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66,7S, 140 E |
La Terre Adélie
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un territoire d'outre-mer de la France L'environnement de la Terre Adélie est extrêmement inhospitalier pour les êtres humains, mais il abrite une riche biodiversité adaptée aux conditions rigoureuses de ce continent glacial. Les manchots empereurs y constituent un élément clé de l'écosystème, avec des colonies nombreuses nichant principalement sur les côtes. D'autres espèces animales comme les phoques, sont également présentes et jouent un rôle essentiel dans le cycle alimentaire local. La base Dumont-d'Urville, établissement de recherche maintenu par la France en Terre Adélie, est aujourd'hui un site stratégique de surveillance du climat global, d'observation des écosystèmes antarctiques et de coopération scientifique internationale. Des études à long terme y sont menées, notamment sur les manchots empereurs, les effets du changement climatique sur les glaces marines et la dynamique atmosphérique polaire. Géographie physique.
Le climat y est polaire extrême, dominé par un froid intense et des vents catabatiques très puissants, dévalant depuis le plateau intérieur. Ces vents, pouvant dépasser 250 km/h, sculptent la neige et entraînent une forte sublimation. Les températures peuvent chuter bien en dessous de −40 °C durant l'hiver austral. L'insolation est très saisonnière, avec un ensoleillement continu en été (décembre-janvier) et une obscurité quasi permanente en hiver. La zone côtière est en grande partie formée de barrières de glace et de plateformes flottantes intermittentes. Certains glaciers s'y jettent directement dans l'océan Austral, où ils forment des fronts glaciaires actifs. Des zones de polynie – ouvertures persistantes dans la banquise – se forment notamment grâce aux vents catabatiques, permettant une certaine activité biologique même en hiver. La topographie sous-glaciaire montre des vallées profondes et des bassins qui contribuent à la dynamique de la glace. Le socle géologique appartient au craton antarctique oriental et date du Précambrien, composé de gneiss, granits et schistes métamorphiques. Les affleurements rocheux visibles, rares mais significatifs, offrent des indices sur l'évolution tectonique de l'Antarctique au sein du supercontinent Gondwana. Certaines zones montrent des signes d'érosion glaciaire très ancienne, révélant une longue histoire d'enfouissement sous la glace. La Terre Adélie est aussi un laboratoire naturel d'observation des processus glaciologiques, climatiques et océaniques. Les zones côtières comme la mer de Dumont-d'Urville interagissent avec les courants froids de l'océan Austral, influençant la formation des glaces de mer et participant aux échanges thermohalins globaux. Biogéographie.
La végétation est extrêmement réduite et se compose essentiellement de cryptogames : mousses, lichens, algues rouges et vertes. Ces organismes pionniers colonisent les surfaces rocheuses exposées, où l'humidité et la lumière solaire sont suffisantes en été austral. On trouve aussi des cyanobactéries dans les suintements d'eau de fonte. Aucun arbre ni plante vasculaire n'est présent. La faune terrestre est dominée par les invertébrés microscopiques, notamment les collemboles, acariens et rotifères, capables de résister à la déshydratation et aux cycles de gel-dégel. Ils vivent dans les tapis moussus, les crevasses humides ou les sols minces qui se forment à proximité des bases rocheuses et des colonies d'oiseaux marins. La faune marine et aviaire est bien plus riche et constitue l'essentiel de la biodiversité régionale. Le manchot empereur (Aptenodytes forsteri) et le manchot Adélie (Pygoscelis adeliae) sont emblématiques, avec des colonies nichant sur la glace ou les rochers en été. Ces espèces dépendent fortement de la stabilité des plateformes de glace et de la disponibilité de la banquise pour la reproduction. D'autres oiseaux, comme le pétrel des neiges, le skua antarctique, et le damier du Cap, sont présents pendant la saison estivale. Les mammifères marins comme le phoque de Weddell, le phoque crabier et le léopard de mer fréquentent les zones côtières, chassant dans les eaux froides et riches en krill. Ces zones, comme la mer de Dumont-d'Urville, bénéficient de phénomènes de polynie qui favorisent la productivité biologique, attirant une chaîne trophique structurée allant du phytoplancton jusqu'aux prédateurs supérieurs. Les communautés benthiques marines sont également diversifiées, malgré les faibles températures. Des espèces d'échinodermes, de crustacés, d'éponges et de némertes vivent sur le plancher marin peu profond, souvent adaptées à un développement lent, une longue longévité, et une tolérance aux perturbations mécaniques dues à la glace. La biogéographie de la Terre Adélie est influencée par son isolement, ses conditions climatiques extrêmes, et la protection offerte par le Traité sur l'Antarctique. Cette dernière limite les impacts anthropiques, bien que certaines pressions existent localement autour de la base scientifique Dumont-d'Urville, notamment par la présence humaine, les déchets et les perturbations des habitats de reproduction. Les espèces présentes ont développé des adaptations physiologiques et comportementales remarquables à la photopériode, au froid extrême et à la faible disponibilité des ressources terrestres. Histoire.
Durant près d'un siècle après cette découverte, la région demeura largement inexplorée, en raison de conditions climatiques extrêmes et de l'isolement géographique. Ce n'est qu'au XXe siècle, avec les progrès technologiques et l'essor de la recherche scientifique polaire, que la France manifesta un intérêt accru pour l'Antarctique. En 1924, la France confirma officiellement sa souveraineté sur la Terre Adélie, puis, en 1938, un décret l'intégra aux territoires français d'outre-mer. La période de l'après-guerre marque un tournant dans l'histoire de la Terre Adélie, avec l'établissement d'une présence permanente française. En 1950, la mission polaire Paul-Émile Victor établit une base avancée sur l'île des Pétrels, à proximité de la côte, donnant naissance à la base Dumont-d'Urville en 1956, dans le cadre de l'Année Géophysique Internationale (1957-1958). Cette base remplaça la première station Charcot, détruite par un incendie, et devint un centre majeur de recherche en glaciologie, biologie marine, météorologie et géophysique. La signature du Traité sur l'Antarctique en 1959, ratifié par la France, renforça l'aspect pacifique et scientifique de l'occupation. Ce traité gèle les revendications territoriales et réserve l'Antarctique à des fins non militaires et de recherche. Bien que la France maintienne sa souveraineté théorique sur la Terre Adélie, celle-ci n'est pas reconnue universellement, notamment par les États-Unis et la Russie. La France administre la région à travers les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), créées officiellement en 1955, et assure la logistique via des missions annuelles avec le navire brise-glace L'Astrolabe. |
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