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Territory of Cocos (Keeling) Islands |
12 30 S, 96 50 E |
Les îles Keeling
ou îles des Cocos, appartenant à l'Australie,
sont archipel un coralliaire composé de 27 îles et situé dans l'Océan
Indien, au Sud-Ouest du détroit de la Sonde, par 12° 30' de latitude
Sud et 96° 50' de longitude Est. L'archipel comprend l'atoll de North
Keeling, un anneau corallien fermé et relativement intact qui est désormais
un parc national, et l'atoll de South Keeling, beaucoup plus vaste et habité.
L'atoll de South Keeling est une structure corallienne en forme de croissant
ou presque circulaire, formée par une vingtaine d'îlots (appelés localement
motus)
de tailles variables, entourant un lagon central. Ce lagon est une étendue
d'eau peu profonde, en partie ouverte sur l'océan environnant par plusieurs
passes, dont certaines sont navigables. L'ensemble des terres émergées
ne représente pas plus de 14 km². Deux îles seulement sont habitées.
La population est majoritairement composée d'Européens à West
Island, et de Malais et Javanais à Home Island. Au total, cela représente
seulement 628 habitants (2006).
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Carte des îles Cocos. Source : The World Factbook. Le climat des îles Cocos est de type tropical marin. Il est marqué par des températures chaudes et stables tout au long de l'année, oscillant généralement entre 24°C et 30°C. L'humidité est élevée. Les précipitations sont abondantes, avec une moyenne annuelle dépassant les 2000 millimètres, bien que la répartition soit variable. La saison des pluies coïncide globalement avec la saison cyclonique. Les îles sont situées dans une zone exposée aux alizés, mais elles sont aussi vulnérables aux cyclones tropicaux, qui peuvent survenir principalement entre novembre et avril, apportant vents violents, fortes pluies et ondes de tempête dévastatrices en raison de la faible altitude. L'approvisionnement en eau douce constitue un défi majeur. Il n'existe pas de rivières ou de lacs permanents. L'eau douce disponible provient principalement d'une fine lentille d'eau souterraine (lentille de Ghyben-Herzberg) qui repose sur l'eau de mer salée, alimentée par les précipitations. Cette lentille est extrêmement fragile et sensible à la surexploitation ainsi qu'à l'intrusion saline, notamment avec la montée du niveau de la mer. La collecte de l'eau de pluie est donc essentielle pour la population. Les sols sont pauvres et très perméables, constitués majoritairement de sable corallien, de débris de coraux et de matière organique décomposée. Leur nature calcaire et leur faible teneur en nutriments limitent fortement les possibilités d'agriculture. Le littoral est caractérisé par de vastes plages de sable blanc et fin, bordées par un système de récifs coralliens extensifs qui entourent et protègent les atolls. Ces récifs abritent une biodiversité marine significative. Cependant, les côtes sont soumises à des processus naturels d'érosion et d'accrétion, accentués par les événements météorologiques extrêmes et, à long terme, par l'élévation globale du niveau de la mer, qui menace directement l'existence même de ces îles de faible altitude. Biogéographie
de Cocos.
La flore terrestre est relativement peu diversifiée et composée en grande partie d'espèces ayant des capacités de dispersion sur de longues distances, principalement par les courants marins (graines flottantes comme la noix de coco, d'où le nom des îles) ou par les oiseaux. On y trouve la végétation typique des côtes tropicales, comme Scaevola taccada, Argusia argentea (anciennement Tournefortia argentata), et diverses espèces d'herbes et de vignes résistantes au sel. Des forêts denses de Pisonia grandis sont présentes sur certaines îles, offrant un habitat important pour les oiseaux de mer nicheurs. Les plantations de cocotiers ont remplacé une partie significative de la végétation native sur certaines îles. L'endémisme au niveau des espèces végétales terrestres est faible, bien que certaines variétés ou sous-espèces locales puissent exister. La faune terrestre indigène est également limitée, avec une forte dominance d'espèces capables de franchir de grandes distances. Les oiseaux marins sont les vertébrés terrestres les plus visibles et les plus nombreux, utilisant les îles comme sites de nidification importants. On y trouve des colonies de fous à pieds rouges, de fous bruns, de frégates ariel, de frégates du Pacifique, diverses espèces de sternes, de noddis et de phaétons. Des oiseaux terrestres résidents sont moins nombreux. La sous-espèce locale du râle de Buffon, Gallirallus philippensis andrewsi, parfois considérée comme une espèce distincte, est un exemple rare de vertébré terrestre potentiellement endémique, bien que son histoire biogéographique soit complexe et liée à l'introduction par l'humain à partir d'autres îles. Les reptiles terrestres indigènes sont peu représentés. Ils sont généralement limités à quelques espèces de geckos et de scinques largement répandus dans la région indo-pacifique, arrivés probablement par flottage. Il n'y a pas de mammifères terrestres natifs, ni d'amphibiens ou de poissons d'eau douce permanents, en raison de l'absence d'habitats d'eau douce significatifs et permanents. Les invertébrés terrestres, bien que présents, présentent une diversité plus faible que sur les continents, avec des groupes comme les crabes terrestres (notamment le crabe de cocotier, Birgus latro) qui jouent un rôle écologique important. L'établissement humain a profondément modifié la biogéographie de ces îles. L'introduction d'espèces exotiques est un facteur majeur d'impact. Des rats, des chats, des porcs et diverses espèces végétales introduites rivalisent avec les espèces indigènes ou les prédatent, et mettent en danger la faune et la flore natives, en particulier les oiseaux nicheurs. Les plantations de cocotiers ont altéré la structure des écosystèmes forestiers. Malgré ces impacts, les îles conservent une valeur biogéographique significative, notamment pour les populations d'oiseaux marins et la richesse de l'écosystème marin, qui bénéficie désormais d'une protection accrue à travers le parc marin. Population.
