 |
On nomme lanthanides
ou terres rares une série de quatorze éléments chimiques, listés
ici dans l'ordre de leurs numéros atomiques : cérium (Ce), praséodyme
(Pr), néodyme (Nd), prométhium (Pm), samarium (Sm), europium (Eu), gadolinium
(Gd), terbium (Tb), dysprosium (Dy), holmium (Ho), erbium (Er), thulium
(Tm), ytterbium (Yb), et lutécium (Lu). Le lanthane (La), qui donne son
nom à ce groupe d'éléments, n'y est pas ordinairement rangé; il sera
toutefois étudié dans cette page pour des raisons de commodité.
Les lanthanides ont
des propriétés chimiques et physiques très semblables en raison de leur
configuration électronique similaire. Ils sont utilisés dans l'industrie
pour leurs propriétés magnétiques, optiques et catalytiques. Par exemple,
le néodyme est utilisé dans la fabrication d'aimants
puissants, le cérium est utilisé dans les catalyseurs automobiles et
l'europium est utilisé dans les écrans à cristaux liquides. Il convient
de noter que le prométhium (Pm) est le seul des lanthanides dont tous
les isotopes sont radioactifs. Les autres
lanthanides peuvent exister sous forme d'isotopes stables ou radiocatifs.
-
|
La géopolitique
des terres rares
Les terres rares
sont indispensables à une vaste gamme d'applications, allant des énergies
renouvelables (éoliennes, véhicules électriques) à l'électronique
grand public (smartphones, écrans), en passant par la défense (missiles,
systèmes de guidage). Cette dépendance croissante aux terres rares, couplée
Ă une concentration significative de leur production et transformation
dans un nombre limité de pays, principalement la Chine, crée des enjeux
géopolitiques majeurs.
La Chine
possède les plus grandes réserves prouvées, contrôle une part écrasante
de l'extraction minière et domine les étapes de raffinage et de transformation,
souvent plus complexes et polluantes. Cette position dominante confère
à la Chine un levier géopolitique considérable. Elle a déjà démontré
par le passé sa volonté d'utiliser cet avantage, notamment en restreignant
ses exportations lors de différends commerciaux ou diplomatiques, suscitant
des inquiétudes quant à la sécurité d'approvisionnement pour les autres
nations.
Face à cette dépendance,
les pays consommateurs, tels que les États-Unis,
l'Union Européenne, le Japon
et la Corée du Sud, cherchent à diversifier
leurs sources d'approvisionnement et à réduire leur vulnérabilité.
Plusieurs stratégies sont envisagées et ont commncé à être mises en
oeuvre. La première consiste à développer l'extraction minière sur
leur propre territoire ou dans des pays partenaires. Cependant, cette démarche
se heurte à des défis environnementaux, économiques et sociaux, ainsi
qu'à des délais importants pour la mise en exploitation de nouvelles
mines. De plus, on l'a dit, les gisements de terres rares ne sont pas uniformément
répartis.
Une autre approche
réside dans la diversification des sources d'approvisionnement en dehors
de la Chine. Des pays comme l'Australie, les
États-Unis, le Brésil, le Vietnam,
la Russie, l'Ukraine
et certains pays africains possèdent des réserves potentielles. Des initiatives
internationales et des partenariats bilatéraux sont développés pour
encourager l'investissement et le développement de capacités d'extraction
et de transformation dans ces régions. L'objectif est de créer des chaînes
d'approvisionnement alternatives et plus résilientes.
Le recyclage des
terres rares issues des produits en fin de vie représente également une
voie prometteuse. Les technologies de recyclage sont en développement
et pourraient contribuer à réduire la dépendance à l'extraction minière
primaire. Cependant, le recyclage des terres rares est complexe et encore
peu développé à l'échelle industrielle. Des efforts importants sont
nécessaires pour améliorer les taux de collecte, les technologies de
séparation et de récupération, ainsi que la rentabilité économique
du recyclage.
La recherche et développement
de substituts aux terres rares constituent une autre piste évoquée. Dans
certaines applications, il est possible de remplacer les terres rares par
d'autres matériaux moins critiques ou plus abondants. Cependant, les propriétés
uniques des terres rares dans certaines applications spécifiques, notamment
dans les aimants permanents utilisés dans les éoliennes et les véhicules
électriques, rendent la substitution difficile, voire impossible dans
certains cas.
