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| Alger, en
arabe al-Djezaïr (c'est-à -dire l'île) est la capitale
de l'Algérie Elle est construite sur un relief vallonné, s'étendant sur les contreforts de la chaîne de l'Atlas tellien et en particulier sur les hauteurs de la colline de Bouzaréah, dominant la mer à environ 400 mètres d'altitude. La vieille ville, ou Casbah, est perchée sur une pente escarpée faisant face à la mer et constitue un noyau urbain ancien, dense et labyrinthique, typique de l'urbanisme musulman. À ses pieds se trouve le port d'Alger, centre névralgique des activités économiques maritimes. La ville s'est étendue progressivement vers les plaines du Sahel algérois au sud et à l'est, notamment vers les quartiers modernes comme El Harrach, Bab Ezzouar, Kouba et Bordj El Kiffan. À l'ouest, Alger s'étale vers les zones résidentielles plus récentes comme Hydra, Ben Aknoun, Dely Brahim, et Chéraga, souvent nichées sur des collines verdoyantes. La présence de nombreuses forêts urbaines (notamment la forêt de Baïnem et celle de Bouchaoui), de jardins publics comme le Jardin d'Essai du Hamma, et de vallées comme celle d'Oued El Harrach, renforce la dimension naturelle du territoire algérois. Cette géographie est caractérisée par une forte dualité entre zones densément urbanisées et espaces naturels ou semi-urbanisés, avec un réseau routier radial convergeant vers le centre historique, mais également une pression démographique qui a entraîné des développements désorganisés en périphérie. L'ensemble du territoire d'Alger est soumis à une sismicité modérée à élevée en raison de sa position sur la bordure nord-africaine de la plaque africaine, ce qui a influencé l'urbanisme et les normes de construction. Son littoral est caractérisé par des plages sablonneuses et quelques caps rocheux, avec un front de mer urbanisé et touristique, contrastant avec l'arrière-pays marqué par une topographie plus accidentée et boisée. Patrimoine culturel
et architectural.
La période ottomane a légué à Alger un ensemble de monuments remarquables comme le Palais des Raïs (ou Bastion 23), le Palais de la Dey, et diverses zaouïas et mosquées aux dômes blancs et minarets carrés. À cela s'ajoute une forte tradition artisanale avec la céramique, le travail du cuivre, le tissage et la broderie, encore vivaces aujourd'hui. L'architecture coloniale française, quant à elle, a profondément transformé le tissu urbain d'Alger au XIXe et au début du XXe siècle. Elle est visible dans les larges boulevards haussmanniens, les immeubles à façades ornées de balcons en fer forgé, les bâtiments administratifs et les édifices culturels comme l'opéra, les anciens tribunaux, ou encore la célèbre Grande Poste, chef-d'oeuvre néo-mauresque. Le patrimoine religieux chrétien et juif est également présent, avec d'anciennes églises comme la cathédrale du Sacré-Cœur ou la basilique Notre-Dame d'Afrique, perchée sur les hauteurs de Bologhine, qui offre une vue panoramique sur la baie. La basilique, d'inspiration romano-byzantine, témoigne d'une volonté de dialogue culturel à travers l'inscription "Notre Dame d'Afrique, priez pour nous et pour les musulmans". Alger se distingue aussi par son activité intellectuelle et artistique, incarnée par des institutions comme la Bibliothèque nationale, le Musée des Beaux-Arts d'Alger, le Musée national des Antiquités ou encore le Théâtre national algérien. L'urbanisme moderne du XXe siècle s'illustre notamment avec les cités sociales d'après-indépendance, dont la cité Climat de France de Fernand Pouillon, conçue dans une logique d'architecture pour le peuple. Enfin, le patrimoine immatériel est également vital : la musique chaâbi, le malouf, les contes populaires, la gastronomie locale et les traditions festives font d'Alger une ville à l'identité culturelle profondément enracinée mais en constante mutation. La préservation de ce patrimoine fait face à des défis liés à l'urbanisation, au vieillissement du bâti et à l'insuffisance des politiques de valorisation, malgré une prise de conscience croissante de sa valeur historique.
Histoire d'Alger.
