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L'histoire de l'Equateur

L'Équateur précolombien

Premiers habitants.
Les premiers signes de peuplement humain en Équateur remontent à environ 12 000 ans. Les premiers habitants étaient des chasseurs-cueilleurs nomades, dont les traces ont été trouvées dans des sites archéologiques tels que Las Vegas et El Inga.

Cultures précolombiennes.

Valdivia.
La culture Valdivia (3500-1500 av. JC), située le long de la côte pacifique, est l'une des plus anciennes civilisations agricoles des Amériques. Les Valdiviens se signalaient par leur poterie élaborée, décorée de motifs géométriques et figuratifs. Ils cultivaient le maïs, le manioc, et d'autres plantes.

Machalilla.
Également situĂ©e sur la cĂ´te, la culture Machalilla   (1500-500 av. JC) a succĂ©dĂ© Ă  celle de Valdivia. Les Machalilla ont dĂ©veloppĂ© des techniques avancĂ©es de poterie et de travail des mĂ©taux, et ils ont Ă©tabli des rĂ©seaux commerciaux avec d'autres cultures des Andes et de la cĂ´te pacifique.

Chorrera.
Les Chorrera (900-300 av. JC) fabriquaient des céramiques sophistiquées, souvent en forme d'animaux ou de figures humaines. Ils vivaient principalement dans les vallées des rivières et pratiquaient l'agriculture, la pêche et la chasse.

La Tolita-Tumaco.
La  culture dela Tolita-Tumaco, situĂ©e le long de la cĂ´te nord, est connue pour son orfèvrerie et ses travaux en mĂ©tal, ainsi que pour ses figurines en cĂ©ramique Ă©laborĂ©es. Les Tolita-Tumaco (600 av. JC. - 400 ap. JC) avaient des structures sociales complexes et participaient Ă  des rĂ©seaux commerciaux Ă©tendus.

Cañaris.
Les Cañaris, habitant principalement dans les Andes du sud de l'Équateur, étaient des agriculteurs et des guerriers. Ils avaient une organisation sociale bien développée et construisaient des terrasses agricoles pour cultiver dans les régions montagneuses. Les Cañaris opposèrent une forte résistance à l'expansion de l'Empire inca.

L'Empire inca.
Au cours du XVe siècle, l'Empire Inca a commencé à s'étendre vers le nord et a finalement conquis une grande partie de ce qui est aujourd'hui l'Équateur. Les Incas ont intégré les peuples indigènes locaux dans leur empire, apportant avec eux leur langue (le quechua), leurs techniques agricoles avancées, et leurs structures sociales et politiques. Quito, l'actuelle capitale de l'Équateur, était un important centre administratif et militaire inca. Elle a joué un rôle clé dans la gestion de la région nord de l'Empire inca.

Culture sociale et matérielle.
Les structures sociales variaient d'une culture à l'autre, mais beaucoup avaient des systèmes hiérarchiques avec des chefs et des prêtres. Les Incas, en particulier, ont apporté une organisation politique centralisée, divisant leur empire en provinces administrées par des gouverneurs locaux sous l'autorité de l'Inca.

Les croyances et les pratiques religieuses étaient souvent liées aux cycles agricoles et aux éléments naturels. Les Incas, par exemple, adoraient le dieu Soleil (Inti) et la Pachamama (la Terre-Mère).

L'art et l'artisanat étaient très développés, avec des réalisations notables en poterie, orfèvrerie, tissage et sculpture. Les objets artisanaux avaient souvent des significations religieuses ou sociales et étaient utilisés dans des cérémonies et des rituels.

Less  Ă©conomies Ă©taient basĂ©es sur l'agriculture, la pĂŞche, la chasse et l'artisanat. Le commerce Ă©tait une activitĂ© importante, facilitĂ©e par les rĂ©seaux commerciaux qui s'Ă©tendaient Ă  travers les Andes et le long de la cĂ´te pacifique. Les produits Ă©changĂ©s comprenaient des denrĂ©es alimentaires, des objets en mĂ©tal, des cĂ©ramiques et des textiles.