La sécurisation
de l'approvisionnement en terres rares est devenue un impératif stratégique
pour de nombreux pays, et les tensions géopolitiques autour de ces minéraux
sont susceptibles de s'intensifier dans les années à venir, à mesure
que la demande mondiale continue de croître et que la compétition pour
les ressources s'accentue. |
​Lanthane
(symbole : La).
Le lanthane est
un métal rare, mou, argenté et malléable, découvert en 1839 par Carl
Mosander (1797-1858). Il se trouve naturellement dans la monazite
et surtout la bastnäsite. Il en existe
deux isotopes naturels, le lanthane-139 (stable) et le lanthane-138 (radiactif
de demi-vie 1010-1015
ans). C'est un élément relativement réactif, surtout lorsqu'il est exposé
Ă l'air et Ă l'eau, car il forme rapidement une couche d'oxyde
qui le protège de la corrosion.
-
Lanthane
(La)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
57
138,91
3470*
920
8,17*
(Xe)5d16s2
3 |
|
Le lanthane est
principalement utilisé comme catalyseur dans le craquage du pétrole brut,
dans les catalyseurs pour la dépollution des gaz d'échappement, et dans
les batteries au nickel-métal hydrure (NiMH). Il est également présent
dans certains alliages utilisés dans l'industrie aérospatiale. Le lanthane
et ses composés sont employés notamment en métallurgie pour améliorer
la résistance et la ductilité de l'acier. Les composés du lanthane ont
encore bien d'autres usages : le chlorure de lanthane (LaCl3)
est largement utilisé dans la recherche en chimie et en physique comme
source de ions lanthane (La3+); l'oxyde
de lanthane (La2O3) est un composé
solide utilisé comme matériau de revêtement pour les électrodes dans
certains dispositifs électroniques et optiques; le nitrate de lanthane
(La(NO3)3) et le phosphate de
lanthane (LaPO4),sont parfois utilisé dans
la production de céramiques, de verres spéciaux et de matériaux de revêtement;
le fluorure de lanthane (LaF3)
est souvent utilisé comme matériau de revêtement optique en raison de
ses propriétés optiques spéciales; le silicate de lanthane (La2SiO5)
est un matériau luminescent utilisé dans les applications optiques et
dans la fabrication de certaines lampes fluorescentes.
Cérium
(Ce).
Le cérium est un
métal, argenté, mou et réactif, découvert par Martin Klaproth (1743-1817)
en 1803. C'est le plus abondant des lanthanides et se trouve dans la nature
en quantités significatives. Il se trouve notamment dans la cérinite,
la bastnäsite, l'apatite, l'allanite
et surtout la monazite qui est l'une des principales sources commerciales
de cérium. Sur les quinze isotopes identifiés, on en connaît quatre
naturels : le cérium-136, le Ce-138, le Ce -140 et le Ce-142.
-
Cérium
(Ce)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
58
140,12
3468*
795
6,67*
(Xe)4f15d16s2
3,
4 |
|
Le cérium est utilisé
comme réactif dans de nombreuses réactions chimiques, notamment comme
catalyseur dans l'industrie pétrochimique pour le craquage catalytique.
Il est également utilisé dans la production de certaines alliages métalliques
(aluminium, fer), pour améliorer leurs propriétés mécaniques et leur
résistance à la corrosion.
Cet élément
présente deux états d'oxydation principaux, Ce3+
(cérium trivalent) et Ce4+ (cérium quadrivalent).
Parmi les coposés du cérium, on peut mentionner : Le chlorure de
cérium (CeCl3), le sulfate de cérium (Ce(SO4)2),
le nitrate de cérium (Ce(NO3)4)
et le fluorure de cérium (CeF4), ou encore l'oxyde
de cérium (CeO2), largement utilisé comme catalyseur
dans diverses réactions chimiques et comme matériau de polissage pour
les verres optiques et les céramiques. Le cérium est aussi présent dans
le mischmétal, un alliage de diverses terres rares et contenant 25 % de
cérium, et qui est utilisé pour la fabrication de pierres à briquet.
Praséodyme
(Pr).
