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Guyot

Guyot de Provins est un vieux poète français, né à Provins vers 1150. Il visita en récitant ses vers les principales villes de l'Europe, alla en pèlerinage à Jérusalem, et finit par se faire religieux à Cluny. Il composa dans sa retraite, vers 1204, sous le titre de Bible, un poème satirique où il critique les vices des hommes de tous états, depuis les princes jusqu'aux plus petits. Ce poème, qui se compose de 2700 vers est un des plus anciens livres où il soit parlé de la boussole : elle y est désignée sous le nom de Marinette. On le trouve dans les Fabliaux publiés par Barbazan et Méon, Paris, 1808.
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Extrait de la Bible de Guyot

« Deu siecle puant et orrible
Mestuet commencier une bible [= livre] 
Por poindre [= piquer] et por aiguillonner
Et por grant essample doner.
Ce niert [= ne sera] pas bible losengiere [= louangeuse] 
Nes [= mais] fine et voire [= vraie] et droituriere; 
Mireor [= miroir] iert a tontes gens,
Ceste bible, or ne [= ni] argenz 
Esloingnez de rien ne me puet, 
Qar de Diex et de raison muet [= provient]. »

Sébastienne Guyot est une ingénieure née le 26 avril 1896 à Pont-l'Abbé-d'Arnoult, et morte le 22 août 1941 à Paris. Elle est issue d'un milieu modeste et profondément attaché aux valeurs républicaines, à l'instruction et à l'effort individuel. Très tôt, elle manifeste un goût affirmé pour les mathématiques et les sciences appliquées. Elle intègre l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, puis entre, en 1921, à l'École supérieure d'électricité — une voie extrêmement rare pour une femme à cette époque. Elle est l'une des premières Françaises ingénieures dans ce domaine.

Dès les débuts de sa carrière, elle choisit de mettre ses compétences scientifiques au service de l'industrie aéronautique naissante. Elle travaille pour plusieurs établissements d'avant-garde, dont l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA), et participe activement aux recherches sur la propulsion et la mécanique du vol. Sa spécialisation en aérodynamique la conduit à travailler sur la stabilité des avions, sur les profils d'ailes et sur l'interaction des surfaces de contrôle avec le flux d'air. Elle rédige plusieurs rapports techniques confidentiels, où transparaît une pensée méthodique, inventive et profondément ancrée dans les contraintes expérimentales. Elle écrit : 

« L'ingénieur ne travaille pas pour l'absolu, mais pour le réel. Il faut savoir rêver juste, c'est-à-dire selon les lois de la matière et les limites de la résistance. »
En parallèle de son engagement scientifique, Sébastienne Guyot se distingue par son parcours sportif exceptionnel. Elle pratique la course à pied à haut niveau et représente la France lors des Jeux mondiaux féminins de 1928. Son esprit de compétition est nourri d'une discipline de fer et d'un idéal d'émancipation corporelle. Elle conçoit le sport comme une prolongation de son combat intellectuel : celui de l'autonomie, de la maîtrise de soi, et de la dignité dans l'effort. Pour elle, « courir, c'est prouver qu'on est libre, dans un monde qui s'applique souvent à vous retenir. »

Dans les années 1930, elle poursuit ses recherches en ingénierie tout en s'impliquant dans des réseaux féminins qui militent pour l'accès des femmes aux carrières scientifiques et techniques. Elle déplore que l'intelligence féminine soit souvent perçue comme une exception ou une anomalie, et appelle de ses vÅ“ux une réforme profonde des mentalités et des institutions. Dans un de ses écrits personnels, elle note : 

« Ce n'est pas le talent des femmes qui manque, mais la reconnaissance de ce talent. Tant qu'on regardera une ingénieure comme une étrangeté, l'égalité restera un mot. »
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Sébastienne Guyot s'engage dans la Résistance, mettant ses compétences techniques et son réseau intellectuel au service de la lutte contre l'occupation allemande. Dans un geste d'un courage exceptionnel, elle cherche à obtenir des renseignements militaires afin de faciliter le passage de son frère prisonnier. Dénoncée, arrêtée par la Gestapo, elle est incarcérée à Fresnes, puis déportée. Affaiblie par les mauvais traitements et la dureté de sa détention, elle meurt en 1941, à l'âge de 44 ans.
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