L'Équateur de l'arrivée des Espagnols à 1900

Les habitants de l'Équateur au seuil du XVIe siècle.
La république de l'Equateur occupe le territoire de l'ancien royaume indien des Quitus ou ancien peuple de Quito, qui avaient un chef qui portait le titre de Quitus. Ils avaient bâti à Cañar, sur la colline de Guagualsuma, un temple et ils y sacrifiaient tous les ans des enfants pour obtenir une bonne récolte. D'autres peuples, les Yambava, les Latacunga, etc., étaient alliés à eux. Avant l'an 1000, la nation des Caras, venue par mer du Pérou peut-être, s'était établie sur la côte de Guayaquil, fuyant, dit la tradition, devant des géants nommés Manta; ils remontèrent le petit fleuve Esmeraldas, et, vers l'an 1000, ils se rendirent maîtres de la région de Quito, plus fertile que la côte. Ils apportèrent leur propre civilisation et imposèrent leurs chefs désignés sous le nom de Scyris, qui régnèrent sur le pays de l'an 1000 à l'an 1475 il y a eu une quinzaine de Scyris.

Les Caras-Quitus avaient un gouvernement monarchique. Ils adoraient le Soleil, sans prétendre comme les Incas en être les descendants; ils réglaient l'année d'après les solstices, et Quito était regardé comme un lieu saint, parce qu'il se trouve sous l'équateur, en un point, par conséquent, où deux fois par an le Soleil ne donne pas d'ombre. Ils habitaient des maisons; ils construisaient des routes et des ponts de lianes; ils avaient des armes de silex et de bronze très dur, des poteries, des tissus de coton et de laine; ils taillaient et sculptaient l'émeraude. Les Quitus brûlaient leurs morts; les Caras les enterraient. Les uns et les autres comptaient avec de petits morceaux de bois ou de pierre coloriés et enfilés. On voit encore à Cañar les restes d'une forteresse de forme ovale, longue de 38 m, construite en pierres de taille. On en voit aussi dans le voisinage d'Ibarra. Au XVe siècle, ils entrèrent en lutte avec les Incas. Ces derniers prirent la forteresse de Tiojacas (1460), mais ils furent vaincus à Mocha; plus tard ils furent vainqueurs à Hâtun-Taqui où le dernier Scyri fut tué (1475) : le lac Jaguacocha, «-lac de sang-», a conservé le souvenir de cet événement. L'inca Huayna Capac, victorieux, épousa la fille du Scyri, et le royaume de Quito devint une dépendance de son empire. A sa mort, Huayna Capac légua le royaume de Quito au fils qui était né de ce mariage, à Atahualpa (1525) qui, à la suite d'une guerre civile, vaincu Cañar, puis vainqueur à Huamçhuco (1531), devint maître du Pérou, puis mourut victime de Pizarro.

Plusieurs centaines de peuples parlant une quarantaine de langues différentes dépendaient de cet Etat, qu'on désignait sous le nom de pays de Lican. Les Caras-Quitus parlaient une langue voisine de celle des Quechua. Les Puritacus, les Cayambis, les Utaballus, les Caranquis, etc., au Nord du royaume de Quito, les Llatan-Cungas, les Purubas, les Cañar, les Zarza, etc., au Sud, étaient les principales populations soumises ou alliées aux Caras-Quitus. Sur la côte étaient les Hantas, les Huancavilcas, les Caras, les Tacams. Dans la plaine orientale vivaient plus de deux cents tribus moins avancées, qui n'étaient pas soumises au royaume; les Xiparos, les Zaparos, etc., qui habitent encore ces parages.
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L'exploration de l'Equateur

C'est en l'année 1531, lors de l'arrivée des premiers explorateurs espagnols dans le pays, que l'Équateur entra dans le domaine de la géographie positive; mais on n'eut qu'une idée très vague de sa configuration jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, où une expédition scientifique franco-espagnole commença l'étude géographique des plateaux et de quelques parties du versant maritime. Le résultat en fut, outre d'importantes publications de La Condamine et des frères Ulloa (1735-1745) (Le Voyage des géomètres en Amérique du Sud, texte en ligne), l'établissement par d'Anville, en 1730, de la carte dite « de Maldonaldo ».

