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Nanna (r) chez
les Sumériens ou Sîn, pour les Akkadiens. C'est le nom du dieu
de la Lune
des Mésopotamiens. Fils d'Enlil,
ou de Marduk, il est aussi le protecteur des
bergers.
D'après les donnés de l'épopée babylonienne,
Sin, le fils de Marduk et implorant sa protection, est moins important
que son père et il occupe un rang inférieur dans la hiérarchie céleste.
Il n'en fut pas toujours partout ainsi, et Sin, le dieu Lune, semble avoir
tenu la place d'honneur dans les adorations des rois primitifs de la Mésopotamie,
avant la suprématie de Babylone.
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Ur-Namma,
roi d'Ur, divinisé sous les traits du dieu Sîn.
(Cylindre
du British Museum).
C'était le dieu spécial et tutélaire
de la ville d'Ur; les inscriptions des rois de
cette ville, qui ont sans cesse embelli et réparé son sanctuaire, le
proclament « le chef, le puissant, le seigneur des Esprits, le roi des
dieux, l'étincelant. » A l'époque de l'empire babylonien, au contraire,
Sin n'est plus que « le seigneur des trente jours du mois, le seigneur
du signe zodiacal, l'architecte, celui qui
veille sur la terre »; on lui donne souvent pour frère Adar Sandan, le
dieu de la force; dans une légende recueillie par
Ctésias,
les deux frères divins se disputent le gouvernement du ciel.
Toutefois, le caractère astrologique
de la religion assyro-babylonienne fait que le dieu, Lune garde toujours
un rôle important, soit dans les représentations figurées où son symbole
est le croissant, soit dans les prières liturgiques, comme le constate
l'hymne suivant où on l'invoque :
Seigneur,
prince des dieux, qui seul es sublime dans le ciel et sur la terre! Père,
illuminateur, seigneur, dieu protecteur, prince des dieux! Père, illuminateur,
seigneur, dieu grand, prince des dieux!
Père,
illuminateur, seigneur, Sin, prince des dieux! Père, illuminateur, seigneur
d'Ur, prince des dieux!
Père,
illuminateur, seigneur du E-Sirgal, prince des dieux!
Père,
illuminateur, seigneur, créateur des couronnes, prince des dieux!
Père,
illuminateur, qui fais arriver majestueusement la royauté à sa plénitude,
prince des dieux!
Père,
illuminateur, qui t'avances dans l'appareil de la majesté, prince des
dieux!
Luminaire
puissant aux cornes vigoureuses, aux membres complètement formés, Ã
la barbe étincelante, splendide quand il remplit son orbe.
Fruit
qui se produit lui-même, sortant de son domicile; qui, dans son action
propice, n'interrompt pas la gouttière par laquelle il verse l'abondance!
Miséricordieux,
qui engendre tout, qui, au-dessus des êtres vivants élève sa demeure
étincelante!
Père,
miséricordieux et restaurateur, dont la main soutient la vie sur la terre!
Seigneur,
ta divinité, comme les creux profonds et la vaste mer, répand une terreur
respectueuse!
...
de la surface de la terre, développant la rectitude, proclamant sa gloire,
Père,
générateur des dieux et des hommes, qui élève sa demeure et fonde tout
ce qui est bon. Qui proclame la royauté, qui donne le sceptre suprême,
qui fixe les destinées pour les jours
lointains;
chef
inébranlable, dont le cour est vaste et n'oublie personne,
...
dont les genoux ne se reposent pas, qui ouvre le chemin aux dieux, ses
frères,
qui,
des fondements au plus haut sommet des cieux s'avance, qui ouvre la porte
des cieux, faisant luire la lumière sur le pays des hommes,
Père
qui m'a engendré...
Seigneur
qui ordonne ses commandements au ciel et à la terre, dont personne n'enfreint
la volonté...
Dans
le ciel, qui est sublime? Toi! toi seul es sublime.
Sur
la terre, qui est sublime? Toi! toi seul es sublime.
