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Monomotapa
(Munhumutapa ou Mwene Mutapa), est un ancien royaume africain
situé dans la région actuelle du Zimbabwe La région dans laquelle le Monomotapa s'est constitué a été peuplée dès le IXe siècle (au moins) par des populations de langues bantoues qui s'installent dans la région du plateau du Zimbabwe. Ces populations ont établi de petits royaumes et se sont engagés dans l'agriculture, l'élevage et le commerce. Deux de ces Etats ont acquis une puissance particulière, et ont contribué aux bases économiques et sociales de ce qui sera le Monomotapa, en mettant en place des pratiques commerciales et artisanales qui seront ensuite reprises et développées : le Mapungubwe (IXe – XIIIe siècle), et, un peu plus au nord, le Grand Zimbabwe (XIe – XVe siècle). Le Mapungubwe, situé
dans l'actuelle Afrique du Sud, est considéré comme l'un des premiers
royaumes organisés d'Afrique australe. Ce royaume a prospéré grâce
au commerce de l'or, du cuivre et de l'ivoire avec les marchands de la
côte est-africaine, notamment les commerçants arabo-swahilis et, par
extension, les routes commerciales de l'océan Indien. Le royaume du Mapungubwe
a disparu en grande partie vers le XIIIe siècle.
Le Grand Zimbabwe, situé dans l'actuel Zimbabwe, et connu pour ses structures
en pierre spectaculaires, a succédé au Mapungubwe. Il a dominé le commerce
de l'or et attiré des marchands de la côte swahilie et de l'océan Indien
Le royaume du Monomotapa se forme donc au XVe siècle (dès le XIIIe siècle, selon certaines traditions). Il est basé sur les structures économiques mises en place par les royaumes précédents, notamment le commerce de l'or et les relations avec les marchands de la côte swahilie, ainsi que par les traditions politiques et sociales héritées, comme la figure centrale du roi (Mwene Mutapa). Le royaume aurait été fondé par un membre d'une dynastie issue du Grand Zimbabwe, nommé Nyatsimba Mutota, considéré comme le premier et peut-être légendaire, mwene mutapa. Mutota aurait quitté le Grand Zimbabwe avec un petit groupe à la recherche d'une nouvelle source de sel pour leur subsistance. Cette quête l'aurait conduit vers le nord, dans la vallée du Zambèze, où il aurait soumis les populations de cette région et fondé le royaume du Monomotapa. Le royaume du Monomotapa s'est bientôt agrandi par des conquêtes et des alliances et est devenu un carrefour commercial et culturel majeur. A son apogée il couvrira une grande partie de l'Afrique australe, du Zambèze à la rivière Limpopo. Le Monomotapa contrôlait des ressources abondantes et très convoitées comme l'or, le cuivre, l'ivoire et d'autres marchandises négociées avec les marchands arabes et swahilis le long de la côte orientale de l'Afrique. Grâce à ces échanges, des produits comme les textiles, les perles et les porcelaines chinoises parvenaient au coeur du royaume, prouvant son intégration dans les réseaux commerciaux de l'Océan Indien. Le royaume a ainsi pu développer une culture sophistiquée, avec des palais, des temples et des oeuvres d'art élaborés. A l'image de Mwenemutapa Matope (vers 1480-1510), qui a régné pendant une période de prospérité et d'expansion de l'empire, le roi du Monomotapa était considéré comme un dieu par les populations locales, et il était entouré d'une cour luxueuse et de nombreux serviteurs. Les mwene mutapa auraient été choisis, croyaient-on, par les ancêtres ou seraient les descendants directs des fondateurs du royaume, eux-mêmes guidés par les esprits. Leur pouvoir était donc profondément sacré. Le roi était vu comme un intermédiaire entre le monde des vivants et le monde des esprits (appelés vadzimu). Il avait la capacité supposée de contrôler les forces de la nature, de garantir des récoltes abondantes et de protéger le royaume contre ses ennemis. Selon une tradition héritée du Grand Zimbabwe, le royaume du Monomotapa avait pour habitude de placer ses dirigeants dans des centres fortifiés ou des installations bâties avec des structures en pierre, appelées zimbabwes. Ces centres servaient de résidences pour le mwene mutapa ainsi que pour son entourage. Les zimbabwes auraient changé de localisation au fil du temps, en fonction des besoins politiques, militaires, ou économiques du royaume. Les sources historiques et archéologiques suggèrent plusieurs sites, outre celui de Grand Zimbabwé, qui pourraient avoir servi de capitales ou de centres administratifs du royaume du Monomotapa. Ces lieux étaient aussi des sanctuaires religieux où des rituels étaient pratiqués pour invoquer les ancêtres ou assurer la fertilité de la terre. Même après le déclin du royaume, ces lieux ont continué à jouer un rôle dans les croyances des populations locales. Avec le déplacement des centres de pouvoir vers le