Les voyages de de Humboldt en 1801, de Boussingault, de Moritz Wagner, de Reiss et Stübel, d'Edouard André, du Dr T. Wolf ont contribué d'une façon plus ou moins considérable à faire mieux connaître la géographie du pays. Ceux du Dr Wolf ont eu pour résultat l'établissement d'une carte représentant d'une manière précise les provinces maritimes et la chaîne des Andes équatoriennes, c'est-à-dire la zone la plus peuplée de la république. Cette carte, publiée en 1892, fut la meilleure qu'on possèdait encore au début du XXe siècle sur le pays, dont il n'exista pendant plusieurs décennies encore aucun levé précis et dont certaines parties restaient encore absolument inconnues.

ConquĂŞte et colonisation par les Espagnols.
Pizarro avait fondĂ© Puerto Viejo (1531). Un de ses lieutenants, Benalcazar, parti de la cĂ´te, s'empara de Quito (1533), Ă  laquelle le gĂ©nĂ©ral inca Ruminaluri mit le feu avant de prendre la fuite. En 1538, Pizarro fit un gouvernement particulier de l'ancien royaume de Quito que le pacificateur du PĂ©rou, le gouverneur Pedro de La Gasca, Ă©rigea en audience de Quito, subdivisĂ©e en neuf correjimientos et en gouvernements dont le nombre fut variable : l'ensemble du pays formait la prĂ©sidence de Quito. Des villes avaient Ă©tĂ© fondĂ©es : Guayaquil et Loja dès 1535 et 1546; plus tard Zamora (1549), Cuenca (1546), Ibarra (1597), etc. Dans la plaine orientale, QuĂ©jos (1552), Baiza (1558), furent fondĂ©es, et des Espagnols s'Ă©tablirent chez les Macas, anciens alliĂ©s d'Atahualpa, mais la rĂ©volte gĂ©nĂ©rale des Xiparos et des Macas (1599) anĂ©antit presque la puissance espagnole de ce cĂ´tĂ©. 

En 1540, Gonzalès Pizarro, avec 340 Espagnols et 4000 Indiens, partit de Quito, franchit la Cordillère par Pappalacta, souffrit considĂ©rablement par les pluies torrentielles, longea nĂ©anmoins le Napo Ă  la recherche de la ville d'Eldorado. Il construisit Ă  grand-peine une barque après avoir fabriquĂ© des outils avec les fers des chevaux morts; mais il fut abandonnĂ© par Orellana, Ă  qui il avait confiĂ© cette barque et dut revenir Ă  Quito avec 80 Espagnols, en affrontant des fatigues plus rudes encore. La prĂ©sidence de Quito fut rattachĂ©e Ă  la vice royautĂ© de Santa FĂ© Ă  l'Ă©poque de sa fondation (1718) puis replacĂ©e (1722) sous l'autoritĂ© du vice-roi de Lima. 

L'émancipation et la république de l'Equateur.
La prĂ©sidence de Quito ne fut pas la première Ă  secouer l'autoritĂ© espagnole; quelques tentatives de soulèvement avaient Ă©tĂ© rĂ©primĂ©es (1809-1812). Le gĂ©nĂ©ral Sucre s'empara de Guayaquil en octobre 1820 et, vainqueur Ă  Riobamba, au Pichincha (22 mai 1822), il renversa les autoritĂ©s espagnoles. L'Equateur avait adhĂ©rĂ© en 1821Ă  l'union du congrès de Cuenta (El Rosario de Cucuta en Colombie) Simon Bolivar, venu de Bogota, fit son entrĂ©e Ă  Quito (1822) et, sous sa dictature, le pays fit partie de la Colombie. Il Ă©tait alors divisĂ© en trois dĂ©partements : Quito, Guaya et Azuay. Une armĂ©e pĂ©ruvienne ayant envahi le pays, fut vaincue Ă  Tarqui par le gĂ©nĂ©ral Sucre, lieutenant de Bolivar (1828). Mais le Venezuela ayant rompu l'union et refusĂ© d'envoyer des dĂ©putĂ©s Ă  la Convention de Bogota (1830), l'Equateur suivit son exemple et, au congrès de Riobamba (mai 1830), il proclama son indĂ©pendance, sous la prĂ©sidence du gĂ©nĂ©ral Florès. Deux provinces colombiennes que l'Equateur s'Ă©tait annexĂ©es (Pasto et Buenaventura) furent reconquises presque sans combat (1832). Le gĂ©nĂ©ral Florès resta maĂ®tre de la rĂ©publique de l'Equateur jusqu'en 1845; mais la guerre civile dura jusqu'en 1836 (combat de Miñarica, etc.); elle recommença après l'exil de Florès et, en 1850, le dĂ©sordre devint tel que la rĂ©publique faillit se dĂ©membrer. Florès, qui avait essayĂ© plusieurs fois de ressaisir le pouvoir, fut chassĂ© (1855). Les partis libĂ©raux et conservateurs, radicaux, etc., ne cessèrent de se disputer le pouvoir, et la rĂ©volution fut eu quelque sorte en permanence. 

