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Découvert
le 5 mars 1979 par l'astronome Stephen P. Synnott sur des images prises
par la sonde Voyager 1, Thébé est un petit satellite
interne de
Jupiter
qui orbite au sein d'un environnement dynamique et poussiéreux. Elle
reçut initialement la désignation provisoire S/1979 J 2 avant de porter,
Ă partir de 1983, le nom de la nymphe
Thébé, issue de la mythologie grecque et amante de Zeus, en conformité
avec la tradition qui attribue aux lunes joviennes des noms liés au maître
de l'Olympe.
Thébé appartient
au groupe dit d'Amalthée, qui comprend quatre lunes orbitant entre les
anneaux principaux de Jupiter et Io : Métis, Adrastée, Amalthée
et Thébé elle-même. Située sur une orbite quasiment circulaire à environ
221 900 kilomètres du centre de la planète, elle se trouve juste au-delĂ
de l'orbite d'Amalthée et à la limite intérieure
du faible anneau de gaze qui lui est associé.
Sa période de révolution est de 16 heures et 11 minutes, ce qui signifie
qu'elle boucle le tour de Jupiter en moins d'une journée terrestre,
et elle est en rotation synchrone, prĂ©sentant toujours la mĂŞme face Ă
la planète géante, un destin commun aux satellites
aussi proches. Son orbite, inclinée d'à peine 1,1° par rapport au
plan équatorial jovien, est en résonance avec le système d'anneaux
et de poussières où elle évolue; en effet, la surface de Thébé, constamment
bombardée par des micrométéorites à haute vélocité, produit un panache
de poussière qui alimente directement l'anneau gossamer de Thébé,
une structure ténue qui s'étend vers l'intérieur du système.
Irégulière dans
sa forme, cette petite lune ne possède pas une masse suffisante pour que
sa propre gravité lui confère une silhouette sphérique. Thébé mesure
approximativement 116 kilomètres dans sa plus grande dimension, pour une
largeur et une épaisseur moindre de l'ordre de 98 par 84 kilomètres,
ce qui lui donne une forme triangulaire ou pyramidale évoquant un caillou
anguleux. Sa surface, dont l'albédo géométrique
de 0,047 est remarquablement faible, est l'une des plus sombres du système
jovien, réfléchissant à peine 4,7 % de la lumière qu'elle reçoit.
Cette noirceur suggère une composition dominée par des matériaux carbonés
primitifs, peut-être proches de ceux que l'on retrouve dans les astéroïdes
de type C. La couleur de Thébé, grisâtre tirant sur le rouge sombre,
confirme la présence de silicates hydratés
ou de composés organiques complexes.
La température
y est extrêmement basse et dépend fortement de l'exposition au rayonnement
solaire, mais en moyenne, on l'estime à environ 124 K, soit près de
-150 °C. Ce petit corps, parcouru de cratères
d'impact dont certains atteignent des tailles considérables par rapport
à ses propres dimensions, arbore notamment un immense cratère nommé
Zéthos, de près de 40 kilomètres de diamètre, soit un tiers de la largeur
totale de la lune. Sa topographie chaotique, observée d'abord par Voyager
1 puis de manière bien plus détaillée par la sonde Galileo en 1997 et
2000, révèle un objet ancien, sculpté par les collisions et dépourvu
de toute activité géologique interne. La densité
de Thébé, faible (estimée autour de 0,86 g/cm3
sur la base des survols rapprochés de Galileo qui ont permis de mesurer
sa masse), implique une porosité très élevée. Cela suggère que cette
lune n'est pas un bloc rocheux monolithique, mais plutôt un agglomérat
de débris tenu par la gravité, un tas de gravats consolidé. Une telle
structure, associée à sa masse extrêmement modeste d'environ 4,3.1017
kilogrammes, signifie que Thébé est un corps fragile façonné par les
forces de marée lointaines de Jupiter et surtout
par les impacts incessants qui érodent sa surface. |