la ville et accĂ©lĂ©rant sa croissance chaotique, avec le dĂ©veloppement rapide de barrios (quartiers) informels et le creusement des inĂ©galitĂ©s sociales. Les dĂ©cennies suivantes virent Bogotá s'Ă©tendre Ă un rythme effrĂ©nĂ©. La migration interne, alimentĂ©e par la violence dans les campagnes et la recherche de meilleurs conditions de vie, fit exploser la population. La ville dut faire face Ă d'Ă©normes dĂ©fis en matière d'infrastructure, de logement, de services publics et de sĂ©curitĂ©. Elle devint le centre nĂ©vralgique du pouvoir politique et Ă©conomique colombien, mais aussi un reflet des problèmes sociaux et du conflit armĂ© qui dĂ©chiraient le pays, mĂŞme si les affrontements directs Ă©taient gĂ©nĂ©ralement plus frĂ©quents dans les zones rurales. Ă€ la fin du XXe et au dĂ©but du XXIe siècle, Bogotá a entrepris des efforts importants pour se transformer. Des administrations municipales successives ont mis l'accent sur l'amĂ©lioration de la qualitĂ© de vie, la rĂ©cupĂ©ration de l'espace public, la promotion de la culture et la mise en place de systèmes de transport innovants comme le TransMilenio, un rĂ©seau de bus rapides sur voies dĂ©diĂ©es qui a servi de modèle Ă d'autres villes. Des politiques visant Ă renforcer la sĂ©curitĂ© et Ă amĂ©liorer la coexistence citoyenne ont Ă©galement Ă©tĂ© mises en Ĺ“uvre, avec des rĂ©sultats mitigĂ©s mais notables. |
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