L'arrivée des Almohades au XIIe siècle marqua une nouvelle étape dans le développement d'Alger. Ils agrandirent la ville, renforcèrent ses fortifications et lui donnèrent une importance politique et religieuse accrue. Après la chute des Almohades, Alger passa sous la domination des Zianides de Tlemcen au XIIIe siècle. Cette période fut marquée par des luttes de pouvoir et des rivalités avec les autres cités-états de la région. Malgré cela, Alger maintint son activité commerciale, notamment avec les républiques maritimes italiennes. Au début du XVIe siècle, l'expansion espagnole en Afrique du Nord menaça directement Alger. L'émir Salim Toumi fit appel aux frères Barberousse, corsaires ottomans, pour repousser la menace. Aroudj Barberousse prit le contrôle de la ville et élimina Salim Toumi, marquant le début de la présence ottomane. Son frère, Kheireddine Barberousse, consolida le pouvoir ottoman, fit d'Alger une base pour la flotte barbaresque et entreprit de vastes travaux de fortification, notamment la construction de la jetée reliant les îlots à la terre ferme. Sous l'autorité de l'Empire Ottoman, mais jouissant d'une large autonomie, Alger devint le centre d'un puissant État barbaresque, la Régence d'Alger. La ville prospéra grâce aux activités corsaires, qui lui apportaient richesses et esclaves. Cette période fut marquée par des raids audacieux contre les navires européens et les côtes méditerranéennes, mais aussi par des bombardements punitifs des puissances européennes. Plusieurs tentatives furent faites pour faire cesser les brigandages (par Charles-Quint, qui y perdit une flotte et une armée en 1541; par Louis XIV, qui bombarda la ville en 1682, 1683 et 1688; par les Anglais qui la bombardèrent en 1816), La vie politique de la Régence était complexe, marquée par les rivalités entre les deys, les janissaires, la Taïfa des Raïs et les tribus de l'intérieur. Le XIXe
siècle vit l'affaiblissement progressif de la Régence. L'épisode du
« coup d'éventail » de 1827 servit de prétexte à Charles
X pour armer contre Alger une expédition qui, commandée par le maréchal
Bourmont, s'empara de la ville au commencement de juillet 1830, après
une courte résistance. Sous le régime colonial, Alger connut de profondes
transformations. La ville fut modernisée, de nouveaux quartiers furent
construits, et la population européenne augmenta considérablement. Cependant,
la population algérienne fut soumise à un régime de discrimination et
de ségrégation. Alger devint le centre administratif et politique de
l'Algérie française, attirant des colons de toute la Méditerranée et
de la métropole.
Alger la Blanche, le port la ville basse et la ville haute vers 1920. Au fil du temps,
les tensions sociales et politiques, latentes depuis le début de la colonisation,
ne firent que s'intensifier, annonçant les bouleversements à venir. La
population européenne, minoritaire, détenait la majorité des richesses
et du pouvoir, tandis que la population algérienne musulmane, majoritaire,
vivait souvent dans des conditions précaires, reléguée dans les quartiers
populaires de la Casbah et des faubourgs. Cette inĂ©galitĂ©, couplĂ©e Ă
une aspiration grandissante à l'indépendance, a créé un climat de tension
palpable. La guerre d'Algérie, qui a éclaté en 1954, allait profondément
transformer le visage de la ville.
L'indépendance de l'Algérie en 1962 a entraîné un exode massif des pieds-noirs, bouleversant la démographie et l'économie de la ville. Alger, devenue capitale du pays nouvellement indépendant, s'est retrouvée confrontée à d'immenses défis : reconstruire le pays, gérer l'afflux de population venant des campagnes, créer une nouvelle identité nationale. Les années qui ont suivi l'indépendance ont été marquées par une volonté de modernisation et de développement, avec la construction de nouveaux quartiers, d'infrastructures et d'institutions. Les années 1970 et 1980 ont été celles de la construction d'un État socialiste, avec une forte intervention de l'État dans l'économie. Alger a connu une importante croissance démographique, alimentée par l'exode rural et une forte natalité. Cette période a également vu l'émergence d'une nouvelle élite politique et intellectuelle algérienne. La décennie noire des années 1990 a plongé Alger et tout le pays dans une spirale de violence. Attentats, assassinats, massacres ont endeuillé la ville et traumatisé sa population. La lutte contre le terrorisme a marqué profondément la vie quotidienne des Algérois. Le début du XXIe
siècle a vu une relative stabilisation politique et sécuritaire. Alger
a entamé un processus de reconstruction et de modernisation. De grands
projets d'infrastructures ont été lancés, comme le métro, le tramway,
la Grande Mosquée d'Alger. La ville s'est ouverte au monde dans la perspective
d'attire des investissements étrangers et des touristes.
Une rue de la Casbah d'Alger. Source : The World Factbook. |
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