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Les langues
Le monde des langues
Langues isolées de l'Eurasie
Basque Euskara natua ( = basque standard); dialectes : bas-navarrais, labourdin, souletin, guipuscoan, bisca√Įen, haut-navarrais.
Iénisséien Ket' (quelques dizaines de locuteurs?).

yugh (langue éteinte depuis peu).
Buruchaski: 60 000 locuteurs, au Nord du Pakistan (district de Gilgit); plusieurs dialectes : hunza, yasin, nagar, etc.


Nivkh ( = ghilliak) : environ 4500 locuteurs en Russie. 


Kusunda : langue parlée au Népal; peut-être éteinte depuis peu.
Langues de l'Asie orientale Coréen.

Japonique : Japonais et ryukyu.
A√Įnu : a√Įnu d'Hokka√Įdo; dialectes √©teints : a√Įnu de Sakhaline et a√Įnu des Kouriles.
Langues anciennes Etrusque.

hatti, sumérien, hurrite, urartien.
Les langues isol√©es de l'Eurasie, √©galement appel√©es langues non rattach√©es, sont des langues qui ne peuvent √™tre class√©es dans aucune des familles de langues existantes. Ces langues pr√©sentent des caract√©ristiques uniques et des origines souvent inconnues. 

On peut raisonnablement faire l'hypoth√®se que toutes les langues humaines proviennent d'un m√™me tronc. Le plus souvent, ce que l'on appelle isolement est plut√īt un √©loignement. Et les d√©finir comme des langues isol√©es est d'abord l'expression d'une ignorance. Ces langues se sont sont tellement √©loign√©es et diff√©renci√©es, qu'on ignore √† quelle branche elles devraient √™tre rattach√©es.

Les langues isolées ont un vocabulaire unique et souvent très spécifique. Certaines ont des mots qui sont similaires à ceux d'autres langues, tandis que d'autres ont un vocabulaire complètement différent. Elles ont souvent aussi des systèmes phonologiques très différents de ceux des langues appartenant à des familles de langues existantes. Certaines de ces langues ont des sons ou des séries de sons qui n'existent dans aucune autre langue. Leurs structures grammaticales peuvent être différentes de celles des langues appartenant à des familles connues. Elles peuvent avoir, par exemple, des systèmes de cas ou de conjugaison qu'on n'observe pas ailleurs. Quelques-unes n'ont pas de marqueurs de cas ou de conjugaison.
L'ignorance peut √™tre relative. Certaines langues peuvent √™tre rattach√©es √† de grandes familles connues, par exemple comme le grec ou l'arm√©nien, qui sont indubitablement des langues indo-europ√©ennes, mais dont on ne parvient pas √† √©tablir clairement le lien avec les autres langues de la famille. Des proximit√©s sont aussi parfois propos√©es pour certaines langues g√©n√©ralement consid√©r√©es comme isol√©es. Par exemple le japonais et le cor√©en, qui sont rapproch√©s des langues alta√Įques, et le basque des langues caucasiennes. Le yukaghir, que nous avons rang√© dans ce site parmi les langue ouraliennes, est rang√© par certains auteurs parmi les langues alta√Įques, tandis que d'autres y voient une langue isol√©e. 

Parfois, l'ignorance ne vient de l'√©loignement et de la diff√©renciation de la langue consid√©r√©e, mais tient seulement √† la faible connaissance qu'on en a. Certaines langues anciennes n'ont pas  laiss√© suffisamment de t√©moignages √©crits pour que l'on sache √©tablir leur parent√© avec d'autres langues, mieux connues, et qui peut-√™tre √©taient proches. Cela ne touche pas d'ailleurs que les anciennes langues. Le kusunda, par exemple, a √©t√© d√©couvert r√©cemment au N√©pal, et si on le range parmi les langues isol√©es, c'est peut-√™tre simplement parce qu'elle n'est pas encore suffisemment connue (moins de 200 mots de cette langue sont connus, semble-t-il). 

Des langues isol√©es existent sur tous les continents. Ne sont pr√©sent√©es ici que celles que l'on parle ou qui ont √©t√© parl√©es en Eurasie. On notera la mention qui est faite du i√©nisse√Įen, du japonique et de l'a√Įnu (a√Įnou). Pour certains linguistes, il s'agit de petites familles (isol√©es) de langues, pour d'autres ce sont des langues (isol√©es) √† part enti√®re, qui se d√©clinent simplement en plusieurs dialectes. Le japonique, par exemple, n'existerait pas vraiment en tant que famille de langues : seul le japonais serait √† consid√©rer, le ryukyu et d'autres parlers en seraient seulement des dialectes.

