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Florence Nightingale
est une infirmière née le 12 mars 1820 à Florence,
morte à Londres le 13 août 1910. Bien que
principalement connue comme fondatrice de l'infirmière moderne, elle était
aussi une statisticienne compétente.
Elle étudia la chirurgie et la médecine,
dirigea et organisa à ses frais l'hospice de Harley-Street, à Londres.
Puis, en 1854, au moment de la guerre
de Crimée (1854-1855), elle réunit une quarantaine de dames et s'embarqua
avec elles pour l'Orient et se rendit à Scutari (Uskudar),
où se trouvaient les hôpitaux anglais. De Scutari, elle passa à Balaklava,
où elle organisa le service de l'hospice, fut atteinte par le choléra
et continua, après sa guérison, de rester à son poste jusqu'à la fin
de la guerre. Lady-in-chief (supérieure générale) du service
sanitaire dans l'armée anglaise, elle se rendit célèbre par son
dévouement pour les blessés.
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Florence
Nightingale (1820-1910).
De retour en Angleterre,
Florence Nightingale, reconnue pour ses qualités d'organisatrice,
prit la direction d'une institution établie pour former des infirmières
et des gardes-malades. Elle peut être, en réalité, considérée comme
l'inspiratrice des règlements internationaux relatifs aux blessés, qui
furent tour à tour d'abord appliqués pendant la guerre
civile des Etats-Unis et pendant la guerre
franco-allemande de 1870.
Ses oeuvres et ses écrits (notamment :
Notes
sur des sujets concernant la santé, et l'efficacité de l'administralion
hospitalière de l'armée anglaise; Notes sur les hôpitaux; Notes sur
les soins à donner aux malades) eurent une part prépondérante dans
le mouvement d'opinion qui aboutit à la création de la Croix-Rouge.
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L'approche
statistique de Florence Nightingale
Florence Nightingale
a développé une approche pionnière de la statistique appliquée à la
médecine et à la gestion hospitalière. Ordinairement célébrée comme
fondatrice des soins infirmiers modernes, elle mérite aussi de l'être
pour sa maîtrise des outils quantitatifs, qu'elle mobilise afin de documenter,
convaincre et réformer. Son apport majeur réside dans l'utilisation
des statistiques descriptives, des graphiques novateurs et des modèles
de comparaison longitudinale pour évaluer les causes de mortalité et
l'efficacité des soins. Elle a ainsi transformé la statistique en instrument
de réforme sociale. Elle en a fait non seulement un langage scientifique
mais un outil politique, au service des plus vulnérables.
Durant la guerre
de Crimée, elle observe des taux de mortalité effarants dans les hôpitaux
militaires britanniques. Grâce à des relevés rigoureux, elle démontre
que la majorité des décès ne sont pas dus aux blessures de guerre, mais
à des infections et à des conditions sanitaires déplorables. Elle écrit
:
« Il est
plus dangereux d'être soigné dans un hôpital militaire que d'être
sur le champ de bataille. »
Pour rendre ces données
accessibles aux responsables politiques, elle conçoit des diagrammes en
secteurs polaires, appelés plus tard rose de Nightingale, où chaque
secteur représente un mois et la surface est proportionnelle au nombre
de morts par cause. Ce type de visualisation permet une lecture immédiate
de l'impact des réformes sanitaires. Elle publie ces résultats dans
Notes on Matters Affecting the Health, Efficiency and Hospital Administration
of the British Army en 1858, qui marque un tournant dans l'usage
des statistiques en santé publique.
Elle milite pour
que la statistique devienne un fondement de la décision politique. Elle
écrit :
« Pour
bien gouverner, il faut d'abord savoir. Pour savoir, il faut mesurer.
»
Elle insiste sur la
valeur morale de la donnée, considérant que chaque chiffre représente
une vie humaine et une responsabilité collective. À partir de ses analyses,
elle obtient des réformes profondes dans les hôpitaux militaires, la
formation infirmière et la salubrité publique. Son action contribue Ã
faire baisser drastiquement les taux de mortalité en temps de guerre comme
en temps de paix.
Elle devient la première
femme membre de la Royal Statistical Society en 1858 et correspond régulièrement
avec d'autres statisticiens comme William Farr. Elle soutient également
l'utilisation des statistiques pour la réforme des hôpitaux civils,
les systèmes d'assainissement urbain, et l'éducation sanitaire. Son
œuvre statistique se caractérise par une alliance entre rigueur quantitative,
clarté visuelle et engagement humanitaire. Elle écrit :
« Les chiffres,
bien utilisés, sont plus persuasifs que les discours. »
Florence Nightingale
transforme donc la statistique en instrument de réforme sociale. Elle
en fait non seulement un langage scientifique mais un outil politique,
au service des plus vulnérables. |
Ses fondations pour la protection de l'enfance,
pour la formation technique et morale des infirmiers et des nourrices,
lui valurent, avec une immense popularité, les hautes récompenses du
gouvernement britannique, et particulièrement l'ordre du Mérite accordé
en 1907, et dont aucune autre femme avant elle n'a été titulaire. Le
16 mars 1903, la municipalité londonienne lui décerna le diplôme de
bourgeoise honoraire de la cité de Londres, que la baronne Burdett-Conts,
seule, avait juqu'alors obtenu. A cette occasion, elle demanda que le prix
du coffret traditionnel renfermant le brevet fût remis à l'hôpital des
Dames invalides, et n'accepta qu'un écrin en bois.
Dotée d'extraordinaires facultés d'organisation,
d'énergie et de persévérance, elle consacra jusqu'à sa mort une activité
dévorante et un désintéressement inépuisable aux institutions qu'elle
avait fondées ou inspirées. La population anglaise multiplia les témoignages
d'admiration et de douleur pendant ses funérailles, qui eurent presque
le caractère d'un deuil national. (P. K).
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La
Dame à la lampe. Florence Nightingale
Ã
Scutari en 1854. Tableau de Henrietta Rae.
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