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On a donné donne
le nom de Mur d'Antonin, Vallum Pii, à un système de fortifications
construit sous le règne d'Antonin, qui formait
la frontière la plus avancée de la province de Britannia
(Angleterre ),
du coté du pays, non occupé par les Romains,
de la Caledonia
(Ecosse ).
Ces fortifications couvraient presque en entier l'isthme très resserré,
qui s'étend du golfe de Bodotria à l'Est (aujourd'hui golfe du Forth)
au golfe de la Glota
à l'Ouest (aujourd'hui golfe de la Clyde), et qui, à présent, est gardé
en arrière par les deux villes écossaises de Edimbourg
et de Glasgow .
Lorsque Agricola avait fait la conquête de
la Bretagne, il avait compris l'importance stratégique de cette étroite
langue de terre qui permettait d'isoler les pays conquis au Sud des régions
indépendantes du Nord, et il avait commencé à cet endroit une série
d'ouvrages militaires. Mais ces travaux durent être abandonnés presque
aussitôt; car il ne paraît pas que les Romains aient pris une possession
réelle de cette portion reculée de leur province de Bretagne, au moins
jusqu'à l'époque d'Hadrien. Cet empereur fit
construire dans cette région, mais sensiblement plus au Sud, un grand
ensemble de fortifications qu'on appela de son nom le Mur d'Hadrien .
Quant aux travaux du règne d'Antonin,
le seul texte classique qui en fasse mention est ce passage de la Vie
d'Antonin le Pieux dans l'Histoire auguste
:
Sous son
règne, le légat Lollius Urbicus vainquit les Bretons, et tint les barbares
en respect par la construction d'un nouveau rempart de terre gazonnée.
Heureusement de nombreuses inscriptions datées,
retrouvées à l'emplacement même du vallum, ont permis de reconstruire
l'histoire et la topographie des fortifications auxquelles Antonin
le Pieux a laissé son nom. Comme on a pu déterminer l'époque ou
Q, Lollius Urbicus Pius fut légat de Bretagne
et la fixer à 140-143, il s'ensuit que le mur d'Antonin fut construit
dans l'espace de ces trois années. Les trois légions cantonnées en Bretagne,
la legio Il Augusta, la legio Vl victrix, la legio XX
Valeria victrix, ou du moins des détachements de ces corps, de même
de nombreuses cohortes auxiliaires ont pris part aux travaux de terrassement
et de construction qui ont été faits à cette occasion. On ne trouve
plus de mention dans l'histoire après le milieu du second siècle de cette
muraille défensive. C'était une sorte de fortification avancée qui protégeait
du côté du nord la muraille d'Hadrien .
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Restes
du mur d'Antonin, à Rough Castle (fouilles du début du XXe
siècle).
Les empereurs qui suivirent Antonin
craignirent peut-être d'avoir à faire un nouveau pas en avant pour protéger
le Vallum Pii, et ils préférèrent concentrer toute la défense
de la Bretagne septentrionale dans le Vallum Hadriani .
Ces fortifications de terre gazonnée qui s'étendaient en ligne droite
sur une longueur de 40 milles romains environ, ou 60 kilomètres, c. -à -d.
la moitié en longueur de la muraille d'Hadrien, et dont les ruines sont
appelées aujourd'hui par les habitants du pays Graham's Dyke, se
composaient de trois parties principales. En premier lieu, du côté du
nord, un fossé large d'environ 40 pieds anglais et profond de 20. En second
lieu, un remblai sur la rive méridionale du fossé, garni de distance
en distance de postes fortifiés et de tours. Sa largeur à la base était
d'environ 24 pieds, sa hauteur d'une vingtaine.
Il avait été fait en opus incertum
selon l'expression technique des architectes romains, c.-Ã -d. avec toutes
sortes de matériaux, des pierres, de la terre gazonnée, etc., suivant
la nature du terrain dont disposaient les ouvriers militaires d'Antonin.
En haut régnait un parapet et à la base méridionale un chemin de ronde
d'une vingtaine de pieds de largeur. Enfin, en troisième lieu, il y avait
plus au sud tout un système de forts détachés, qu'on suppose, d'après
les ruines existantes, avoir avoir été au nombre de dix-huit ou de dix-neuf;
les emplacements de dix au moins étaient encore facilement visibles au
milieu du XVIIIe siècle. Les inscriptions
ont permis de fixer le poste le plus oriental du Valium Pli à Carriden
et le poste le plus occidental à Dumbarton .
(G. L. G.). |
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