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Les
textes
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| Le Paradis perdu,
poème épique anglais, en douze chants et en vers blancs,
composé par Milton. Le sujet est la déchéance
du premier homme. Satan Arrivé sur la Terre Adam lui fait à son tour l'histoire
de sa propre création et de celle de sa compagne. Raphaël retourne
au ciel. Eve se laisse séduire par le serpent, et goûte au
fruit défendu; Adam lui en adresse des reproches, puis imite sa
faute afin de mourir avec elle. Les Anges chargés de la garde du
Paradis remontent au ciel pour justifier leur vigilance. Le Fils de Dieu
prononce le jugement des coupables; Ie Péché et la Mort se
rendent sur la terre. Satan raconte à ses compagnons, dans le Pandémonium,
le succès de sa ruse. Adam pleure amèrement, Ève le
console, et tous les deux forment le projet d'apaiser la divinité.
Le Fils intercède pour eux; Dieu se laisse fléchir, mais
à la condition qu'ils seront chassés du Paradis Milton conçut ce sujet en 1665; il eut d'abord l'idée de le traiter dans une tragédie : ses manuscrits, déposés au collège de la Trinité, donnent le nom des personnages et la distribution de la pièce, en cinq actes, avec un choeur, et une foule de personnages muets et allégoriques. Disgracié comme républicain lors de la Restauration des Stuarts en 1660, il se retira à Bunhill-Row, où, quoique aveugle, il s'occupa activement de son Paradis perdu, sa femme et ses filles écrivaient sous sa dictée. Le poème, qui lui fut payé 10 liv. sterl., parut en 1667, et n'eut point d'abord de succès : le patronage du comte de Dorset, une édition in-folio que lord Sommers fit paraître en 1688, des articles d'Addison dans le Spectateur au commencement du XVIIIe siècle, assurèrent enfin la fortune de l'oeuvre. Ici le merveilleux est le sujet, et non la machine du poème; Milton a donné un démenti à Boileau, qui trouvait que les mystères du christianisme étaient impropres au merveilleux épique. Pour la première fois aussi, une épopée finit par le malheur du principal personnage, sans que l'oeuvre soit moins belle. Parmi les plus beaux passages, on peut citer ceux où Satan apostrophe le Soleil (ch. IV), où Adam s'éveille à la vie, où Ève lui est donnée pour compagne (ch. VII), où ils mangent le fruit défendu (ch. IX), où ils s'endorment après leur faute (ch. XI), où ils sont visités par le Fils et implorent la miséricorde de Dieu (ch. X): Les caractères sont admirables : Adam est simple et sublime; rien de plus auguste que cette étude du coeur de l'homme à sa naissance. dont le premier sentiment est de chanter l'Être suprême, et le premier besoin de s'adresser à lui. Ève a une séduction inexprimable; elle respire à la fois l'innocence et le plaisir. Dieu le Père est obscurément tracé : il semble que le poète ait craint de lui prêter une parole mortelle, tant il a soin de ne mettre dans sa bouche que des discours consacrés par le texte des livres saints. Le caractère du Fils est une oeuvre parfaite : il y a en lui un mélange de l'homme et de Dieu; sa tendresse ineffable ne se dément jamais; quand il prononce l'arrêt rendu par son père, c'est sans reproches et avec douceur; il sert d'intercesseur pour présenter à son Père les prières des coupables. Parmi les Anges, Raphaël est l'ange ami de l'homme; Michel, chef des milices du ciel, a la forme humaine et l'habillement d'un guerrier, comme il est représenté dans les tableaux des grands peintres. Satan est une création incomparable; ses monologues le peignent en traits ineffaçables. Les personnages allégoriques, la Mort et le Péché, sont devenus deux êtres réels et formidables. Outre les beautés du fond, il y a dans le Paradis perdu une foule de beautés de détail, qui tiennent au mérite de l'expression; Milton y est souvent créateur, ou devient original en s'appropriant les richesses dos Anciens, de l'Écriture sainte et des Pères de l'Église. Toutefois, Milton offre des obscurités grammaticales sans nombre; il traite sa langue en tyran, sans respect pour les règles. II abuse de l'ellipse et des changements de construction; il forge une foule de mots; il est rempli d'hébraïsmes, d'hellénismes et de latinismes; il affecte l'emploi des vieux mots, et prolonge les périodes outre mesure. Les Anglais eux-mêmes ne sont pas toujours d'accord sur le texte et sur le sens, comme le prouvent leurs commentaires. La cécité du poète a dû nuire à la correction de son oeuvre? le premier jet de ses vers, transcrits la nuit par sa famille, quand parlait l'inspiration, est resté à peu près tel qu'il est sorti de son esprit; de là ces phrases inachevées, ces sens incomplets, ces verbes sans régime, ces noms et ces pronoms relatifs multipliés, qu'on trouve dans tout l'ouvrage. Le sujet adopté par Milton n'était
pas nouveau : dès les premiers temps du christianisme, la création
du monde, le Paradis terrestre, la chute d'Adam et d'Ève, furent
célébrés par les poètes. Au Ve
siècle, Dracontius écrivit un
Hexaméron,
ou Oeuvre des six jours, en vers latins. Au VIe, St
Avit, évêque de Vienne en Dauphiné, composa en
latin des petits poèmes détachés sur la Création,
le Péché originel, le Jugement de Dieu ou l'Expulsion
du Paradis; Caedmon, moine saxon, donna dans
sa langue nationale un grand poème sur la création, resté
dans l'oubli jusqu'en 1655, où Junius le fit imprimer à Amsterdam.
Un Mystère français, la Conception, offre des
situations analogues à celles du
Paradis perdu. Folengo
(Merlin Coccaïe) publia en 1533 un poème sur l'Humanité
du Christ. En 1590, Erasme de Valvasone fit paraître à
Venise
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.