 Le basque

Le basque est parl√© par environ 700 000 personnes dans le Pays Basque, √† l'ouest de la cha√ģne des Pyr√©n√©es et √† cheval entre la France et l'Espagne.  Il est parl√© dans le Pays basque, une r√©gion situ√©e √† cheval sur la France et l'Espagne, ainsi que dans les r√©gions environnantes. Une langue basque standard, appel√©e euskara batua, a √©t√© institu√©e pour unifier les diff√©rents dialectes, qui restentent cependant parl√©s par une majorit√© de locuteurs. Il ya six principaux dialectes, r√©partis selon une ligne est-ouest allant de la Biscaye √† la Navarre :
 ‚ÄĘ Le bas-navarrais est le dialecte basque qui est le plus influenc√© par la langue gasconne, parl√©e dans les r√©gions voisines de France. Ce dialecte utilise beaucoup de consonnes finales, ce qui le distingue des autres dialectes.

 ‚ÄĘ Le labourdin est le dialecte qui a le plus de similitudes avec le basque standard (euskara batua). Il est parl√© dans la partie fran√ßaise du Pays Basque. Il est consid√©r√© comme le dialecte le plus litt√©raire de la langue basque.

 ‚ÄĘ Le souletin est parl√© dans la province fran√ßaise de Soule. Il a un vocabulaire et une grammaire particuliers qui le diff√©rencient des autres dialectes : il  utilise notamment beaucoup de formes verbales sp√©cifiques.

 ‚ÄĘ Le guipuscoan est le dialecte le plus couramment parl√© en Espagne. Il est connu pour son utilisation de l'accentuation particuli√®re. Il a √©galement un certain nombre de diff√©rences grammaticales par rapport aux autres dialectes.

 ‚ÄĘ Le bisca√Įen est parl√© dans la province espagnole de Biscaye. Son vocabulaire unique et ses structures grammaticales le distinguent des autres dialectes. Il se signale √©galement pour son utilisation de la palatalisation.

  ‚ÄĘ Le haut-navarrais est parl√© dans la province espagnole de Navarre. Il utilise des formes verbales particuli√®res et une accentuation diff√©rente des autres dialectes. Il a aussi des consonnes plus douces et des voyelles plus ferm√©es que les autres dialectes.

La langue basque a avec une structure de phrase g√©n√©ralement en sujet-objet-verbe (SOV).  Elle a deux nombres : le singulier et le pluriel. Les verbes et les adjectifs sont conjugu√©s en fonction du nombre et du genre. Le verbe est incorporant, c.-√†-d. qui exprime le r√©gime direct et le r√©gime indirect, mais elle ne peut pas rendre l'id√©e active sans r√©gime : elle ne peut pas dire : ¬ę je vois ¬Ľ, elle doit dire: ¬ę je le vois ¬Ľ; elle compte par vingt, disant berrogoi ¬ę deux fois vingt ¬Ľ pour ¬ę quarante ¬Ľ, et elle offre des exemples de polysynth√©tisme, par exemple sagarno ¬ę cidre ¬Ľ, de sagar ¬ę pomme ¬Ľ et arno ¬ę vin ¬Ľ.

Le basque a plusieurs sons sp√©cifiques. Il y a √©galement une distinction importante entre les consonnes fortes et les consonnes douces, qui peut changer le sens d'un mot. L'√©criture utilise l'alphabet latin, avec des lettres suppl√©mentaires. 

L'Ienise√Įen (ket)

Le Ienisse√Įen, parl√© dans la r√©gion de la rivi√®re Ienise√Į en Sib√©rie, a compt√© trois branches principales : le ket, le yugh et le kott.  Seul le ket subsiste aujourd'hui, et encore ne lui reste-t-il plus qu'une quelques dizaines de locuteurs, ou du moins de personnes qui le comprennent. C'est une langue agglutinante. Les suffixes peuvent indiquer le temps, le mode, le genre, le nombre et la personne. Le ket a jusqu'√† 15 cas diff√©rents, dont le nominatif, l'accusatif, le datif, le g√©nitif et l'ablatif. Les noms et les pronoms sont marqu√©s pour le nombre, la personne et le genre. Le vocabulaire pour exprimer des nombres est tr√®s limit√©. Par exemple, la langue ket n'a des mots distincts que pour les nombres 1, 2 et 3, et utilise des expressions pour les nombres plus √©lev√©s.