La constitution, plusieurs fois remaniĂ©e et plusieurs fois mĂ©connue, a Ă©tĂ© refaite le 31 mars 1843 Ă  Cuenca; cette constitution a Ă©tĂ© Ă  son tour remaniĂ©e en 1852, 1853, 1861, 1869, 1883, 1884, 1887. Les questions de limites ont occasionnĂ© plusieurs guerres. En 1859, le prĂ©sident du PĂ©rou, Castilla, prit Guayaquil; mais les troubles du PĂ©rou l'obligèrent Ă   rentrer Ă  Lima. Les conservateurs ayant repris l'avantage en 1860, Florès, se contentant du gouvernement de Guayaquil, laissa la prĂ©sidence Ă  son gendre, Garcia Moreno. Celui-ci soutint des guerres difficiles contre la Nouvelle-Grenade (Colombie), mais entreprit deiverses rĂ©formes Ă  l'intĂ©rieur.
Les Indiens ont quelquefois protesté encore contre la domination des Blancs et des Métis; un soulèvement à Riobamba (1872) a été étouffé par la force. Garcia Moreno consacra la république au « Sacré-Coeur » et fut assassiné en 1875. La lutte entre conservateurs, libéraux et radicaux, amena alors la formation de trois Gouvernements qui, unis en 1883, nommèrent une convention qui élut président Placid Camano. Après lui vinrent Antonio Florès (1888-1892), Luis Cordero, qui démissionna en 1895, Eloy Alfaro, sous qui une nouvelle constitution fut proclamée le 12 janvier 1897.

Au milieu de ces guerres civiles incessantes, la constitution de l'Equateur fut souvent remaniée; cependant, celle de 1897 diffère peu des précédentes, notamment de celle de 1884. Le président de la République est élu pour quatre ans. Le pouvoir législatif appartient à un congrès de deux Chambres : le Sénat, dont les membres (deux par province) sont élus pour quatre ans, et qui est renouvelable par moitié tous les doux ans; la Chambre des députés, élue pour deux ans (1 député par 30 000 habitants). Tout majeur, catholique romain, sachant lire et écrire, est électeur. (GE / NLI).

L'Equateur au XXe siècle

Premières années du XXe siècle.
La rĂ©publique de l'Equateur a Ă©tĂ©, pendant l'annĂ©e 1901, le théâtre de graves dĂ©sordres, qui n'ont cessĂ© qu'au commencement du mois d'octobre. Ils ont eu pour prĂ©texte le retour de l'ex-prĂ©sident Plaza, qui essaya, au mois de dĂ©cembre 1905, de reprendre le pouvoir Ă  son successeur, Lizardo Garcia, dont la popularitĂ© Ă©tait en effet mĂ©diocre parmi les libĂ©raux de l'Equateur. Cette tentative ayant jetĂ© le trouble dans le pays, un autre ancien prĂ©sident, Alfaro, - qui s'Ă©tait fait connaĂ®tre en obtenant dans l'Equateur la sĂ©paration de l'Eglise et de l'Etat et en faisant dĂ©cider l'expropriation des biens du clergĂ©, - est alors intervenu au nom du parti libĂ©ral radical, et a fait procĂ©der Ă  l'Ă©lection d'une Constituante, installĂ©e Ă  Quito au dĂ©but d'octobre 1906, et par laquelle il a Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique. 

Alfaro, un libĂ©ral radical, tente de moderniser le pays, notamment en construisant le chemin de fer entre Guayaquil et Quito. En  1912, Alfaro est renversĂ© et assassinĂ©. Cette pĂ©riode est marquĂ©e par des conflits entre libĂ©raux et conservateurs. De 1916 Ă  1925, plusieurs prĂ©sidents se succèdent rapidement en raison de l'instabilitĂ© politique et des coups d'État.

