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L'histoire de l'Afrique
De la Forêt équatoriale à l'Angola
On a réuni ici deux ensembles assez différents. La grande forêt équatoriale au Nord conserve son histoire bien à l'abri sous d'épaisses futaies. Du Gabon aux confins de l'Oubangui-Chari elle semble condamnée à n'être la plupart  du temps que le récit difficilement vérifiable de mouvements de population d'ailleurs confus. Au Gabon, c'est la piste des Fang que l'on parvient à suivre le mieux. Plus avant dans la forêt et dans ces lisières lointaines, se détachent les noms de populations comme les Azandé et les Pygmées, avec des récits qui s'adressent surtout  à  l'imaginaire, et sont peut-être aussi à l'origine de bien des clichés sur "l'Afrique sauvage",  et bien peu représentatifs finalement de l'histoire de ce continent. 

Beaucoup mieux documentée est, au Sud, l'histoire du puissant royaume du Kongo (Congo) et de ses rois très tôt christianisés, et  de quelques uns des remuants États qui se sont formés à l'intérieur des terres, tels les royaumes de Kuba, de Luba et de Lunda, même si leur passé se perd le plus souvent dans la légende. L'histoire des uns et des autres, en tout cas dès l'arrivée des Portugais à la fin du XVe siècle, qui établiront leurs avant-postes sur la côte angolaise, s'articulera à l'image de ce qui se passe dans le golfe de Guinée et dans la région des Grands lacs, autour d'une seule et impérieuse logique : celle d'une économie fondée sur la traite esclavagiste. Les nombreuses guerres menées par la suite, le seront  essentiellement pour  assurer la pérennité de ce commerce. 

Dates-clés :
1498 : Arrivée des Portugais à l'embouchure du fleuve Congo.

1568 : Les Jaga s'emparent de la capitale du royaume du Kongo. Début de la mainmise portugaise.

XVIIIe siècle  : Disparition de fait du Kongo. Apogée des royaumes de Luba et de Lunda.

1850 - Les Fang atteignent l'Ogôoué.

ca. 1854 : Livingstone découvre du pétrole en l'Angola.

Sous les obscures futaies de la forêt équatoriale...

La grande forêt équatoriale couvre le sud du Cameroun actuel, l'essentiel du Gabon et s'étend, par delà la Centrafrique jusqu'aux confins du Ruwenzori, dans la région des Grands Lacs. Elle n'a jamais été un obstacle infranchissable à la circulation, ni même au peuplement. Mais elle est souvent une terre de réfugiés. Ici, l'on découvre, par exemple, les Baya et les Mandjia, apparemment originaires du Cameroun, et qui auraient fui l'avancée des Peuls au  XIXe siècle pour s'installer dans les forêts de Centrafrique, repoussant à leur tour vers le Sud les Dzem, qui eux-mêmes provoquent le départ des Kwelé et des Kota. Là ce sont les Banda qui, sans doute à la même époque, ont établi leur domaine dans la vallée de la Kotto, puis dans le Mbomu, et qui auraient fait le chemin depuis le Bahr-el-Ghazal, cette fois pour fuir les trafiquants d'esclaves. Ailleurs, ce sont les Nzabi, les Téké ou le Mbamba poussé par l'expansion des populations du Congo qui prennent la route de la forêt. Sans parler des Fang et des Azandé que l'on découvre tardivement. Seuls les Pygmées semblent être là depuis la nuit des temps ou presque. Mais que sait-on de leur histoire? L'espace que couvre la grande forêt  et ses marges immédiates n'a vraisemblablement jamais abrité de structure politique aisément identifiable. Au mieux distingue-t-on le pays Mandja, entre le Chari, l'Oubangui, le pays Banda, dans la région du Kotto inférieur, et, au-delà, les pays Mangbetou azandé. Cela a pour corrollaire une histoire qui, au-delà du XIXe siècle, est difficile à reconstituer. Et quand parfois c'est le cas, malgré tout, elle reste très parcellaire. 