Le ket a quatre tons distincts (ton haut, ton montant, ton descendant et ton bas) et   un syst√®me de consonnes, dans lequel existent des contrastes entre des sons vois√©s et non-vois√©s, des sons aspir√©s et non-aspir√©s, et des sons labialis√©s et non-labialis√©s. Il y a √©galement des consonnes palatales et v√©laires, ainsi que des consonnes r√©troflexes. Le syst√®me de voyelles est simple (cinq voyelles distinctes).

Le nivkh

Le nivkh ( = ghilliak) est parl√© par les Nivkhs, un peuple autochtone de Sib√©rie qui vit principalement sur l'√ģle Sakhaline et dans la r√©gion c√īti√®re de l'Extr√™me-Orient russe. 

C'est une langue agglutinante dot√©e d'un syst√®me complexe de suffixes. Elle a sept cas diff√©rents pour les noms, les pronoms et les adjectifs : le nominatif, l'accusatif, le g√©nitif, le datif, l'instrumental, l'ablatif et le locatif. La conjugaison des verbes permet d'indiquer le temps, l'aspect, le mode, la personne et le nombre. La structure de phrase est g√©n√©ralement en sujet-objet-verbe (SOV). 

Du point point de vue phonologique, le nivkh est une langue tonale,  qui poss√®de trois tons (haut, bas et montant), et o√Ļ on remarque un grand nombre de consonnes et de voyelles, dont certaines sont assez rares dans les autres langues. Le nivkh utilise un syst√®me d'√©criture cyrillique et latin.

Le kusunda

Le kusunda est une langue parl√©e au N√©pal et n'a plus que tr√®s peu de locuteurs (probablement moins de cinq, aujourd'hui). C'est une langue tonale. Les noms et les pronoms portent la marque des cas. Les verbes kusunda sont souvent conjugu√©s avec une partie du sujet inclus dans la forme verbale elle-m√™me. Le kusunda utilise un syst√®me d'√©criture latin. 

Le buruchaski

Le burushaski est certainement, avec le basque, l'un des langues les plus singuli√®res et √† l'origine la plus √©nigmatique. C'est une langue parl√©e dans les r√©gions montagneuses du nord du Pakistan, en particulier dans la vall√©e de Hunza, dans la province de Gilgit-Baltistan. Le burushaski est une langue agglutinante et tonale. Elle utilise un syst√®me de cas, appliqu√©s aux noms et aux pronoms,  pour indiquer la fonction grammaticale des mots dans la phrase. 

Le burushaski a un grand nombre de consonnes et de voyelles, dont certaines sont assez rares dans les autres langues. Il y a également des sons gutturaux et pharyngaux, qui sont produits à l'arrière de la gorge.

Langues de l'Asie orientale

Le coréen.
Les habitants de la Corée (Corée du Sud et Corée du Nord), qui ont longtemps relevé de l'empire de la Chine ont une langue parlée par environ 80 millions de personnes. Il possède six variétés dialectales.

C'est une langue agglutinative, avec une seule d√©clinaison, form√©e de neuf cas. Elle a un syst√®me complexe de tons et d'intonations. La structure de phrase est g√©n√©ralement en sujet-objet-verbe ( SOV). Les substantifs n'ont pas de genre; on marque les sexes par des noms diff√©rents, ou en les faisant pr√©c√©der, comme en anglais, par les appellations siou, m√Ęle, ou am, femelle; le pluriel de tous les mots se forme en ajoutant la terminaison teul; les noms de nombre n'ont des appellations que pour les unit√©s et les dizaines : 1, h√Ęna; 2, toul; 3, s√©t; 4, n√©t; 5, tas√Ęt; 6, i√īsat ; 7, ilkop ; 8, i√ītalp; 9, ahop; 10, i√īl; 11, i√īl-h√Ęna;12, i√īl-toul; etc. 20, seumoul; 30, siorheun; 40, maheun; 50, souin; 60, i√©sioun; 70, irheun; 80, i√īteun; 90, aheun. Il n'y a que deux pronoms personnels, na, je, moi, et n√ī, tu, toi. Il y a des verbes actifs et des verbes neutres, mais pas de verbes passifs. 

