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Les Daims
Les Daims forment un genre de Mammifères ruminants de la famille des Cervidés caractérisé par des bois dont la tige est ronde; par un andouiller basilaire appointi, et un nombre variable d'andouillers marginaux, ceux du sommet étant réunis en une empaumure unique, allongée, aplatie. Les daims ont une queue assez longue, et un pelage moucheté à tous les âges.

Le Daim Platycerque.
Le daim est assez petit. Il a 1,60 m de long, depuis le museau jusqu'à la racine de la queue, et 1 mètre de haut. Les vieux mâles atteignent une longueur de 1,65 m et plus, et leur hauteur dépasse 1 mètre, surtout à l'arrière-train. Le daim se distingue du cerf par ses jambes plus courtes et moins fortes, son corps moins robuste, son cou plus court, ses oreilles et sa queue moins longues, et surtout par la couleur de son pelage. Aucune autre espèce de cervidé ne présente sous ce rapport autant de variations, suivant l'âge ou suivant les saisons. En été, il a le dos, les cuisses et le bout de la queue d'un roux brun; le ventre et la face interne des jambes blancs, la bouche et les yeux entourés de cercles noirs; les poils du dos sont blancs à leur racine, d'un brun roux
au milieu, noirs au bout. En hiver, la tête, le cou et les oreilles sont d'un gris brun, le dos et les flancs étant noirs, le ventre gris cendré, tirant parfois sur le roux. Il n'est pas rare de voir des daims blancs, toute l'année. Leur pelage d'hiver ne diffère que par la longueur des poils. Plusieurs sont jaunes dans leur jeunesse ; il est rare d'en voir qui soient entièrement noirs.

Distribution géographique. 
Plusieurs naturalistes croient que le daim est un animal originaire des bords de la Méditerranée, et qu'il s'est peu à peu répandu vers le Nord. Mais, comme le rapporte Wagner, on trouve dans les anciennes sépultures, entre Schlieben et Wittemberg, des ossements nomhreux.de daims. Il faudrait donc rapporter l'arrivée de cet animal à des temps préhistoriques.

Le moine de Saint-Gall, Ekkard mentionne, en l'an 1000, le daim comme un gibier que l'on chasse; d'autres auteurs du Moyen âge parlent de daims blancs, comme d'un gibier qui n'est pas rare dans la Hesse et la Thuringe. A vrai dire, le daim préfère les contrées tempérées aux contrées froides; aussi est-il plus abondant dans les pays méditerranéens. Les auteurs grecs et latins en parlent comme d'un animal de leur pays; Aristote le nomme prox, Pline platyceros. Maintenant, cette charmante espèce se voit peut-être plus souvent dans les jardins zoologiques d'Allemagne qu'en Espagne, en France et en Italie; mais il est surtout commun en Angleterre, dans les grands parcs, pour lesquels il semble tout à fait approprié. On ne saurait y introduire un ornement plus gracieux.

Moeurs, habitudes et régime. 
Le daim qui doit son nom, dit-on, à ce qu'il est le gibier favori des dames, préfère les pays à collines et à vallons, les bruyères, les petits bois rocailleux, les forêts dont le sol est recouvert d'un court gazon. Il a beaucoup du genre de vie du cerf. Ses sens sont développés au même degré; il lui cède à peine en rapidité et en agilité. Il en diffère dans ses mouvements : au trot, il lève les pattes plus haut; en pleine course, il ne saute pas sur les  quatre pattes à la fois, à la manière des chèvres; il porte ordinairement la queue relevée, mais il la baisse quand il est malade. Son allure est gracieuse; il trotte légèrement, saute par-dessus des barrières de 2 mètres de haut, et nage très bien. il se couche sur le ventre, jamais sur le flanc. En se baissant, il plie d'abord ses membres antérieurs; quand il se relève, il commence par étendre ceux de derrière. Son régime est le même que celui du cerf; il ronge cependant beaucoup, plus les écorces d'arbre, et devient par ce fait très nuisible. Ce qui a lieu de surprendre, c'est qu'il mange parfois des plantes vénéneuses qui lui donnent la mort. Ainsi périt dans un jardin zoologique d'Allemagne tout un troupeau de daims, pour avoir mangé des champignons.

Le daim reste fidèle à sa demeure. Il se réunit en troupeaux plus ou moins nombreux, qui se confondent au moment du rut, pour se séparer ensuite; en été, les vieux mâles vivent dans la solitude, les jeunes mâles se joignent aux hiches et aux faons. Au milieu d'octobre, les vieux daims cherchent les troupeaux, en éloignent les daguets et les jeunes mâles, qui se réunissent alors en troupes peu nombreuses, et rejoignent la bande, une fois la saison du rut passée. Durant les amours, les daims sont très excités. Ils brament pendant la nuit, se livrent entre eux des combats acharnés. Dans les jardins zoologiques, on ne peut garder des mâles âgés de plus de trois ou quatre ans; ils deviennent trop batailleurs, et entravent la multiplication. Un daim suffit d'ordinaire à huit biches; mais les daguets sont déjà en état de se reproduire. Le rut dure environ quinze jours.

La femelle porte huit mois; elle met bas en juin, un seul petit, rarement deux. Dans les premiers jours qui suivent sa naissance, celui-ci est sans défense; sa mère doit le soigner et le protéger. Elle chasse les petits carnassiers en les frappant avec ses pattes de devant; quant aux plus grands, elle court lentement devant eux pour les attirer loin de l'endroit où son petit est caché, puis elle fuit rapidement, et revient à son ancienne place après mille crochets et détours.

A l'âge de six mois, les saillies frontales se montrent chez le jeune mâle; au mois de février 'suivant, les bois apparaissent; au mois d'août, ils sont dépouillés de leur peau, et ont une longueur de 14 cm. A ce moment, l'animal prend le nom de daguet. Dans le cours de la troisième année, apparaissent de petits andouillers d'oeil, et si l'animal est bien nourri, une ou deux ramifications obtuses, qui augmentent l'année suivante, se montrent aussi. A l'âge de cinq ans seulement se manifeste l'empaumure, qui augmente d'étendue avec le temps et dont le nombre des prolongements s'accroît. Un bois de vieux daim pèse de 7 à 9 kilogrammes. L'animal se nomme alors paumier; les jeunes daims sont distingués par les noms de bête de seconde, de troisième tête. Les paumiers perdent leur bois en mai, les daguets en juin. D'ordinaire, les bois tombent l'un après l'autre, à quelques jours d'intervalle. Huit jours après, les nouveaux bois
commencent à hausser ; ils sont recouverts d'une peau couverte de quelques poils jaunes, et ils sont tellement sensibles que l'animal s'écorche facilement. En août, le nouveau bois est complètement développé.

La piste du daim est plus pointue en avant et plus longue proportionnellement que celle du cerf; elle ressemblé à celle d'une chèvre, mais est bien plus marquée. (AE. Brehm).

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