Les Azandé.
Peut-être  originaires de la région du lac Tchad, les Azandé (Zandé, au singulier) vivent aujourd'hui principalement au sud-ouest du Soudan et en Centrafrique, où ils ont formé à la fin du XVIIIe siècle une  fédération de chefferies autour du clan des Avungara, dans lequel était recruté le chef. Leurs  premiers contacts des trafiquants arabes remontent au milieu du XIXe siècle  et ont été rapidement placés sous le sceau de la traite esclavagiste : les Azandé, sous la conduite d'une aristocratie guerrière, procuraient à leur interlocuteurs ivoire et esclaves en échange d'armes à feu, vidant ainsi  peu à peu la région de l'Obangui et de l'Ouellé de ses habitants. Dans l'affaire, ils ont gagné en quelques décennies une redoutable réputation, accentuée par des rumeurs de cannibalisme. En 1879, ils accepteront  de se placer sous la souveraineté égyptienne, et après avoir combattu les Belges installés au Congo se soumettront à eux en 1896.

Attention, cannibales! S'il est un mythe dont on serait tenté de dire qu'il a la peau dure, c'est bien celui de l'anthropophagie des Azandé, dont certains groupes sont d'ailleurs connus sous le nom de Nyam-Nyam, une onomatopée plutôt parlante. Leurs dents taillées en pointe (une mode d'ailleurs partagée par d'autre populations voisines) n'ont rien arrangé. L'ethnologue Edward Evans-Pritchard (1902-1973) a montré dans un ouvrage devenu classique (Sorcellerie, oracles et magie chez les Azandé, 1937) que cette réputation n'avait pas de vrai fondement. Certes, il y a eu en certaines occasions (périodes de famine) consommation de chair humaine (guerriers ennemis tués au combat), expliquait-il, mais cela n'a jamais été une pratique reconnue et acceptée dans la société Azandé.
Les Pygmées.
La petite taille des Pygmées a fait attirer l'attention sur eux depuis très longtemps. Pépi II (= Neferkara), un pharaon de la VIe dynastie (2400 ans av. JC.), a ainsi reçu à sa cour de Memphis un Pygmée captif, ramené par une expédition que son prédécesseur, Merenrê,  avec envoyé à la découverte du "pays des Arbres", loin au Sud. Plus tard, Homère, au début du  livre III de l'Iliade mentionnera aussi des Pygmées. Encore convient-il de rester très prudent en ce qui concerne l'assimilation de ce peuple légendaire - qui peut avoir aussi été complètement imaginaire - avec les populations d'Afrique auxquelles on donnera plus tard le nom de Pygmées. On notera cependant qu'à l'époque, l'habitat des Pygmées avait peut-être  une extension géographique très  importante, qui pouvait justifier des contacts avec des populations de l'Afrique septentrionale. Les traditions locales du Kassaï, du bas Congo et du Katanga, par exemple, ont conservé leur souvenir d'une population de "petits hommes", travaillant la pierre, qui auraient précédé les agriculteurs que l'on rencontre désormais dans ces régions. 