La majorité de la population est composée des Malais des Cocos, descendants de travailleurs engagés originaires de la péninsule Malaise et de l'archipel indonésien, qui furent amenés sur les îles à partir du XIXe siècle par la famille Clunies-Ross, propriétaires privés de l'archipel pendant près de 150 ans. Cette communauté vit principalement sur Home Island et a développé une culture créole mêlant les influences malaises et les spécificités insulaires acquises au fil des générations. Ils parlent le malais des Cocos, un créole basé sur le malais, et pratiquent majoritairement l'islam sunnite, qui joue un rôle central dans leur vie sociale et culturelle. Leurs traditions, leur musique (le syair, un chant poétique), leur cuisine et leur mode de vie sont étroitement liés à la mer et à leur environnement insulaire. L'autre partie significative de la population est composée de résidents d'origine européenne (principalement australienne), qui résident majoritairement sur West Island. Cette île abrite l'aéroport, les principales infrastructures administratives et les services essentiels. Historiquement, West Island était le siège de l'administration et du personnel lié aux opérations (notamment pendant et après la Seconde Guerre mondiale avec une base d'hydravions, puis pour les télécommunications), tandis que Home Island était le domaine privé de la famille Clunies-Ross et la résidence de la communauté malaise. Ce clivage historique a perduré et créé deux centres de population avec des dynamiques sociales distinctes, bien que des interactions existent naturellement. L'économie des îles est fortement dépendante du gouvernement australien, qui est le principal employeur, et qui fournit des services administratifs, de santé, d'éducation et d'infrastructure. Le tourisme représente également une source de revenus croissante. L'agriculture et la pêche commerciale sont limitées mais existent pour la consommation locale. Le transport entre les îles habitées se fait principalement par ferry. Les services d'éducation et de santé sont présents mais limités. Ils nécessitent souvent des déplacements vers l'Australie continentale pour des soins spécialisés. Les événements culturels et religieux rythment la vie des insulaires. Sur West Island, la communauté est plus diverse et sa vie sociale est souvent liée aux infrastructures partagées et aux activités organisées par l'administration ou les entreprises touristiques. Histoire des Cocos.
Ces îles sont restées inhabités jusqu'au XIXe siècle. En 1825, le commerçant écossais John Clunies-Ross, qui tentait de se rendre sur l'île Christmas, a été dévié et a atterri sur les îles Cocos. L'année suivante, un commerçant britannique engagea le frère de John pour amener des esclaves et un harem de femmes malaises afin de créer la première colonie permanente sur l'île. Dans les années 1830, la famille Clunies-Ross était fermement établie et a gouverné les îles Cocos dans un style féodal jusqu'en 1978. Dans l'intervalle,
les îles ont été annexées par le Royaume-Uni Elles ont été transférées à l'Australie en 1955 qui les administre directement depuis Canberra. En 1978, l'Australie a acheté toutes les terres détenues par la famille Clunies-Ross, mettant fin à leur contrôle de la gouvernance des îles. Lors d'un référendum en 1984, la plupart des insulaires ont voté pour s'intégrer à l'Australie, et les lois de l'Australie-Occidentale s'appliquent aux îles depuis 1992. En tant qu'atolls de faible altitude, les îles Cocossont particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique, notamment l'élévation du niveau de la mer et l'érosion côtière. Cela pose aujourd'hui une menace existentielle pour les habitants et leur mode de vie, et renforce leur dépendance vis-à -vis du soutien et des politiques d'adaptation de l'Australie. |
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