Le praséodyme a
été découvert par C. A. von Welsbach en 1885, qui l'a isolé, ainsi
que le néodyme (ci-dessous), par un processus de cristallisation
fractionnée et de séparation chromatographique, à partir d'un minéral
connu sous le nom de didymium, auparavant considéré comme un élément
unique. Il se trouve naturellement dans la monazite, la bastnäsite
et l'apatite, notamment. La monazite est l'une des principales sources
commerciales de préséodyme. Il est relativement réactif
avec l'oxygène et l'eau, formant une couche d'oxyde à sa surface. Le
seul isotope naturel est le praséodyme 141, qui n'est pas radioactif;
cependant, quatorze radio-isotopes ont été synthétisés.
Praséodyme
(Pr)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
59
140,907
31,27*
935
6,77*
(Xe)4f35d06s2
3,
4 |
|
Comme d'autres lanthanides,
il est souvent trouvé sous forme d'ions Pr3+
dans ses composés, notamment des halogénures
(comme le chlorure de préséodyme, PrCl3), des oxydes
(comme l'oxyde de préséodyme, Pr2O3),
des nitrates, des sulfates, et d'autres sels.
Le praséodyme est
principalement utilisé comme composant dans les alliages métalliques
(notamment les alliages de l'aluminium et du magnésium),; on le rencontre
également, à hauteur de 5% dans le mischmétal, un alliage de terres
rares. Un autre mélange de terres rares contenant 30 % de praséodyme
est utilisé comme catalyseur dans le craquage du pétrole brut.. Il est
par ailleurs utilisé comme colorant dans certains verres et émaux, donnant
des teintes jaunes et vertes à ces matériaux. Enfin, le préaéodyme
peut être employé comme matériau de contrôle neutronique dans certains
réacteurs nucléaires.
Néodyme
(Nd).
Le néodyme a été
découvert en 1885 par Carl von Welsbach (1856-1929). C'est le deuxième
des lanthanides le plus abondant dans la croûte terrestre après le cérium.
On le trouve notamment la monazite, la bastnäsite et l'apatite.
Ses sept isotopes naturels sont tous stables, à l'exception du néodyme
144, qui est légèrement radioactif (demi-vie de 1010
Ă 1015 ans). Sept autres radio-isotopes
artificiels ont été produits.
Néodyme
(Nd)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
60
144,24
3027*
1024
7,00*
(Xe)4f45d06s2
3 |
|
Le néodyme peut
former notamment des chlorures (comme le chlorure de néodyme, NdCl3),
des oxydes (comme l'oxyde de néodyme, Nd2O3),
des sulfates, des nitrates, des carbonates, etc. Il peut réagir rapidement
avec l'oxygène et l'eau pour former une couche d'oxyde à sa surface.
Cet élément est
remarquable pour ses propriétés magnétiques et est largement utilisé
dans la fabrication d'aimants permanents extrĂŞmement puissants et compacts,
connus sous le nom d'aimants au néodyme-fer-bore (NdFeB). Le néodyme
est également utilisé comme élément actif dans certains lasers,
notamment les lasers solides Ă base de grenat d'yttrium et d'aluminium
dopé au néodyme (Nd:YAG). Le néodyme est également utilisé dans l'industrie
verrière pour la coloration des verres, en particulier pour produire des
verres de couleur violet-rose. Il a des applications en métallurgie, notamment
dans la fabrication d'alliages spéciaux et de matériaux à haute performance.
Prométhium
(Pm).
Le prométhium
a été découvert en 1947 par Jacob A. Marinsky, Lawrence E. Glendenin
et Charles D. Coryell. Rare dans la nature, ce métal se trouve principalement
sous forme de trace dans certains minéraux contenant d'autres terres rares.
Le seul isotope naturel, le prométhium-147, a une demi-vie de seulement
2,52 ans. Dix-huit autres radio-isotopes ont été produits (généralement
en bombardant un isotope stable de néodyme (Nd-142) avec des neutrons
dans un réacteur nucléaire), mais ils ont des demi-vies très courtes.
Prométhium
(Pm)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
61
147
-*
1027
-*
(Xe)4f55d06s2
3 |
|
Il a été utilisé
dans des dispositifs d'éclairage, tels que des cadrans lumineux pour les
montres et les instruments, avant que des alternatives moins radioactives
ne soient développées. Le prométhium-147 est intéressant en tant que
source d'énergie à désintégration bêta. Mais en raison de cette même
radioactivité et de sa disponibilité très réduite, le prométhium a
des applications limitées.