Aujourd'hui, les Pygmées se distribuent dans trois grandes zones, entièrement comprises à l'intérieur de la forêt équatoriale : au nord-est, dans la forêt de l’Ituri, les Mbuti conservent encore souvent un mode de vie nomade, fondé sur la chasse (arc et  javelot) et la cueillette, que l'on défini comme ancestral. Tout au contraire, les Twa, qui vivent, à l'Est, dans la région des Grands Lacs (Kivu et  Rwanda, notamment) sont bien intégrés aux autres populations, et partagent leurs modes de vie agricoles. Le métissage leur a fait perdre pour l'essentiel leurs caractères physiques. A l’Ouest, c'est-à-dire Cameroun, au Gabon et au Congo, se rencontrent les Binga, qui donnent l'exemple d'un mode de vie intermédiaire : ils sont sédentarisés, liés par des relations de "clientèle" (si ce n'est de servage) avec les Bantous, mais continuent semble-t-il de pratiquer la chasse à l'occasion. Il est a noter que ces différents groupes n'ont pas de langue commune (ils parlent les langues des populations avec lesquelles ils sont en contact direct). 
Les Pygmées et les voyageurs. - Les Pygmées, plus que toute autre population d'Afrique équatoriale, ont attiré l'attention des voyageurs européens du XIXe siècle, qui les ont le plus souvent désignés sous le nom d'Obongo, Bongo ou Babonko (noms de même sens en s'appliquant à des tribus dispersées dans des localités différentes). Auparavant, on connaissait les Matimbas mentionnés par Battell et les Bakkes-Bakkes de Dappe, et l'on a voulu en faire les ancêtres des Obongo. C'est Du Chaillu qui, le premier a parlé des Obongo. Il les a rencontrés chez les Achangos, à l'Est de la Ngujai. Un homme mesuré par lui avait 1,52 quatre femmes avaient 1,42 m; leur peau plus claire que celle des autres noirs (L'Afrique sauvage, 1868, p. 263). Les Babonko, à peu de distance au Sud, ont été étudiés par la mission allemande du Loango, Des photographies qu'en a prises Falkenstein, deux ont été publiées par la Revue d'ethnologie de Berlin pour 1874 (VI, p. 16) et deux par  Hartmann, dans son livre sur les Nigritiens (Die Nigritier, etc., 1876). Elles représentent deux adultes. Les Babonkos vivaient, apprenait-on dans leurs rapports, dispersés dans les forêts de l'intérieur du Loango, fuyant les autres Noirs, et les individus observés par les voyageurs étaient pour la plupart des esclaves. Dybowski avait pu en voir également plusieurs, et en avait pris des portraits. Ces photographies, furent présentées à la Société d'anthropologie en 1894. Chez les N'javis, dans les montagnes à  l'E. de la Ngujai, c.-à-d, dans la région où Du Chaillu avait vu les Obongos, Marche en rencontra également (Zaborowski).
Le Gabon dans l'histoire.
Plusieurs centaines de sites préhistoriques ont été découverts dans les savanes des environs de Libreville, de Franceville et de Mouila. Mais l'histoire ancienne du Gabon reste pour l'essentiel inconnue. Certaines des populations actuellement établies dans l'Ouest, tels les Mpongwé et les Oroungou sont considérées comme d'implantation ancienne. Les Portugais signalaient déjà la présence des Mpongwé à la fin XVe siècle sur l'estuaire du Gabon. Anciennement, les Mpongwé et les Oroungou  étaient respectivement des agriculteurs et pêcheurs. Mais ils ont aussi, au cours des premières décennies du XIXe siècle, joué un rôle important comme intermédiaires dans le commerce des esclaves. Ce fut une période faste, en particulier pour les Ouroungou qui se sont constitué un royaume à cette époque.  Les Fang (qui avec les Eton, les Ewondo et les Boulou forment le groupe dit pahouin, une qui leur vient des Mpongwé et signifie «barbares sauvages ») seraient originaires du Nord et leur implantation apparaît  plus tardive. 

Les Fang se divisent en trois tribus principales : les Majouna (Mazouna) ou Betchis,
les Makina ou Makeï (appelés Ossyeba par les peuples voisins), et les Makouna qui se rapprochent par leur langue des Bingom ou Akellés. Ces divisions sont tirées de leur manière de commencer le discours  : les mots ma-jou-na, ma-ki-na, etc., signitient : « je dis que ». D'ailleurs les idiomes dont se servent les trois tribus ne sont que des dialectes de la même langue, ne différant que très peu entre eux. 

Subissant la pression, semble-t-il, de l'avancée des Peuls ou de celle des Mvélé, ils ont quitté en même temps que les autres Pahouins les rives de la rivière Sanaga au XVIIIe siècle et ont progressé par vagues successives - guidés à travers la forêt par des Pygmées décrits comme des magiciens par leurs tradition, et précédés d'une réputation (peu fondée, mais utile quand vous voulez qu'on vous fiche la paix!) d'anthropophages -, jusqu'à atteindre, en 1850, le bas Ogôoué. Les Pahouins ont suivi dans leur migration les Bakota, qui les auraient précédés de quelques siècles et les Bamileké qui au XVIIe siècle auraient été repoussés dans la région par les Bamoum. 

