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Marston
Moor est un village d'Angleterre ,
au Nord-Ouest de York. Il s'étend sur une plaine qui, aujourd'hui encore,
conserve un caractère rural, avec ses champs et ses parcelles agricoles,
mais qui fut le théâtre d'un événement majeur de l'histoire britannique.
Le paysage est relativement plat, typique de la Vale of York, offrant peu
de couvert ou d'obstacles naturels significatifs, ce qui en fait un lieu
propice aux grandes manœuvres militaires de l'époque, impliquant des
armées de milliers d'hommes et de chevaux. La terre est un mélange d'argile
et de tourbe par endroits, pouvant devenir marécageuse après la pluie,
un détail qui, nous le verrons, joue un rôle le jour J.
Histoire de Marston
Moor.
L'histoire de Marston
Moor est indissociable de la journée du 2 juillet 1644. Nous sommes en
pleine guerre civile anglaise, un conflit qui déchire le royaume entre
les partisans du roi Charles Ier
(les Royalistes) et ceux du Parlement (les Parlementaires). À cette date,
les forces combinées des Parlementaires anglais, menées notamment par
Lord Fairfax et le Comte de Manchester, et de leurs alliés écossais Covenanters,
sous le commandement nominal du Comte de Leven, assiègent la ville de
York, une place forte majeure tenue par les Royalistes. Pour briser ce
siège, le Prince Rupert du Rhin, neveu
du roi et commandant énergique mais parfois impétueux, marche vers le
nord avec une armée de secours. Les assiégeants lèvent le siège de
York pour faire face à Rupert, choisissant
la plaine ouverte de Marston Moor comme lieu d'affrontement.
Les deux armées
se déploient en face à face dans l'après-midi du 2 juillet 1644. Les
Royalistes, sous le commandement de Rupert, du Marquis de Newcastle et
d'autres nobles, comptent environ 18 000 hommes. Les forces alliées, composées
d'Anglais et d'Écossais, sont plus nombreuses, alignant environ 28 000
combattants. Le déploiement classique de l'époque place l'infanterie
au centre, organisée en régiments massifs, encadrée par la cavalerie
sur les flancs. Sur le flanc gauche des Alliés se trouve la cavalerie
parlementaire de l'Eastern Association, commandée par un certain Oliver
Cromwell, qui commence à se faire un nom pour l'efficacité et la
discipline de ses troupes, bientôt surnommées les "Côtes de fer". Sur
le flanc droit allié se trouve la cavalerie menée par Sir Thomas Fairfax.
En face, les Royalistes ont leur meilleure cavalerie sur leur flanc droit,
sous Rupert lui-même, et sur leur flanc gauche sous Sir Charles Lucas
et Lord Goring.
L'affrontement ne
commence pas immédiatement. Les armées restent immobiles pendant des
heures, séparées par un terrain légèrement marécageux et des fossés
par endroits. Une forte averse éclate, détrempant le sol et rendant les
mouvements difficiles. Les commandants royalistes, pensant la bataille
improbable pour la journée, se dispersent pour manger ou se reposer. C'est
à ce moment, vers 19 heures, que les Alliés lancent leur attaque, surprenant
partiellement l'ennemi.
L'assaut est féroce.
Sur le flanc gauche allié, la cavalerie de Cromwell charge celle de Rupert.
L'affrontement est violent, mais la discipline et l'élan des hommes de
Cromwell prennent le dessus. Malgré une blessure superficielle au cou,
Cromwell mène ses troupes qui parviennent à mettre en déroute la cavalerie
royaliste du flanc droit. Pendant ce temps, au centre, l'infanterie se
livre à un combat acharné. La ligne de bataille est instable, des régiments
avancent, d'autres reculent. Sur le flanc droit allié, la cavalerie de
Fairfax rencontre des difficultés. La cavalerie royaliste du flanc gauche,
bien commandée, parvient à rompre les lignes de Fairfax
et à les mettre en fuite. Une partie de cette cavalerie victorieuse se
lance à la poursuite des fuyards, tandis qu'une autre se retourne pour
attaquer le centre allié par le flanc.
La situation des
Alliés est critique au centre et sur leur droite, menaçant de tourner
au désastre. Mais la discipline des "Côtes de fer" de Cromwell fait la
différence. Au lieu de poursuivre la cavalerie royaliste en déroute,
Cromwell et ses officiers rappellent leurs hommes, reforment leurs rangs
sur le champ de bataille, puis exécutent une manœuvre audacieuse et décisive.
Ils chargent l'arrière et le flanc de l'infanterie royaliste engagée
au centre, puis se retournent pour attaquer la cavalerie royaliste qui
était revenue du flanc droit allié. Prise sur plusieurs fronts, l'armée
royaliste s'effondre. L'infanterie est taillée en pièces, de nombreux
régiments sont anéantis ou se rendent. La cavalerie royaliste restante
est balayée ou s'enfuit dans le chaos.
La bataille de Marston
Moor est une victoire écrasante pour les Parlementaires et les Écossais.
Les pertes royalistes sont immenses, avec des milliers de morts, blessés
ou prisonniers, ainsi que la perte de leur artillerie et de leurs étendards.
Les Alliés subissent aussi des pertes significatives, mais leur armée
reste intacte et victorieuse. Le Prince Rupert parvient à s'échapper
avec les débris de son armée, mais la force royaliste dans le nord de
l'Angleterre est brisée. La conséquence immédiate est la chute de York
peu de temps après.
L'importance de Marston
Moor est capitale. Elle marque un tournant décisif dans la guerre civile.
Elle affaiblit considérablement la cause royaliste dans le nord, permettant
aux Parlementaires de consolider leur contrôle sur cette région stratégique.
Plus encore, elle révèle au grand jour le génie militaire d'Oliver Cromwell,
en particulier son commandement de la cavalerie. Sa capacité à la discipliner,
à la reformer et à la réutiliser au moment crucial de la bataille démontre
une supériorité tactique qui deviendra la marque des armées parlementaires
dans la suite du conflit, notamment avec la création de la New Model
Army. Aujourd'hui, Marston Moor est un lieu calme, où seuls quelques
monuments discrets rappellent le fracas des armes et le sacrifice des milliers
d'hommes qui s'y affrontèrent ce soir de juillet 1644, changeant le cours
de l'histoire anglaise. |
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