De 1924 Ă  1979.
Un coup d'État militaire met fin à la présidence de Gonzalo Córdova en 1925. Ce coup est connu sous le nom de Révolution julienne, marque le début d'une période de réformes sociales et économiques. Le président Isidro Ayora entreprend entre 1931 et 1932 des réformes économiques. Il crée la Banque centrale de l'Équateur. José María Velasco Ibarra, un populiste, est élu président en 1934. Son mandat est interrompu par un coup d'État militaire en 1935. Pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1940 et 1944 Arroyo del Río gouverne. Cette période est marquée par la cession d'une partie du territoire équatorien au Pérou après la guerre de 1941 (protocole de Rio de Janeiro).

En 1944, JosĂ© MarĂ­a Velasco Ibarra revient au pouvoir après une rĂ©volution populaire. Son second mandat est Ă©galement interrompu par un coup d'État. Galo Plaza Lasso est Ă©lu prĂ©sident en 1948. Son administration est relativement stable et il essaie de moderniser l'Ă©conomie et de promouvoir l'Ă©ducation. Velasco Ibarra revient au pouvoir en 1952. Il est renversĂ© en 1956, mais parvient Ă  revenir au pouvoir brièvement en 1960, avant d'ĂŞtre de nouveau renversĂ© l'annĂ©e suivante.  Carlos Julio Arosemena Monroy devient alors prĂ©sident. Son mandat est marquĂ© par des tensions politiques et sociales.

En 1963, un coup d'État militaire dépose Arosemena Monroy. L'Équateur est dirigé par une junte militaire jusqu'en 1966. Velasco Ibarra revient encore une fois au pouvoir en 1968, mais est destitué par l'armée en 1972. Le général Guillermo Rodríguez Lara prend le pouvoir. Son régime tente de réformer l'économie, notamment à travers la nationalisation des ressources pétrolières, ce qui signe le passage du pays au cours des années qui ont précédé d'une économie principalement agricole à une économie plus diversifiée, avec désormais une importance croissante du secteur pétrolier.

Le général Guillermo Rodríguez Lara est déposé par une junte militaire en 1976. Le pays est gouverné au cours des années suivantes par une série de juntes. En 1978, une nouvelle constitution est adoptée, ouvrant la voie à des élections démocratiques. Jaime Roldós Aguilera est élu président en 1979, lors des premières élections démocratiques depuis le régime militaire. Son mandat marque le retour à la démocratie.

La fin du XXe siècle.
Jaime RoldĂłs Aguilera meurt dans un accident d'avion en 1981. Le vice-prĂ©sident Osvaldo Hurtado lui succède. Sous la prĂ©sidence de son successeur, LeĂłn Febres Cordero (1984 -1988), un conservateur,  une forte opposition politique et des tensions sociales se font jour. En 1988, Rodrigo Borja Cevallos, du parti socialiste, devient prĂ©sident. Il fait face Ă  des difficultĂ©s Ă©conomiques, notamment liĂ©es Ă  la dette extĂ©rieure.

En 1992, Sixto Durán BallĂ©n est Ă©lu prĂ©sident. Son administration met en place des rĂ©formes Ă©conomiques libĂ©rales. Abdalá Bucaram, un populiste, est Ă©lu prĂ©sident en 1996,  mais est destituĂ© l'annĂ©e suivante par le Congrès pour « incapacitĂ© mentale  ». RosalĂ­a Arteaga assure brièvement la prĂ©sidence, suivie par Fabián AlarcĂłn en tant que prĂ©sident intĂ©rimaire. En 1998, Jamil Mahuad est Ă©lu prĂ©sident. Son mandat est marquĂ© par une grave crise Ă©conomique et financière qui conduit Ă  la dollarisation de l'Ă©conomie Ă©quatorienne en 2000, stabilisant l'Ă©conomie Ă  certains Ă©gards, mais posant aussi des dĂ©fis. La mĂŞme annĂ©e, Jamil Mahuad est renversĂ© par un coup d'État militaire soutenu par des mouvements indigènes et des segments de la sociĂ©tĂ© civile. Gustavo Noboa lui succède.