La marche des Pahouins en avant du Nord-Est au Sud-Ouest. a été un fait observé par les Européens et confirmé par leurs traditions; mais la question de leur point de départ a longtemps été ouverte. Les Fang eux-mêmes désignaient les environs du « lac » Tem comme leur berceau; Crampel a suivi le cours d'une rivière de ce nom en 1888. Cette rivière se trouve aux environs des 10° de longitude Est et 2° de latitude Nord. Certains anthropologues et ethnographes ont relégué vers la même époque le pays d'origine des Fang beaucoup plus au Nord-Est, au voisinage des Nyam-Nyam (Azandé, ci-dessous) avec lesquels ils offraient, disaient les voyageurs, des ressemblances, aussi bien au point de vue physique qu'au point de vue des moeurs. Les Fang se limaient les incisives en pointe, tressaient de même manière leur chevelure et leur barbe, employaient des écorces battues comme vêtement, se servaient des mêmes armes de jet à plusieurs pointes, etc. Les hommes, peu ou point vêtus, étaient armés de fusils à pierre, de boucliers carrés, de lances et de flèches empoisonnées avec le suc d'une apocynée contenant de la strophantine et appelé onaï. Les femmes, aussi peu habillées que les hommes, étaient surchargées d'ornements de toute sorte, perles, plumes, verroterie, anneaux de cuivre très pesants, qui les empêchaient de se mouvoir librement. Les deux sexes avaient l'habitude de compléter leurs ornementations par quelques poils d'éléphant passés dans les narines.
Les Portugais avaient été les premiers Européens venus au Gabon. Ils furent suivis des Hollandais, et ce pays fut un foyer de traite jusqu'en 1839, époque à laquelle la Malouine, commandée par le lieutenant de vaisseau Bouët-Villaumez, est venue y mouiller. Divers traités, dont le plus important, signé en 1844, furent passés avec les chefs de cette région. Le Gabon devint en 1845 un point central de relâche et d'approvisionnement. Le Gabon a fait partie plus tard de la colonie de l'Ouest-Africain. En 1886, une séparation administrative a été opérée entre le Gabon et le Congo. Le Gabon fut dès lors administré par un lieutenant-gouverneur ayant sous ses ordres un commandant de la marine; un conseil d'administration du Gabon a été institué la même année. Enfin un décret du 11 décembre 1888 a réuni définitivement le Gabon et le Congo français sous l'autorité supérieure d'un commissaire général. La république gabonaise n'acquerra son indépendance qu'en 1960. Depuis son indépendance le Gabon a toujours été soumis à un régime autoritaire, d'abord sous la présidence de Léon Mba, puis, depuis 1967, sous celle d'Omar Bongo. Riche en pétrole, le pays a pu compter sur toute l'attention aussi bien de la France qui y maintient une présence militaire (elle a préservé Mba d'une mutinerie en 1964 et a aidé à la répression d'émeutes en 1990), que de celle d'autres pays occidentaux (Royaume-Uni, et, de plus en plus, Etats-Unis).

De l'Oubangui-Chari à la Centrafrique.
La République centrafricaine portait le nom d'Oubangui-Chari à l'époque coloniale, du nom des deux voies de pénétration empruntées par les européens pour y parvenir et dont le cours a servi à en tracer les frontières. Le Chari est un fleuve qui se jette dans le lac Tchad et dont le cours supérieur, sous divers noms, délimite en partie au Nord la Centratrique; l'Oubangui, qui formait jadais une des principales voies d'accès vers le centre de l'Afrique et du Congo vers les bassins du Nil et du Bahr-et-Gazal d'une part, du Chari d'autre part, en dessine une partie de la frontière au Sud.