Le cor√©en  utilise √©criture d'un genre particulier, bien que compos√©e en apparence de caract√®res chinois. L'alphabet est compos√© de vingt-cinq lettres dont onze voyelles et quatorze consonnes; il y a sept voyelles simples a, √∂, o, ou, eu, i, a; et quatre mouill√©es, ia, i√ī, io, iou; il y a neuf consonnes simples, k, n, t, l, m, p, s, ng, ts, et cinq aspir√©es tch, kh, th, ph et h.  Il n'y a pas de signe de ponctuation. (Henri Cordier).

Le japonique (japonais-ryŇękyŇę).

Le japonais.
Le japonais, aussi appel√© yamato, est principalement parl√© au Japon  par environ 130 millions de personnes. Cette langue poss√®de  syst√®me de tons. La structure des phrases est g√©n√©ralement  du type sujet-objet-verbe (SOV). Il existe un syst√®me de particules pour indiquer la fonction grammaticale des mots dans la phrase : elles servent √† indiquer le sujet, l'objet direct, l'objet indirect, la possession, la direction et la mani√®re. Et on pourra aussi remarquer l'utilisations, dans cette langue, des formes honorifiques et humble pour indiquer le respect et la hi√©rarchie sociale dans la communication. Les verbes japonais eux-m√™mes sont souvent conjugu√©s en fonction de la situation et du niveau de formalit√©.

Le japonais utilise trois syst√®mes d'√©criture : le hiragana (hira-gana), qui est une √©criture cursive, le katakana (kata-kana), qui utilise des caract√®res anguleux, et les kanji. Les deux premiers sont des syllabaire, tandis que les kanji sont des caract√®res chinois utilis√©s pour √©crire des mots d'origine chinoise ou des mots japonais ayant un sens similaire (il y a beaucoup d'homophones dans cette langue). 

Le ryŇękyŇę ou lutchuan.
Le ryŇękyŇę (ryŇę-kyŇę), langue parl√©e par les Loutchouans (Lutchuans), qui sont les habitants des √ģles Ryu-Kyu , est parfois consid√©r√© comme un dialecte japonais, plut√īt que comme une langue distincte, tant il en para√ģt proche. A y regarder de plus pr√®s; les diff√©rences sont suffisamment marqu√©es pour qu'on ait pu dire que les deux langues √©taient √† peu pr√®s dans le m√™me rapport que le fran√ßais et l'italien. On notera d'ailleurs qu'√† l'int√©rieur m√™me du  ryukyu, certains dialectes sont suffisamment diff√©rents les uns des autres pour rendre impossible toute intercompr√©hension. 

L'histoire partag√©e des Loutchouans et des Japonais explique √† la fois la familiarit√© des deux langues et les raisons des divergences constat√©es. Les Loutchouans seraient entr√©s dans l'archipel par le Nord, venant de Kyou shou et auparavant de la Cor√©e, tandis que les anc√™tres d'une partie des Japonais, venant aussi du continent, s'avan√ßaient vers l'Est et le Nord. Les √ģles se peupl√®rent peu √† peu, par vagues successives, √† mesure que de nouveaux immigrants poussaient les premiers; les annales japonaises et loutchouanes conservent la trace semi-l√©gendaire de plusieurs invasions de ce genre, et l'on peut consid√©rer l'annexion des √ģles du Nord √† la principaut√© de Satsouma (1610) comme un fait du m√™me ordre. 
Les Loutchouans trouv√®rent dans leurs √ģles une autre population (peut-√™tre des  A√Įnus); peut-√™tre s'√©tendirent-ils eux-m√™mes au del√† du groupe des Saki sima, jusqu'√† Ta√Įwan : les Hollandais au XVIIe si√®cle en auraient retrouv√© dans les montagnes de cette √ģle les descendants qui s'appelaient eux-m√™mes Lonkjous et qui √©taient entour√©s par les tribus malaises plus nombreuses et d'immigration plus r√©cente. 
Comme les Japonais, les Loutchouans intervertissent l'ordre des mots d'une phrase écrite en chinois pour le rendre conforme aux habitudes de leur propre langue. On trouve dans les districts ruraux d'Okinawa et dans le groupe des Saki-shima quelques traces d'un système d'écriture idéographique qui est d'invention indigène et qui n'a jamais pris de développement.

Le ryŇękyŇę n'a jamais eu de litt√©rature √©crite; les caract√®res chinois et les kana japonais sont employ√©s dans l'archipel; les noms propres et les titres indig√®nes sont souvent √©crits en caract√®res chinois et prononc√©s en loutchouan, par une sorte de traduction analogue √† celle qui est si fr√©quente dans la langue japonaise. Il existe cependant  une litt√©rature populaire non √©crite; des stances descriptives ou amoureuses (fr√©quemment trois vers de huit syllabes, suivis d'un vers de six syllabes) et des drames lyriques comparables aux N√ī japonais.