Samarium(Sm).
Le samarium est
un métal argenté, mou et relativement réactif, découvert en 1879 par
François Lecoq de Boisbaudran. Il est présent dans la nature, notamment
dans la monazite et la bastnäsite, sous forme de mélange d'isotopes tous
stables (le plus abondant étant le Sm-152) à l'exception du Sm-147, qui
est faiblement radioactif (demi-vie de 2,5.1011
ans). Son oxyde se trouve associé à celui du didyme dans la samarskite.
Il peut réagir avec l'oxygène et l'eau pour former une couche d'oxyde
protectrice Ă sa surface.
Samarium
(Sm)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique**
Degrés
d'oxydation |
62
150,35
1900*
1072
7,54*
(Xe)4f65d06s2
3,
2 |
|
Le samarium est utilisé
dans la fabrication d'aimants permanents très puissants. Les composés
de samarium sont également utilisés en chimie organique. L'oxyde de samarium
(Sm2O3) est utilisé dans la
fabrication de verres optiques spéciaux, tels que des verres à filtre
infrarouge et de catalyseurs. Le chlorure de samarium (SmCl3)
est utilisé en chimie organique comme catalyseur. Le sulfate de
samarium (Sm2(SO4)3)
est un sel utilisé dans certaines applications chimiques et industrielles.
Le fluorure de samarium (SmF3) :est utilisé dans
des applications optiques et électrochimiques.Les nitrates de samarium
(comme Sm(NO3)3) peuvent ĂŞtre
utilisés comme précurseurs dans la synthèse de divers composés et matériaux.Le
samarium peut également former des composés organométalliques avec des
ligands organiques. Ces composés sont parfois utilisés en chimie organique
de synthèse.
Europium
(Eu).
L'europium a été
découvert par William Crookes
en 1889. Il se trouve notamment dans la monazite, la bastnäsite et la
gadolinite. Cependant, il n'est pas présent en quantités significatives
dans ces minéraux. Deux isotopes stables,l'europium-151 et l'europium-153,
sont des absorbeurs de neutrons.
Il est principalement
utilisé dans l'industrie de l'électronique et de l'éclairage pour sa
capacité à émettre une lumière vive et fluorescente lorsqu'il est excité.
Il est utilisé dans la fabrication de dispositifs d'affichage, notamment
les écrans luminescents et les écrans à plasma. Ses composés sont souvent
utilisés pour produire des lumières fluorescentes, des écrans d'ordinateur
et des écrans de télévision.
Europium
(Eu)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
63
151,96
1439*
826
5,26*
(Xe)4f75d06s2
3,
2 |
|
L'europium peut former
des ions Eu2+ et Eu3+
dans ses composés, en perdant deux ou trois électrons, respectivement.
Parmi ses composés, des oxydes, des sels, des halogénures et des chalcogénures.
Exemples : l'oxyde d'europium (Eu2O3),
utilisé dans la fabrication de luminophores pour les écrans luminescents,
le chlorure d'europium (EuCl3), utilisé comme phosphore
dans les écrans à tubes cathodiques et dans les lampes fluorescentes,
le sulfate d'europium (Eu2(SO4)3,
tilisé
dans la production de luminophores; l'oxychlorure d'europium (EuOCl), utilisé
dans les écrans luminescents, etc. Certains complexes organométalliques
d'europium ont aussi des propriétés luminescentes et sont utilisés en
recherche et en électronique.
Gadolinium
(Gd).
Le gadolinium est
un métal argenté, mou et réactif, découvert en 1880 par Jean
de Marignac (1817-94). C'est est un élément relativement abondant
dans la croûte terrestre et possède plusieurs isotopes stables. Il se
trouve naturellement dans la gadolinite, la monazite, la bastnäsite, la
xenotime et dans les résidus de minerais d'uranium. La gadolinite est
le minéral qui a donné son nom à l'élément. On en cobbaît sept isotopes
naturels stables et onze isotopes artificiels.