L'Oubangui fut découvert sous le nom d'Ouellé par Schweinfurth, en mars 1870, dans le pays des Monbouttous, mais ce géographe le prit pour l'origine du Chari. Stanley l'identifia à tort avec l'Aroufrimi, ce fut Grenfell qui, le remontant jusqu'à Songo, conjectura que l'Oubangui était l'Ouellé de Schweinfurth (1885) et Van Gèle qui le démontra en 1890. L'année précédente, Albert et Michel Dolisie, partis eux aussi pour explorer le cours du fleuve, avaient fondé Bangui.
Dès cette époque, l'Oubangui forma la limite de l'État du Congo et des possessions françaises jusqu'au confluent du Mbomou, que suivait la frontière, le cours supérieur de l'Oubangui étant complètement congolais depuis la convention conclue avec la France le 4 août 1894. Lorsque la France entreprit de pénétrer dans ces régions, elle constitua un commissariat général du haut Oubangui à la tête duquel on plaça comme administrateur Liotardt, sous sa direction, il fut procédé à l'occupation du Chari et du Bahr-el-Gazal. Cette derniè re opération conduite par Zemio et Mechra-er-Rek, jusqu'à Fachoda, sur le Nil, grâce au commandant Marchand, aboutit à un conflit avec l'Angleterre victorieuse du Mahdi. La convention franco-anglaise du 21 mars 1899 fixa la frontière française à la ligne de partage des eaux du Nil et du Congo. Le territoire du haut Oubangui fut donc limité aux bassins de cette rivière et du Tchad (Chari).

Le régime colonial qu'impose la France en Oubangui-Chari va y être - au moins jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale - l'un des plus oppressifs et destructeurs qu'ait connu l'Afrique. A causes des mauvais traitements et des des maladies apportées par les Européens, la moitié de la population disparaît en un demi-siècle. La situation s'améliore dans les années 1940-50 et l'indépendance est finalement acquise le 13 août 1960. Le premier président de la nouvelle République Centrafricaine est David Dacko. Il est renversé cinq ans plus tard par un ancien capitaine de l'armée française, Jean-Bedel Bokassa, qui se déclarera successivement président à vie, maréchal, puis empereur en 1976, à l'occasion d'un sacre imité de celui de Napoléon, et avec la complicité bienveillante d'une France qui ne lâche (sous la pression de l'opinion) le régime qu'en 1979, lorsque Bokassa se trouve impliqué dans diverses exactions (répréssions sanglantes d'émeutes, morts d'enfants emprisonnés, etc.). L'opération Barracuda lancée par Paris à la suite de ces événements met fin aux treize années de règne du dictateur. La république est restauré. Les civils retrouvent le pouvoir en 1993 sous la conduite du président Ange-Félix Patassé. Mais celui-ci est renversé par les militaires en 2003. Entre-temps, la France a évacué ses bases  de Bouar (1997) et de Bangui (1998).
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Esclaves en Afrque.
Convoi d'esclaves en Afrique.

Le Congo
La région dont l'histoire est abordée ici correspond, depuis 1960, à deux États souverains, le Congo-Brazzaville, aujourd'hui appelé République du Congo, et le Congo-Kinshasa, appelé Zaïre naguère, et désormais République Démocratique du Congo. Ce nom de Congo, provient de celui d'une royaume apparu au XIVe siècle , environné  plusieurs autres États (Kuba, Luba, Lunda, etc.) qui eurent aussi leur importance, du moins jusqu'à l'irruption des Européens. Les Portugais, ayant découvert ce pays en 1484, s'y étaient établis et avaient transformé la capitale du royaume, Mbanza Kongo, en une ville d'aspect européen qui compta jusqu'à 40000 habitants et qu'ils nommèrent San-Salvador. En 1636, une, invasion des Jaga (Djaga ou Njagga), peuple de l'intérieur ruina la ville et marqua le terme de la domination portugaise qui ne se maintint qu'en quelques points de la côte (enclave de Cabinda, et Angola, plus au Sud). Les prétentions du Portugal sur ce littoral, après avoir été longtemps contestés par plusieurs puissances européennes, furent définitivement réglés en 1884-85 lors de la conférence africaine de Berlin, qui a réparti la région du Congo entre la France, le Portugal et l'Association internationale africaine, propriété personnelle de Léopold II, roi des Belges. 

