 |
Amithâba.
- Mot sanscrit signifiant « qui a un
éclat» (âbha) « sans limites » (Amita) et appartenant
à la nomenclature bouddhique. Les Tibétains
le traduisent par Od-dpag-med. Les Chinois
le transcrivent O-mi-to; le terme foe ajouté quelquefois à la
suite peut représenter la dernière syllabe du mot (bha) ou le titre sanscrit
bouddha. De lĂ vient sans doute que les Japonais disent simplement : Amida.
Il existe une variante de ce nom : c'est Annitâyouch, signifiant « qui
a une durée de vie (dyouch) illimitée ». C'est la forme que les
Chinois paraissent avoir adoptée; car le terme Wou-liang-cheou par lequel
ils traduisent le nom d'Amitâbha est la traduction exacte de Amitâyouch.
Amitâbha est le quatrième des bouddhas
de la contemplation (Dhyâni-bouddha). Le bouddha humain (Manouchi-bouddha)
auquel il correspond est le bouddha historique Sâkyamouni; et c'est lĂ
ce qui fait le haute importance d'Amitâbha. Il est représenté assis
les jambes croisées, les pieds l'un sur l'autre, les deux bras reposant
sur les pieds, et les deux mains réunies tenant le vase à aumônes. Ses
chairs sont coloriées en rose ou en rouge vif comme celles de son épouse,
la Târâ Pandarâô, et de son fils, le Dhyâni-bodhisattva
Padmapà ni (qui correspond à Avalokitoçvara). La région qui lui appartient
est Ă l'Ouest; c'est lĂ qu'est son trĂ´ne, et sa demeure, le paradis
fortuné de Soukhavati.
Amitâbha.
La théorie des Dhyânibouddhas étant
propre au Népal et au bouddhisme du Nord,
Amitâbha est à peu près ignoré des bouddhistes du Sud. Par contre il
est en grand honneur chez les bouddhistes du Nord. Les livres qui parlent
de lui, notamment le Soukhavati-vyouha, appelé aussi Amitâbha-soûtra,
ont une grande vogue. Cela vient de ce que Amitâbha est comme l'image,
la manifestation intellectuelle du bouddha historique, du bouddha véritable
et authentique Sâkyamouni. Il en est en quelque sorte l'équivalent, le
remplaçant : et l'on oublie presque le bouddha véritable pour ce bouddha
imaginaire qui n'est qu'un reflet du réel. Cela tient en grande partie
à ce qua la résidence d'Amitâbha, son paradis est beaucoup plus attrayant
que le Nirvâna dans lequel Sâkyamouni est
plongé comme dans un abîme effrayant. Les Tibétains honorent beaucoup
Amitâbha, et disent, entre autres choses, qu'il s'était incarné dans
leur grand réformateur Tsong-ka-pa. Mais ils n'en sont pas bien sûrs;
car ils citent aussi d'autres personnages dont Tsong- ka-pa aurait été
l'incarnation. Du reste, le culte d'Amitâbha paraît quelque peu effacé
au Tibet ,
ou du moins primé par celui des Bodhisattvas,
auquel il est cependant lié.
Les Chinois et les Japonais ont peut-ĂŞtre
pour lui une dévotion plus entière. L'adoration d'Amitâbha se fait très
simplement; on va visiter son image, on lui offre des fleurs et des parfums;
on lit les soutras qui se rapportent à lui surtout on répète son nom
un certain nombre de fois, 100 fois, 1000 fois, 5000 fois. Par lĂ , on
écarte toutes les préoccupations pénibles, les tentations du dedans
et les dangers du dehors. On a essayé d'assigner au culte d'Amitâbha
une origine étrangère, non indienne et non bouddhique. Cette opinion
est fondée :
1° sur
la création relativement récente de la légende d'Amitâbha;
2° sur l'ignorance
qui règne à son égard chez les bouddhistes du Sud;
3° sur les analogies
qu'elle présente avec des traditions perses;
4° sur l'opposition
qui paraît exister entre les jouissances de Soukhavatî et la torpeur
invincible, pour ne pas dire l'anéantissement complet, du Nirvâna.
Cette opinion n'est ni démontrée ni admise
comme certaine; mais elle est loin d'ĂŞtre sans valeur. Il est, du reste,
hors de doute que le culte d'Amitâbha est dans le bouddhisme une innovation,
que cette innovation n'a pas pénétré partout; aussi, même en admettant
qu'elle serait un développement naturel du bouddhisme,
peut-on fort bien supposer qu'elle a subi des influences étrangères.
(L. Feer). |
|