Gadolinium
(Gd)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
64
157,25
3000*
1312
7,89*
(Xe)4f75d16s2
3 |
|
Deux des isotopes
naturels (Gd-155 et Gd-157), sont les meilleurs absorbeurs de neutrons
de tous les éléments, ce qui les rend utiles sous forme d'oxyde (Gd2O3)
ou de nitrate de gadolinium (Gd(NO3)3),
dans les réacteurs nucléaires (barres de contrôle) pour la modération
de la réactivité neutronique. Il possède par ailleurs des propriétés
magnétiques importantes qui le font employer dans les alliages ferromagnétiques
(avec le cobalt, le cuivre, le fer et le cérium) et trouver une
utilité dans la fabrication d'agents de contraste pour l'imagerie par
résonance magnétique (IRM) en médecine. Il est également utilisé dans
la fabrication de matériaux pour les domaines de l'électronique, de la
métallurgie et de l'optique, notamment dans les verres spéciaux et les
phosphores utilisés dans les écrans cathodiques.
Parmi les composés
du gadolinium on mentionnera, outre l'oxyde et le nitrate de gadolinium
: le chlorure de gadolinium (GdCl3) utilisé dans
la recherche chimique et en électrochimie, et certains complexes organométalliques,
qui ont des propriétés magnétiques intéressantes.
Terbium(Tb).
Le terbium est un
métal argenté, mou et réactif, découvert en 1843 par Carl Mosander
(1797-1858). Il se trouve naturellement dans certains minéraux, notamment
la gadolinite, l'apatite; la monazite, la bastnäsite et la xénotime.
Il n'existe qu'un seul isotope naturel, le terbium-159, qui est stable.
Dix-sept isotopes artificiels ont été produits.
Terbium
(Tb)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
65
158,924
2800*
1356
8,27*
(Xe)4f95d06s2
3,
4 |
|
Le terbium et ses
composés sont utilisés dans l'industrie électronique comme dopant
dans les dispositifs semi-conducteurs, ou, en raison de ses propriétés
luminescentes, pour la fabrication d'écrans cathodiques, de lasers et
d'autres composants optoélectronique.. Il a aussi des applications
en métallurgie, en particulier dans la production d'alliages spéciaux.
Le terbium est par ailleurs l'un des éléments de la série des lanthanides
qui possède la plus grande capacité d'absorption des neutrons, ce qui
le rend utile dans les matériaux de contrôle neutronique dans les réacteurs
nucléaires.
Dysprosium
(Dy).
Le dysprosium est
un métal argenté, mou et réactif, par Paul Lecoq de Boisbaudran (1838-1912)
en 1886. Il se trouve naturellement dans la gadolinite, la monazite, l'apatite,
la bastnäsite et la xénotime, dont il est extrait par un processus d'échange
d'ions. Il existe sept isotopes naturels et douze isotopes artificiels
ont été identifiés.
Dysprosium
(Dy)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
66
162,50
2600*
1407
8,54*
(Xe)4f105d06s2
3 |
|
L'utilisation la
plus courante du dysprosium est dans la fabrication d'aimants permanents,
employés dans les domaines de l'industrie automobile, de l'électronique
et de l'énergie éolienne, en particulier dans les aimants néodyme-fer-bore
(NdFeB), où le dysprosium est ajouté pour améliorer les propriétés
magnétiques des aimants. Il est également utilisé dans les alliages
métalliques (s'aluminium et de magnésium notamment) pour améliorer les
propriétés mécanique. Le dysprosium est parfois utilisé en alliage
dans les réacteurs nucléaires comme matériau absorbant les neutrons.
Holmium
(Ho).
L'holmium,
écouvert par Per Cleve (1840-1905) et J. L. Soret en 1879, se trouve principalement,
mais en faibles quantités, dans l'apatite, le xénotime et certains
autres minéraux de terres rares (gadolinite, monazite, bastnäsite).
Il existe un isotope naturel, l'holmium-165; dix-huit isotopes artificiels
ont été produits.
-
Holmium
(Ho)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
67
164,930
2600*
1461
8,80*
(Xe)4f115d06s2
3 |
|
L'holmium est principalement
utilisé à des fins de recherche et dans des applications spécialisées
en raison de sa rareté et de son coût élevé. Il a des propriétés
magnétiques importantes, ce qui en fait un élément clé dans la recherche
sur les aimants et dans la production d'aimants spéciaux. Il est utilisé
dans la recherche en physique pour étudier les propriétés magnétiques
et électroniques des matériaux, en particulier dans les matériaux magnétiques.
