.
-

Nauru
Republic of Nauru, Ripubrikin Naoero

0 32 S, 166 55 E
Nauru est un petit État insulaire indépendant, situé dans l'océan Pacifique central, à environ 42 kilomètres au sud de l'équateur. Avec une superficie de seulement 21,3 km², c'est le troisième plus petit pays du monde, après la Cité du Vatican et Monaco. Population de Nauru : environ 12 000 habitants (2025).

L'île est de forme ovale et ne possède ni rivières, ni grandes étendues d'eau douce, ce qui rend l'approvisionnement en eau particulièrement difficile pour la population locale. Elle est isolée, sans voisin immédiat : l'île habitée la plus proche est Banaba (Kiribati), à 300 kilomètres à l'est.
-

Carte de Nauru.
Carte de Nauru. (Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).

Le littoral de Nauru est constitué d'une étroite bande de terres basses, de cent à deux-cents mètres de large, avec des plages de sable blanc bordées par des récifs coralliens, qui rendent l'accès par bateau difficile en l'absence de port naturel. À l'intérieur des terres, la topographie est dominée par un plateau central appelé le "plateau de phosphate", également connu sous le nom de Topside. Ce plateau atteint jusqu'à 65 mètres d'altitude et couvre 80% de la surface de l'île  Il a été arrasée par l'exploitation du phosphate, laissant à nu le socle corallien.

Autrefois couvert d'une végétation tropicale, le centre de l'île a été largement déforesté en raison de l'extraction du phosphate, qui fut la principale activité économique du pays au XXe siècle. Aujourd'hui, la réhabilitation de ces terres est un défi environnemental majeur. La frange côtière est plus hospitalière : elle abrite les habitations, les bâtiments gouvernementaux, l'aéroport international de Nauru, ainsi que la lagune Buada, une petite étendue d'eau douce située dans un cratère intérieur, qui constitue l'un des rares points de végétation dense subsistant sur l'île.

Le climat de Nauru est équatorial, chaud et humide toute l'année, avec une température moyenne avoisinant les 27 à 32 °C. Les précipitations sont irrégulières et influencées par les oscillations ENSO (El Niño et La Niña), entraînant parfois de longues périodes de sécheresse. Il n'y a pas de saisons bien définies, bien que la période de décembre à mars soit généralement plus humide. Les alizés du nord-est soufflent de mars à octobre. Précipitations irrégulières et abondantes. La saison de la mousson va de novembre à février.  En raison de sa faible altitude, Nauru est vulnérable à la montée du niveau de la mer.

Les revenus de cette île minuscule sont traditionnellement venus des exportations des phosphates, désormais pratiquement épuisées. Nauru n'a à peu près aucune autre ressource et doit importer presque tous ses biens de consommation, principalement d'Australie, son ancien occupant, qui, entre 2001 et 2008, puis de nouveau de 2012 à 2020, a entretenu aussi sur l'île un centre de rétention pour immigrés clandestins, en échange de compensations financières. Ce qui limite le désastre dans lequel s'enfonce chaque jour un peu plus le pays. 

La réhabilitation des terres  des sites d'extraction du phosphate à des fins agricoles n'est pas envisageable à court et moyen terme. Pour réduire des coûts, les salaires gelés et les effectifs des services publics réduits. 2005, a vu s'accélérer la détérioration dans le secteur du logement et des hôpitaux notamment. Peu de statistiques complètes sur l'économie du Nauru existent. Les évaluations du PIB du Nauru changent considérablement selon les sources.
-

Nauru.
Vue satellitaire de Nauru.
Source de la carte et de la photo :  U.S. Department of Energy's 
Atmospheric Radiation Measurement Program.


Luc Folliet, Nauru, l'île dévastée, La découverte, 2009. - Connaissez-vous Nauru? Cette île du Pacifique est la plus petite république du monde, entourée d'une mer paradisiaque, apparemment semblable à des dizaines d'autres. Ces quelque 21 km² furent même, dans les années 1970-1980, l'un des pays le plus riches du monde. Aujourd'hui, Nauru est un État en ruine, une île littéralement dévastée, qui concentre tous les maux et pathologies de la civilisation capitaliste. C'est l'histoire de cet incroyable effondrement qu'a entrepris de raconter Luc Folliet dans ce livre. Il raconte son voyage sur cette île dont le coeur est une forêt dévastée, où s'érigent les vestiges de l'extraction du phosphate. Car tout commence à Nauru avec ce "cadeau de Dieu", que le colonisateur allemand puis australien commence à exploiter au début du XXe siècle. Lorsque les Nauruans conquièrent leur indépendance, en 1968, des centaines de millions de dollars tombent dans le portefeuille du nouvel État et de ses 9000 habitants d'alors, si bien que ceux-ci n'ont plus besoin de travailler. Ils abandonnent leurs traditions et leur culture pour adopter un mode de vie occidental : certains voyagent aux quatre coins du monde, d'autres possèdent jusqu'à huit voitures. C'est l'époque où, à Nauru, on peut utiliser des billets de 50 dollars en guise de papier toilette... Au début des années 1990, le phosphate s'épuise. Alors, l'île se vend à qui bon lui semble. La mafia russe blanchit près des milliards de dollars dans les centaines de banques off-shore qui choisissent de s'installer dans ce nouveau paradis fiscal. Mais la chute se poursuit : Nauru devient l'un des États les plus pauvres au monde et «-choisit » de louer sa terre, à vil prix, à l'Australie voisine qui peut ainsi y "exporter" ses camps d'internement de réfugiés. Le chef de l'État envisage même alors l'abandon de l'île et l'exil de ses 15 000 habitants. Désastre écologique, blanchiment d'argent sale, instabilité politique; un taux de diabète parmi les plus élevé au monde, une espérance de vie en chute libre, des réfugiés venus de partout parqués au milieu de nulle part : l'histoire de Nauru raconte aussi notre histoire, celle d'une civilisation capitaliste aux effets désastreux, une parabole édifiante qui montre comment le rêve de prospérité peut, en quelques années, virer au cauchemar. (couv.).
.


Etats et territoires
[La Terre][Cartotheque][Tableaux de bord][Histoire politique]
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2005 - 2025. - Reproduction interdite.