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Bibracte
est une ville gauloise des Eduens. César
cite Bibracte comme le siège du gouvernement et la ville la plus considérable
de ce peuple, et Strabon l'appelle une forteresse.
C'est là que, lors du soulèvement général de l'an 52 av. J.-C., la
fameuse assemblée générale des peuples gaulois fut convoquée par Vercingétorix.
C'est à Bibracte encore que César, après la chute d'Alésia,
alla prendre ses quartiers d'hiver. II y revint l'année suivante après
la soumission des Bituriges Cubi, plaça
la ville sous son patronat, en fit une civitas foederata qui ne
payait point d'impôt et lui donna le surnom de Julia.
Les archéologues ont beaucoup discuté
sur l'emplacement de cette ville. Beaucoup d'entre eux l'ont identifiée
avec Augustodunum (Autun), mentionnée comme
la ville la plus importante des Eduens, par des auteurs postérieurs Ã
César et à Strabon, comme Pomponius Méla, Tacite et Ptolémée. Un disque
bombé avec l'inscription DEAE BIBRACTI , trouvé à Autun en 1679 et conservé
à la Bibliothèque nationale, semble militer en faveur de cette conjecture.
Cependant à la suite des fouilles que la commission de topographie de
la Gaule a fait exécuter sur le plateau de Beuvray et après les travaux
de Bulliot, on admet aujourd'hui que Bibracte et Augustodunum sont deux
villes différentes; celle-ci, de fondation romaine, ne peut être que
la ville d'Autun, tandis que l'emplacement de celle-là semble en effet
avoir été retrouvé sur le mont Beuvray, ou tant de vestiges gaulois
ont été découvertes et ou l'on a mis à jour des murs d'enceinte tout
à fait conformes à la description que César nous donne de ce genre de
fortifications à propos du siège d'Avaricum, de plus; le nom de Bibracte
s'est conservé dans le mot Beuvray : des documents du XIIIe
et du XIVe siècle portent mons Bifractus.
Le mont Beuvray se trouve à 20 km. à l'Ouest d'Autun, près de Saint-Léger-sous-Beuvray.
Il ne faut pas confondre Bibracte oppidum
Aeduorum avec Bibrax, une ville des Remi, marquée au Vieux-Laon sur la
carte celtique. Les noms des deux localités dérivent probablement du
vocable d'une divinité topique, Dea Bibracte, dont on a trouvé l'inscription
sur différents monuments (L. Will).
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Romero
- Maillier, Bibracte, Archéologie d'une Ville Gauloise,
Bleu Autour, 2007. |
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