Dans le domaine médical, l'holmium est parfois utilisé comme traceur
dans les études de tomographie par émission de positrons (TEP) et en
imagerie médicale.
Erbium
(Er).
L'erbium est un
métal argenté, mou et réactif, découvert par Carl Mosander (1797-1858)
en 1843. Il se trouve notamment dans la gadolinite, la monazite, la bastnäsite,
l'apatite, et la xenotime. Il existe six isotopes naturels stables et douze
isotopes artificiels.
Erbium
(Er)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
68
167,26
2900*
1497
9,05*
(Xe)4f125d06s2
3 |
|
L'erbium possède
une capacité à absorber et émettre de la lumière dans la gamme
de longueurs d'onde des infrarouges. L'une des utilisations les plus courantes
de l'erbium et de ses composés est dans la fabrication de lasers dopés
à l'erbium, qui sont utilisés dans la communication optique à haute
vitesse, notamment dans les fibres optiques pour les réseaux de télécommunications.
Il peut être utilisé comme traceur dans la recherche médicale, notamment
pour suivre la distribution des médicaments dans le corps humain, et on
l'emploi aussi. dans les alliages pour la technologie nucléaire car c'est
un absorbeur de neutrons.
Thulium
(Tm).
Le thulium, découvert
par Per Cleve (1840-1905), n'a d'abord été connu que par ses raies spectrales
(1879), et a finalement été isolé en 1911. C'est un métal mou, gris
et malléable. Il se trouve généralement associé à d'autres lanthanides
dans l'apatite et le xénotime. Il existe un isotope naturel, le thulium-169,
et dix-sept isotopes artificiels ont été produits.
-
Thulium
(Tm)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
69
168,934
1727*
1545
9,33*
(Xe)4f135d06s2
3,
2 |
|
Le thulium possède
des propriétés magnétiques, mais il est également utilisé dans des
applications optiques. On s'en sert notamment pour la production de sources
radioactives pour la thérapie au thulium-170, ou comme traceur pour suivre
la distribution de certains médicaments dans le corps, mais il est principalement
employé à des fins de recherche en laboratoire en raison de sa rareté
et de son coût élevé.
Ytterbium
(Yb).
C'est est un métal
argenté mou, malléable et ductile, découvert par Jean de Marignac
(1817-1894) en 1878. Il est relativement stable Ă l'air sec, mais peut
réagir avec l'oxygène et l'humidité. Il est
présent dans la gadolinite, la monazite et le xénotime, et se rencontre
sous sa forme oxydée. On en connaît sept isotopes naturels et dix isotopes
artificiels.
-
Ytterbium
(Yb)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
70
173,04
1427*
824
6,98*
(Xe)4f145d06s2
3,
2 |
|
Il est utilisé dans
certains aciers. Ses propriétés magnétiques importantes le font employer
dans la recherche en magnétisme et dans la fabrication d'aimants spéciaux.
Les composés d'ytterbium sont utilisés notamment dans la production de
sources radioactives pour l'imagerie médicale.
Lutécium
(Lu).
Le Lutécium a été
découvert indépendamment par Georges Urbain (1872-1938) et Carl
Auer von Welsbach, en 1907, et a été nommé d'après Lutèce,
l'ancien nom de Paris. Le lutécium est le
moins abondant des éléments et les petites quantités disponibles ont
été obtenues en traitant d'autres métaux, issus en particulier de la
la monazite et de la xénotime.
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Lutécium
(Lu)
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
71
174,97
3327*
1652
9,84*
(Xe)4f145d16s2
3 |
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Il existe plusieurs
isotopes
du lutécium. Deux sont naturels, le lutécium-175 (stable), qui est le
plus abondant, et le lutécium-176, radioactif
(demi-vie 2,2.1010 ans), qui peut ĂŞtre
utilisé en datation radiométrique pour déterminer l'âge des roches
et des minéraux.
Ajoutons que le lutécium
est un élément réactif mais relativement stable à l'air et à l'eau.
Les composés de lutécium sont principalement utilisés à des fins de
recherche en laboratoire, en science des matériaux et en électronique.
L'élément est utilisé comme catalyseur. L'isotope artificiel de lutécium
Lu-177 est utilisé pour la thérapie nucléaire dans le traitement de
certains types de cancer. |
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