Au XXe siècle, deux colonies furent formées : le Congo belge, issu de la "nationalisation", en 1908, par la Belgique de l'ancienne Association internationale Africaine (devenue entre-temps l'État indépendant du Congo), et le Congo français, qui devient en 1910 une division de la toute nouvelle Afrique Équatoriale Française (A.E.F). Durement éprouvés par l'exploitation qu'ils ont subie tout au long de la période coloniale, les deux pays accèdent à l'indépendance en 1960, mais les populations restent soumises à l'oppression. Un despote, Joseph Mobutu (Mobutu Sese Seko) dirige le Zaïre avec brutalité pendant 32 ans. Il sera chassé du pouvoir en 1997, mais seulement par une nouvelle dictature celle des Kabila, père et fils. Quant au Congo-Brazzaville, pendant un quart de siècle il expérimente, sous la férule d'un régime autoritaire dirigé depuis 1979 par Denis Sassou-Nguesso, une politique marxiste qu'il finit par abandonner en 1990. Un président est élu en 1992, mais après une brève guerre civile, en 1997, Sasoou-Nguesso revient au pouvoir.

L'Angola
L'Angola actuel correspond à un pays peuplé jusqu'au VIIIe siècle de notre ère par des populations khoïsan (bochimans). Elle sont ensuite refoulées vers le sud par des Bantouphones, déjà installés depuis plusieurs siècles au Nord du fleuve Congo (Zaïre). A partir du XIe ou du XIIe siècle, cette expansion prend fin,  et la contrée, que l'on désigne alors sous le nom de Dongo (appellation que l'on conservera plus tard pour une partie de l'Angola) entre dans la dépendance du royaume du Kongo. Au XVIe siècle, un des seigneurs ou Sovas entre lesquels était divisé le pays, battit tous ses voisins avec l'aide des Portugais. Il forma avec ses conquêtes un royaume indépendant qu'il appela de son nom Angola. Une indépendance bien éphémère, car déjà les Portugais  qui fondent Luanda en 1576, manifestent, leurs prétentions sur la zone côtière. Malgré les nombreux soulèvement auxquels ils sont confrontés, et même la survie quelque temps, à l'intérieur des terres d'un État indépendant, le Matamba, détaché de l'ancien Kongo, les Portugais organisent à partir de leurs établissements angolais l'une de leur principales places pour l'approvisionnement en esclaves destinés au Brésil. Plus d'un million de personnes traverseront enchaînées l'Atlantique jusqu'en 1680, et la traite ne sera officiellement abolie par le Portugal qu'en 1836. On a continué à exporter d'Angola de l'or, de l'ivoire, de la gomme et des matières médicinales, du fer, du cuivre, de la cire, du miel, du piment, de l'huile de palmier, etc. C'est Livingstone qui en signalera le potentiel pétrolifère. 

Reconnu officiellement comme une colonie portugaise en 1886, l'Angola devient en 1951 une province d'outremer du Portugal. Un mouvement indépendantiste, le MPlA (mouvement populaire de libération de l'Angola) apparaît en 1956, qui va dans les années suivantes conduire une guérilla. L'indépendance ne sera cependant obtenue qu'en 1974, à la chute du régime salazariste au Portugal. Mais en période de guerre froide, un pays africain indépendant, c'est surtout un pays pris en otage par les deux grandes superpuissances et leurs alliés. Le MPlA, au pouvoir, va se trouver soutenu par des troupes venues de Cuba, allié de l'URSS, et une guérilla menée par l'Unita, le mouvement armée de Jonas Savimbi, soutenu par l'Afrique du Sud  et les États-Unis. En 1988, Cuba et l'Afrique du Sud signent un accord pour le retrait de leurs troupes et un cessez-le feu est signé l'année suivante entre Savimbi et le président dos Santos, du MPlA. La paix sera finalement signée en 1991, après l'abandon de la doctrine marxiste par le MPlA. Battu aux élections qui ont lieu l'année suivante, Savimbi relancera la guérilla. Malgré la poursuite d'affrontements armés épisodiques, la situation s'apaisera ensuite relativement, n'ayant plus le moteur de la guerre froide pour attiser les tensions, et la mort de Savimbi en février 2002 abouti quelques mois plus tard à la démobilisation de l'Unita

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