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Mésopotamie > Religion assyro-babylonienne

Enlil / BĂȘl

Enlil, Ellil (= seigneur de l'atmosphĂšre, en sumĂ©rien) - Dans le panthĂ©on mĂ©sopotamien, il est avec Ea et Anu l'un des trois dieux cosmiques, plus particuliĂšrement associĂ© Ă  la Terre et l'instigateur du dĂ©luge. Mais il est aussi une divinitĂ© bienfaisante, Ă  qui on attribue l'invention de la charrue et de la pioche. 

Son culte est surtout concentrĂ© Ă  Nippur, oĂč il porte le titre de BĂȘl (Seigneur) et oĂč se trouvait son temple principal, qui portait le nom de Temple (de la) Montagne, un de ses Ă©pithĂštes. Ce dieu perdra progressivement de l'importance et sera peu Ă  peu remplacĂ© par Anu, puis par Marduk.

Dans le pays de Sumer et particuliĂšrement Ă  Nippur, on adorait primitivement Enlil, seigneur de l'atmosphĂšre. Enlil Ă©tait le dieu de l'ouragan, et il avait pour arme l'amaru, c'est-Ă -dire le dĂ©luge. Comme le Zeus des Grecs, il symbolisait les forces de la nature, et, de mĂȘme que Zeus, il ne tarda pas Ă  ĂȘtre considĂ©rĂ© comme le maĂźtre des destinĂ©es humaines.

Quand les gens de Babylone annexĂšrent les divinitĂ©s de Sumer, ils n'eurent garde d'oublier Enlil, et en firent mĂȘme le deuxiĂšme Ă©lĂ©ment de la triade suprĂȘme. Ils se contentĂšrent de changer son nom et de substituer Ă  celui d'Enlil le nom plus gĂ©nĂ©ral de BĂȘl, qui veut dire « Seigneur BĂȘl » est donc le seigneur par excellence, dont la domination s'exerce sur tout le monde terrestre. On l'appelle « le roi des pays », ou encore « le seigneur des rĂ©gions ».

Bien qu'il ait dans le ciel, ainsi qu'Anu, sa promenade rĂ©servĂ©e, « la route de BĂȘl », BĂȘl rĂ©side d'ordinaire sur la Grande Montagne de l'Est. Il y accueille chaque annĂ©e les autres dieux pour fixer les destins du monde, et, dans cette assemblĂ©e auguste, c'est Ă  lui qu'appartient la dĂ©cision suprĂȘme.

Comme Anu, BĂȘl est le dĂ©positaire des insignes de la royautĂ©, et il les dispense Ă  la crĂ©ature de son choix. Les rois ne sont donc que les reprĂ©sentants ou vicaires, les patĂ©sis, de BĂȘl. Pour qu'ils s'Ă©lĂšvent au-dessus des autres hommes, il suffit que le dieu prononce leur nom, car la parole de BĂȘl est toute-puissante :

La parole de BĂȘl est un souffle, l'oeil ne la voit pas... 
Sa parole est un déluge qui s'avance, qui n'a pas de rival,
 Sa parole sur les cieux en repos fait reposer la Terre ;
...
Sa parole, lorsqu'elle marche humblement, elle détruit la contrée,
 Sa parole, lorsqu'elle marche grandement, accable les maisons, elle fait pleurer le pays !...
A sa parole les cieux en haut se calment d'eux-mĂȘmes...
BĂȘl est donc pour les hommes le dispensateur des biens et des maux. C'est lui notamment qui, dans un jour de colĂšre, fit pleuvoir le dĂ©luge pour anĂ©antir l'humanitĂ©. Mais il n'hĂ©site pas aussi Ă  intervenir pour dĂ©livrer la terre des monstres qui l'infestent. TĂ©moin sa lutte avec le dragon.

En ce temps, les habitants des villes Ă©taient dans la dĂ©solation, car un dragon, issu des flots de la mer, ravageait toute la contrĂ©e. Ils se lamentaient et allaient rĂ©pĂ©tant : 

« Qui combattra le dragon et renverra le dragon dans la mer? »
Les dieux Ă©mus tinrent conseil. BĂȘl leur fit la description du monstre : 
« Il a, dit-il, cinquante doubles lieues de long, et sa bouche est large de six coudées. »
Tous les dieux tremblaient d'effroi, et nul n'osait affronter le monstre, bien qu'au vainqueur fĂ»t rĂ©servĂ© le privilĂšge de rĂ©gner en maĂźtre sur la terre. Sur les exhortations de SĂźn, le dieu Tichkhon cependant tenta l'entreprise, mais sans succĂšs. BĂȘl Ă  son tour essaya. En vain commença-t-il par soulever un nuage et dĂ©chaĂźner une affreuse
tempĂȘte pour anĂ©antir le dragon; il ne parvint Ă  vaincre le monstre qu'en jetant sur lui le sceau de son Ăąme. Abattu enfin, le dragon expira, aprĂšs que son sang eĂ»t coulĂ© pendant trois ans, trois mois et un jour. Et BĂȘl conquit de la sorte la suprĂ©matie sur la terre.

Au temps oĂč, sous le nom d'Enlil, BĂȘl rĂ©gnait Ă  Nippur, il avait pour compagne Ninlil. Par la suite son Ă©pouse fut adorĂ©e sous le nom de Ninahasag (« la dame de la montagne », parce qu'avec lui, elle rĂ©sidait sur la Montagne de l'Est. On l'appelait aussi BĂȘlit, c'est-Ă -dire « la Dame ». Bien qu'elle porte quelquefois le titre de
mĂšre des dieux Ninharsag ou BĂȘlit n'exerce sur l'olympe babylonien aucune suprĂ©matie. Par contre, elle nourrit de son lait sacrĂ© ceux que BĂȘl a destinĂ©s Ă  devenir rois parmi les humains. Ainsi, grĂące Ă  elle, les souverains de la terre peuvent-ils se glorifier d'une origine cĂ©leste. (F. Guirand).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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