Toi!
ta volonté est proclamé dans les cieux, et les Archanges célestes prosternent
leur face. Toi! ta volonté est proclamée sur la terre, et les Archanges
de la terre baisent le sol.
Toi!
ton commandement retentit en haut comme un vent dans les ténèbres, et
il fait germer
la
terre.
Toi!
ton commandement existe à peine sur la terre, et déjà la végétation
est produite.
Toi!
ton commandement s'étend sur les lieux habités et les sommets, et il
multiplie les êtres vivants.
Toi!
ton commandement donne l'existence à la vérité et à la justice; il
affermit la vérité parmi les hommes.
Toi!
ton commandement, ce sont les cieux reculés et la terre qu'ils couvrent,
qui n'oublient personne.
Toi!
ton commandement, qui peut l'apprendre? qui peut l'égaler?
Seigneur,
dans les cieux est ta seigneurie, sur la terre ton principat; parmi les
dieux, tes frères, tu n'as pas de rival.
Roi
des rois, qui n'a aucun juge au-dessus de lui, dont aucun dieu n'égale
la divinité... Favorise la ville d'Ur, ô dieu! favorise-la!
que
l'épouse... heureuse, ô seigneur! puisse implorer de toi la paix! que
l'époux... ô seigneur, puisse implorer de toi la paix!
que
les Archanges célestes... ô seigneur, puissent implorer de toi la paix!
que
les Archanges de la terre... ô seigneur, puissent implorer de toi la
paix!
Le caractère sidéral du dieu Sin qui
ne cessa d'être honoré dans nombre de sanctuaires, en Mésopotamie
et en Syrie, longtemps après la chute de
Babylone, est particulièrement mis en relief dans ce passage de la grande
épopée babylonienne où il est désigné sous le nom de Nannar « le
brillant, le lumineux » Il fit briller Nannar (la lune), il l'attacha
à la nuit, et il lui fixa le temps de ses phases nocturnes qui déterminent
les jours, pour le mois entier sans interruption il établit quelle serait
la forme de son disque.
Au
commencement du mois, quand commence le soir,
Tes
cornes te serviront d'annonce pour permettre de déterminer le temps du
ciel :
Le
septième jour, tu seras eu train de remplir ton disque mais les... découvriront
sa partie obscure à moitié.
Quand
le soleil descend à l'horizon au moment de son lever, délimite exactement
[la plénitude], forme son cercle.
Ensuite;
tourne-toi, rapproche toi du chemin du soleil.
...
tourne-toi, et que le soleil change, (le côté où l'on voit) ta partie
obscure.
...
marche dans son chemin.
[Lève-toi]
et couche-toi, soumis à la loi de cette sentence.
Ainsi, dès la plus haute antiquité, les
Mésopotamiens s'étaient rendu compte du rôle que joue le soleil dans
les phases et les transformations graduelles et périodiques de l'astre
des nuits.
Sin était un dieu masculin comme le dieu
Mên des Grecs; toutefois, envisagé
sous certains points de vue, Sin devient féminin ou plutôt il est androgyne
et a les attributs des deux sexes. C'est ainsi qu'il arrive à se confondre
avec lshtar, la Vénus assyrienne qui, elle aussi, revêt parfois, les
caractères d'une déesse lunaire et qu'on invoque comme telle. Sin, Ã
l'époque romaine était encore tenu pour hermaphrodite par les Sabéens
de Harrân qui l'ado-raient; c'est sans doute d'après les mêmes conceptions
symboliques que le dieu Mên, si populaire dans les religions de l'Asie
gréco-romaine, revêt un aspect efféminé et d'un sexe incertain. Le
culte de Sin se perpétua en Mésopotamie jusqu'à l'aurore des temps modernes
: c'est en se rendant au temple de Sin à Harrân, pour y offrir un sacrifice
solennel, que l'empereur romain Macrin fut assassiné.
(F.
Lenormant). |
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