L'a√Įnu.
Les A√Įnus, qui sont d√©somais moins de vingt mille, vivant principalement au Japon (l'√ģle de Hokka√Įd√ī) et ne pratiquant que le japonais, √©taient encore  il y a un si√®cle r√©pandus dans les √ģles Kouriles, dans la partie m√©ridionale de Sakhaline, dans l'√ģle de Shikotan (o√Ļ une partie de leur population avait √©t√© d√©port√©e en 1884 par les Japonais) et sur le continent asiatique, vers l'embouchure de l'Amour. Leur langue, dont on a pu d√©nombrer une vingtaine de dialectes aux diff√©rences tr√®s marqu√©es, n'est plus parl√©e - elle pourrait, semble-t-il, √™tre encore  comprise (a√Įnu d'Hokka√Įdo) par une dizaine de personnes seulement. 

Cette langue a emprunt√© une partie de son vocabulaire au japonais, et poss√®de nombre de racines que l'on pense communes aux idiomes sib√©riens, pal√©o-asiatiques et m√™me ouraliens (samoy√®de notamment). Mais si l'on ajoute √† cela l'hypoth√®se selon laquelle les A√Įnus - dont la trace se perd vers le IXe s√®cle, √©poque √† laquelle ils √©taient une population guerri√®re du Nord de l'√ģle de Honsh√Ľ - auraient leur origine dans la p√©ninsule indo-malaise et se seraient tr√®s t√īt m√©lang√©s √† des √©l√©ments sib√©riens, on comprend que l'apparentement de leur langue √† une famille particuli√®re soit pratiquement illusoire. Aussi, la plupart des linguistes y voient une langue isol√©e.

L'ainu est une langue agglutinante, avec un syst√®me de suffixes et de pr√©fixes qui sert √† changer le sens des mots et √† indiquer la fonction grammaticale des mots dans la phrase. La structure des phrases est g√©n√©ralement du type sujet-objet-verbe (SOV). 

Du point de vue phonologique, on note que l'a√Įnu poss√®de un petit nombre de consonnes et de voyelles, mais utilise des sons nasaux et gutturaux distinctifs, plut√īt rares dans d'autres langues. De plus, l'a√Įnu est une langue √† accent de hauteur, ce qui signifie que la hauteur de la voix lors de la prononciation d'un mot peut changer le sens du mot. Cette langue s'√©crit aussi bien avec l'alphabet latin qu'avec le syst√®me japonais kana. 

Langues anciennes

Plusieurs langues anciennes sont seulement connues par des inscriptions, parfois rares et difficiles √† d√©chiffrer, trouv√©es sur des st√®les, des tombes, des urnes fun√©raires, des tablettes et des cylindres d'argile et, parfois des objets en m√©tal, comme des pi√®ces de monnaie. Elles n'ont d√®s lors pas livr√© assez de  d√©tails pour qu'il soit possible de les rattacher √† des familles linguistiques connues. Telles sont, parmi les langues mortes d'Europe et du Proche et Moyen-Orient, l'√©trusque, le hatti, le sum√©rien, le hurrite et urartien :

L'étrusque
L'√©trusque √©tait la langue parl√©e par les √Čtrusques, un ancien peuple qui habitait, avant l'arriv√©e des Romains, dans l'Italie centrale, en Etrurie. Elle a √©t√© utilis√©e du VIIIe au IIIe si√®cle avant notre √®re, et reste assez mal connue. Il semble que l'√©trusque ait √©t√© une langue flexionnelle, o√Ļ  l'ordre des mots dans la phrase pouvait varier pour indiquer l'importance ou l'emphase sur diff√©rents √©l√©ments de la phrase.

La phonologie comprennait de nombreux sons qui n'ont pas d'√©quivalent dans les langues modernes. Elle avait, par exemple, un son distinctif qui est d√©crit comme un croisement entre un s et un f. Il ya avait des  consonnes aspir√©es et la kangue faisait la distinction entre des voyelles longues et courtes. L'√©trusque s'√©crivait avec syst√®me alphab√©tique de 26 lettres, qui a √©t√© emprunt√© aux Grecs, mais qui avait subi des modifications pour repr√©senter les sons uniques de la langue √©trusque. 