L'Equateur au début du XXIe siècle

Lucio Gutiérrez, un ancien colonel, est élu président en 2003, mais est destitué par le Congrès en 2005 après des manifestations populaires. Alfredo Palacio devient président par intérim. Elu en 2007, Rafael Correa est élu président et lance la Révolution citoyenne axée sur des réformes constitutionnelles, économiques et sociales. Une nouvelle constitution (la vingtième de l'Équateur depuis son indépendance) qui renforce les droits sociaux et la participation citoyenne en 2008. L'année suivante, Correa est réélu sous la nouvelle constitution. Il met en place des politiques visant à réduire la pauvreté et à augmenter les investissements publics. En 2013, Correa est réélu pour un troisième mandat. Son administration continue de mettre en oeuvre des politiques de redistribution et de développement économique.

LenĂ­n Moreno, ancien vice-prĂ©sident de Correa, est Ă©lu prĂ©sident en 2017. Son mandat prend une tournure diffĂ©rente avec des rĂ©formes visant Ă  restaurer l'Ă©quilibre fiscal et Ă  combattre la corruption. En 2019, l'Équateur connaĂ®t des manifestations massives contre les mesures d'austĂ©ritĂ© proposĂ©es par Moreno, notamment la suppression des subventions aux carburants. Guillermo Lasso, un banquier conservateur, est Ă©lu prĂ©sident en avril 2021 (la composition du Parlement, l'oblige cependant Ă  s'allier avec des partis de gauche et indigĂ©nistes). Il met l'accent sur la libĂ©ralisation Ă©conomique, la crĂ©ation d'emplois et la lutte contre la pandĂ©mie de covid-19, mais il est aussi très vite confrontĂ© au problème de la violence liĂ©e au trafic de drogue, qui donne lieu Ă  des affrontements, y compris Ă  l'intĂ©rieur mĂŞme des prisons. En octobre 2021, il dĂ©clare l'Ă©tat d'urgence pour deux mois en rĂ©ponse Ă  cette situation. Un rĂ©fĂ©rendum qui se tient en fĂ©vrier 2023 rejette les propositions de renforcement du pouvoir central que le gouvernement justtifie par la nĂ©cessitĂ© de lutter contre la criminalitĂ©. Affaibli, Lasso doit cĂ©der le pouvoir, lors des Ă©lections d'octobre 2023, au centriste  Daniel Noboa. En janvier 2024, Ă  la suite de l'Ă©vasion du chef emprisonnĂ© d'un cartel de la drogue, le nouveau prĂ©sident dĂ©clare l' « l'Ă©tat de guerre interne » contre le crime organisĂ©.



Daniel Klein, Equateur, l'art secret de l'Equateur précolombien, Cinq continents, 2007. - Nous nous devons d'accorder à la richesse archéologique de l'Équateur actuel la place qui lui revient. En effet, cette région des Andes septentrionales est peu traitée par la littérature archéologique car elle est prise en étau entre deux cultures importantes : l'architecture monumentale du Pérou, au sud, et la richesse métallurgique de la Colombie, au nord. Par leur situation géographique, les Andes septentrionales constituent pourtant une zone de confluence d'importants phénomènes écologiques et culturels qui ont donné naissance à une civilisation extrêmement riche qui a survécu dans la céramique, la pierre, l'or et l'argent alors que les constructions, les peintures murales et les textiles ont été perdus à jamais.

L'archéologie précolombienne a commencé dans les années 1940 après de surprenantes découvertes. Elle est fondée essentiellement sur les objets : la réitération de thèmes ou de styles et les ressemblances esthétiques, la convergence ou la divergence de représentations symboliques ont permis aux chercheurs de retracer le territoire, les rapports interrégionaux, les contacts lointains, les apports primitifs de peuples qui ont en quelque sorte marqué le développement des différentes régions américaines, depuis le Mexique jusqu'au sud du Chili. C'est ainsi que, par exemple, ont été mis à jour la culture de Valdivia - la première ayant maîtrisé la céramique en Amérique - ou le rôle de premier plan joué sur toute la côte du Pacifique par les marchands de spondyles qui, depuis les peuples de la côte équatorienne, ont essaimé sur tout le continent.

Les recherches de ces dernières années ont donc mis à jour en Équateur, un long processus de génération de pensées et d'images appartenant à différentes cultures témoignant d'une grande richesse et d'une extrême diversité. Elles sont présentées dans cet ouvrage à travers une sélection de 250 objets, remarquablement photographiés. (couv.)

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