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L'Atropatène,
également appelée Médie Atropatène, est un royaume antique qui
correspond approximativement à la région de l'actuel Azerbaïdjan
iranien, au nord-ouest de l'Iran, autour du
lac Ourmia. Son histoire commence véritablement à la charnière du IVe
siècle avant notre ère, dans le contexte de l'effondrement de l'empire
perse achéménide face à la conquête d'Alexandre
le Grand.
Avant cette rupture, la région faisait
partie de la grande satrapie de Médie, une
des provinces les plus riches et les plus stratégiques de l'empire achéménide,
gouvernée en dernier lieu par un noble mède ou perse du nom d'Atropatès
(en vieux perse, un nom signifiant probablement "protégé par le feu",
en lien avec le culte zoroastrien du feu).
Atropatès commandait les contingents médiques dans l'armée de Darius
III et combattit contre les Mcédoniens
à la bataille de Gaugamèles en 331 avant
notre ère, une défaite qui scella le sort de l'empire
perse. Après l'effondrement achéménide, Atropatès se soumit à
Alexandre et fut confirmé par ce dernier dans ses fonctions de satrape
de Médie; il scella même une alliance avec le conquérant en donnant
sa fille en mariage au général macédonien Perdiccas.
À la mort d'Alexandre en 323 avant notre
ère, ses généraux se partagèrent l'immense empire lors du partage de
Babylone puis des règlements successifs
qui suivirent. La grande Médie fut alors scindée en deux : la Médie
méridionale, dite Grande Médie, qui échut à un autre administrateur
puis passa sous contrôle séleucide, et la Médie septentrionale et occidentale,
autour du lac Ourmia et de l'Azerbaïdjan actuel, qui resta aux mains d'Atropatès.
Profitant des troubles qui agitèrent l'empire d'Alexandre après sa mort,
Atropatès parvint à conserver son territoire en pratique indépendant
des diadoques et des Séleucides qui s'installèrent
en Asie. C'est ce territoire distinct qui prit alors le nom de Médie d'Atropatès,
rapidement contracté en grec sous la forme Atropatènè, d'où dérive
le nom moderne d'Azerbaïdjan (par l'intermédiaire du moyen-perse Ādurbādagān).
La dynastie fondée par Atropatès se maintint
ensuite sur plusieurs siècles à la tête de ce royaume, ce qui en fait
l'une des rares principautés locales iraniennes à avoir survécu de façon
quasi continue depuis la période achéménide jusqu'à l'époque parthe,
en conservant un haut degré d'autonomie malgré la puissance des grands
empires voisins. Le royaume resta fortement attaché à la religion zoroastrienne
et abritait d'importants sanctuaires du feu, certains auteurs anciens le
décrivant comme un foyer particulièrement conservateur du culte mazdéen,
moins hellénisé que d'autres régions issues de l'empire d'Alexandre.
Durant la période séleucide, l'Atropatène
conserva son statut de royaume vassal ou allié plutôt que de province
directement administrée, ce qui lui permit de maintenir sa dynastie locale.
Les sources antiques, notamment Strabon, mentionnent
le royaume comme puissant militairement, capable de lever une cavalerie
nombreuse, et jouant un rôle d'intermédiaire entre les steppes nomades
du Caucase et les puissances sédentaires
du plateau iranien.
Au Ier siècle avant notre ère, l'Atropatène
se trouva prise dans les rivalités entre les puissances régionales montantes
: le royaume d'Arménie sous Tigrane
II le Grand, qui étendit un temps sa domination sur elle, puis l'empire
parthe des Arsacides, qui devint la puissance tutélaire dominante de la
région. C'est également à cette époque que l'Atropatène entra en contact
direct avec Rome. En 36 avant notre ère,
le triumvir Marc Antoine mena une expédition
militaire majeure contre les Parthes en
passant par l'Atropatène, dans l'espoir de s'emparer de sa capitale, Phraaspa
(dont l'emplacement exact reste débattu par les historiens modernes).
La campagne se solda par un échec cuisant : après un siège infructueux
et la perte de son matériel de siège, Antoine dut battre en retraite
dans des conditions extrêmement difficiles, subissant de lourdes pertes
lors du repli à travers un territoire hostile et un hiver rigoureux.
Par la suite, l'Atropatène demeura un
royaume vassal gravitant dans l'orbite parthe, ses souverains locaux étant
parfois liés par mariage à la dynastie arsacide elle-même, ce qui témoigne
de l'importance stratégique persistante de la région comme verrou entre
le Caucase, l'Arménie et le cœur du plateau iranien.
Avec l'avènement de la dynastie sassanide
au IIIe siècle de notre ère, qui renversa
les Parthes arsacides en 224, l'Atropatène
perdit son statut de royaume semi-autonome pour être intégrée plus étroitement
à l'administration impériale, devenant une province sassanide connue
sous le nom moyen-perse d'Ādurbādagān. Le nom subsista à travers les
siècles, transmis par l'arabe après la conquête musulmane sous la forme
Ādharbayjān, puis évolua vers le nom actuel d'Azerbaïdjan, désignant
aujourd'hui à la fois la région iranienne historique et la république
indépendante du Caucase, bien que cette dernière corresponde à un territoire
géographiquement distinct de l'Atropatène antique, situé plus au nord
au-delà de l'Araxe. |
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