Le sumérien.
Le sum√©rien √©tait la langue parl√©e par les Sum√©riens, un ancien peuple qui habitait au Sud de la M√©sopotamie, dans l'actuel Irak. C'est une langue agglutinante, dans laquelle les affixes peuvent indiquer  les cas, les temps, les modes et les personnes. Le sum√©rien a un syst√®me de cas pour indiquer la fonction grammaticale des mots dans la phrase. Les noms sont marqu√©s pour le cas, qui peut inclure le sujet, l'objet direct, l'objet indirect, la possession et la mani√®re.

Utilis√©e √† partir du IVe mill√©naire avant notre √®re et jusqu'au IIe mill√©naire, c'est la plus ancienne langue √©crite du monde. Le syst√®me d'√©criture sum√©rien est un syst√®me d'√©criture cun√©iforme pour repr√©senter √† la fois les mots et les id√©es. La phonologie sum√©rienne distingue entre des voyelles longues et courtes et poss√®de une grande vari√©t√© de consonnes, ainsi que des sons uniques tels que les consonnes √©jectives. De nombreux sons n'ont pas d'√©quivalent dans les langues modernes. 

Le hatti.
Le hatti était parlé dans l'Empire hittite (entre environ 2000 et 1200 av. JC), dans la région de l'Anatolie, qui est maintenant en Turquie. Il s'agit une langue agglutinante, dans laquelle les affixes peuvent indiquer les cas, les temps, les modes et les personnes. Le système de cas du hatti sert à indiquer la fonction grammaticale des mots dans la phrase. Les noms sont marqués pour le cas, qui peut inclure le sujet, l'objet direct, l'objet indirect, la possession et la manière.

Le hatti a un grand nombre de consonnes et de voyelles, ainsi que des sons uniques tels que les consonnes √©jectives et les voyelles longues. L'√©criture hittite utilise un syst√®me cun√©iforme (√©galement utilis√© dans d'autres langues anciennes de la r√©gion, comme l'akkadien), ainsi qu'un alphabet de caract√®res hi√©roglyphiques. 

Le hurrite.
Le hurrite √©tait la langue parl√©e, du IIIe au Ier mill√©naire avant notre √®re, par les Hurrites, un  peuple qui habitait dans le nord de la Syrie actuelle et dans le sud de l'Anatolie. Les langues s√©mitiques et indo-europ√©ennes de la r√©gion ont laiss√© leurs marque sur cette langue, ce qui a conduit √† l'emprunt de mots et de structures grammaticales. Le vocabulaire connu est relativement limit√©. On sait toutefois que la grammaire du hurrite est agglutinante, et que les noms sont marqu√©s par des cas.

La phonologie hurrite distingue entre des voyelles longues et courtes et une grande vari√©t√© de consonnes. De nombreux sons  n'ont pas d'√©quivalent dans les langues modernes. Le syst√®me d'√©criture hurrite est un syst√®me d'√©criture cun√©iforme. 

L'urartien.
L'urartien √©tait la langue parl√©e, il y a plus de 3000 ans, dans l'ancien royaume d'Urartu, situ√© dans le Caucase, dans la r√©gion qui est maintenant l'Arm√©nie et l'Azerba√Įdjan. 
Gr√Ęce √† l'√©tude comparative de langues voisines et aux inscriptions urartiennes qui ont √©t√© d√©couvertes, les linguistes ont r√©ussi √† reconstituer une partie de la grammaire de l'urartien. 

C'√©tait une langue agglutinante, ce qui signifie que les mots √©taient form√©s en ajoutant des affixes √† la racine. Par exemple, le suffixe -i √©tait utilis√© pour indiquer que le nom suivant √©tait un objet direct, tandis que le suffixe -ni √©tait utilis√© pour indiquer que le nom √©tait un compl√©ment d'objet indirect. Elle avait √©galement un syst√®me de particules modales utilis√©es pour indiquer le mode, l'aspect et la n√©gation des verbes. Par exemple, la particule -un servait √† indiquer le futur, tandis que la particule -ar indiquait l'accompli. Les noms et les pronoms avaient des formes diff√©rentes selon le cas, qui indiquaient la fonction syntaxique du mot dans la phrase. 

On reconna√ģt aussi l'influence de langues caucasiennes et indo-europ√©ennes de la r√©gion. La phonologie reposait sur une grande vari√©t√© de consonnes, notamment des consonnes pharyngales. L'√©criture urartienne utilisait un syst√®me cun√©iforme. 

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