nord-est, certaines localités comme Dembare auraient servi de capitales pendant une partie de l'existence du royaume. Ces sites étaient stratégiquement situés près des routes commerciales et dans des zones riches en ressources (comme les minerais d'or). Un autre centre majeur qui a été considéré comme une capitale administrative ou symbolique est le site du mont Fura (au Mozambique, dans la vallée du Zambèze), ou certains zimbabwes, sont entourés d'un caractère mythique. Cette zone se trouvait elle aussi à proximité des routes commerciales reliant l'intérieur du continent aux ports de la côte Swahilie et jouait un rôle stratégique dans le contrôle du commerce de l'or, de l'ivoire et d'autres marchandises. Pendant la période d'interaction avec le Monomotapa, les Portugais, ont également nommé Masapa et Barue (ou Barwe), souvent décrites comme capitales ou centres administratifs importants du royaume. À partir du XVIe siècle, les Portugais mentionneront souvent cette région dans leurs comptes rendus, probablement parce qu'elle était une base importante du mwene mutapa à cette époque. Les Portugais, qui sont arrivés en 1505 sur la côte africaines orientale, établissent des comptoirs commerciaux et commencent dès cette époque à commercer avec l'Empire du Monomotapa. L'influence portugaise va avoir un impact significatif sur l'empire. Les Portugais introduisent de nouvelles technologies, telles que les armes à feu, et convertissent certains dirigeants locaux au christianisme. Cependant, les relations entre les Portugais et les Karanga sont souvent tendues, car les Portugais cherchent à contrôler le commerce de l'or. Mwenemutapa Chikuyo Chisamarengu (vers 1510-1530) a ainsi résisté aux premières tentatives portugaises de pénétration dans l'intérieur des terres. Mwenemutapa Neshangwe Munembire (vers 1530-1550) voit arriver les premiers missionnaires jésuites dans son royaume. Mwenemutapa Tavara (vers 1570-1589) luttera encore contre les incursions portugaises et a tentera de maintenir l'indépendance de l'empire. Mais rien n'y fait. Tout au long du XVIe siècle, le Monomotapa entame son déclin. A cause des Portugais, qui lancent également des expéditions dans l'intérieur, provoquant des soulèvements et des pertes territoriales. Mais aussi à cause des luttes de succession, de la sécheresse et des invasions des populations Nguni (un autre groupe bantou) sous el règne de Mwenemutapa Gatsi Rusere (vers 1589-1623) , qui chacune à sa façon contribue à l'affaiblissement du royaume. Mwenemutapa Mavhura Macombe (vers 1623-1663) tentera, au siècle suivant, de restaurer la puissance du royaume, mais a finalement échouera face aux pressions portugaises et aux luttes intestines. Mhande Felipe (XVIIe siècle) sera le premier roi du Monomotapa à se convertir officiellement au christianisme. Son règne marque la soumission partielle du royaume aux Portugais, qui lui confèrent parfois des titres européens. Siti Kazurukamusapa est le dernier roi connu avant la fragmentation définitive du royaume, qui se divise en plusieurs petits royaumes. Parmi les royaumes qui recueillent l'héritage du Monomotapa on peut mentionner : • Le royaume de Manyika, situé dans l'actuel Zimbabwe et au Mozambique, et qui était connu pour ses mines d'or.Mythes et légendes associés au Monomotapa. Le royaume du Monomotapaest entouré de nombreux mythes et légendes qui reflètent aussi bien l'histoire réelle que les perceptions exagérées ou fantastiques de l'époque, notamment celles des Européens qui ont découvert la région et de ses héritiers locaux. Ces récits proviennent de récits écrits par les premiers explorateurs, colons et missionnaires portugais qui sont entrés en contact avec ce puissant royaume. L'arrivée des Portugais dans la région au XVIe siècle a donné naissance à de nombreux mythes exagérés autour de la richesse du royaume.Les Européens étaient fascinés par les récits du vaste commerce d'or et d'ivoire que contrôlait le Monomotapa. Cela a alimenté la légende selon laquelle le royaume abritait une forme d'Eldorado africain : un territoire regorgeant d'or et d'autres richesses inestimables. Ces récits fantasmés, amplifiés par des explorateurs et marchands, ont attiré l'attention des puissances européennes, notamment des Portugais qui voulaient monopoliser ce commerce. Les ruines spectaculaires de Grand Zimbabwe, mal comprises à l'époque, et les croyances européennes sur des civilisations anciennes en Afrique australe (même avant la période du royaume), ont alimenté cette légende. Certains récits
portugais et européens associaient les ruines de Grand Zimbabwe et le
royaume du Monomotapa Ă des mythes bibliques. Ils croyaient que le Monomotapa
abritait les mines du roi Salomon, mentionnées
dans la Bible |
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