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Battambang,
deuxième plus grande ville du Cambodge
après Phnom Penh, est nichée dans le
nord-ouest du pays, au coeur d'une vaste plaine rizicole considérée comme
le grenier à riz du pays. Traversée par la rivière Sangkae, qui serpente
paresseusement à travers la ville avant de rejoindre le grand lac Tonlé
Sap, Battambang est aussi le chef-lieu de la province du même nom. Contrairement
à Phnom Penh ou Siem Reap, la ville a longtemps échappé au tourisme
de masse, ce qui lui confère une atmosphère plus authentique et préservée,
où la vie locale continue de rythmer les rues sans être totalement absorbée
par les visiteurs étrangers.
L'histoire de Battambang
est profondément marquée par les rivalités entre le royaume khmer et
le royaume siamois voisin. Fondée selon la légende par un berger nommé
Ta Dambang Kranhoung, dont le nom signifie littéralement "celui qui a
perdu son bâton", la ville tire son nom de ce mythe fondateur lié Ã
un bâton magique en bois de kranhoung. Pendant des siècles, la région
a alterné entre domination khmère et siamoise, en raison de sa position
stratégique à la frontière des deux civilisations. Elle fut cédée
au Siam à plusieurs reprises, notamment
au XIXe siècle, avant d'être restituée
au Cambodge en 1907 sous la pression de la France
coloniale, qui négocia son retour dans le cadre du protectorat français.
C'est précisément
cette période coloniale
française qui a laissé l'empreinte la plus visible sur le visage actuel
de la ville. Battambang possède aujourd'hui l'une des plus belles collections
d'architecture coloniale française du Cambodge, avec des façades ocre
et jaune pâle, des volets en bois, des arcades et des bâtiments administratifs
qui rappellent les villes provinciales du sud de la France. De nombreuses
shophouses de style sino-portugais, construites par les commerçants
chinois installés dans la région, bordent également les rues du
centre historique, créant un mélange architectural unique en son genre.
Le XXe
siècle a apporté son lot de bouleversements. Comme le reste du pays,
Battambang a traversé la sombre période des Khmers rouges entre 1975
et 1979, durant laquelle la population fut déportée vers les campagnes
et soumise au travail forcé, avec des pertes humaines considérables.
La région est restée l'une des dernières poches de résistance khmère
rouge jusque dans les années 1990, certains combattants opérant encore
près de la frontière thaïlandaise longtemps après la chute du régime
central. Cette histoire tourmentée explique en partie pourquoi la province
a conservé un développement plus lent que d'autres régions du pays,
mais aussi pourquoi elle a su préserver un patrimoine architectural que
la guerre et la modernisation rapide ont détruit ailleurs.
Aujourd'hui, Battambang
est reconnue comme un centre culturel et artistique important du Cambodge.
La ville abrite plusieurs écoles de cirque et d'arts, dont la célèbre
troupe Phare Ponleu Selpak, fondée par d'anciens réfugiés dans les camps
à la frontière thaïlandaise, qui a formé de nombreux artistes cambodgiens
et qui essaime aujourd'hui jusqu'Ã Siem Reap.
La région environnante
offre aussi des sites remarquables comme les temples perchés de Phnom
Sampov et de Phnom Banan, ce dernier rappelant par sa structure le style
d'Angkor Vat en miniature, ainsi que le fameux
"bamboo train" (norry), un moyen de transport artisanal fait de
plateformes de bambou montées sur des essieux de chars à boeufs, qui
circulait autrefois sur d'anciennes voies ferrées et reste aujourd'hui
une curiosité appréciée des visiteurs. |
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